Mános Hadjidákis (en grec : , de son vrai nom ), né le à Xánthi, dans le nord-est de la Grèce, et mort le à Athènes, est un compositeur grec. En 1961, il reçut l'Oscar de la meilleure chanson, pour sa chanson du film Jamais le dimanche de Jules Dassin. Il est, à l’égal de Míkis Theodorákis, extrêmement populaire en Grèce, et on lui doit l'introduction de la musique de bouzouki dans la culture classique.
Biographie Premiers travaux Ses premières œuvres furent des musiques pour des mises en scène de Károlos Koun au théâtre des arts d'Athènes. Cette collaboration dura 15 ans. Sa première composition pour le piano, « Pour un petit coquillage blanc » (Gia Mia Mikri Lefki Ahivada) fut publiée en 1947. En 1949, il donna devant la bourgeoisie d'Athènes une conférence restée célèbre et qui secoua le monde musical officiel grec, sur le rebetiko. Ce style de chanson populaire fleurissait dans des villes grecques, surtout au Pirée, autour des réfugiés venus d'Asie mineure en 1922. Avant cette conférence, ce genre était considéré comme une musique des bas-fonds, et méprisé. Ses musiciens étaient en outre vus comme des consommateurs de cannabis. Hadjidakis mit l'accent sur la simplicité de l'expression, le profond ancrage dans la tradition et la sincérité de l'émotion dans le rebetiko, et loua des compositeurs comme Markos Vamvakaris et Vassílis Tsitsánis. Joignant la théorie et la pratique, il adapta des classiques du rebetiko dans son œuvre pour piano « Six tableaux folkloriques » (Exi Laikes Zografies), qui fut par la suite montée comme ballet populaire.
À partir de cette période, il poursuivit une double carrière, composant des chansons populaires et des musiques de film, aussi bien que des œuvres plus sérieuses, comme "Le cycle du C.N.S." (O Kyklos tou C.N.S.) en 1954, un ensemble de pièces pour voix et piano, rappelant le lied dans leur forme, sinon dans leur style. En 1955, il composa la musique du film Stélla de Michael Cacoyannis, dont l'actrice Melina Mercouri, une amie proche, interpréta la chanson Agapi pou 'gines dikopo mahairi (« Amour, toi qui es devenu une arme à double tranchant »). Hadjidakis déclarait écrire ses œuvres sérieuses pour lui-même et les autres comme gagne-pain : cependant son talent mélodique est manifeste dans les deux genres.
Hadjidakis rencontra Nana Mouskouri en 1959 et la présenta comme son « interprète idéale ». Il connut le succès international en 1960, sa musique pour le film de Jules Dassin Jamais le dimanche (Ποτέ την Κυριακή, Pote tin Kyriaki) obtenant un oscar, et la chanson Les Enfants du Pirée (Τα παιδιά του Πειραιά, Ta Paidia tou Peiraia) devenant un succès mondial.
En 1962, il produisit la comédie musicale Rue des rêves (Odos Oneiron) et termina sa partition pour Les oiseaux d'Aristophane (Ornithes), une autre production du Théâtre des Arts, qui causa un scandale à cause de la mise en scène révolutionnaire de Károlos Koun. Cette partition fut aussi utilisée plus tard par Maurice Béjart pour son Ballet du XXe siècle.
En 1965, son disque (le Sourire de la Joconde) parut chez Minos-EMI. Il fut republié en 2004, dans la collection EMI Classics.
En 1969, Hadjidakis est coauteur avec Georges Moustaki de la chanson poignante Le Facteur, interprétée par Moustaki.
En 2017, Lula Pena interprète sa chanson Pes mou mia lexi (« Donne-moi le mot ») dans son troisième album, Archivo Pittoresco.
