est une station de radio associative française fondée en 1987 par Jean Ferré, issu de Radio Solidarité. Diffusée par ondes hertziennes en Île-de-France et, à partir de 2020, en Normandie après un contentieux gagné devant le Conseil d'État, elle est exploitée par l'association Comité de défense des auditeurs de Radio Solidarité.

Elle est classée à l'extrême droiteErwan Lecœur (dir.), Dictionnaire de l'extrême droite, Larousse, 2007.. Sa ligne éditoriale est souvent décrite comme un trait d'union entre droite traditionnelle, royalisme, catholicisme traditionaliste et droite nationale.

Quatre présidences se succèdent depuis 1987 : Jean Ferré (1987-2006, comme président du Comité éditorial), Pierre Dehaye et Christian Langlois (présidences intermédiaires), Henry de Lesquen (2007-2017), Dominique Paoli (2017-2021) et Pierre-Alexandre Bouclay (depuis 2021). Le mandat d'Henry de Lesquen est marqué par une radicalisation éditoriale et plusieurs sanctions du CSA, conduisant à son éviction par le conseil d'administration en raison de ses propos racistes et antisémites.

Origines Radio Solidarité

En , Bernadette d'Angevilliers et Philippe Malaud, ancien ministre du général de Gaulle et de Georges Pompidou, créent Radio Solidarité, avec la collaboration de Yannick Urrien. Cette radio libre est proche du RPR et de l’UDF, et s'oppose vigoureusement à la gauche de François Mitterrand.

À l’époque, Jean Ferré, ancien membre de l’OAS et partisan de Charles Maurras, est chroniqueur de radio et de télévision au Figaro Magazine, dont il est l’un des fondateurs avec Louis Pauwels. Ses chroniques, favorables à Radio Solidarité, le font remarquer et Bernadette d'Angevilliers lui propose de collaborer à la radio.

En mai-, Jean Ferré crée sur les ondes la formule du « Libre journal », une heure et demie d’émission chaque soir autour d’un invité appartenant à la droite politique. Cette formule sera reprise à Radio Courtoisie et étendue à trois heures.

Jean Ferré propose qu’on ouvre la radio à . C’est ainsi que Serge de Beketch, alors journaliste à l'hebdomadaire d'extrême droite Minute, est invité à diriger une émission chaque mercredi soir. Mais, à la suite des élections européennes de 1984, cette ouverture vaudra à la radio l’accusation d’avoir favorisé la percée du Front national. Serge de Beketch est alors sommé de partir, puis Jean Ferré qui avait pris sa défense.

CDARS Écarté de l’antenne, Jean Ferré crée alors le Comité de défense des auditeurs de Radio Solidarité (CDARS). C’est sous ce nom, déclaré à la préfecture de police de Paris le Par François Pitti-Ferrandi (premier président), Philippe Varlet (secrétaire général), Jean-Joseph Richard (trésorier), Caroline Lermon-Colombier, Didier Roy et René Bottolier., qu'est fondée Radio Courtoisie.

La première émission est diffusée le . Le CDARS est formé de six personnes, trois nommées par Serge de Beketch et trois par Jean Ferré. Depuis lors, elle est également exploitée par l'association éponyme.

Création de Radio Courtoisie De jusqu’à la fin de sa vie, Jean Ferré dirige la radio avec le titre de président du Comité éditorial et une pleine délégation des présidents successifs, François Pitti-Ferrandi, Pierre Dehaye et Christian Langlois. Chaque lundi soir, il y dirige lui-même un Libre journal, sans interruption jusqu’au , date de sa dernière émission.

Ligne éditoriale Slogans Depuis l'été 2017, son slogan est « la radio de toutes les droites et de tous les talents ».

Politique

Présidence Jean Ferré 1987-2006 Sur le plan politique, Jean Ferré a souhaité que Radio Courtoisie soit à la fois ancrée à droite et , du centre droit jusqu'au Front national, qui n'est pas qualifié d'extrême droite à cette antenne. Elle est le lieu d'expression de la droite nationaliste, des modérés nationaux-libéraux aux grécistes, ainsi que les monarchistes et les traditionalistes catholiques..

