, également connu sous le nom de scène de , est un cinéaste, acteur, animateur de télévision, humoriste, artiste peintre, et écrivain, né le dans le quartier d'Umejima dans l'arrondissement d'Adachi à Tokyo.

Il a reçu les louanges de la critique, tant dans son pays qu'à l'étranger, pour son travail cinématographique très singulier. En dehors de son activité de réalisateur, il est connu au Japon surtout sous son pseudonyme de Beat Takeshi.

Ses premiers films sont des polars violents et mélancoliques ou des comédies dramatiques remarqués par les critiques pour son esprit pince-sans-rire. Cinématographiquement, Takeshi Kitano est friand de plans-séquence où rien ne semble se passer et de scènes immédiatement coupées dès que la fin de l'action est atteinte. Beaucoup de ses films font preuve d'une philosophie sombre, voire nihiliste mais non sans humour ni affection pour ses personnages. Les films de Kitano, qui semblent laisser des impressions fortes voire controversées auprès du public, prennent la forme de comédies sombres, de récits poétiques (comme l’onirique et troublant Dolls) ou de films de genre dépeignant le quotidien parfois ridicule d’êtres en marge de la société, soulevant des questions d’ordre moral.

Takeshi Kitano, dans l’habit de son avatar télévisé Beat Takeshi, est connu en premier lieu du public japonais comme animateur et acteur de télévision et présentateur d’émissions populaires du petit écran. Il a marqué les esprits du public en animant de longues années un programme télévisé populaire, Oretachi Hyôkin-zoku (1981-1989) ou le jeu Takeshi's Castle (1986-1989).

En tant que cinéaste, son plus gros succès commercial et international est, en 2003, son portrait audacieux de Zatoichi, un personnage culte du Japon, maintes fois utilisé dans des films ou des séries télévisées.

Sa propre société de production Office Kitano, fondée en 1988, a lancé le Tokyo Filmex en 2000. Il quitte Office Kitano en pour rejoindre sa nouvelle société, .

Biographie Vie personnelle Takeshi Kitano, né en , est le plus jeune des quatre enfants de Kikujirō et de Saki Kitano. Son père travaillait comme peintre en bâtiment et a peut-être été yakuza, ce qu'a révélé Takeshi, tandis que sa mère avait une éducation et une discipline stricte, et travaillait dans une usine.. Il a deux frères, Shigekazu et Masaru et une sœur, Yasuko. Masaru est professeur à l'université Meiji et apparaît régulièrement dans plusieurs émissions télévisées japonaises.

Kitano a épousé , ancienne comique manzai (mariage en 1980 - divorce en 2019).. Ils ont un fils, Atsushi Kitano et une fille, . Shoko est chanteuse et actrice. Elle a fait ses débuts comme chanteuse, produite par le cofondateur de X Japan, Yoshiki Hayashi, et est apparue sous le nom de Shoko Matsuda (Matsuda étant le nom de jeune fille de sa mère) dans le film de son père Hana-bi en 1997.

En , un grave accident de moto l'envoie à l'hôpital. où il subit une importante opération chirurgicale pour retrouver l'usage d'un côté de son corps paralysé. La sévérité de ses blessures est apparemment due au fait qu'il ne portait pas de casque. Par la suite, Kitano, réalisateur fasciné par la mort violente, a suggéré lors d'une interview que cet accident était une voir page 82, Asian Pop Cinema: Bombay to Tokyo, Lee Server, Chronicle Books, San Francisco, 1999. due à la pression de sa carrière montée en flèche.

Après son accident de moto, Kitano reprend la peinture. Son style rappelle celui du peintre franco-russe Marc Chagall. Ses peintures ont été exposées en galerie, publiées sous forme de livres et ornent les pochettes de plusieurs des disques contenant la musique de ses films. Ses œuvres sont mises en évidence dans son film le plus acclamé par la critique, Hana-bi, sorti en 1997.

