Le château de Vallière est un château français du situé dans la commune de Mortefontaine dans le département de l'Oise et la région des Hauts-de-France. Le parc se situe pour partie sur la commune de Fontaine-Chaalis. Construit en 1894 en style néogothique pour le duc de Gramont, ses façades et ses toitures sont inscrites à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du . Le parc, situé en lisière de la forêt d'Ermenonville, est un site classé depuis le ...
Histoire vignette|left|Vue aérienne depuis le sud-ouest.
Le château de Vallière est construit en 1894 pour Agénor de Gramont (1851-1925), duc de Gramont, et la duchesse, née Marguerite de Rothschild dans le Grand parc du vaste domaine de Mortefontaine et Montmélian, qui avait appartenu à Joseph Bonaparte du jusqu'en 1814, au moment de son départ en exil. C'est Joseph Bonaparte justement qui fit achever le grand parc entre 1808 et 1814 ; jusque-là, le Petit Parc avait prévaluCf. Repères dans l’Histoire du domaine de Mortefontaine, dans : Didier Joseph-François, Céline Leblanc et Axel Vénacque, Étude urbaine-Diagnostic-Phases I-II : compréhension du paysage d’inscription du village. Analyse des évolutions du tissu et lecture des paysages bâtis, commune de Mortefontaine, parc naturel régional Oise-Pays de France, Lille, 209, 107 p., p. 52-56., qui ne fait pas partie du domaine de Vallière. Bonaparte lègue le domaine de Mortefontaine à son administratrice, Madame de Villeneuve, par une vente fictive. Elle loue le domaine en grande partie au baron prussien Georg-Arthur von Schickler, qui avait voulu s'en porter acquéreur.
En 1829, Henri de Bourbon, dernier prince de Condé et déjà propriétaire du château de Chantilly achète le domaine. Après son décès, sa maîtresse Sophie Dawes, baronne de Feuchères, reçoit le domaine comme don en 1837. Seulement trois ans plus tard, sa filleule Sophie Thanaron hérite du domaine à la suite de la disparition de la baronne. Elle épouse le préfet de l'Aisne Henri Corbin (mort en 1879)Cf. Abbé Chagny, La Colline de Montmélian. Son histoire religieuse. Le pèlerinage Notre-Dame, Beauvais, 1944, .. Le , la famille Corbin décide de vendre les de terrain du futur domaine de VallièreCf. Repères dans l’Histoire du domaine de Mortefontaine, , . qui représente la plus grande partie du domaine de Mortefontaine et Montmélian au duc Agénor de Gramont (1851-1925). Mais elle garde le château de Mortefontaine ainsi que les bois sur la butte de Montmélian. Elle meurt en 1901 et le château de Mortefontaine, avec le Petit Parc, restera la propriété de ses enfants jusqu'en 1928Cf. La Colline de Montmélian, , ..
À Vallière, le duc organise des chasses au faisan, au canard ou au cerf tandis que la duchesse fait représenter des pièces d'Eugène Labiche ou des tableaux vivants. Un service d'omnibus est établi par le duc entre la gare et le château, comportant seize chevaux gris attelés par cinq et menés par des postillons coiffés d'un haut-de-forme. De la terrasse de Vallière, Marcel Proust, venu dîner le invité par les parents de son ami Armand de Gramont, duc de Guiche, aperçoit, par-dessus les étangs et les frondaisons, les tours de la cathédrale de Senlis.
Après la mort de son père en 1925, Armand de Gramont devient le de Gramont. Lui succède Henri-Armand comme en 1962, et vingt ans plus tard, il vend la partie la plus emblématique du domaine.
Depuis 1982, le château de Vallière et le Grand parc ne sont plus dans la famille de Gramont.
