Le tourisme en France est un secteur économique important, aussi bien pour les Français qui choisissent d'y passer leurs vacances, que pour les étrangers qui viennent y faire un séjour.

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, la France est le pays le plus visité au monde avec 102 millions d’arrivées internationaux en 2024 mais seulement 54,6 restent., parce que c'est un pays de passage vers l'Espagne ou l'Italie, et donc se classe sixième quant aux séjours hôteliers, avec 151 millions de nuits, derrière les États-Unis, l'Espagne, l'Italie, la Chine et la Turquie, et quatrième (derrière les États-Unis, l'Espagne et le Royaume Uni) quant aux recettes du tourisme international..

En 2024, une large majorité de touristes étrangers provenaient de pays européens voisins, notamment du Royaume-Uni (14,6 %), d'Allemagne (13,7 %), de Belgique et du Luxembourg (13 %), ainsi que d’Italie, de Suisse et d’Espagne (environ 7,5 % chacun). Au total, 78,3 % des visiteurs venaient d’Europe, loin devant les Amériques (8,5 %), l’Asie-Océanie (7,1 %), l’Afrique (4,5 %) et le Moyen-Orient (1,6 %). Cette répartition géographique souligne le poids prépondérant du tourisme de proximité dans la fréquentation internationale de la France.

Le tourisme a des retombées économiques positives, mais a des impacts environnementaux importants, dans l'espace (flux de transports, d'énergie, de déchets) et dans le temps (impacts immédiats et différés). Le tourisme représente 7,4 % du PIB de la France et 2 millions d'emplois directs et indirects en 2018. Les visiteurs étrangers y ont contribué à hauteur de 66 milliards d’euros, soit environ 2,8 % du PIB nationalDirection Générale des Entreprises, La croissance de la consommation touristique en France se confirme en 2018, Ministère de l’Économie et des Finances, janvier 2019, en ligne. Le secteur est par ailleurs responsable d'environ 11 % des émissions de gaz à effet de serre du pays..

Histoire du tourisme en France

Aux origines : du pèlerinage au Grand Tour ()

Avant l’apparition du tourisme moderne, les déplacements en France étaient principalement motivés par des raisons religieuses, éducatives ou diplomatiques. Dès le , les jeunes aristocrates européens, notamment britanniques, effectuent le Grand Tour, un voyage de formation culturelle qui inclut des étapes en France, comme Paris, Lyon ou les châteaux de la Loire. Ce phénomène élitiste pose les bases intellectuelles du tourisme moderneAndrew, Caroline. "The Grand Tour and Its Influence on Cultural Tourism." Journal of Cultural Geography, vol. 24, no. 1, 2007, pp. 1–18. consulté en mai 2025.

Hyères et la naissance du tourisme climatique ()

L’une des premières formes de tourisme climatique en France se développe dans la commune de Hyères à partir des années 1760. Grâce à son climat méditerranéen, la ville attire les premiers hivernants britanniques. Les généraux anglais George Keppel et Augustine Prevost y séjournent dès l’hiver 1767-1768. En 1788 et 1789, le prince de Galles, futur George IV du Royaume-Uni, y séjourne également, consacrant Hyères comme station hivernale de renomQuand Hyères et le Var étaient à l'heure anglaise, Var-Matin, 3 juillet 2019. consulté en mai 2025.

Cette fréquentation précoce s’inscrit dans un mouvement plus large où le climat, la santé et la mondanité deviennent des facteurs d’attractivité. Hyères est ainsi considérée comme l'une des toutes premières stations touristiques climatiques françaisesMarchal, Alain. Présence et influence anglaise à Hyères, station d'hivernants, des années 1760 à l'entre-deux-guerres mondiales. Recherches régionales, Nice, 2012. consulté en mai 2025.

Le : naissance du tourisme moderne

Le développement du chemin de fer à partir des années 1840 transforme profondément les pratiques de déplacement. Le tourisme devient plus accessible, rapide et sécurisé. De nombreuses stations balnéaires (Deauville, Biarritz), thermales (Vichy, Aix-les-Bains) ou de montagne (Chamonix) se développent à l’initiative des élites et des compagnies ferroviairesUne brève histoire du tourisme, Nouveau Tourisme Culturel, 5 mars 2015. consulté en mai 2025.

Les premières agences de voyages, notamment celle de Thomas Cook, proposent des séjours organisés et encadrés dès le milieu du . En France, le modèle se diffuse rapidement auprès de la bourgeoisie urbaine.

: démocratisation et tourisme de masse

L’instauration des congés payés en 1936 marque un tournant décisif, avec une massification de la pratique touristique qui préfigure le développement de l'après-guerre. Elle permet aux classes populaires d’accéder aux vacances, ce qui entraîne une explosion de la fréquentation des stations balnéaires, des montagnes et des campagnes. L’automobile individuelle et l’amélioration du réseau routier contribuent à cette diffusion du tourismeUne petite histoire du tourisme, Intermèdes, 2020. consulté en mai 2025. thumb|De grands essembles sont construits sur le littoral du Languedoc (ici La Grande-Motte) ou à la montagne pour accueillir en masse des touristes dans des structures dédiées, mais souvent décriées. Le développement du tourisme est aussi utilisé comme un outil d'aménagement du territoire à partir des années 1960. Pour favoriser le développement économique de certaines régions, de grands programmes sont mis en œuvre. Dans le cadre de la mission Racine, plusieurs sections du littoral du Languedoc-Roussillon (notamment La Grande-Motte et le Cap d’Agde) sont créées pour accueillir un grand nombre de touristes à partir de 1963. Dans plusieurs massifs montagneux, des plans neige sont mis en œuvre entre 1964 et 1977 pour créer de grands stations de ski (La Plagne, Les Arcs, Isola 2000, ou Tignes).. L'essor de ces grands complexes touristiques hors-sol rencontre plusieurs critiques, alors qu'un début de conscience écologiste commence à percer à l'époque. La Loi littoral de 1986 est adoptée pour encadrer l'artificialisation dans les communes située sur les côtes..

