La maison d'Armagnac, originaire de Gascogne, est l'une des plus puissantes familles du royaume de France aux .
Elle s'illustra avec Bernard VII d'Armagnac, connétable de France et chef du parti des Armagnacs durant la guerre de Cent Ans. Elle s'éteignit à la fin du .
Histoire Jusqu'à la fin du , les Armagnac, qui vivent sur leurs territoires gascons, ne sont pas encore assez puissants pour jouer un rôle politique hors de leurs possessions. La maison de Toulouse, qui rayonnait sur le grand sud-ouest français, est vaincue par le pouvoir capétien lors de la croisade des albigeois, ce qui permet à des dynasties locales de s'affirmer, comme la maison de Foix, les comtes de Comminges, les Albret et les Armagnac. Autant de rivaux pour ces derniers, qui entrent en conflit avec les comtes de Foix pour l'héritage de la vicomté de Béarn qui a échu à ces seigneurs. Ce conflit perdurera jusqu'au avec Gaston III de Foix-Béarn qui s'opposera victorieusement aux prétentions des Armagnac sur cette province.
Au commencement du , ils accèdent au rang de grands féodaux avec l'héritage du comté de Rodez. Ce patrimoine s'ajoutant aux terres gasconnes de la famille, cela leur permet de tenir un rang de première importance au sein de la noblesse et de s'allier dès lors à la maison royale de France.
Au , après la maison de Bourgogne qui est alors la plus puissante maison du royaume de France, elle est l'une des familles françaises qui représente le mieux l'histoire des liens compliqués entre la haute féodalité et la souveraineté des capétiens.
De ce lignage féodal est issu Bernard VII, comte d'Armagnac et de Rodez, connétable de France, chef du parti des Armagnacs opposés aux Bourguignons durant la guerre de Cent Ans. Au faîte de sa puissance avec le comte Bernard VII, les descendants de ce dernier se croiront capables de revendiquer une indépendance plus ou moins réelle envers la tutelle royale.
Entre le et le , elle entre en possession d'autres territoires, parmi lesquels le Charolais, la Marche, le Pardiac, le comté de Castres, la terre de Nemours érigée en duché, le Carladez, etc. et s'allie avec de grandes maisons étrangères.
Après avoir été attachée aux rois durant le , elle cherche à s'émanciper de la tutelle royale au et prend ainsi une part active dans les dernières luttes de la féodalité en France. Elle bat monnaie et fait précéder ses titres de noblesse par la mention Dei gracia (la grâce de Dieu, en latin). L'attitude de quelques membres de cette maison au la fera décrire comme ..
Le roi de France (de à ) Louis XI mettra fin à leur puissance et brisera ces désirs d'indépendance par la force. Les Armagnac ne se relèveront jamais de leur défaite, ils déclineront et s'éteindront au non sans avoir jeté diverses branches plus ou moins connues.
Les origines La maison d'Armagnac est issue de Garcia II Sanche le Courbé, comte de Gascogne, mort après 920 qui partagea ses possessions entre ses trois premiers filsChristian Settipani "La noblesse du Midi carolingien: études sur quelques grandes familles d'Acquitaine et du Languedoc du au , Toulousain, Périgord, Limousin, Poitou, Auvergne", UPR 2004, p. 73. : Sanche († 955) qui reçut le comté de Gascogne, Guillaume († 960) qui reçut le comté de Fézensac, Arnaud qui reçut le comté d'Astarac.
Le comté d'Armagnac Guillaume, comte de Fézensac, détacha de ses terres le comté d'Armagnac pour le donner à son fils cadet Bernard le Louche, qui fonda la première maison d'Armagnac. Le petit-fils de ce dernier, Bernard II Tumapaler, fut brièvement comte de Gascogne, qu'il tenait de sa mère, mais en fut dépossédé par son cousin Guy-Geoffroy, duc d'Aquitaine. En 1140 s'éteignit la branche aînée de Fézensac au profit des comtes d'Armagnac, héritage qui amorça la puissance de la famille.
L'héritage du comté de Rodez : les comtes d'Armagnac et de Rodez L'héritage du comté de Rodez est à l'origine de la puissance de la maison d'Armagnac aux et .
À la suite de l'acquisition par mariage du comté de Rodez entre la fin du et le début du , les comtes Jean Ier d'Armagnac et son fils Jean II d'Armagnac se rapprochèrent de la cour de France, Jean mariant sa fille avec Jean, duc de Berry. Bernard VII d'Armagnac épousera à son tour une fille du duc de Berry puis il mariera l'une de ses filles à Charles d'Orléans. À la mort de Louis d'Orléans, il prit sa succession dans le conflit contre le parti des Bourguignons, prenant la tête du parti qui devint celui des Armagnacs. Pour accroître sa puissance, il déposséda les cadets de la famille, récupérant le Fézensaguet et le Pardiac, mais échouant avec le Comminges. Il mourut en 1418, laissant deux fils : Jean IV d'Armagnac, comte d'Armagnac et de Rodez, Bernard d'Armagnac, comte de Pardiac, auteur d'une branche cadette qui héritera par mariage de Nemours et de la Marche.