Le , une avant-garde de quatre bataillons de la -Division traverse la forêt d'Ermenonville et se glisse, à la tombée de la nuit, dans le parc du château de Vallière, ou ils rencontrent l'arrière-garde de la de réserve, composée du d'infanterie et du de chasseurs à pied. Après la prise du village de Mortefontaine, les Poméraniens des et constatent la perte deux tués et trente blessés. Le « combat de Mortefontaine » est considéré comme le combat le plus proche de Paris et le Magazine Tranchées , sur ysec.fr. Un petit monument, adossé au château de Vallière, honore la mémoire de trois soldats mort pour la France le . Maximilien DELION, Édouard FLAMAND, André SARDAT appartenaient au d'infanterie.
Architecture
Le château a été érigé sur un tertre surplombant l'étang de l'Épine et l'île Molton. L'architecture extérieure du château reste conventionnelle et éclectique, selon le goût de la bourgeoisie dans la deuxième moitié du . Le château offre une silhouette néogothique de par ses volumes ; avec des façades, baies, toitures et cheminées de style Renaissance inspirés des châteaux de la Loire, et plus particulièrement pour ses quatre tours d'angle de celui d'Azay-le-Rideau.
L'épaisseur du bâtiment est exceptionnelle avec treize mètres. Ainsi, une chapelle et un théâtre trouvent leur place à l'intérieur. Les aménagements sont confortables et résolument modernes pour l'époque, et chacune des trente chambres est pourvue d'une salle de bains avec WC. Les vastes salles de réception sont éclairées par la lumière zénithale grâce à des verrières au centre de la toiture, aménagée en terrasse. Le riche mobilier comprenait vers 1970 une tapisserie du aux armes des Gramont et des Guiche (salle à manger), acquise pour cette raison par le duc, de divers portraits de famille, les plus récents par Giovanni Boldini et Philip Alexius de Laszlo, et de meubles et objets en cloisonné provenant du sac de l'ancien palais d'été de Pékin.
En 1902 afin de décorer la salle à manger, le duc Agénor commanda au prolifique Fulop de Lazlo « peintre officiel du monde officiel », qui venait de peindre le Pape et un prince Hohenlohe, deux grands tableaux hauts de représentant, d'une part les trois hommes, d'autre part les trois femmes de la famille. Ces œuvres qui rappellent certaines conversation pieces anglaises et avaient couté , exposées au Salon de Paris de 1903, furent coupées en 1929 à la demande du duc Armand. Si les deux effigies du couple ducal sont conservées au Musée de Pau, celles de leurs quatre enfants ne son pas localisées (F. Rapazzini, Elisabeth de Gramont, avant-gardiste, 2004, p.16, 111 et 112).
Selon Elisabeth de Gramont, vers 1928 une comtesse de Roche-Couste (?) donna à son frère le duc de Gramont divers souvenirs et sculptures de leur ancêtre le comte Alfred d'Orsay, restés dans la maison de Chambourcy où vivait cette dame : il s'agissait d'un paravent chiffré Orsay-Gramont, du portrait équestre du duc de Wellington, des bustes de lord Castelreagh, de lord Chesterfield, de sa sœur Ida, duchesse de Gramont, de lady Blessington, « de bien d'autres, et de nombreux dessins et menus objets »; tout cela fut installé dans une chambre du Château appelée « le Salon d'orsay » ( Le Comte d'orsay et lady Blessington, 1955, p. 137). La trentaine de portraits sculptés par le comte d'Orsay précités font partie d'un ensemble dénommé depuis « la Collection de Gramont » .
La « collection de Gramont » au Par la lettre que le de Gramont, ancien ambassadeur et ministre des Affaires Étrangères de , écrivait à son fils cadet le , il motivait le transfert qu’il lui faisait des « Archives, documents, titres, lettres, papiers, tableaux, souvenirs de la maison de Gramont » par le fait que puisse être assurée « la transmission à son frère aîné, chef de la Maison ducale, quand cela pourra se faire dans des conditions certaines de sécurité et de succession », l'objectif étant de « sauver nos souvenirs de famille de la dispersion et de l’abandon ».
