La maison d'Albon, ou Guigonides (nom donné par certains généalogistes en raison de nombreux membres nommés Guigues ou Guy), est une grande famille féodale du comté de Vienne, dans le Dauphiné. Originaire du bourg d'Albon (Drôme), cette puissante famille est mentionnée dès le . Elle prit le titre de comte au et fut à l'origine de la constitution du Dauphiné comme principauté territoriale. Guigues IV, comte d'Albon et du Grésivaudan, prit vers 1134 le titre de Dauphin de Viennois, qui se transmettra en 1228 à la maison capétienne de Bourgogne, puis en 1349 aux rois de France par la cession du comté à Philippe VI de Valois.
La branche ainée d'Albon s'est éteinte dès 1228 avec Béatrice d'Albon, la branche cadette de Forez s'est perpétuée jusqu'en 1372, et les branches puinées de Beaujeu jusqu'au .
Patronyme et famille Sur les liens entre la maison d'Albon et la famille d'Albon, implantée en Lyonnais, il n'y a pas de preuves de rattachement entre ces deux lignages.
Dans la notice consacrée à la famille d'Albon (Lyonnais), Gustave de Rivoire de La Bâtie (1867) indique que cette hypothèse est issue de Guillaume Paradin () et quelques auteurs, qui faisaient le lien par la ressemblance du patronyme.. Il rappelle que ces derniers citaient, . Toutefois, l'acte, cité par le Laboureur dans les Mazures de l'Isle-Barbe, serait loin, selon lui, Il poursuit soulignant que .
Gustave Chaix d'Est-Ange (1903) écrit que « tout laisse à penser » que la famille d'Albon, du Lyonnais, tirerait son origine de la maison d'Albon dauphinoise..
Retenant la conclusion sur l'éventuelle proximité, des auteurs écartèlent ainsi les armes d'Albon (Lyonnais) avec celles du Dauphiné.
Armes
Histoire Origines Les essais de généalogie sur les origines des comtes d'Albon s'appuient sur une continuité de l'anthroponyme Guigues. La lecture des chartes de donation peut permettre de tracer une généalogie probable avant le .
Dans les œuvres posthumes d'Alfred de Terrebasse parues en 1875, on trouve expliquées les origines probables des premiers GuigonidesAlexandre Bruel, compte-rendu des Œuvres posthumes d'Alfred de Terrebasse : Notice sur les Dauphins de Viennois ; Histoire de Boson et de ses successeurs, Bibliothèque de l'école des chartes, 1876, volume 37, , lire en ligne, qui font remonter la famille à un Guigues, qu'il nomme Guigues (I), présent en 889 au plaid tenu à VarennesDom Brial, Mémoire sur une nouvelle collection des Conciles de France, , imprimerie de G. Desprez, Paris, 1785 lire en ligne par la reine Ermengarde, veuve de Boson de Provence.
Puis on trouve à une date non précisée du , un Guigues II, marié à Frédeburge, et leur fils Sumfred, qui vendent des terres à l'abbaye de Saint-André-le-Bas de Vienne. Dans un appendice du cartulaire de l'abbaye de Saint-André-le-Bas, il est écrit que le , Guigues et sa femme Frédeburge donnent à l’église de Vienne une vigne et un jardin dans le mandement de Cheyssieu. L’évêque Humbert de Grenoble, Richard et Guigues signent comme témoins de la donation. De ces chartes, les historiens en ont déduit que Guigues et Frédeburge avaient comme enfants Humbert, Richard, Guigues III et Sumfred. Ce Guigues II est mort avant 993.
Pour ce qui est des origines de Frédeburge, deux thèses ont été énoncées : celle de Chantal Mazard., qui en fait la petite-fille de Charles-Constantin de Vienne ; celle de Jean-Pierre Poly, qui lie Frédeburge à une famille issue d'Aimon, un chef montagnard, dont serait issu Aimon, évêque de Valence vers 974, un Rodolphe évêque de Gap possessionné à Vaulnaveys, près de Vizille, puis un autre Aimon, évêque de Valence. Pour cet auteur, Aimon, père de Frédeburge, peut être identifié à Aimon, possessionné à Dauphin, près de Saint-Maime, entre Forcalquier et Manosque. Ce serait cette ascendance qui aurait amené à donner le nom de Dauphin à l'ainé de la famille.
Après la mort de Guigues II, Frédeburge s'est remariée avec Arnoux du Theys et est décédée entre 1006 et 1012.
Guigues IV, fils de Guigues III, a été marié à Gotelène, fille de Silvion de Clérieu. C'est leur fils, Guigues V, appelé Guigues ou Guigues le Vieux, qui va commencer le développement de la puissance des Guigonides dans le Dauphiné.
