Rita Hayworth Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API., est une actrice et danseuse américaine, née le à New York et morte le dans la même ville.

Elle est l'un des grands sex-symbols féminins des années 1940 et l'une des plus grandes stars de l'âge d'or d'Hollywood, apparaissant dans 61 films au total durant une carrière de 37 ans. Surnommée la « déesse de l'amour » par la presse, elle est la pin-up préférée des GI durant la Seconde Guerre mondiale.

Hayworth est peut-être surtout connue pour son rôle principal dans le film noir Gilda de 1946, aux côtés de Glenn Ford, dans lequel elle est l'incarnation de la femme fatale dans son premier grand rôle dramatique. Elle est également connue pour ses rôles dans Seuls les anges ont des ailes (1939), La Blonde framboise (1941), Arènes sanglantes (1941), La Dame de Shanghai (1947), La Blonde ou la Rousse (1957), et Tables séparées (1958). Fred Astaire, avec qui elle tourna deux films, L'amour vient en dansant (1941) et Ô toi ma charmante (1942), l'a un jour citée comme sa partenaire de danse préférée. Elle a aussi joué dans la comédie musicale en Technicolor La Reine de Broadway (1944), avec Gene Kelly. Elle figure parmi les 25 plus grandes actrices de tous les temps dans le classement AFI's 100 Years... 100 Stars de l'American Film Institute.

Pour sa contribution à l'industrie cinématographique, elle reçoit une étoile sur le Hollywood Walk of Fame au 1645 Vine Street en 1960.

En 1980, elle est diagnostiquée d'un stade précoce de la maladie d'Alzheimer, ce qui contribue à sa mort en 1987 à l'âge de 68 ans. La divulgation publique et le débat sur sa maladie attirent l'attention sur la maladie d'Alzheimer et contribuent à augmenter le financement public et privé de la recherche sur la maladie.

Biographie Famille Margarita Carmen Cansino naît le dans le quartier de Brooklyn à New York Biographie sur IMDb.. Elle est l’aînée de deux jeunes frères.

Son père, Eduardo Cansino, danseur assez célèbre, est d’origine sévillane.. Le père d’Eduardo, Don Antonio Cansino, a parcouru le monde avec des représentations qui ont conquis des foules entières avant de s'installer aux États-Unis. Il a fondé avec certains de ses enfantsHuit fils et trois filles. une troupe populaire de danseurs de flamenco, les « Dancing Cansinos », le charme hispanique étant alors à la mode aux États-Unis. Don Antonio oblige son fils aîné Eduardo à faire de la danse, alors que celui-ci nourrit le rêve de devenir matadorParis Match -M2533-1983-..

À la suite du décès de deux de ses filles, Don Antonio rentre en Espagne avec sa famille et se consacre uniquement à l’enseignement de la danse..

Par la suite Elisa, une autre de ses filles, monte un numéro de danse avec Eduardo, son frère. Ils embarquent tous les deux en pour les États-Unis et parcourent ainsi le pays avec ce nouveau numéro dansé qui devient renomméEn 1926, grâce à leur succès, la Warner Bros. Pictures les engage pour participer à un film afin de promouvoir le Vitaphone, nouveau système d’enregistrement du son sur disque et se révèle particulièrement lucratif.

La mère de Rita, Volga, née Hayworth, elle-même danseuse, notamment pour les Ziegfeld Follies, est fille d’acteurs anglo-irlandais. Elle avait fui le domicile de ses parents, bien décidée à monter sur les planches. Très vite, elle rencontre Eduardo et décide de le suivre dans ses tournées. Ils se marient en 1917.

Ses premiers pas de danseuse vignette|À l'âge de 12-, Rita Hayworth en danseuse professionnelle avec les « Dancing Cansinos » (1931).

Dès ses premières années, Rita Hayworth se produit dans la troupe familiale des « Dancing Cansinos » et danse notamment à quatre ans avec éventail et castagnettes, à l’occasion d’un récital au Carnegie Hall.

Son père exige d’elle un travail intense et lui impose des cours de danse rigoureux et particulièrement contraignants.