Désormais ce fonds comprend 186 tableaux et œuvres graphiques, essentiellement des portraits de membres de la famille - par notamment à Clouet, Rigaud, Voet, Gobert, Mignard, Bon Boullogne, de Troy, Tocqué, Roslin, Vigée-Lebrun, Rouillard, Gérard, Tischbein, Sala, Lawrence, Helleu, Lázsló, Blanche - ainsi que diverses sculptures, meubles et objets, dont une tapisserie de Beauvais du début du , aux armes Boufflers/Gramont, acquise vers 1930 par le qui la fit placer dans la salle à manger du château, et une série de couvertures armoriées destinées aux chevaux du maréchal de Gramont, ambassadeur de à Madrid lors de son mariage. Après la mort du , à Vallière en 1962, l’ensemble fut remis au , qui le conserva sur place jusqu'à la vente du château en 1981. La même année, il déposa les archives familiales aux Archives Nationales et confia la collection de portraits et souvenirs à la Ville de Bayonne en dépôt pour renouvelable. Ce dépôt fut rendu perpétuel en 1992. La collection fut conservée pendant dans les réserves du Domaine national du château de Pau, avant d'être transférée en 2023 au Musée Basque et de l'Histoire de Bayonne. En 2016 et en 2018, le conservateur du Musée Basque et de l'histoire de Bayonne organisa deux expositions : « La Paix des Pyrénées » et « Un air de famille, les portraits d'enfants Gramont » .
Le domaine de Vallière - le Grand Parc Aperçu général
Le domaine, situé au nord de la route venant de Plailly et allant à Fontaine-Chaalis ou Ermenonville, s'étend sur plus de au moment où Joseph Bonaparte la laisse à Madame de Villeneuve. Seize ans plus tôt, lors de son rachat par Bonaparte, le domaine n’avait totalisé que Cf. Repères dans l’Histoire du domaine de Mortefontaine, , .. Il comprend des bois, des prairies et les vestiges d'un ancien parc à fabriques aménagé à partir de 1780 pour le financier Louis Le Peletier de Morfontaine et perfectionné par l'architecte réputé Jacques Cellerier pour le compte de Joseph Bonaparte entre 1808 et 1814.
Le domaine est scindé en deux parties : le secteur central avec le château de Vallière en son centre, et le secteur de la Roche Pauvre et de la Grange à l’ouest et au sud de la D 607, avec l’étang de la Grange et un ensemble d’îles appelé « l’Archipel ». Le haras de Charlepont, au nord-ouest du Grand Parc, est également associé au domaine de Vallière, tout comme les bois à l’extérieur du Grand Parc (autour du haras et des circuits d’essais du CERAM).
Au cours du , des secteurs ont été soustraits au domaine à plusieurs reprises : pour le golf de Morfontaine, au nord, en 1913 et 1927 ; pour les pistes d’essais du CERAM () en 1956Découvrons le massif forestier d'Ermenonville, Parc naturel régional Oise - Pays de France, Orry-la-Ville (60), 2008, ., entre le golf et le haras de Charlepont ; et enfin pour accueillir des lotissements à Mortefontaine, au nord du village, à partir des années 1970. Les bois à l’extérieur du Grand Parc, mais situés sur le domaine de Vallière tel qu’il a existé à sa création, n’ont plus le même propriétaire que le domaine actuelLes bois, le site du CERAM et le haras de Charlepont appartiennent aux héritiers des Gramont, représentés par de Cossé-Brissac, Groupement forestier Sainte-Marguerite des Grès, à l’exception des lieux-dits La Grange et la Roche Pauvre, qui appartiennent à Rousselet ; cf. Didier Joseph-François, Céline Leblanc et Axel Vénacque, Étude urbaine-Diagnostic-Phases - : Compréhension du paysage d’inscription du village. Analyse des évolutions du tissu et lecture des paysages bâtis, commune de Mortefontaine, Parc naturel régional Oise-Pays de France, Lille, 209, , ..
Le Grand parc
Le parc s'organise autour de quatre étangs, peints par Antoine Watteau et par Camille Corot, dont le plus vaste est le lac de l'Épine, auprès duquel est construit le château. Le parc, assez fortement vallonné, est traité à l'anglaise ; il comprend le pavillon de Vallière, qui servait de rendez-vous de pêche et de lieu de fêtes, ainsi que de nombreux vestiges.