Campile est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Le village appartient à la piève de Casacconi dont il est historiquement le chef-lieu, en Castagniccia.
Géographie Situation Campile est une commune de Haute-Corse de l'ancienne piève de Casacconi. Elle est située au sud du Golo, dans sa moyenne vallée, au nord de la Castagniccia.
Appartenant à l'ancien canton de canton d'Alto-di-Casacconi depuis 1973. Depuis le nouveau découpage de 2015, elle est une des composantes du nouveau canton de Golo-Morosaglia composée de 55 communes.
Communes limitrophes
Géologie et relief Campile occupe le nord du massif du San Petrone, dans l'en deçà-des-Monts ou « Corse schisteuse » au nord-est de l'île. C'est une commune de l'intérieur, de montagne. Son territoire s'étend sur les pentes du Monte Castellare, son culmen à d'altitude, à cheval sur Bisinchi et sur Campile. Le village a été bâti sur un promontoire de l'arête rocheuse démarrant au Monte Castellare et déclinant jusqu'au fleuve en face de Barchetta sur la rive opposée. Il n'y a aucune plaine mais une quantité de petits vallons, verts, boisés, ceux de ruisseaux se jetant dans le Golo.
Hydrographie Le réseau hydrologique est dense ; le territoire est parcouru par de nombreux ruisseaux qui prennent tous naissance sur la commune. Les principaux ont pour nom : ruisseau de Quercitane., ruisseau de Fontana Secca., ruisseau de Mazzone (ou Canali)., ruisseau de Curtinche. et ruisseau de Casacconi.. Ce dernier, le plus important et le seul à avoir sa source hors de la commune, est alimenté par les eaux des ruisseaux de Melo, Tripassa, Albericia et Larione. Tous sont tributaires du Golo.
Climat et végétation La Castagniccia bénéficie de conditions climatiques tempérées et humides. Sur les hauteurs de la vallée, les châtaigneraies, présentes sous forme de vergers ou de taillis, dominent et couvrent environ 60 % de la surface du territoire. C’est dans ce secteur que la spécialisation castanéicole a été portée à son maximum de développement en Corse par le passé. Les chênaies très présentes, tendent à remplacer les châtaigneraies.
Plus bas dans la vallée, chênes verts et haut maquis se partagent le territoire.
Voies de communication et transports Accès routiers L'accès principal ou direct au village de Campile se fait depuis la T20. À la localité de Barchetta (Volpajola), après avoir franchi le Golo sur un remarquable pont, on emprunte sur une distance de la sinueuse route D 515.
La D 15 qui fait jonction avec la RN 193 à Barchetta, dessert Ortiporio en passant par Penta-Acquatella avant de conduire dans le parc naturel régional de Corse dont l'entrée se situe à quelque avant le col de Saint-Antoine (Bocca di Sant' Antone). Haut-lieu historique de l'île, le couvent de Sant' Antone ruiné qui s'y dresse, avait abrité de nombreuses ConsulteAu cours de la consulte du 15 juillet 1755, Pascal Paoli fut proclamé général du royaume de Corse.
Transports
La voie des Chemins de fer de Corse qui longe la T20 durant la traversée de la vallée du Golo, n'emprunte pas le territoire communal de Campile. L'arrêt le plus proche se situe à Barchetta (Volpajola) où les bâtiments ont été désaffectée depuis l'an 2000.
Campile est une commune de montagne qui n'a ni façade maritime, ni plaine, elle n'a donc pas de port ni d'aérodrome. Le port de commerce le plus proche est celui de Bastia et l'aéroport le plus proche celui de Bastia Poretta.
Urbanisme Typologie Au , Campile est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bastia, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (96,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (96,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (72,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (24,3 %), zones agricoles hétérogènes (3,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Campile village vignette|Place du village.|alt= Le village même se trouve au centre des lieux habités, présentant des habitations anciennes aux toits d'ardoise groupées, et des constructions plus récentes éparses. L'église paroissiale Saint-Pierre-Saint-Paul, classée Monuments historiques, se trouve un peu à l'écart, sur un promontoire, lieu-dit San Pietro, face à une grande place autour de laquelle se trouvent des édifices divers, tous repris à l'Inventaire général du patrimoine culturel : un édifice abritant l'école et l'agence postale., une chapelle funéraire de la famille Gavini., l'ancienne école, actuellement immeuble à logements., le monument aux morts à l'architecture remarquable, érigé à l'emplacement de l'ancienne tour-clocher effondrée en 1918..
Canaghia Canaghia, situé à « à vol d'oiseau » au N-NO du village, est un ancien village autrefois nommé Canagia, doté d'une petite chapelle Saint-Michel moyenâgeuse. Il est aujourd'hui un hameau de Campile, composé de maisons anciennes crépies, couvertes de lauzes (teghje), certaines en ruine, et d'autres plus récentes. S'y trouvent en bordure de route, un lavoir communal mais aussi une remarquable fontaine couverte, ornée d'œuvres pieuses, construite par un particulier du village.
Vergagliese vignette|Vergagliese.|alt= Vergagliese est le hameau au sud du village, sur la route D 515 conduisant à Crocicchia. Construit sur une arête rocheuse au cours du ainsi que sa chapelle Saint-Antoine-de-Padoue, il offre un large panorama sur la plaine de Casinca et de découvrir la mer Tyrrhénienne par beau temps.
Costa Le hameau de Costa se situe au sud-ouest du village. Il est construit aux flancs orientaux du Monte Castellare. S'y trouve la chapelle San Roccu du .