Jean Ferré était lui-même royaliste et antigaulliste, et proche des partis politiques d'extrême droite issus de l'OAS, dont il fut membre, et son principal collaborateur Serge de Beketch était pour sa part ancien journaliste de l'hebdomadaire d'extrême droite Minute.

Radio Courtoisie, qui réunit un peu moins d'un million d'auditeurs annuels est considéré par L'Express comme une « France Culture d'extrême droite ». Opposé au mariage entre personnes de même sexe et à la , elle soutient la Manif pour tous dont , selon Jean-Yves Le Gallou, rédacteur en chef du bulletin de réinformation quotidien. Les qualificatifs d'"abject" et de "contre nature" sur le mariage gay vaut à la station une mise en demeure du CSA en . L'annonce du suicide de Dominique Venner, « membre de la famille » est vécu avec choc par les animateurs. « Radio métapolitique solidement ancrée à droite », non-confessionnelle, une de ses règles tacites est de ne pas s'attaquer au christianisme, mais plutôt à l'islam. Prônant l'union des droites de Patrick Buisson qui a toujours refusé d'y paraitre, elle reçoit des intervenants aussi divers que Christine Boutin, l'identitaire Philippe Vardon, des membres du Front national, Renaud Camus auteur de la notion de grand remplacement, le président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré, le député UMP Jacques Myard, ou l'ancien chef skinhead Serge Ayoub. et Alain Soral ne figure plus dans les invités depuis 2009. Un animateur a été renvoyé en pour avoir diffusé la chanson « Shoananas » de Dieudonné. La radio est « proche de la diplomatie russe », et en particulier l'entourage direct de Vladimir Poutine. Cependant, plusieurs animateurs, tels Bernard Antony ou Patrick Simon expriment des positions hostiles à Vladimir Poutine.

Radio Courtoisie est classée à l'extrême droiteRadio Courtoisie, la voix de la vieille France, L'Express, 10 octobre 2014.Entre homophobie et racisme : ce que les médias pro-Jean-Marie Le Pen pensent du FN de Marine Le Pen, Le Lab Europe 1, 30/4/2015David Doucet, Dieudonné jugé trop extrême pour Radio Courtoisie, Les Inrocks, 20/11/2013.. En 1997, Libération, dans un article critique paru à l'occasion de ses dix ans, juge que la radio en diffusant de plus en plus de .. Pour L'Express, la ligne politique de la radio est loin de s'identifier avec celle du FN de Marine Le Pen, « pourtant reçue avec une déférence qu'elle ne retrouve nulle part ailleurs ». Pour cette dernière, la ligne éditoriale de la radio est « trop conservatrice sur le plan moral, bien trop libérale sur le plan économique ». « En réalité, la station est loin d'avoir rompu ses liens avec le parti mariniste », plusieurs membres du FN animant des émissions sur la radio, et recevant régulièrement des membres du FN, ainsi que régulièrement Jean-Marie Le Pen, président d'honneur.

Présidence Henry de Lesquen (2006-2017) Henry de Lesquen devient membre du conseil d'administration de l'association de la radio en 2005, puis vice-président le . Le , au cours de sa dernière émission, Jean Ferré, fondateur de la station, invite Henry de Lesquen et désigne publiquement celui-ci comme son successeur à l'émission.. Jean Ferré entre à l’hôpital le , et décède le .. Loin des prétentions apolitiques du royaliste Ferré., Lesquen est très impliqué en politique. Conseiller municipal de Versailles de 2001 à 2014, il se radicalise politiquement en 2016-2017 et tente de se porter candidat à l'élection présidentielle française de 2017, sur : défense d’un "racisme républicain", ..

Selon Marianne, la web-télé TV Libertés fondée en 2014 par d'anciens cadres du Front national ou de Bloc identitaire dont Martial Bild, Philippe Milliau et Jean-Yves Le Gallou est devenue le reflet télévisuel de Radio Courtoisie avec une ligne éditoriale identitaire..