Époque contemporaine : diversification et durabilité

Depuis les années 1980, le tourisme français se diversifie. Le tourisme culturel, écologique, rural, œnologique ou encore tourisme de mémoire prend de l’ampleur. Les visiteurs recherchent davantage des expériences personnalisées, hors des grands circuits classiques'. thumb|upright|Le surtourisme touche plusieurs sites comme le musée du Louvre. Le phénomène de surtourisme dans certains lieux emblématiques (Paris, Mont-Saint-Michel, gorges du Verdon) soulève des préoccupations environnementales. Les collectivités territoriales mettent en place des politiques de gestion des flux et de tourisme durableSurtourisme : quand voyage rime avec dommage, Le Monde, 10 juillet 2024. consulté en mai 2025.

Aspects économiques Le secteur clé du tourisme est une des branches importante du commerce extérieur de la France dans la mesure où il contribue au solde des échanges extérieurs, à un niveau qui est devenu comparable à celui du secteur agro-alimentaire ( en 2006Tableau de bord du commerce extérieur français - Résultats annuels 2005-2007 - Ministère du Budget) et même supérieur à celui de l'automobile en 2006. La balance entre les dépenses des touristes étrangers en France et celles des touristes français à l'étranger, dégage un solde positif de 11,4 milliards d'euros. Ce solde est en recul, notamment à cause du cours élevé de l'euro qui renchérit fortement les prix pour les étrangers hors zone euro.

La destination France conserve le premier rang mondial en 2011, avec plus de 81 millions d’arrivées de touristes internationaux, et le quant aux recettes (39,2 milliards d’euros)Mémento du tourisme 2012 - Dgcis, 2012 (voir archive). En 2005 le tourisme international a généré de dollars de recettes en France ( mondial derrière les États-Unis, l'Espagne et devant l'Italie), en hausse de 3,4 % par rapport à 2004 UNWTO - World Tourism Barometer - UNWTO juin 2006 (voir archive). Cependant, un touriste sur cinq n'est qu'en transit dans le pays, les excursionnistes étant majoritaires (114 millions de touristes sur 196 millions, chiffres 2007).

Les activités caractéristiques du tourisme (hôtellerie avec une nouvelle classification en 2012, cafés-restaurants, camping, agences de voyages, remontées mécaniques, activités thermales…) emploient .

Tendance et prospective thumb|left|upright=1.8

2008 En 2008, la France est au troisième rang mondial en matière de dépenses faites par les touristes derrière l'Espagne et les États-Unis (causes principales : moins de nuitées car la France est un pays de passage, recours relativement plus élevé au camping, achats relativement plus importants dans les marchés et supermarchés), mais c'est le pays qui en accueille le plus ; avec en 2007 un record historique battu : de touristes étrangers ont visité la France (à comparer aux de 1996 et de 1997)Le Tourisme en France, Philippe Kerourio, professeur de géographie du tourisme.

Le projet « Destination France 2020 », présenté en voulait encore accroître ce nombre (et les recettes touristiques). Selon Luc Chatel, secrétaire d'État au tourisme du gouvernement Fillon IISource : Luc Chatel, secrétaire d'État à la Consommation et au Tourisme, lors du salon Le monde à Paris (MAP 2008) l'OMT s'attend à une hausse de 80 % des flux de touristes de 2008 à 2020 dans le monde. Inversement, dans le pays, il y a une relative stabilité (depuis 25 ans) de la proportion de Français qui se déplacent pour partir en vacances. Luc Chatel vise de touristes étrangers à l'horizon 2015 ; en passant du « 1-3-9 au 1-2-3 » (ce qui signifie conserver le mondial comme destination, gagner le , occupé par l'Espagne, en matière de dépenses faites par les touristes, derrière les E-U, et passer du neuvième au mondial pour la somme moyenne dépensée par touriste).

2012 En 2012, la France a accueilli 83 millions de touristes, leurs dépenses se sont élevées à 35,8 milliards d'euros, ce qui donne un solde de la balance touristique à près de 13 milliards d'euros. Plus de 80 % des touristes restent européens, en premier les Allemands (12,2 millions de touristes en 2012), qui ont ravi la première place aux Britanniques (12,1 millions). L'Île-de-France détient le record de nuitées (68,3 millions de nuitées pour 29 millions de visiteurs) devant la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (21,7 millions de nuits).

2013 En 2013, le nombre de touristes étrangers est de 84,7 millions, dont 13 millions d'Allemands et 1,7 million de Chinois (dont le nombre a doublé depuis 2009). La durée moyenne du séjour augmente à 7,1 nuits (6,9 en 2012). La part des hébergements payants se situe à 67 %, en légère baisse, attribuée à l'influence de la crise économique qui pousse les touristes à chercher des hébergements gratuits chez des connaissances ou l'échange d'appartementLa France, pays le plus visité en 2013, lemonde.fr, 11 aout 2014.

2014 En 2014, la France a accueilli 84,7 millions de touristes étrangers, soit autant qu'en 2013.

2015 En 2015, la France a connu un « record de fréquentation » des touristes internationaux de 85 millions.

2016