Hemingway and Gellhorn est un téléfilm réalisé par Philip Kaufman diffusé en 2012. Il s'agit d'une biographie romancée, produite pour la télévision par HBO, relatant la vie de la correspondante de guerre et journaliste américaine Martha Gellhorn et celle de son mari écrivain américain Ernest Hemingway.

Il est présenté hors compétition et pour la première fois à l'occasion du Festival de Cannes, le , repoussant ainsi de trois jours sa sortie américaine, sur HBO.

Synopsis Martha Gellhorn, âgée, raconte sa vie lors d'une interview.

En 1936, ils se voient pour la première fois à l'occasion d'une rencontre fortuite dans un bar à Key West en Floride. Ils se rencontrèrent de nouveau un an après en Espagne, dans le même hôtel Florida à Madrid et au même étage, alors que tous deux couvraient l'actualité de la guerre civile espagnole, en qualité de correspondants de guerre pour la presse américaine, lui pour la "NANA" - North American News Association - , elle pour le "Collier's Weekly"Selon WP es, « Martha Gellhorn a écrit au Florida d'excellentes chroniques sur la vie quotidienne dans Madrid assiègé». Le titre d'une chronique du 17 juillet 1937, "Only the Shells Whine" (« Seuls les obus gémissent »).

Au début, Gellhorn résiste aux avances romantiques du célèbre auteur mais durant un raid aérien, tous deux se retrouvent seuls, pris au piège dans la même chambre. Sans pouvoir surmonter leurs désirs respectifs, ils deviennent amants. Ils restent en Espagne jusqu'en 1939. En 1940, Hemingway divorce de sa seconde femme Pauline Pfeiffer, pour épouser 3 semaines plus tard Martha Ellis Gellhorn. Il rend hommage à Gellhorn pour l'avoir inspiré dans l'écriture de son roman Pour qui sonne le glas (1940), en le lui dédicaçantLa dédicace de Ernest Hemingway à Martha dans Pour qui sonne le glas, This book is for MARTHA GELLHORN.

Au fil du temps, Gellhorn devient de plus en plus en vue, succès qu'elle ne doit qu'à son seul mérite et qui est à l'origine de de carrière et d'un machisme de plus en plus insupportableHemingway décrit dans sa pièce La Cinquième Colonne écrite durant le siège de Madrid, une journaliste, grande et blonde, envoyée d'un journal féminin, qui passe son temps dans son lit et sa baignoire, ne sort jamais de sa chambre, écrit parcimonieusement, ne sait pas cuisiner, laisse toutes les lampes allumées, et voudrait embourgeoiser le héros tourmenté qui est tombé amoureux d'elle. L'histoire se termine , lui, continuant à s'abîmer un peu plus dans l'alcool à Key West; elle, en partance pour couvrir un autre conflit. En 1945, Gellhorn sera la seule des quatre femmes d'Hemingway à lui demander le divorceCitation de Martha dans une de leurs correspondances, à l'heure de leur séparation : Don't worry and don't feel bad. we are two difficult people, and we were born to survive (Traduction : Ne t’inquiète pas, ne te sens pas responsable. Nous sommes deux caractères forts et nous étions nés pour survivre). Remarquez, qu'elle écrit bien - nous étions nés pour survivre - , mettant ainsi l'accent sur la nécessité extrême de divorcer, à ces yeux, pour remplir cette condition. Un "nous sommes nés pour survivre" aurait mis l'accent sur un présent mutuel qui exige que l'on se bat, ce qu'elle faisait et non le présent d'Ernest qui se perd dans la boisson. Un présent eut été considéré comme un encouragement de sa part à l'égard d'Ernest, un encouragement à se battre contre la boisson..