Dans le cartulaire de l'évêque de Grenoble saint Hugues., du temps de l'évêque Isarn (v.959-v.990), les Guigonides semblent n'avoir aucun pouvoir dans le diocèse de Grenoble. Leur implantation dans le Grésivaudan n'a été possible que par l'accession au trône épiscopal de Grenoble des évêques Humbert et Mallen (v.1025-1035) qui appartenaient à leur famille.. Noël Didier (1936) souligne ainsi que l'évêque , ne faisant pas ou peu de lien avec l'enrichissement de sa famille contrairement à l'épiscopat de son successeur et neveu Mallen.. Par ailleurs des chartes se trouvant dans le cartulaire de l'abbaye de Saint-André-le-Bas de Vienne montrent que les premiers Guigonides sont présents dans le comté de Vienne dès le . Selon P. Louis Lainé (1840), ils s'apparenteraient à la famille des Aynard, issus d'un frère aîné de Rodolphe l'ancien, fils de Laugier., cette famille ayant d'ailleurs un grand nombre de ces membres prénomés Guigues durant le moyen-âge.
Les Guigues d'Albon remonteraient, selon l’analyse de la littérature médiévale, à la toute fin du .. Leurs origines précises ne sont pas connues, toutefois ils semblent s’imposer « soudainement » à un moment où le royaume de Bourgogne connaît un bouleversement de son organisation politique. Les Guigues sont implantés en viennoise, au sud de l’ancienne capitale bosonide.
Le centre de cette famille semble la tour dite d’Albon, datant probablement du . La position permet le contrôle des débouchés en provenance de la vallée du Rhône, ceux des monts du Vivarais et la partie nord-ouest de l'actuel département de l'Isère. Leur implantation en Viennois va s’étendre. Ainsi Guigues le Vieux obtient de l'empereur Henri III le Noir, les terres du Briançonnais, vers les années 1050.
Des comtes d'Albon aux dauphins du Viennois vignette|Guigues Ier d'Albon par Alexandre Debelle (1805-1897) vignette|Guigues IV d'Albon par Alexandre Debelle (1805-1897)
La puissance de la famille commence avec Guigues , qui s'intitule comte et acquiert des fiefs dans le Grésivaudan et dans le Briançonnais. Il recevra vers 1030 la partie sud du comté de Vienne, que l'archevêque de Vienne vient de scinder en deux. L'autre partie, le nord-est, étant donné à Humbert aux Blanches Mains. Ce nouveau fief relevant de l'archevêque prendra le nom de comté d'Albon.
Son descendant Guigues IV recevra le surnom de « dauphin » et donnera son nom à sa principauté, le dauphiné de Viennois. Cette branche ainée s'éteignit en 1228 avec Béatrice d'Albon, qui porta le Dauphiné à la maison capétienne de Bourgogne.
Les comtes d'Albon de la maison de La Tour du Pin incorporèrent à leur domaine, à la suite du mariage en 1253 de Guigues VII de Viennois avec Béatrice de Faucigny, qui resta aux affaires jusqu'en 1304, la province du Faucigny, la baronnie de Beaufort et plusieurs autres châtellenies, des terres éloignées du Dauphiné et menaçantes pour la Savoie. Un certain nombre de futurs conflits entre les deux voisins auront pour objet ces terres jusqu'au milieu du . Ils garderont le Faucigny jusqu'à sa vente, en 1349, au roi de France Philippe VI de Valois.
Titres Les sires d'Albon portèrent suivant les périodes les titres de :
dauphin de Viennois ; comte d'Albon, de Forcalquier, du Grésivaudan ; seigneur de Beaujeu, de Vion.
Pour Paradin, ils semblent avoir également hérité de la succession des comtes carolingiens de Lyon ainsi que des droits sur la ville qu'ils partageaient avec l'archevêquePremière transaction de l'Église de Lyon avec Guy II de ce nom, Comte de Forez. C.-F. MENESTRIER, Histoire civile ou consulaire de la ville de Lyon justifiée par chartres, titres, chroniques, Vol.2, N. et J.-B. de Ville (Lyon), 1696. lire en ligne en latinPARADIN, Mémoire de l'histoire de Lyon, Livre 2, Chap. XXXVII, . lire en ligne en français. De même, il est envisagé qu'Humbert aux Blanches Mains, créateur du comté de Maurienne (future Savoie) et dont l'ascendance est inconnue à ce jour, soit de la parentèle des Guigonides"La place croissante des parentés épiscopales dans la documentation, qui constitue l’un des signes les plus caractéristiques de la période, nous permet de savoir qu’Humbert était issu d’une parentèle aristocratique locale, pour l’essentiel possessionnée dans le sud du diocèse de Vienne : désigné par les historiens sous le nom de « Guigonides », ce groupe de parenté allait bientôt donner naissance au futur lignage princier des Dauphins", L. RIPART, op. cit., .
