Morosaglia , , est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Rostino, en Castagniccia.

Géographie

Situation Morosaglia est une commune de l'intérieur, située dans l'ancienne piève de Rostino, en Castagniccia. Elle est l'entrée principale, depuis l'intérieur de l'île, du territoire de vie Castagniccia du parc naturel régional de Corse limitrophe.

Communes limitrophes

Géologie et relief vignette|Maison de l'Alpa au hameau de Terchini.|alt=

Morosaglia se situe dans le « deçà des monts » (Cismonte en langue corse) ou Corse schisteuse au nord-est de l'îlepar opposition à l'« au-delà des monts » (Pumonte) ou Corse granitique au sud-ouest, dans le prolongement de l'arête schisteuse du Cap Corse qui se poursuit avec le massif du Monte San Petrone et se termine au sud de la Castagniccia. Ce massif est un bloc de « schistes lustrésSous l'expression de « schistes lustrés », on comprend des roches appelées calcschistes, c'est-à-dire des roches calcaires qui renferment de la séricite, de la chlorite, de la calcite, du quartz, des substances argileuses et même charbonneuses. On y trouve encore des amphibolites, des schistes à glaucophane, des chloritoschistes, des séritoschistes, des talcschistes, des micaschistes, de faux gneiss, le tout avec nombreux éléments accessoires. Il y a aussi des variétés de cipolins, soit des calcaires cristallins rubanés et plissotés ; des schistes amphiboliques également rubanés et plissotés. En réalité, les schistes lustrés comprennent un amalgame de roches pas toujours facile à définir nettement. Il y a cependant une donnée assez caractéristique à citer : c'est la présence de roches vertes dites intrusives qui leur ont fait donner le nom de « Pietre verdi ». En Corse, les sédiments appelés schistes lustrés, bien que correspondant à la série trias-jurassique, ne sont pas situés dans un géosynclinal représentant celui du Piémont.|D. Hollande in Géologie de la Corse, . » édifié au tertiaire lors de la surrection des alpes sur un socle hercynien, de la fin de l'ère primaire.

Commune de moyenne montagne à l'ouest de l'arête schisteuse du San Petrone, son territoire occupe une partie de la zone dépressionnaire centrale de l'île, dite « cuvette de Ponte-Leccia » ; cette zone a une couverture sédimentaire autochtone de la Corse ancienne qui est une des composantes de la Corse orientale Alpine.

Ce territoire s'étend sur une longue bande de terre orientée presque latéralement depuis le flanc du col de Prato ( - Quercitello) à l'est, jusqu'aux limites de la commune de Moltifao à l'ouest, représentées par une petite barre montagneuse d'environ d'altitude. Entre les deux coule le Golo. Il comporte un étranglement sur la partie entre Bocca di Riscamone - Bocca a Serna (altitude ).

Dans la dépression de Ponte-Leccia d'où elles envahissent le San Petrone et la région de Saint-Laurent, les roches vertes abondent dans les schistes lustrés. C'est une roche spéciale dont le type ne paraît pas très répandu en dehors de l'île. Ces roches vertes appartiennent aux types des gabbros formés de feldspath labrador et anorthite, de pyroxène et de péridot avec des éléments accessoires très nombreux, parmi lesquels : D. Hollande in Géologie de la Corse, Bulletin de la Société des Sciences historiques et naturelles de la Corse - Éditeur Veuve Ollagnier Bastia, janvier 1917 - ..

Limites territoriales Le territoire communal est délimité : au nord, depuis le lieu-dit « Pontare », par la Tartagine jusqu'à confluence avec l'Asco, puis par l'Asco jusqu'à sa confluence avec le Golo ; au nord-est, par une ligne de crête orientée au sud-est, démarrant de la confluence de l'Asco et du Golo, passant par les Cima di Tozzo (), Serra Debbione (), Cima Barbutola (), Bocca di Riscamone (), puis longeant le côté inférieur de la route D 71 jusqu'à la bocca a Serna (), enfin suivant une nouvelle ligne de crête jusqu'à la Cima di Campo Rotondo (), pour atteindre la bocca di San Paolo () ; à l'est, depuis la bocca di San Paolo jusqu'à la Punta di Chiarasgioli (), par une ligne de démarcation quasi verticale passant par la bocca di Pruno () ; au sud, depuis la Punta di Chiarasgioli, suivant un axe SE - NO, par une ligne qui ne suit pas les crêtes mais les flancs tantôt à l'adret, tantôt à l'ubac de divers petits vallons, atteignant toutefois le sommet Pedani (), avant de plonger vers le cours de la Casaluna peu avant sa confluence avec le Golo ; à l'ouest, une partie du cours du Golo suivie d'une nouvelle ligne de crête jusqu'au lieu-dit « Pontare », constituent ses limites. Cette ligne passe par l'Orienda (), la bocca Pastoreccia () et la punta di Tribbio ().

Hydrographie Le Golo et ses affluents l'Asco et la Casaluna, sont les trois principaux cours d'eau traversant ou délimitant la partie occidentale de la commune, soit sa partie plaine. Ils sont alimentés par de nombreux petits cours d'eau, certains se jetant directement dans le Golo comme le ruisseau de Balliccione. (rg).

