Le prieuré de l'Oiselière est un prieuré situé à Saint-Planchers, près de Granville, en France. Niché dans un vallon en bordure du cours d'eau qui porte son nom, entouré de ses murs fortifiés et de ses douves, il a une histoire qui remonte au . Dépendant des abbés du Mont-Saint-Michel, il est le lieu où ils organisaient l'exploitation du domaine et des bois et la collecte des taxes. Ils y rendaient aussi la justice seigneuriale locale.

Sa restauration commence en 1989, date à laquelle il est inscrit au titre des Monuments historiques.

Histoire La fondation En l'an 1022, Richard (duc de Normandie) donne au Mont-Saint-Michel l’abbaye de Saint-Pair et ses dépendances, limitées à l'est par la voie publique de Coutances, au nord par la Vanlée (fleuve côtier), au midi par le ruisseau du Thar, à l'ouest par la mer avec l'île de Chausey.

Différents écrits sur l'histoire locale considèrent que l’Oiselière ferait partie des dépendances de cette abbaye de Saint-Pair dont aucune autre trace écrite ou archéologique n'est connue. Ils disent aussi que l’Oiselière correspondrait à ce prieuré de Saint-Pair cité par Pierre Le Roy, mais en 1321 qu'elle apparait nommément dans les actes historiques lors de l’autorisation de la construction de sa chapelleThomas Le Roy, indique la construction d'une chapelle dans Loysellière en 1321 et dans l’inventaire des chartes du Mont fait au , on lit : « Concessio episcopi pro capella de Loiseliere. » ou autorisation de l’évêque pour la chapelle de l’Oiselière..

En 1321, il y avait donc un premier bâtiment auquel on a voulu adjoindre une chapelle. L’étude de l’Oiselière actuelle permet d’imaginer le premier bâti qui devrait être un rectangle à l’emplacement de l’actuelle salle cathédrale et du logement de la ferme. Le contrefort extérieur ouest est visible à l’intérieur du rez-de-chaussée de l’actuel manoir dont il constitue le mur est et le mur nord de la salle cathédrale. L’adjonction de la chapelle a été réalisée à l’ouest du premier bâti.

Le bois de la Prael qui dépendait de l’Oiselière est cité nommément plus tôt que celle-ci. Ainsi en 1294, on trouve trace d’une donation aux moines par Thomas, écuyer, seigneur du Pont, de la terre des Angles du bois du Prael, située en la paroisse de Saint-Planchers. Puis en 1297, une sentence arbitrale est rendue entre Guillaume du Bois et les moines, pour le bois du Prael en Saint-Planchers. Il y fut reconnu que Guillaume du Bois avait droit de tenir quatre vaches et dix porcs au pâturage et de prendre une charretée de bois chaque semaine (1297).

La guerre de Cent Ans vignette|Plan de l'Oiselière, 1776. L’histoire des abbés du Mont-Saint-Michel fournit quelques repères historiques dans les années suivantes.

Michel Delalonde, « Manoirs du pays de Granville », in Art de Basse Normandie hiver 1964-1965, Page 52..

La Renaissance En 1509, l'abbé Guillaume de Lamps, entreprend de grands travaux à l’Oiselière, dans un style gracieux que cette époque voit fleurir. Son frère J. de Lamps, d'après le Gallia Christiana, achèvera ces travaux.

Le plan de l’Oiselière de 1766 donne une idée de ces travaux par l’adjonction à l'ouest du manoir. Toujours à la Renaissance, des jardins en terrasse sont établis à l’emplacement des remparts du premier édifice.

Les abbés commendataires vignette|Carte de 1689. vignette|Reconstitution de l’emprise du bois de Prael (Prais) sur la carte actuelle.

L’Oiselière sert de refuge à Arthur de Cossé (fils illégitime reconnu de Charles , comte de Brissac) qui devient en 1562 évêque de Coutances en pleine guerre de religion puis abbé du Mont-Saint-Michel en 1570. Il y meurt en 1587.