Séjour aux États-Unis En 1966, il part pour New York pour la première de Ilya Darling, une comédie musicale jouée à Broadway, basée sur Jamais le dimanche. Il ne revient en Grèce qu'en 1972, surtout à cause de son opposition à la dictature militaire. Parmi ses principales compositions de cette période, on peut citer Rhythmologie (Rythmologia) pour piano solo, sa fameuse compilation orchestrale (produite par rien moins que Quincy Jones), et le sommet de son art musical, le cycle de chansons Magnus Eroticus (Megalos Erotikos), pour lequel il utilisa des poèmes grecs anciens (Sappho, Euripide), médiévaux (des strophes de chants populaires et la romance Érophile de Georges Chortatzis) et modernes (Dionýsios Solomós, Constantin Cavafy, Odysséas Elýtis, Nikos Gkatsos, Myrtiotissa, ) ainsi qu'un extrait du livre la Sagesse de Salomon de l'Ancien Testament. Son disque avec le contenait plusieurs de ses plus belles chansons, en version orchestrale ou avec des paroles composées par le groupe, et cet album précéda la tendance fusion de plusieurs décennies.
Retour en Grèce Revenu en Grèce, Hadjidakis enregistra Magnus Eroticus avec , alto venue du monde de l'opéra qui fut sa meilleure interprète, et Dimitris Psarianos. Après la chute de la dictature, il eut un rôle actif dans la vie publique et occupa des postes à l'Orchestre national d'Athènes (KOA), à l'Opéra National (ELS), et à la Radio Nationale (ERT). En 1976, il fit enregistrer Ta paraloga Op. 32 (τα παραλογα)(Les absurdités) sur un texte de Nikos Gkatsos, interprété par María Farantoúri, Mikis Theodorakis, , Melina Mercouri et Ilias Liougos. Angélique Ionatos, invitée au début des années 2000 sur France Musique, en fit écouter un extrait dont Jean-Michel Damian admira l'orchestration subtile.
À la mort de Nino Rota, Hadjidakis aurait dû écrire des musiques pour les films de son ami Federico Fellini, mais à cause de ses propres problèmes de santé cette collaboration n'aboutit jamais.
Autres activités En 1958, Hadjidakis lança sa propre compagnie d'édition phonographique "Seirios" (Sirius). En 1989, il fonda et dirigea l'Orchestre des Couleurs (Orhistra ton Chromaton), un petit orchestre symphonique.
Mort Hadjidakis est mort le des suites d'un diabète et de problèmes cardiaques. Œuvre (sélection) Filmographie partielle
1946 : Esclaves non asservis () de Vion Papamichaïl 1949 : Le Rocher rouge () de Grigóris Grigoríou 1949 : Dyo kosmoi () de Yannis Filippou et Jason Novak 1951 : Ville morte () de Frixos Iliadis 1952 : Le Grognon () de Frixos Iliadis 1952 : L'Agnès du port () de Yórgos Tzavéllas 1953 : Oi ouranoi einai dikoi mas () de Dinos Dimopoulos 1954 : Ville magique () de Níkos Koúndouros 1955 : Stella, femme libre () de Michael Cacoyannis 1955 : La Fausse Livre d'or () de Yórgos Tzavéllas 1955 : Pain, amour et chansonnette () de Níkos Koúndouros 1956 : L'Ogre d'Athènes () d'Alékos Sakellários 1956 : Jaloux comme un tigre () de Yórgos Tzavéllas 1957 : Le Petit Fiacre () de Dínos Dimópoulos 1958 : La Lagune des désirs () de Yorgos Zervos 1958 : Fin de crédit () de Michael Cacoyannis 1958 : On ne vit qu'une fois () de Yórgos Tzavéllas 1959 : Qui aime bien châtie bien () d'Alékos Sakellários 1960 : Jamais le dimanche () de Jules Dassin 1960 : La Rivière () de Níkos Koúndouros 1960 : Maddalena () de Dinos Dimopoulos 1961 : Aliki dans la marine () d'Alékos Sakellários 1961 : Agapi kai thyella () de Sokrates Kapsaskis 1961 : Alloimono stous neous () d'Alékos Sakellários 1961 : I Liza toskase () de Sokrates Kapsaskis 1961 : Hamena oneira () d'Alékos Sakellários 1961 : Lisa et l'Autre () de Dínos Dimópoulos 1962 : It Happened in Athens d'Andrew Marton 1962 : La Bataille des Thermopyles de Rudolph Maté 1963 : Nine Miles to Noon d'Herbert J. Leder 1963 : America, America d'Elia Kazan 1964 : Topkapi de Jules Dassin 1966 : Ta skalopatia () de Leonard Hirschfield 1968 : El Gringo (Blue) de Silvio Narizzano 1968 : Kataskopoi ston Saroniko () de Gregg Tallas 1970 : Les Héros de Yucca de Jean Negulesco 1973 : Le Piéton de Maximilian Schell 1974 : Sweet Movie de Dušan Makavejev 1975 : Face d'espion CIA (Faccia di spia) de Giuseppe Ferrara 1979 : Taxeidi tou melitos () de Giorgos Panousopoulos 1983 : Memed My Hawk de Peter Ustinov 1988 : Enas erodios gia tin Germania () de Stavros Tornes 1991 : Jours tranquilles d'août () de Pantelís Voúlgaris
Autres compositions Eksi Laïkes zografies/gia mia mikri lefki achivada - "Six petits dessins populaires/pour une petite niche" (1954) To Katarameno Fid (Le serpent maudit), album musical (1958) Erimia (Désert), album musical (1959) O Kyklos tou C.N.S. (Le cercle du C.N.S.), album musical (1959) Eksi Laïkes zografies (Six peintures populaires) (1959) Rantevou stin Kerkyra (Rendez-vous à Corfou) (1960) Apopse Aftoshediazoume - (Ce soir on improvise), album musical (1961) La Voleuse de Londres, album musical de Marie Bell et Mános Hadjidákis (1961) Ellas I Chora Ton Oneiron (Grèce, pays des rêves), album musical (1961) Odos Oniron (Rue des rêves) (1962) Pashalies Mesa Apo Tin Nekri Gi (Lilas dans la Terre morte), album musical (1962) Kaisar kai Kleopatra (César et Cléopatre), album musical (1962) Ornithes (Les Oiseaux) (1965), musique pour le spectacle-ballet de Maurice Béjart sur un livret de Philippe Dasnoy Matomenos gamos/Paramythi choris onoma - Mariage ensanglanté/Conte sans nom (1965) (Το Χαμόγελο Της Τζιοκόντας) - Le sourire de la Joconde (1965) Mythologia (Mythologie) op. 23, sur des poèmes de Nikos Gkatsos (1966) Kapetan Mihalis (Capitaine Mihalis) Op. 24, musique de scène pour une pièce tirée du roman éponyme (traduit en français : La Liberté ou la Mort) de Nikos Kazantzakis (1966) Ilya Darling, comédie musicale, avec un livret de Jules Dassin, d'après son film Jamais le dimanche, créée à Broadway (1967) - joué par le (1969) O Skliros Aprilis Tou '45 (Le dur avril de 45) (1974) Athanasia, album musical (1976) Ta paraloga- Les absurdités, album musical (1976) Gia thn Elenh - Pour Hélène, album musical (1978) I epochi tis Melissanthis - L'époque de Melissanthi (1980) Pornografia - Pornographie (1982) I balades tis odou Athinas - Les ballades de la rue d'Athènes (1983) Skotini mitera - Mère obscure (1986) O Manos Hadzidakis sth Romaïki Agora - Manos Hadjidakis à l'Agora romaine (1986) I laïki agora - L'Agora populaire (1987) To resital - Le Récital (1989) Ta tragoudia ths amartias - Les Chansons du péché (1996) Mousiki gia to theatro texchnis - Musique pour le théâtre d'art (2003) Reflections (2005) - joué par les Raining Pleasure et le New York Rock & Roll Ensemble
Récompenses, distinctions et hommages
En 1999, à l'occasion du cinquième anniversaire de sa mort, Daniel Lommel directeur artistique de lAenaon dance theatre chorégraphie sous le titre de Fragments d'amour (Apospasmata Erota) un hommage réunissant quatorze des chansons les plus célèbres du compositeur.
Parmi les distinctions : 1960 : meilleure musique à la Semaine du cinéma grec 1960 (Thessalonique) pour La Rivière 1961 : Oscar de la meilleure chanson pour le film "Jamais le dimanche"
Références
Voir aussi Liens externes
Site officiel de Manos Hadjidakis, en grec et en anglais, avec de nombreux extraits audio.
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