Ce revirement politique brutal en 2016 a d'ailleurs braqué les quelques associés encore attachés à une certaine indépendance politique de la chaîne, qui ont demandé sa démission mais sans succès, même la plupart des dirigeants du Front national ont déserté l'antenne face à la radicalisation de la ligne éditoriale. Le Gallou collabore à l'antenne concurrente de . Radio Courtoisie est devenu dès lors la tribune des franges les plus extrêmes de la Manif pour tous., des collaborateurs débarqués par Lesquen condamnant une ligne éditoriale devenue plus extrême que le FN avec un président qui justifie le rétablissement de l'esclavage qui fait peur aux invités de la radio. Ainsi en 2016, Paul-Marie Coûteaux considère que la radio devient . Marianne décrit de Lesquen qui s’interroge dans un tweet de . Les déclarations de Lesquen gênent les autres collaborateurs pourtant « très droitiers » de Courtoisie qui craignent des sanctions du CSA et d'avoir de moins en moins d'invités dans leurs émissions. Quinze d'entre eux quittent la station durant l'été 2016, la moitié limogé, l'autre démissionne. Bernard Antony, une figure du Front national qui fait partie des limogés, déclare : . Jean-Yves Le Gallou, ancien eurodéputé frontiste membre important de la « fachosphère », quitte lui aussi la radio malgré une amitié de 40 ans avec Lesquen avec qui il avait créé le Club de l'horloge, un think-tank qui voulait créer des liens idéologiques entre le FN et la droite. Henry de Lesquen déclare lui que et dénonce une du Philippe Milliau, ancien membre du FN et du Bloc identitaire et cofondateur de la chaine identitaire TV Libertés et Guillaume de Thieulloy qui écrit sur Le Salon beige, site des catholiques identitaires. Pour Lesquen, et il assure que ses propos controversés ne seraient pas répréhensibles et n'affecteraient pas Radio Courtoisie déclarant que Louis Hausalter, Entre délires racistes et antisémites, l'ingérable Henry de Lesquen à Radio Courtoisie, Marianne, 22 octobre 2016.

Le , Henry de Lesquen est évincé du conseil d'administration de la radio à cause de propos . Il est remplacé à la présidence par Dominique Paoli, qui déclare : . Lesquen a pour seul soutien l'hebdomadaire RivarolJugé trop extrémiste, Henry de Lesquen évincé de Radio Courtoisie, Huffington Post, 5 juillet 2017.. Selon Marianne, c'est .« Radio Courtoisie se débarrasse du gênant Henry de Lesquen », L'Express, ..

Présidence Dominique Paoli (2017-2021) Le , Dominique Paoli est élue à la présidence en remplacement d'Henry de Lesquen, écarté par le conseil d'administration. Cette élection est annulée par le tribunal administratif de Paris le à la suite d'un recours déposé par des proches de Henry de Lesquen ; Dominique Paoli est confirmée dans ses fonctions à l'issue d'une nouvelle procédure interne.

Sous sa présidence, la station obtient gain de cause devant le Conseil d'État sur la question du non-renouvellement des fréquences en Normandie (arrêt n° 425747 du 5 février 2020). Dominique Paoli décède en .

Présidence Pierre-Alexandre Bouclay (depuis 2021) Le , Pierre-Alexandre Bouclay, ancien grand reporter à Valeurs actuelles et précédemment directeur de la communication de SOS Chrétiens d'Orient, est élu président par le conseil d'administration..

Une matinale d'information quotidienne, « Ligne droite », présentée notamment par l'ancienne journaliste de Sud Radio Clémence Houdiakova, est lancée en ..

Religieuse Le dimanche, la radio change de nom ; de 1987 à 2006, elle prend le nom d'une radio libre apparue en 1981, Lumière 101 (sa fréquence sur la bande FM à Paris aux origines), sous la responsabilité de Jean-Luc de Carbuccia.

À la suite du conflit entre Jean-Luc de Carbuccia et Henry de Lesquen, la radio devient en 2007 , la . Elle fait globalement une large place à la confession catholique de l'Église chrétienne, notamment aux catholiques traditionalistes attachés au rite tridentin, représentés par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, l'Institut du Bon-Pasteur ou la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre.

Culturelle Radio Courtoisie fait une large place à l'histoire, à la littérature, à la francophonie, et dans une moindre mesure à la peinture, à la sculpture, au cinéma, au théâtre et à la poésie, le tout dans une optique ouvertement réactionnaire et antimondialiste.