Fiche technique Titre français : Hemingway and Gellhorn Titre original : Hemingway & Gellhorn Réalisation : Philip Kaufman Scénario : Jerry Stahl, Barbara Turner Musique : Javier Navarrete Photographie : Rogier Stoffers Direction artistique :Nanci Noblett Décors : Geoffrey Kirkland Décoration Plateau : Jim Erickson Costumes : Ruth Myers Montage : Walter Murch Sociétés de production : HBO Producteurs : Peter Kaufman, Trish Hoffman, James Gandolfini, Alexandra Ryan, Barbara Turner Pays de production : États-Unis Format : Genre : drame biographique, romance Langue originale : anglais Budget : 14 millions de dollars Durée : Dates de sortie/diffusion : France : (avant-première au festival de Cannes) États-Unis : ( diffusion sur HBO)

Distribution Nicole Kidman (VF : Danièle Douet) : Martha Gellhorn Clive Owen (VF : Julien Kramer) : Ernest Hemingway Rodrigo Santoro (VF : Benjamin Penamaria) : Paco Zarra Lars Ulrich (VF : Tanguy Goasdoué) : Joris Ivens David Strathairn (VF : Jean-Luc Kayser) : John Dos Passos Robert Duvall (VF : Richard Leblond) : général Petrov Tony Shalhoub (VF : Michel Papineschi) : Mikhail Koltsov Parker Posey (VF : Stéphanie Lafforgue) : Mary Welsh Hemingway Molly Parker (VF : Odile Cohen) : Pauline Pfeiffer Santiago Cabrera (VF : Félicien Juttner) : Robert Capa Peter Coyote (VF : Jean Barney) : Maxwell Perkins Joan Chen (VF : Jade N'Guyen) : Madame Chiang Jeffrey Jones (VF : Michel Prud'homme) : Charles Colebaugh Diane Baker : Mrs. Gellhorn Mark Pellegrino (VF : Philippe Vincent) : Max Eastman Saverio Guerra (VF : Nessym Guetat) : Sydney Franklin Steven Wiig : Simo Häyhä Antony Brandon Wong (VF : Philippe Valmont) : Chou en-laï Erik Schneider (VF : Nikita Gouzovski) : Brooklin Keone Young (VF : Bing Yin) : Ma Malcolm Brownson (VF : Christian Pélissier) : Orson Welles Logan Petrin : John alias "Bumby", alias Jack, fils d'Hemingway

Production Genèse et développement Des années plus tôt, Barbara Turner écrit un script de 265 pages sur Hemingway et Gellhorn et le propose à Philip Kaufman, qui le refuse même s'il pense qu'il y a matière à un scénario intéressant, ce n'était pas le film qu'il avait envie de faire. Il s'est plus tard senti concerné et quand HBO lui a dit qu'ils voulaient le faire, il a apporté le script à Jerry Stahl et ils ont passé près de 2 ans à bâtir l'histoire d'amour. Tout s'est accéléré avec la venue de Nicole et de Clive. a déclarait Philip Kaufman lors d'une interview.

Ce film, marque pour Philip Kaufman, cinéaste de San Francisco, son retour à la réalisation, après 8 ans d’absence. Collaborer avec HBO, chaine américaine de télévision payante et société productrice du film, a permis à Philip Kaufman d'avoir une liberté qu'il n'aurait pas eue avec d'autres sociétés de productions de films et une sortie en salle, sur grand écran. Il nous fait alors réfléchir en nous demandant combien sont les sociétés de production à vouloir prendre un risque financier sur un film dont le thème est une histoire d'amour.

Le réalisateur explique son intérêt pour Hemingway, comment adolescent, tous les gens de sa génération ont étudié ces écrits et qu'il était important, structurant de le lire. Il avait le don de formuler la phrase parfaite et comme une sorte d'acupuncteur, il pouvait à l'endroit précis, exciter vos sens. Il était fort pour cela. Il a influencé bon nombre d'écrivains. Mailer, Nelson Algren, John O'Hara, J.D. Salinger qui ont eu une entière admiration, fascination, apparaissant dans leurs correspondances respectives.

Philip Kaufman ajoute qu'il a été séduit par le fait qu'il n'était pas un écrivain formaté par l'université. Il a commencé par être un rédacteur sportif et aimait être dans l'action...Il y a comme une urgence, dans son style d'écriture, une immédiateté qu'il savait transmettre et que vous ne retrouvez pas chez les autres auteurs.