Désormais reconnu internationalement, Kitano s'est vu attribuer le titre de Licencié honoraire en Sciences de l'ingénierie par l'Université de Meiji le , 34 ans après avoir arrêté ses études pour poursuivre sa carrière dans le spectacle.

Le comique En 1970, à sa sortie de l'université Meiji où il a fait des études scientifiques, Takeshi Kitano trouve un travail de garçon d'ascenseur au Furansu-za (littéralement le « cabaret français »), une salle de spectacle populaire du quartier d'Asakusa, à Tokyo, qui fait office de théâtre de sketchs comiques et de strip-tease. Là, il apprend beaucoup, s’initie aux arts de la scène, en l’occurrence comique, auprès du comédien Senzaburō Fukami. Un jour, un comédien tombe malade. Senzaburō Fukami offre sa chance au jeune Takeshi en lui proposant de le remplacer au pied levé. La salle rit aux éclats, applaudit. C’est un succès, la carrière du jeune comique est lancée.

En 1972, il fonde le duo The Two Beats (Beat Takeshi et Beat Kiyoshi) avec son compère Nirō Kaneko ; ils créent ensemble des manzai, sketchs satiriques basés sur une improvisation verbale. Le pseudonyme et le personnage de Beat Takeshi naissent ainsi.

En 1976, ils se produisent à la télévision pour la première fois et obtiennent un succès immédiat qui les propulse au niveau national. La raison de leur succès s’explique par les thèmes récurrents maniés avec un humour décapant, nouveau, par Kitano et son camarade de scène, bien plus risqués que les traditionnels manzai. Ses plaisanteries politiquement incorrectes ciblent tous azimuts. Des plaintes envoyées aux producteurs de la chaîne provoquent la censure de certains des dialogues et plaisanteries les plus osés. Bien que le couple Two Beats constitue l'un des plus grands succès du genre durant les années 1970 et 80, Kitano décide de continuer seul et le duo est dissout.

Certains éléments autobiographiques remontant à sa carrière manzai se retrouvent dans son film de 1996, Kids Return.

L'acteur et le réalisateur En 1983, Takeshi Kitano joue dans son premier grand film : Nagisa Ōshima l'engage en effet pour son film Furyo. Takeshi y tient le rôle du sergent Gengo Hara, dans un camp de prisonniers de guerre en Indonésie durant la Seconde Guerre mondiale. Kitano le considère comme son ..

Après plusieurs autres apparitions, pour la plupart dans des comédies, il joue en 1989 dans Violent Cop, où il tient le rôle d'un détective sociopathe qui répond à la violence par la violence. Lorsque le réalisateur initial Kinji Fukasaku tombe malade, Kitano se propose pour diriger le film. Il remanie considérablement le scénario et transforme son personnage en antihéros solitaire et à contre-courant. Le film est un succès au Japon, tant commercial que critique. Il marque le début de la carrière de réalisateur de Kitano.

Jugatsu, son deuxième film en tant que réalisateur et le premier comme scénariste, sort en 1990. Ce long métrage suit un jeune homme dont l'entraîneur de baseball est menacé par un yakuza local et qui décide de se rendre avec un ami sur l'île d'Okinawa pour se procurer des armes et assouvir sa vengeance. Sur le chemin, ils sont aidés par un gangster psychotique joué par Kitano lui-même, qui a sa propre vengeance à assouvir. Avec une maîtrise complète du script et de la réalisation, Kitano utilise ce film pour affirmer son style : une violence choquante, un humour noir étrange et des scènes d'images arrêtées stoïques. Malgré cela, le film est un échec et ne permet pas de couvrir les coûts de production lors de son exploitation initiale.

Le troisième film de Kitano, A Scene at the Sea, sort en 1991. Il n'y a pas de gangsters, mais un éboueur sourd déterminé à apprendre à surfer après avoir découvert pendant son travail une planche de surf cassée. Une jeune femme, également sourde, suit ses progrès et l'aide lorsqu'elle le peut. Le film montre une facette plus romantique et délicate de Kitano ainsi que l'humour pince-sans-rire qui est une de ses marques de fabrique.

