Un trouble du sommeil (ou la somnipathie) est un trouble médical pouvant avoir des causes physiologiques, environnementales ou comportementales (lié aux habitudes du sommeil d'un individu).
En 2015, environ un adulte américain sur trois déclarait un trouble de sommeil.
Certains troubles du sommeil sont suffisamment sérieux pour interférer au fonctionnement physique, mental et émotionnel.
Un test communément utilisé pour quantifier les troubles du sommeil est la polysomnographie.
Les troubles du sommeil sont distingués en 3 catégories distinctes : les hypersomnies, les insomnies et les parasomnies.Les troubles psychotiques rentrent eux aussi dans les troubles du sommeil, mais partent principalement d’une affectation du fonctionnement du cerveau. C’est donc cette modification du fonctionnement du cerveau qui engendre des problèmes de sommeil. En comparatif, les trois autres catégories ci-dessus sont des problèmes exclusivement reliés au sommeil.
Les hypersomnies sont caractérisées par de la somnolence durant la journée ou d’un sommeil prolongé. Les insomnies engendrent des difficultés à s’endormir, des réveils précoces et comme les hypersomnies, un sommeil trop prolongé. Les parasomnies impliquent des mouvements, des comportements et des perceptions anormales durant le sommeil (hallucinations). Ces troubles peuvent survenir à tous les stades du sommeil.
La liste ci-dessous regroupent les troubles du sommeil les plus fréquents et les plus populaires dans les trois catégories confondues.
Différents types On distingue : l'insomnie primaire - difficulté chronique à s'endormir et/ou à maintenir un sommeil bien qu'aucune autre cause symptomatique puisse être perçue (plus fréquent chez la personne âgée ou chez la personne autiste) ; le bruxisme, grincement ou claquement involontaire des dents durant le sommeil ; le syndrome de retard de phase du sommeil, incapacité à s'endormir ou à se réveiller durant des heures socialement acceptables mais ne causant aucun problème dans la maintenance du sommeil, un trouble du rythme circadien (symptôme similaire - syndrome hypernycthéméral) ; l'hypopnée, anormalité respiratoire ou cardiaque durant le sommeil ; la narcolepsie, sommeil soudain souvent spontané à toute heure du jour ; la cataplexie, soudaine faiblesse des muscles moteurs pouvant résulter à une chute sur le sol ; la terreur nocturne, , trouble nocturne caractérisée par une forte peur et anxiété ; le somnambulisme, activité engagée physiquement et inconsciemment durant le sommeil ; l'agrypagnosie, perte totale du souvenir d'avoir dormi, elle se voit généralement dans la dépression ; elle est à rapprocher de l'hypnagnosie... ; la , peur de dormir ; l'orthosomnie, recherche obsessionnelle du sommeil parfait ; les apnées du sommeil ; le trouble comportemental en sommeil paradoxal, quand le rêveur mime ses rêves.
L'étude du sommeil La médecine du sommeil a commencé à être étudiée il y a une cinquantaine d’années, au début des années 60. La première découverte est que le sommeil est une succession de phases différentes qui alternent selon le progrès fait dans la nuit. Au début, ils avaient conscience que du sommeil paradoxal et le sommeil lent, mais ils ont fini par trouver qu’on peut les séparer en trois catégories : le sommeil lent léger, le sommeil lent profond et le sommeil paradoxal. Les troubles du sommeil peuvent se produire dans l’une ou l’autre des phases de sommeil.
Description des différentes phases de sommeil
Sommeil lent léger (stades 1 et 2) Lors de cette phase, tout le corps se détend. La respiration se ralentit, les muscles se décontractent, la température du corps descend et le rythme cardiaque diminue. Il est facile de réveiller quelqu’un qui est dans la phase de sommeil léger. Correspond à environ 50% de la nuit de sommeil chez un adulte.
Sommeil lent profond (stades 3 et 4) Lors de cette phase, le corps se détend encore plus que dans le sommeil lent léger. La récupération musculaire se produit dans cette phase. Correspond à environ 20 à 25% de la nuit de sommeil chez un adulte.