Le style journalistique de Gellhorn a été définitivement influencé par Hemingway. Le thème sous-jacent du Truc, c'est comme l’appelle Philip Kaufman, expression qui nous vient d' Hemingway. Dans leur scénario, c'est Gellhorn qui emporte le Code Hemingway avec elle, à la fin, elle le maîtrise, elle devient le porteur du Code Hemingway alors que lui, s'abîme dans l’alcool. Certains jours, il était comme Jakes Barnes, le protagoniste dans Le soleil se lève aussi, quelqu'un qui, .

Sur sa connaissance de Gellhorn, Philip Kaufman précisera qu'il l'a malheureusement peu connue. Elle a été une véritable et grande correspondante de guerre. Elle avait l'odeur et la sensation de la guerre et savait vous mettre dans l'ambiance. Elle a été une porte-parole pour la défense d'un journalisme sans aucun parti pris, axé sur le témoignage de la seule réalité des événements comme Edward R. Murrow or Walter Cronkite. C'était vraiment ce travail qui l'a fait se distinguer des autres. Et d'ajouter que Chez Gellhorn, il y a de la colère remplie de compassion, remplie de vitalité.

Une feuille de route du projet avait été soumise aux producteurs de HBO qui, séduits avaient donné leur feu-vert. Mais ils souhaitaient en savoir davantage avant un engagement définitif. Aussi lors du lancement de la réécriture du scénario avec Jerry Stahl, sur les bases du scénario de Barbara Turner, Il a parallèlement, mandaté Pat Ranahan pour qu'il fouille la Bay Area californienne et ses environs à la recherche des sites de tournage pouvant satisfaire aux scènes en Espagne, à Key West, à Cuba, en Finlande, à Hong Kong, en Chine, à New York et à Londres. Il a aussi fait appel aux studios de Phil Tippett pour qu'ils développent le concept d'incrustation d'acteurs dans des archives cinématographiques.

Quelques mois plus tard, après avoir retenu une salle de projection au Centre Digital Letterman de San Francisco, Philip Kaufman a apporté , d'une part, la preuve, par l'image, de la faisabilité du concept d'incrustations appelè, alors l'effet invisible, et démontré, d'autre part, que le film pouvait se tourner en grande partie, en Californie, et qu'il avait trouvé, enfin, les deux acteurs principaux : Nicole Kidman dans le rôle de Gellhorn et Clive Owen dans le rôle de Hemingway.

Il obtint alors des producteurs de HBO, un budget situé entre 15 et 18 millions de dollars qui lui permit de lancer définitivement le projet du film Hemingway & Gellhorn.

Scénario Martha Gellhorn n'a jamais accordé, de son vivant, d'interviews sur cette époque de sa vie. Aussi les scénaristes se sont inspirés de sa riche et passionnante correspondance qu'ils avaient tenue ensemble, pour en extraire des dialogues ayant une certaine cohérence. Quand elle a couvert l'invasion soviétique en Finlande, elle lui écrivait à Cuba, lui avait-elle écrit. En général, beaucoup de dialogues sont hors de leur contexte d'écriture. Mais dans le film, nous voyons la vieille Martha Gellhorn qui semble aimer ni le sexe ni l'amour puis nous allons dans le passé et découvrons la relation passionnante qu'ils ont eue.

Ainsi, beaucoup de dialogues viennent de leurs correspondances et de leurs écrits. Même les livres d'Hemingway ont été source d'inspirations. La scène où ils mangent du cresson vient du livre Pour qui sonne le glas. Les dialogues reflètent essentiellement et réellement la vision que Martha avait pour Ernest. Philip Kaufman ajoute que certains de ses fameux dialogues comme , , transformé pour les besoins de la scène en , sont issus de ces propres écrits. Et que Clive Owen était en mesure de les interpréter.

Philip Kaufman précise l'importance du travail de Jerry Stahl dans l'élaboration finale du scénario pour lequel il a composé l'ensemble des dialogues. Ayant travaillé de concert avec Barbara Turner, initiatrice du scénario original, ils en sont coauteurs et partageront les honneurs des prix qui leur seront décernés.

Attribution des rôles