Antibia Antibia est un village féodal. Il se trouve entre Vergagliese et Costa, et à mi-hauteur des deux hameaux. Sa chapelle Notre-Dame de Lavasina, date de la même époque que les chapelles des hameaux voisins.
Histoire Préhistoire À la période de l'âge du fer, le Casacconi était déjà occupé. Dans son ouvrage Histoire de CorseColonna de Cesari-Rocca et Louis Villat in Histoire de Corse Ancienne librairie Furne, Boivin & Cie Éditeurs - Paris 1916, Colonna de Cesari-Rocca parle de découvertes archéologiques et anthropologiques à Prunelli-di-Casacconi, commune limitrophe de Campile.
Antiquité Le site devait être occupé du temps des Romains. Ceux-ci, installés à Mariana, avaient colonisé petit à petit l'alentour, remontant le Golo et repoussant la population indigène. De même, à Aléria, ils avaient occupé la vallée du Tavignano jusqu'à Venicium.
Dans son ouvrage La Corse dans l'Antiquité et dans le Haut Moyen Âge, l'historien Xavier Poli s'est efforcé de nous éclairer sur cette période particulièrement négligée. Dans le chapitre "État de la Corse romaine", il a écrit : .
Moyen Âge En fin du , Campile faisait partie de la pieve de Casaconi Les lieux habités de la pieve avaient pour nom : l’Ulmo, li Prinelli, lo Carogno, Divina, lo Monte, la Ferlagia, le Filete, la Penta, Fornoli, Ortipolio, la Crosichia, Micoria, Sanvito, Antibia, Casefelce, Campire, la Canagia, GrampaCorse : Éléments pour un dictionnaire des noms propres.
Temps modernes Vers 1520, la pieve de Casaconi comptait environ .
Au début du , Casaconi était une pieve de la province de BastiaLa province de Bastia était divisée en pièves de Lota, de Pietrabugno, d'Orto, de Marana, de Casinca, de Tavagna, de Moriani, de Casacconi, d'Ampugnani, d'Orezza, de Bigorne, de Rostino, de Pietralba et de Caccia. Selon l'abbé Accinelli, la pieve di Casaconi comprenait les communautés de : Ortiporio avec 7 hameaux (), Corticcia avec 6 hameaux (), Campile avec 3 hameaux (), Penta Aquatella et Monte avec 5 hameaux (), Pruno et Prunelli ()Francesco Maria Accinelli in L’histoire de la Corse vue par un Génois du - Transcription d’un manuscrit de Gênes - ADECEC Cervioni et l’Association FRANCISCORSA Bastia 1974.
Durant la Grande révolte des Corses contre les Génois (1729-1769), les habitants du Casacconi ont activement participé aux évènements. 1730 - 22 au . Le gouverneur demande au révérend Casabianca, au docteur Limperani d'Orezza, au noble Ghjacintu Paoli de Rostino et à Ghjuvan Felice de Ficaja, de ramener à la paix les pieve d'Orezza, Ampugnani, Casacconi et RostinoAntoine-Dominique Monti in La Grande révolte des Corses contre Gênes ADECEC 1979. 1731 - . Le colonel Vela, à la tête de (Génois et habitants de Bastia et du Lota), soutenu par les troupes allemandes, attaque le Q.G. des patriotes à Cardo et le fort de Recipello. Les Corses décrochent rapidement ; ils ont quelques tués et blessés ; parmi les prisonniers : le père Bernardinu, de Casacconi, un des théologiens de la conférence d'Orezza. 1735 - . Malgré l'intervention de Rivarola, qui fait valoir la protection du roi d'Espagne, plusieurs pièves décident de se soumettre si l'on accorde une amnistie générale. Les procureurs du Casacconi sont reçus par Pinelli qui demande la modification de leurs procurations. 1738 - Une commission chargée de parcourir les pièves pour sévir contre les traîtres à la Nation, est créée. F. Cervoni, Ghj. Ghj. Castineta et Cosimu Bernardi, du Casacconi en font partie. 1742 - . Nouvelle consulte à Orezza. Y participent les représentants du Casacconi. Les pièves présentes informent le commissaire qu'elles acceptent volontiers de payer l'impôt (comme les y exhorte Girolamo Curlo, évêque d'Aléria également présent), mais seulement après avoir reçu satisfaction sur les demandes présentées par les trois ecclésiastiques. 1744 - Le père Léonard, de Port-Maurice, des Mineurs réformés, arrive à Bastia. Sa mission n'est pas seulement évangélisatrice, mais aussi politique ; elle a été obtenue par le gouvernement génois qui compte sur le succès du célèbre prédicateur pour ramener les Corses à l'obéissance. Le il est dans le Casacconi. 1745 : : Les paceriLes paceri œuvraient pour la paix convoquent une consulte à Orezza pour y prendre toutes décisions propres à éteindre les inimitiés. Les meurtres, insultes, et autres délits commis avant la consulte seront également punis avec la plus grande sévérité. 29 et : réunion d'une consulte au couvent d'Orezza, malgré son interdiction. Elle décide d'une tournée des paceri, assistés d'hommes en armes, pour obtenir ou imposer l'extinction des inimitiés. Cette tournée aura un plein succès. : les pieve d'Ampugnani et Casacconi, pourtant présentes à l'assemblée d'Orezza, se désolidarisent des autres pievi. Elles désignent leurs propres paceri et se déclarent opposées à ceux qui voudraient susciter des troubles contre la République.
Après la cession le de la Corse à la France par les Génois. Casaconi devient pieve de Casacconi.
1789 - La Corse appartient au royaume de France. 1790 - Avec la Révolution française est créé le département de Corse avec Bastia comme préfecture.