Sommeil paradoxal Lors de cette phase, notre corps est presque entièrement paralysé. Il y a une augmentation du rythme cardiaque, de la respiration, de la pression artérielle et de la température. C’est dans cette phase de sommeil que le dormeur va rêver.
Origine Les dysfonctionnements du sommeil peuvent être causés par une variété de problèmes, des grincements de dents (bruxisme) aux terreurs nocturnes.
Lorsqu'un individu souffre de difficultés à s'endormir sans cause apparente, il s'agit alors d'insomnie..
Certains troubles du sommeil peuvent paradoxalement conduire l'individu à dormir énormément (hypersomnie). D'autres ou les mêmes peuvent être liés à un abus de certaines substances.
Le comportement individuel et collectif peut aussi avoir une incidence sur le sommeil, ce que montre notamment une étude publiée par la revue Journal of Clinical Sleep Medicine qui met en évidence l'impact d'une alimentation riches en fibres et graisses saturées avant l'heure du coucher sur l'endormissement.
Conséquences Un sommeil suffisant et réparateur est nécessaire au bien-être humain.
Au niveau physiologique et métabolique, le manque de sommeil peut : diminuer (dans l'hippocampe) la consolidation neuronale des nouvelles connaissancesC. M. McDermott, G. J. LaHoste, C. Chen, A. Musto, N. G. Bazan, J. C. Magee (2003), Sleep deprivation causes behavioral, synaptic, and membrane excitability alterations in hippocampal neurons. J. Neurosci. 23, 9687–9695 ; affecter la réparation des muscles squelettiquesP. Schwarz, W. Graham, F. Li, M. Locke, J. Peever (2013), Sleep deprivation impairs functional muscle recovery following injury. Sleep Med. 14, e262. ; perturber l'élimination des déchets métaboliques du cerveauL. Xie, H. Kang, Q. Xu, M. J. Chen, Y. Liao, M. Thiyagarajan, J. O’Donnell, D. J. Christensen, C. Nicholson, J. J. Iliff, T. Takano, R. Deane & M. Nedergaard (2013), Sleep drives metabolite clearance from the adult brain. Science 342, 373–377. et par suite affecter le fonctionnement cérébral ; affaiblir le système immunitaireP. A. Bryant, J. Trinder, N. Curtis (2004), Sick and tired: Does sleep have a vital role in the immune system ? Nat. Rev. Immunol. 4, 457–467. ; dysréguler le métabolismeS. K. Davies, J. E. Ang, V. L. Revell, B. Holmes, A. Mann, F. P. Robertson, N. Cui, B. Middleton, K. Ackermann, M. Kayser, A. E. Thumser, F. I. Raynaud, D. J. Skene (2014), Effect of sleep deprivation on the human metabolome. Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. 111, 10761–10766. ; accroître le risque inflammatoire systémiqueH. K. Meier-Ewert, P. M. Ridker, N. Rifai, M. M. Regan, N. J. Price, D. F. Dinges, J. M. Mullington (2004), Effect of sleep loss on C-reactive protein, an inflammatory marker of cardiovascular risk. J. Am. Coll. Cardiol. 43, 678–683 , ce qui accroît le risque de maladie cardiovasculaireN. T. Ayas, D. P. White, J. E. Manson, M. J. Stampfer, F. E. Speizer, A. Malhotra & F. B. Hu (2003), A prospective study of sleep duration and coronary heart disease in women. Arch. Intern. Med. 163, 205–209. ; accroître le risque de diabèteD. J. Gottlieb, N. M. Punjabi, A. B. Newman, H. E. Resnick, S. Redline, C. M. Baldwin, F. J. Nieto (2005), Association of sleep time with diabetes mellitus and impaired glucose tolerance. Arch. Intern. Med. 165, 863–86. ; accroître le risque ainsi que d'obésitéR. R. Markwald, E. L. Melanson, M. R. Smith, J. Higgins, L. Perreault, R. H. Eckel & K. P. Wright Jr (2013), Impact of insufficient sleep on total daily energy expenditure, food intake, and weight gain. Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. 110, 5695–5700..
