Le Congrès antimilitariste d'Amsterdam se tient à Amsterdam (Pays-Bas) du 26 au à l'initiative de Ferdinand Domela Nieuwenhuis.

Il réunit 470 délégués de France, d’Angleterre, de Suisse, de Bohême, d’Espagne, du Portugal, de Belgique et des Pays-Bas.

Le est fondée l'Association internationale antimilitariste, sa devise est : « Pas un homme, pas un sou pour le militarisme »Alfred Hermann Fried, Annuaire de la vie internationale, Institut international de la paix (Monaco), Office central des institutions internationales (Bruxelles), 1906, page 234..

Le Congrès se fracture sur la question de l'utilisation de la violence provoquant une prise de distance des anarchistes chrétiens minoritaires lors des votes des motions. Certains anarchistes individualistes dont E. Armand critiqueront, par ailleurs, ce « parlementarisme » éloigné de la recherche du consensus habituellement utilisé dans les assemblées anarchistes.

Historique

Outre Domela Nieuwenhuis l'organisateur, les Pays-Bas sont également représentés par Félix Ortt et Hijman CroisetDictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : Hijman Croiset.. La Belgique est représentée par Georges Thonar. Siegfried NachtDictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : Siegfried Nacht. et Pedro VallinaDictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : Pedro Vallina. sont délégués de groupes libertaires espagnols et portugais.

La Ligue antimilitariste, fondée en France en , participe en tant que telle au Congrès et est représentée par Georges Yvetot (secrétaire de la Fédération des Bourses du travail), Émile Janvion, Paraf-Javal, A. Libertad, Francis Jourdain, Ernest Girault, Fortuné Henry et Miguel AlmereydaJean Maitron, Le mouvement anarchiste en France, des origines à 1914, tome 1, Paris, Gallimard, 1975, page 370.. D'autres français sont présents tels l'écrivain Georges DarienAlain Pessin, Peuple, mythe et histoire, Presses Universitaires du Mirail, 1997, page 59., Henri Beylie, E. Armand ou Paul RobinAurélien Lorig, Un destin littéraire. Georges Darien, Thèse de doctorat en Littérature française et comparée, Université de la Sorbonne nouvelle - Paris III, 2015, lire en ligne..

Les statuts de l'Association internationale antimilitariste n'évoquent pas explicitement l'« anarchisme », mais seulement l'« antimilitarisme révolutionnaire » et préconisent, à plus ou moins court terme, l'« action insurrectionnelle » comme moyen d'action : « À l'ordre de mobilisation vous répondrez par la grève immédiate et l'insurrection ». Les cadres de l'association sont toutefois tous anarchistes ou syndicalistes révolutionnairesConstance Bantman, The French Anarchists in London, 1880-1914 : Exile and Transnationalism in the First Globalisation, Oxford University Press, 2013, pp. 178-179..

Motions

Selon l'anarchiste individualiste E. Armand, le Congrès met en présence « deux tendances libertaires : la tendance révolutionnaire doctrinaire et la tendance éducatrice et pacifique anti-sectaire. Cette rencontre n'eut malheureusement pas toute l'ampleur qu'elle aurait méritée, ce qui restreint la portée des conclusions à tirer du débat. »E. Armand, Le congrès antimilitariste d'Amsterdam et la Deuxième Internationale, L’Ère Nouvelle, n°30, juillet-août 1904, pp. 285-291, lire en ligne.

Les thèmes l’antimilitarisme et les syndicats, l'antimilitarisme et la religion et l’antimilitarisme et l’enseignement font l'objet de débats spécifiques.

À propos de l’Antimilitarisme et le Refus militaire, le Congrès est divisé entre partisans d’une passivité imprégnée des principes chrétiens tolstoïens et fervents défenseurs de la violence de l’acteFrancis Bertin, Esotérisme et socialisme, Éditions L'Âge d'Homme, 1995, page 95.. Par 31 voix contre 6, une motion présentée par les délégués français est adoptée : « Le Congrès d’Amsterdam initiateur de la seconde Internationale, déclare se réclamer des principes révolutionnaires et repousser catégoriquement les théories de la résignation, issues de l’esprit chrétien ».

Bibliographie Jean Maitron, Le mouvement anarchiste en France, Gallimard, coll. « Tel », 1992, . Francis Jourdain, Sans remords ni rancune, Paris, Corrêa, 1955, Éditions Delga, 2014, , présentation éditeur. H. B., Le Congrès antimilitariste d'Amsterdam, L’Ère Nouvelle, n°29, mai-, pp. 241-243, lire en ligne. E. Armand, Le congrès antimilitariste d'Amsterdam et la Deuxième Internationale, L’Ère Nouvelle, n°30, juillet-, pp. 285-291, lire en ligne. Paul B. Miller, From Revolutionaries to Citizens : Antimilitarism in France, 1870–1914, Duke University Press, , extraits en ligne. Anne Steiner, Révolutionnaire et dandy : Vigo dit Almereyda. L'échappée, 2020, Chapitre 4 « L'Affiche rouge ».

Notices L'Éphéméride anarchiste : 28 juin 1904, Congrès international antimilitariste.

Articles connexes Association internationale antimilitariste fondée le . Congrès anarchiste international d'Amsterdam ( au ). Congrès de Marseille de la Confédération générale du travail de 1908 (motion antimilitariste).

Liens externes

Notes et références

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