Rita Hayworth est alors d’une nature réservée, obéissante et d’une timidité maladive.

Avec l’arrivée du parlant, l’âge d’or du music-hall se termine et leurs spectacles ne font plus recette, tant et si bien que le groupe se dissout. Eduardo quitte New York, entasse sa famille dans une roulotte et part au hasard des routes. Persuadé que l’avenir est aux comédies musicales, il prend la direction de Los Angeles, espérant poursuivre sa carrière au cinéma, les "latin-lovers" étant toujours à la mode. Mais réussir à Hollywood n’est pas facile ; il fonde alors une école de danse en 1929, à l’angle de Sunset Boulevard et de Vine Boulevard ; c’est un succès. Margarita y perfectionne son apprentissage et sera danseuse professionnelle dès l'âge de douze ansEncyclopédie alpha du cinéma - - Éditions Grammont S.A. - Alpha Éditions..

Le krach boursier de Wall Street vient ébranler l’entente familiale et ses finances, et met l'école de danse en danger. Eduardo perd ses économies dans de mauvais placements. Et les Cansino, bohèmes dans l’âme, repartent sur les routes dans leur roulotte dès la première offre intéressante. Eduardo pousse sa fille à suivre ses cours de danse, et elle se révèle la plus disposée à prendre la relève. vignette|Margarita, , avec son père et partenaire de danse, 1933. Les besoins financiers se faisant sentir, Eduardo remonte ses anciens numéros de danse, met sur pied des spectacles et décide de prendre sa fille, alors âgée de treize ans, comme partenaire attitrée : les « Dancing Cansinos » ressuscitent. Ils dansent des versions modernes du tango espagnol et du boléro, elle, se vieillissant, lui, se rajeunissant, arrivant même à passer pour un couple. Leur succès est inouï. Margarita travaille beaucoup, jusqu’à vingt shows par semaine, dans des night-clubs, à Hollywood comme à Agua Caliente (Tijuana, frontière du Mexique) ou à Santa Monica, Long Beach…

Rita Hayworth prend cette nouvelle vie comme un privilège de se retrouver avec son père, qu’elle admire, mais elle va vite déchanter : alcoolique, il devient tyrannique, violent et, comme elle le confiera plus tard à Orson Welles, son second mari, elle subira des relations incestueusesRapporté par Orson Welles à l’auteur .. En tournée sur des casinos flottants, son père la viole tous les soirs.. Les conséquences psychologiques seront désastreuses pour Rita et se feront toujours sentir dans sa vie et dans ses relations chaotiques avec les hommes.

Pourtant, malgré ces abus, sa réserve et sa timidité maladive, Rita Hayworth apparaît sur scène comme une femme sensuelle dotée d’une grâce et d’une prestance naturelles. Si elle est réservée et introvertie dans sa vie privée, elle s’épanouit dès qu’elle se trouve sous le feu des projecteurs. Lors de ses représentations dans les night-clubs, Eduardo ne manque pas de la présenter à tous ceux qui comptent à Hollywood, avec le secret espoir de décrocher un contrat de cinéma.

De la figurante à la starlette vignette|Rita Hayworth en 1935. Ainsi, en 1933, les studios Warner Bros. lui font passer un bout d'essai mais ne la retiennent pas, la jugeant trop ronde et de front trop étroitLe Cinéma Grande histoire illustrée du . . Éditions Atlas.. D’autres la trouvent trop brune ou d'une allure qui ne convient pas.

C’est Winfield Sheehan, vice-président de la Fox Film Corporation, qui remarque l’adolescente de quinze ans « à la timidité qui faisait peine à voir »Winfield Sheehan à Louella Parsons dans Tell it to Louella. lors d’un passage à Tijuana. Il assiste au numéro de Rita Hayworth et, séduit par son charme et sa silhouette, lui fait passer des essais au studio de la Fox sur Western Avenue à Hollywood. Les tests sont plus que concluants, et Sheehan lui fait signer un contrat à condition qu’elle change son prénom en Rita, qu’elle suive un régime et qu'elle prenne des leçons de diction et de maintien..