Les abbés commendataires plus préoccupés par l'encaissement des revenus que par l’entretien des bâtiments laissèrent le logis tomber en ruine.

La statistique de 1698 indique que la baronnie de l’Oiselière dont le grand manoir est dans la paroisse de Saint-Planchers appartient aux abbés et religieux du Mont-Saint-Michel. Le terme de baronnie apparait pour la première fois sur ce document et semble indiquer que L’Oiselière est à cette époque plus qu’un manoir et qu’elle a aussi un domaine suffisamment grand pour justifier ce titre.

Le bois de Prael à cheval entre Saint-Planchers et Saint-Aubin qui faisait vraisemblablement partie du domaine de l’Oiselière a disparu depuis longtemps mais il est visible sur la carte de 1689. Son existence et son exploitation sont avérées dès le . .

Thomas Cambernon fut le dernier titulaire du bénéfice de l'Oiselière, puis les terres furent vendues à la Révolution.

Abandon et restauration vignette|Carte postale ancienne.

Au fil du temps, les bâtiments servent de matériaux de construction aux habitants des alentours. En 1878, l’abbé Lecanu note attristé que la chapelle est divisée en plusieurs pièces et appropriée aux usages séculiers, un lit occupant la place de l’autelHistoire du diocèse de Coutances et Avranches depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, 1878, tome 2, page 278..

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Il faudra attendre son inscription au titre des monuments historiques par arrêté du pour permettre le lancement de sa restauration.

Description Le prieuré de l'Oiselière est constitué au d'un manoir, d'une ferme, de jardins en terrasse et d'un colombier enclos partiellement d'une enceinte et de douves. L'ensemble des bâtiments est réalisé en poudingue et schiste.

Enceinte, douves, cours et jardins vignette|L'enceinte du manoir. Les bâtiments de la ferme constituent une partie de l'enceinte qui se prolonge au niveau de la cour du manoir par un mur doté de contreforts.

L'enceinte a disparu à l'ouest et au nord. Des douves en eau baigne le sud et le nord de la propriété. L'accès à la ferme se fait par une porte à pont dormant qui remplace l'ancien levis. L'écusson armorié d'Arthur de Cossé qui ornait la porte a été donné au musée d'Avranches par en 1845. La porte du manoir, plus à ouest, est une porte cochère et piétonne à pont dormant.

La cour de la ferme est dotée d'un puits « obus » et celle du manoir d'une large fontaine circulaire du .

À l'ouest du manoir, les jardins en terrasse sont composés d'un labyrinthe de buis et d'un jardin à la française.

Manoir vignette|La façade sud du manoir.

La façade sud est percée de six fenêtres. Celles à l'ouest sont des fenêtres à meneaux et ferronnerie datant de la construction du manoir. Les meneaux de celles au centre datent de la restauration de 1989. Les deux fenêtres au sud correspondent aux entrées de l'escalier bâti avec le manoir à la Renaissance et dont il ne reste que le bas. La suite de la façade à l'est, est constituée d'un vitrage inséré dans une charpente qui rappelle les colombages normands. Cette partie du bâtiment est une construction de 1989 qui remplace une partie du bâtiment effondrée. La terrasse devant la verrière est installée sur les fondations de l'escalier et du bâtiment de la cuisine qui n'existent plus.

La façade ouest, aveugle, est dotée de deux solides contreforts. Sur la façade nord, une tourelle percée de bouches à feu complète la défense du bâtiment. À l'intérieur du manoir, des éléments , , et récents attestent de son histoire.

Ferme Sur la façade de la ferme, une fenêtre à ogive marque l'emplacement de l'ancienne chapelle. Parmi les dépendances qui closent la cour de la ferme, il y a un four à pain et un pressoir.

Colombier Situé au nord de la ferme, le colombier est doté de contreforts et d'un dôme vouté à oculus central. Sa taille imposante donne une idée de la superficie du domaine qui a pu s'étendre jusqu'à .

Voir aussi

Site officiel

Notes et références

Catégorie:Monument historique inscrit en 1989 Catégorie:Monument historique dans la Manche Oiselière