Au niveau neuropsychiatrique, s'il est aigu ou chronique le manque de sommeil conduit à des troubles de l'humeur J.J. Pilcher, A.J. Huffcutt (1996), Effects of sleep deprivation on performance: A meta-analysis. Sleep 19, 318–32. voire à la dépressionC. Baglioni, G. Battagliese, B. Feige, K. Spiegelhalder, C. Nissen, U. Voderholzer, C. Lombardo, D. Riemann (2011), Insomnia as a predictor of depression : A meta-analytic evaluation of longitudinal epidemiological studies. J. Affect. Disord. 135, 10–19. et au suicideW. R. Pigeon, M. Pinquart, K. Conner (2012), Meta-analysis of sleep disturbance and suicidal thoughts and behaviors. J. Clin. Psychiatry 73, e1160–e116.. Il diminue aussi la performance cognitive et la mémoire, l'attention et la vitesse de traitement de l'informationF. Waters, R. S. Bucks (2011), Neuropsychological effects of sleep loss: Implication for neuropsychologists. J. Int. Neuropsychol. Soc. 17, 571–586..
Sommeil et température ambiante Un froid excessif ou une chaleur excessive sont deux facteurs susceptibles d'affecter la qualité du sommeil.
En effet, le cycle naturel du sommeil correspond à une cascade d'évènements hormonaux et métaboliques fortement liée au cycle nycthéméral et aux rythmes circadiens, qui agissent aussi sur la thermorégulation du corps, laquelle intervient lors de la phase d'endormissement (et permet aussi de rester profondément endormi plusieurs heures)K. Kräuchi (2007), The thermophysiological cascade leading to sleep initiation in relation to phase of entrainment. Sleep Med. Rev. 11, 439–451..
Avant de plonger dans le sommeil, sous l'effet de la mélatonine notamment, l'organisme dilate les vaisseaux sanguins qui irriguent la peau. Ceci induit un réchauffement des mains et des pieds, puis une perte plus générale de calories se traduisant par une légère diminution de la température du corps entier (K. Kräuchi, C. Cajochen, E. Werth, A. Wirz-Justice (2000), Functional link between distal vasodilation and sleep-onset latency ? Am. J. Physiol. Regul. Integr. Comp. Physiol. 278, R741–R748. Le corps reste ensuite légèrement plus frais toute la nuit, avant que sa température ne remonte peu avant le réveil.
Une canicule, une nuit chaude ou le chauffage excessif d'une chambre, en contrecarrant la thermorégulation circadienne naturelle peuvent nuire à la qualité du sommeilK. Tsuzuki, K. Okamoto-Mizuno, K. Mizuno (2004), Effects of humid heat exposure on sleep, thermoregulation, melatonin, and microclimate. J. Therm. Biol. 29, 31–36 .L. C. Lack, M. Gradisar, E. J. W. Van Someren, H. R. Wright, K. Lushington (2008), The relationship between insomnia and body temperatures. Sleep Med. Rev. 12, 307–317., surtout si la chaleur empêche l'évacuation de l'excès de chaleur du corpsK. Okamoto-Mizuno, K. Mizuno, S. Michie, A. Maeda, S. Iizuka (1999), Effects of humid heat exposure on human sleep stages and body temperature. Sleep 22, 767–773. et que le sommeil pauvre est associé à une température corporelle élevée.
D'ici 2050 en raison du dérèglement climatique, le nombre de mauvaises nuits de repos pourrait presque doubler par rapport à 2017Cross R (2017), « Scientists warn of sleepless nights in a warming world » (Les scientifiques mettent en garde contre les nuits blanches dans un monde réchauffé) , Science mag (catégorie :Brain & BehaviorClimate) DOI: 10.1126 / science.aan6893, publié le 26 mai 2017.