Elle tourne très vite un court métrage et danse dans un de ses premiers films, L'Enfer (1935), aux côtés de Spencer Tracy, film dont Eduardo sera d’ailleurs l’un des chorégraphes. Elle apparaît dans plusieurs films de série B : Under the Pampas Moon, Charlie Chan en Égypte, Human Cargo dans lesquels elle incarne des filles exotiques, mexicaine, égyptienne ou russe. Mais Sheehan a un projet d’envergure et veut faire de Rita une vedette grâce à un nouveau film, Ramona, avec pour elle un premier grand rôle.

Mais la Fox connaît de sérieuses difficultés et lorsqu’elle fusionne avec la 20th Century Pictures pour devenir la 20th Century Fox, le nouveau producteur en chef Darryl F. Zanuck se débarrasse de Sheehan et décide de retravailler tous les projets de ce dernier. Il remplace Rita Hayworth par Loretta Young pour le film Ramona (1936) alors qu’elle avait déjà travaillé le rôle. De plus, il la libère de son contrat, geste qu’il regrettera des années plus tard. Quand le studio lui signifie par téléphone qu’elle n’a plus à mettre les pieds à la Fox, Rita Hayworth est désespérée.

C’est à ce moment-là qu’elle rencontre Edward C. Judson, un obscur homme d'affaires arriviste qui, après avoir visionné les rushes du film Ramona, propose à Rita Hayworth, fragilisée par la perte de son contrat, de s’occuper de sa carrière pour tenter de la propulser dans le cinéma. Très vite, il lui trouve des contrats dans des sociétés de petite envergure qui produisent des films de série B : elle tourne un petit rôle dans Meet Nero Wolfe pour la Columbia, deux westerns pour la Crescent Pictures Corporation et deux autres pour la Republic Pictures et la Boots and Saddles Pictures.

Étouffée par son père et sa mère devenue alcoolique, Rita Hayworth prend ses distances avec sa famille et, en 1937, à , épouse Judson, de vingt ans son aîné, ce qui lui permet d'échapper à l’enfer familial. Judson se substitue totalement au père de la jeune starlette, toute docile. Dès lors, Judson la métamorphose. Il lui fait prendre des cours de diction, la persuade de changer totalement sa façon de se vêtir, de se mettre à la diète, d’avoir recours à la chirurgie esthétique pour creuser l’ovale de son visage (en arrachant des molaires). Rita Hayworth est trop brune et trop typée. Après des semaines de séances d’électrolyse pour redessiner l’implantation de ses cheveux, il les lui fait teindre en auburn.

Poursuivant ses plans, il la présente entre-temps à Harry Cohn, le patron de la Columbia Pictures qu’il connaît bien. Le producteur tombe sous le charme de la belle starlette et lui fait signer un contrat de sept ans de par semaine. Il prend en charge les frais pour parachever sa transformation et change son nom de Cansino pour le nom de sa mère, Hayworth, afin de faire plus distingué (avec un y, ce qui la distingue de son oncle, Vinton Haworth, également acteur). Elle apparaît pour la première fois sous son pseudonyme en 1937, dans le film Criminels de l'air (Criminals of the Air) où elle exécute à nouveau des danses espagnoles. Elle tourne ensuite dans une douzaine de films de piètre qualité mais qui lui permettent tout de même d’acquérir plus d'expérience.

Harry Cohn, réputé pour sa vulgarité, est très vite obsédé par la jeune femme qui refuse ses avances. Orson Welles qualifie cette obsession de « fantastique sens de la propriété ». Et Rita Hayworth subit aussi bien une cour empressée que des humiliations répétées, Cohn lui faisant payer chèrement tous ses refus. Il épie toutes ses relations, allant jusqu'à installer des micros dans sa loge pour être au courant de ses faits et gestes, ce qui ne l’empêche pas de renouveler à chaque fois ses contrats.

La déesse de l'amour vignette|gauche|Rita Hayworth et Tyrone Power dans Arènes sanglantes (1941).