Branches puinées Guigues Raymond d'Albon, fils cadet de Guigues II d'Albon, épousa Ide de Forez, héritière du Forez, et fut la tige de la seconde maison de Forez. Des cadets de cette branche formèrent plusieurs rameaux qui furent seigneurs de Beaujeu, d'Amplepuis, de Montcoquier.
Filiation Guigues le Vieux († 996), seigneur de Vion X Fredeburge │ ├─>Humbert I, († 1025), évêque de Grenoble │ ├─>Richard │ └─>Guigues († 1009), seigneur de Vion │ ├─>Humbert († 1037), évêque de Valence │ └─>Guigues, vivant en 1034, seigneur de Vion X Gotelana de Clerieux │ ├─>Humbert II († 1080), évêque de Grenoble │ └─>Guigues le Vieux († 107O à Cluny), comte d'Albon X Adelsinde epse Adélaïde/Alix de Turin (peut-être fille du comte Humbert (de Savoie) │ └1>Guigues II († 1079), comte d'Albon X 1) 1050 Pétronille de Royans X 2) 1070 Inès (ou Agnès) de Barcelone, fille de Raymond Béranger Ier et d'Almodis de la Marche │ ├1>Guigues III († 1133), comte d'Albon │ X Mathilde, premier dauphin │ │ │ ├─>Guigues IV Dauphin († 1142), comte d'Albon │ │ X Marguerite de Mâcon │ │ │ │ │ ├─>Guigues V (1125 † 1162), dauphin du Viennois │ │ │ X Béatrice de Montferrat │ │ │ │ │ │ │ └─>Béatrice d'Albon (1161 † 1228), dauphine du Viennois │ │ │ X 1) Albéric Taillefer de Toulouse, comte de Saint-Gilles (1157 † 1183) │ │ │ X 2) Hugues III de Bourgogne (1148 † 1192) │ │ │ X 3) Hugues de Coligny (1170 † 1205) │ │ │ │ │ ├─>Béatrice (?) │ │ │ X , comte de Valentinois │ │ │ │ │ └─>Marquise († 1196) │ │ X 1150 Guillaume VII († 1169), comte d'Auvergne │ │─>Mathilde │ │ X 1135 Amédée III († 1148), comte de Savoie │ │ │ ├─>Humbert († 1147), archevêque de Vienne │ │ │ └─>Gersende │ X Guillaume III d'Urgell († 1129), comte de Forcalquier │ ├1>Adélaïde │ X Soffredus d'Hauterive │ │ Branche du Forez └2>Guigues Raymond X Ide de Forez, fille d'Artaud III (IV) et héritière du comté de Forez │ └─>Guigues († 1138), comte de Forez X 1134 Sibille/Sybille, dame de Beaujeu │ ├─>Guillaume, moine (1135) │ └─>Guigues II († 1206), comte de Forez X Guillemette │ ├─>Guigues III († 1204), comte de Forez │ X 1) Ascuraa │ X 2) Adalasia († 1222) │ │ │ ├1>Eléonore │ │ X Guillaume de Baffie │ │ │ ├2>Guigues IV († 1241), comte de Forez et de Nevers │ │ X 1) 1205 Philippa de Dampierre († 1223) │ │ X 2) Ermengarde d'Auvergne († 1225) │ │ X 3) 1226 Mahaut de Courtenay, comtesse de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre │ │ │ │ │ ├1>Guigues V († 1259), comte de Forez │ │ │ X 1224 Alix, dame de Chacenay († 1278) │ │ │ │ │ └1>Renaud († 1270), comte de Forez et sire de Beaujeu │ │ X 1247 Elizabeth de Beaujeu († 1297) │ │ │ │ │ ├─>Guigues VI († 1278), comte de Forez │ │ │ X 1268 Jeanne de Montfort († 1300) │ │ │ │ │ │ │ ├─>Jean (1275 † 1334), comte de Forez │ │ │ │ X 1) 1296 Alix de Viennois († 1309) │ │ │ │ X 2) Eléonore de Savoie († 1324) │ │ │ │ X 3) Laure de Vaud │ │ │ │ │ │ │ │ │ ├1>Guigues VII (1299 † 1358), comte de Forez │ │ │ │ │ X 1324 Jeanne de Bourbon († 1402) │ │ │ │ │ │ │ │ │ │ │ ├─>Jeanne de Forez (1337 † 1369) │ │ │ │ │ │ X 1357 Béraud II († 1400), dauphin d'Auvergne │ │ │ │ │ │ │ │ │ │ │ ├─>Louis (1338 † 1362) │ │ │ │ │ │ │ │ │ │ │ ├─>Jean II (1343 † 1372) │ │ │ │ │ │ │ │ │ │ │ └─>Odile (1345 † jeune) │ │ │ │ │