Robert Fisk, né le à Maidstone et mort le à Dublin, est un journaliste britannique, grand reporter et correspondant au Proche-Orient pendant plus de trente ans à Beyrouth du journal The Independent.

Il a publié un nombre important de livres sur la révolution iranienne, des guerres du Liban, du Golfe, d'Afghanistan, de l'invasion de l'Irak en 2003, du Kosovo et d’Algérie. Fisk a reçu plus de récompenses pour son travail de journaliste que n’importe quel autre grand reporter britannique Robert Fisk guests as Amnesty’s keynote speaker in September sur amnesty.org.nz (consulté le 23 juin 2013).. Il a notamment reçu le prix Amnesty International en 2000 pour ses reportages en Serbie pendant les bombardements de l’OTAN et le David Watt Memorial Award en 2001 pour sa couverture du Proche-Orient.

Dans les années 2010, ses reportages à propos de la guerre civile syrienne sont cependant controversés, avec notamment des accusations de propagande en faveur du régime de Bachar el-Assad.

Carrière Fisk est éduqué à l'école préparatoire de Yardley Court "Deadly skies : The bloody truth about the Battle of Britain 70 years on", par Robert Fisk sur independent.co.uk, publié le 3 juillet 2010 (consulté le 23 juin 2014). , au Sutton Valence School et à l'université de Lancaster en Grande-Bretagne et a un Ph.D. en science politique du Trinity College à Dublin en 1983. Ensuite, il travaille pour le Sunday Express, mais un conflit avec son chef de service, John Jonor, l'oblige à démissionner et à partir pour The Times. De 1972 à 1975, au sommet des tensions du conflit nord-irlandais, il est envoyé comme correspondant par The Times à Belfast, avant de couvrir la révolution des Œillets. Puis il devient correspondant au Moyen-Orient de 1976 à 1988.

Lorsqu'un de ses articles traitant de la destruction du vol 655 Iran Air par un croiseur américain est censuré par son journal, il s'en va pour The Independent où il publie son premier article le . D'après Fisk, la censure ne venait pas directement de Rupert Murdoch même si celui-ci venait de prendre le contrôle de ce journal. Selon lui il s'agissait plutôt d'une auto-censure destinée à éviter la colère du nouveau patron de ce quotidien.

Robert Fisk couvre, d'abord pour The Times, puis pour The Independent, l'invasion soviétique en Afghanistan, la révolution iranienne, la guerre Iran-Irak, la Guerre de Bosnie-Herzégovine, de nouveau l'Afghanistan, le conflit israélo-palestinien et le Liban, où il s'installe. Durant les années 1990, il interviewe trois fois Oussama ben Laden. Il le rencontre pour la première fois en 1993 au Soudan, alors qu'il travaille pour The Guardian.

Selon Reporters sans frontières, Robert Fisk subit pendant plusieurs mois en 2002 « une violente campagne d'insultes » pour la façon dont il a couvert le conflit israélo-palestinien et critiqué les politiques israélienne et américaine dans la région. L'acteur John Malkovich déclare qu'il veut tuer Robert Fisk. Robert Fisk publie un article dans The Independent, où il affirme qu'il a reçu depuis plusieurs années des lettres témoignant d'une haine grandissante, notamment, selon lui, parce qu'il a suggéré que les arabes voulaient autant la paix que les israéliens, qu'il a relaté avoir été témoin de la mort d'un libanais innocent tué par des attaques aériennes israéliennes, puis en 1996 qu'il a vu 108 réfugiés au Liban être abattus par les artilleurs israéliens.

Guerre du Liban et autres conflits Fisk vit au Liban depuis 1976 et était présent à Beyrouth lors de la guerre civile. Il fut un des premiers journalistes à visiter le lieu du massacre de Sabra et Shatila au Liban, aussi bien que le massacre de Hama. Son livre sur le conflit libanais, Pity the Nation, est publié en 1990. Fisk couvre aussi le conflit israélo-arabe, la guerre du Kosovo, la guerre d'Algérie, la guerre Iran-Irak.

Attaques terroristes du 11 septembre 2001

Robert Fisk raconte avoir rencontré Ben Laden en Afghanistan et affirme que celui-ci lui a déclaré : « je prie le bon Dieu qu'il nous permette d'ébranler l'Amérique pour qu'elle devienne l'ombre de ce qu'elle a été ». Robert Fisk relate que, plus tard, lorsqu'il a vu les photos concernant les attentats du 11 septembre 2001, il s'est dit : « c'est Ben Laden ». Fisk condamne les attaques comme étant un crime contre l'humanité mais reproche à l'administration Bush son incompétence supposée et la qualifie d'« ennemie de la démocratie » et d'« entreprise diabolique. » Il estime que le débat est malhonnête quant à la manière dont est posée la politique américaine au Moyen-Orient. Selon Reporters sans frontières, Robert Fisk publie après les attentats plusieurs articles où il souligne que le conflit non résolu israélo-palestinien est l'une des causes principales du terrorisme.

Le Monde diplomatique rapporte que peu après les attentats du , Robert Fisk publie un article dans The Nation où il estime irréaliste que les États-Unis puissent penser rester à l'abri de la violence sur son propre territoire après avoir soutenu des actes violents au Proche-Orient, comme la mort de enfants irakiens tués par des sanctions économiques, où celle de civils lors de l'invasion du Liban par Israël. Le journaliste Michael Walzer reproche à Robert Fisk d'être un homme de gauche qui, pour lutter contre le capitalisme, imaginerait faire alliance avec Ben Laden qui vient de frapper un symbole de la puissance économique et du libéralisme américain. Le Monde diplomatique estime que Robert Fisk ne fait que pointer du doigt les « aspects les moins respectables de la politique étrangère américaine ».