Les Armagnacs et les Bourguignons De l'assassinat de Louis d'Orléans en 1407 au traité d'Arras en 1435, la maison d'Armagnac soutient les intérêts français contre les ducs de Bourgogne, alliés aux Anglais. Bernard VII d'Armagnac est connétable de France et chef du parti des Armagnacs.
La lutte pour l'indépendance et la fin de la maison d'Armagnac Après avoir servi les capétiens durant le et le début du , les Armagnac cherchent ouvertement à s'émanciper. Ils tiennent pour acquis que leur rang, avec le rôle qu'ils tiennent au sein du royaume de France, leur donne des droits supérieurs au reste de la noblesse. Ils revendiquent alors des droits régaliens, battent monnaie et prennent la qualification de comtes par la grâce de Dieu. De fait, ils s'érigent en défenseurs des droits de la féodalité.
En 1473, Jean V d'Armagnac est assiégé et tué le à Lectoure par les troupes françaises dirigées par le cardinal Jean Jouffroy, évêque d'Albi. Elles ne laissèrent en vie que la comtesse Jeanne de Foix (fille du comte Gaston de Foix). Celle-ci, que Jean V avait épousée en 1468, fut dépouillée de ses bijoux et de ses joyaux et fut traînée dans le château de Buzet-sur-Tarn. Elle mit au monde une enfant mort-née en , et décéda après le .
Cousin germain au du précédent, Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, comte de Pardiac et de La Marche, vicomte de Carlat et de Murat, fils de Bernard d'Armagnac, comte de Pardiac, et d'Éléonore de Bourbon, duchesse de Nemours, est exécuté en 1477 aux Halles à Paris pour conspiration contre la personne du roi Louis XI.
Jacques et Jean V étaient deux des trois derniers petits-fils et héritiers mâles de Bernard VII et de Bonne de Berry (1367-1435). Louis XI, qui les fit mettre à mort, était leur cousin au , puisqu'ils avaient Jean II Le Bon, roi de France, et Bonne de Luxembourg comme trisaïeux communs, ainsi que bien d'autres ancêtres.
Le seul rescapé mâle de la maison d'Armagnac fut Charles , comte d'Armagnac, vicomte de Fézensaguet. Louis XI le fit enfermer treize longues années en prison, de 1472 à 1485. La santé mentale de Charles en fut très affectée. Ayant cédé son comté à Alain d'Albret, il finit misérablement, aux mains des curateurs. Charles était né en 1425 et décéda sans postérité légitime le à Castelnau-de-Montmiral, à l'âge de 72 ans. Il s'était marié le à Castelnau-de-Médoc avec Catherine de Foix-Candale, fille de Jean de Foix (1410 - 1485), comte de Benauges et de Kendall (Candalle), vicomte de Castillon et de Meilles, captal de Buch et de Margaret de La Pole of Suffolk (1426-1485), comtesse de Kendall. Il eut un fils naturel prénommé Pierre d'Armagnac, capitaine des guerres d'Italie, qui fut légitimé par le roi Louis XII en 1502. Pierre fut lui-même père de Georges d'Armagnac, élevé au cardinalat en 1544.
Généalogie simplifiée
N.B. : Cette généalogie ne fait pas l'objet d'un consensus. Elle est différente de celle publiée au par l'historien du Rouergue, Hippolyte de Barrau, qui ne mentionne pas la substitution par la maison de Lomagne..
Armorial de la maison d'Armagnac
Comtes d'Armagnac : D'argent au lion de gueules Comtes d'Armagnac et de Rodez : Écartelé, aux 1 et 4 d'argent au lion de gueules, aux 2 et 3 de gueules au lion ou lion léopardé d'or Comtes de Pardiac et de la Marche, puis ducs de Nemours : Écartelé, aux 1 et 4 d'argent au lion de gueules, aux 2 et 3 de gueules au lion ou lion léopardé d'or au lambel d'azur sur le tout
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . . Édouard de Dienne, Les Sciences occultes en Carladez. Le maître Guillaume de Carlat dans la tentative d'envoûtement de Bernard VII d'Armagnac. 4. - Le projet d'envoûtement (). Enquête de 1401...5. - Vengeance de Bernard VII. 6. - Prise de Géraud à Monlezun. 7. - Interrogatoire et mort de ses enfants. 8. -... Mort de Bernard VII. 9. - Jean V et le duc de Nemours. 10. - Fin de la maison d'Armagnac... 11.- En appendice : Notice sur Etienne Pépin, dit aussi Olivier Acquitardi, RHA, XIII, 1911, 42-69. Glück, Précis historique et généalogique de la maison d'Armagnac de Castanet, Cahors, 1850 (brochure disponible sur le site "Gallica")
Articles connexes Bataille de Launac Maison d'Albret
Liens externes
. VisuArchives. H Barrau_Documents_historiques (tome 1, pages 230 à 263, article comtes d'Armagnac)
* Catégorie:Famille noble française Catégorie:Filiation prouvée au IXe siècle Catégorie:Extinction au XVIe siècle