Les spectateurs étrangers, qui dépasseront en nombre son public national dans les années qui suivront, ainsi que la presse européenne et notamment française, remarquent les films de Kitano après la sortie de Sonatine, son quatrième film, en 1993. Il y joue un yakuza de Tokyo envoyé par son patron à Okinawa pour aider à mettre fin à une guerre de gangs. Fatigué de sa vie de gangster, ce personnage découvre que la mission entière est un leurre.

Les influences des films dirigés par Kitano sont variées : le cinéma américain, le cinéma japonais et le maître du yakuza eiga (films sur la pègre japonaise moderne), Kinji Fukasaku, à qui il rend hommage dans Sonatine.

La sortie de Getting Any? en 1995 montre un Kitano retournant à ses racines : la comédie. Ce film, qui se présente comme un assemblage de scènes comiques, se concentre autour d'un personnage, Asao, qui essaye de faire l'amour dans une voiture. Une bonne partie du film moque la culture japonaise populaire, comme Ultraman ou Godzilla et même le personnage de Zatoichi que Kitano lui-même reprendra huit ans plus tard. La même année, Kitano apparaît dans le film de science-fiction Johnny Mnemonic de Robert Longo.

Kitano réalise ensuite Kids Return en 1996. Jusqu'alors, les films de Kitano rencontraient beaucoup de succès auprès des cinéphiles et amateurs étrangers de cinéma d'art et d'essai. En 1997, Hana-bi, qui lui vaut notamment de remporter le prestigieux Lion d'or à la Mostra de Venise, affirme alors son statut international de cinéaste majeur du cinéma moderne japonais.

En parallèle, il continue de jouer pour d'autres réalisateurs. Parmi ses rôles les plus significatifs, figure celui du samouraï Hijikata Toshizō, vice-commandant du Shinsen gumi, dans Tabou (1999) de Nagisa Ōshima, et celui du professeur Kitano dans Battle Royale (2000), une dystopie à grand succès et controversée, situé dans un futur sombre où un groupe d'adolescents est choisi aléatoirement chaque année pour s'entretuer sur une île déserte..

En 1999, Kitano marque également les esprits en incarnant Kikujiro dans son propre film L'Été de Kikujiro : il y apparaît comme un petit escroc bon à rien qui finit par faire équipe avec un jeune garçon cherchant sa mère.

Le film Aniki, mon frère (2001), tourné à Los Angeles, montre un Kitano en yakuza de Tokyo chargé de l'installation d'un empire de drogues à Los Angeles avec l'aide d'un gangster local joué par Omar Epps. Malgré beaucoup de battage médiatique autour du premier film en langue anglaise de Kitano, ce film ne rencontre qu'un accueil mitigé, aux États-Unis comme ailleurs. Kitano devient une cible privilégiée par les critiques aux États-Unis. La critique est moins sévère en Europe et en Asie, quoique beaucoup de critiques ne soient désormais plus aussi élogieux qu'ils l'avaient été pour les films précédents de Kitano.

Il dirige ensuite Dolls, en 2002, dans lequel il raconte trois versions différentes de l'amour éternel. Ce film, dans lequel il ne joue pas, est bien accueilli par le public et la critique.

L'adaptation de Zatoichi en 2003, dans lequel Kitano est acteur et réalisateur, nous montre toute la verve du réalisateur. Ce film, pour lequel il se teint les cheveux en blond, ce qui choque initialement le Japon car les interprètes traditionnels de Zatoichi ont tous les cheveux noirs, fait taire beaucoup de ses détracteurs. Zatoichi est une pure invention cinématographique et une réussite évidente confirmant le talent de ce réalisateur atypique. Avec sa vision nouvelle du personnage, ce film devient le plus grand succès de Kitano au box-office japonais, et connaît le succès lors de sa sortie internationale aux Etats-Unis, en Europe et en Asie – le film obtient notamment un succès au box-office sud-coréen. Il remporte de nombreuses récompenses au Japon comme à l'étranger, notamment le Lion d'argent à la Mostra de Venise.