En , lors d'une conférence, il déclare : « Les attentats du nous ont, malgré nous, transformés en racistes. Moi-même je me sens raciste quand je dévisage un homme barbu ou un jeune qui lit le Coran dans l’avion. Il ne faut pas permettre aux terroristes qui ont attaqué New York, Washington et la Pennsylvanie de changer notre vision du monde ! ». Et il affirme que le monde occidental doit comprendre que sa sécurité est liée à sa politique étrangère.

Le , Robert Fisk signe un article intitulé : « Moi aussi, je questionne la “vérité” du ». Selon Conspiracy Watch, Robert Fisk se désolidarise d'abord des théoriciens du complot, ces « exaltés » qui le prennent à partie dans les conférences dans lesquelles il intervient. Mais ensuite, « il valide pourtant l’essentiel du discours conspirationniste, reprenant à son compte les principales « interrogations » du 9/11 Truth Movement ». Conspiracy Watch ajoute : « Certes, Fisk n’est pas un spécialiste des crashs d’avion ou des effondrements de bâtiments. Mais sur tout autre sujet que le 11-Septembre, il ne se permettrait pas d’écrire sans se documenter, sans mener une enquête. Or le voilà qu’il perd tout sens critique. » Selon CounterPunch, les questions posées par Robert Fisk sont « intelligentes » pour quelqu'un qui ne connaît pas les lois de la physique et qui n'a pas encore examiné les faits les plus élémentaires. Selon le journal, les questions de Robert Fisk signifient, en résumé, qu'il se déclare ignorant sur le sujet. CounterPunch estime que si Robert Fisk avait utilisé ses compétences en investigation sur le sujet, il aurait pu répondre à ses propres questions.

Mort

Le , Robert Fisk est mort à 74 ans des suites d'un accident vasculaire cérébral à l’Hôpital universitaire Saint-Vincent-de-Paul de Dublin.

Œuvres de Robert Fisk Liban, nation martyre Liban, nation martyre est la version française de Pity the Nation, qui décrit la guerre civile libanaise, rappelle les détails des premières attaques kamikazes (notamment l'attentat du Drakkar) contre les Français et les Américains, et comprend aussi le récit de l’assassinat de Rafik Hariri, que Fisk a vu se perpétrer sous ses yeux. Il a été publié en 1990.

La version française de Pity the Nation comprend 60 pages de plus que la version anglaise.

La première édition du livre en 1990 fut concomitante à un drame personnel vécu par l’auteur : l'enlèvement le de son ami Terry Anderson, correspondant de l'AP à Beyrouth. Il fut libéré le et Fisk savait que son livre serait lu par les ravisseurs, d'autant qu'il a été traduit en arabe. Effectivement, Anderson rapportera que ses gardiens lui en ont lu des passages. Fisk a tenté à travers son livre d'aider son ami.

Selon le Sunday Times, cet ouvrage constitue « Un témoignage bouleversant sur la faillite des politiques à préserver l’humanité d’elle-même. » "Pity the nation" (consulté le 22 décembre 2015)..

La Grande Guerre pour la civilisation L'ouvrage relate les pérégrinations de l'auteur durant l'invasion soviétique en Afghanistan (1979-1989), la guerre entre l'Iran-Irak (1980-1988), la guerre civile libanaise (1975-1991), la guerre du Golfe (1991) et les interventions menées en Afghanistan (2001) ainsi qu'en Irak (2003). L'interminable conflit israélo-palestinien est également longuement évoqué. Il y explique notamment comment, selon lui, les interventions des puissances étrangères au Moyen-Orient et en Asie centrale ont créé un sentiment d’amertume voire de haine au sein des populations concernées à l’égard de l’OccidentLa grande guerre pour la civilisation, Bibliomonde..

Dans un article du Monde des livres, Les limites de l'indignation"Robert Fisk : les limites de l'indignation" par Alain Frachon, publié le 25 janvier 2007 sur lemonde.fr, au sujet de La Grande Guerre pour la civilisation, Alain Frachon écrit : « Autant on le suit et on l'admire dans sa description des souffrances individuelles, son récit de l'horreur de la guerre, autant cette manière de désigner un unique bouc émissaire [i.e. l'Occident] paraît simpliste, militante, indigne d'un diplômé en histoire de Trinity College. Fisk a l'indignation magnifique, mais trop à sens unique. On aimerait qu'il pratique le même flamboyant journalisme de combat pour dénoncer les énormes responsabilités des élites de la région - politiques, religieuses, culturelles, etc. - dans les malheurs de leurs peuples ».

À la suite de la rédaction de cet ouvrage, il est qualifié par le New York Times comme étant « probablement le plus grand reporter britannique à l'étranger », mais que, « malgré sa rare combinaison de savoir scientifique, d’expérience et de dynamisme, M. Fisk est devenu une sorte de caricature de lui-même, se dressant contre Israël et les États-Unis, rejetant le travail de la plupart de ses collègues » "A foreign Correspondent who does more than report ",par sur nytimes.com., publié le 19 novembre 2005 (consulté le 28 juillet 2014). .

Pour Oliver Miles de The Guardian, et pour le New York Times, ce livre est excessivement long et insiste lourdement sur le côté morbide des évènements. Néanmoins son travail d’enquête est jugé très efficace et certaines de ses idées pénétrantes "Review : The great war for civilisation" par Oliver Miles sur The Guardian, publié le 19 novembre 2005 (consulté le 24 juin 2014.) "The great war for civilisation : The conquest of the middle east" par Ethan Bronner sur The New York Times publié le 25 novembre 2005 (consulté le 24 juin 2014)..