La partie orientale de la commune, celle autour du village de Morosaglia, comporte un réseau hydrologique dense, les eaux des cours d'eau alimentant le ruisseau de Gavignaninco. affluent du ruisseau de Prunitaccio. Sous le village même coule le ruisseau de Conca qui prend plus bas le nom de ruisseau de Prunitaccio. avant de se jeter dans la Casaluna.

Climat et végétation Le climat qui y règne est le plus contrasté de l'île, c'est-à-dire très chaud en été et très froid en hiver. Il y est moins humide que sur le versant oriental de la chaîne du San Petrone. La couverture forestière de ce secteur est moins homogène et morcelée en différentes unités. Les peuplements forestiers sont composés de différentes essences.

La végétation montre bien la rudesse du climat. Au fond de la vallée poussent de bas chênes verts et chênes blancs ; la montée vers le village présente une maigre végétation, composée d'un maquis bas, clairsemé de genévriers cade, de chênes verts et de chênes lièges qui visiblement ont résisté aux incendies, avec des boisements épars de pins maritimes et laricio. Ce n'est qu'en approchant du col de Prato qu'on découvre la châtaigneraie.

Voies de communication et transports Accès routiers La commune est traversée par les route territoriale 20 (ex-RN 193) et route territoriale 30 (ex-RN 197) qui se croisent à Ponte-Leccia. Le village même de Morosaglia est desservi par la route D 71Au , la route nationale n° 197 de Calvi à Prunete partait de Calvi, desservaitt de nombreuses localités de la Balagne dont Lumio, Muro et Belgodère, puis, elle passait par Ponte-Leccia, Morosaglia, Piedicroce, Valle d'Alesani et Cervione ; ensuite, elle traverse la RN 198 et s'arrêtait à Prunete tout en bordure de la côte orientale. qui relie Ponte-Leccia (Morosaglia) à Prunete (Cervione) via le col de Prato () et bon nombre de villages de la « petite Castagniccia ».

On peut arriver aussi au village de Morosaglia en venant de Bisinchi via Valle-di-Rostino, par la D 15. Son intersection avec la D 71 se situe au col de Bocca à Serna (), près d'un oratoire, ou depuis la vallée de la Casaluna par la D 139, en passant alors par Gavignano et Castineta.

Transports Ferroviaires

Les deux voies des chemins de fer de la Corse, qui relient Ajaccio à Bastia, les deux métropoles de la Corse et Calvi - L'Île-Rousse à Bastia, se croisent à Ponte Leccia. Les bâtiments de La gare de Ponte-Leccia nouvellement rénovés, se trouvent aux abords de la route territoriale 30, à la sortie de l'agglomération en direction de Calvi.

Aériens et maritimes Depuis Ponte-Leccia, l'aéroport le plus proche est l'aéroport de Bastia Poretta distant de ; le port de commerce le plus proche celui de Bastia à . Le port de L'Île-Rousse se trouve quant à lui distant de et celui de Calvi à .

Routiers Il existe à Ponte-Leccia un service de taxis - ambulance et une entreprise de transports routiers.

Urbanisme Typologie Au , Morosaglia est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (87,7 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (88,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (54,3 %), forêts (33,4 %), zones agricoles hétérogènes (7,2 %), zones urbanisées (2,7 %), cultures permanentes (2,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Morosaglia redresse=2|vignette|Vue de Terchini.|alt=

Les principaux hameaux et quartiers de Morosaglia sont Convento, Rocca Soprana, Rocca Sottana, Stretta, Collu, Querceto, Terchini, Tabonzuli, Sevasi, la plupart accrochés à la montagne, certains édifiés sur des pitons rocheux, au bord de falaises schisteuses. L'ensemble du bâti est ancien, avec de nombreuses maisons en schiste, la pierre locale, avec couverture de lauze. Beaucoup de constructions ont été restaurées à l'identique, d'autres sont à l'état d'abandon, ruinées comme la chapelle Sant' Andria en bas du hameau de Querceto.

Ce remarquable village est coiffé d'un mamelon surmonté de l'église romane Santa Reparata. Il fait face au monte San Petrone dont les pentes sont recouvertes de hêtres vers le sommet et de châtaigniers à l'étage inférieur, et qui se trouve à environ cinq kilomètres « à vol d'oiseau ».

Morosaglia est la patrie de Pascal Paoli né en 1725 au hameau de Stretta. Un musée a été créé dans sa maison natale. Sa statue trône à l'entrée du village, au-dessus de la D 71, face au monument aux morts. Elle a été érigée en 1953.

Ponte-Leccia redresse=2|vignette|Ponte-Leccia vue générale.|alt=

C'est à Ponte-Leccia (U Ponte à a Leccia ou encore sans article Ponte a à Leccia) que se trouve l'intersection de deux des principales routes de l'île : les route territoriale 20 et route territoriale 30. De simple hameau il y a une trentaine d'années encore, Ponte-Leccia est devenu une ville. Carrefour routier et ferroviaire incontournable, la localité s'est considérablement développée ces dernières décennies. Commerces et lotissements nouveaux sont la preuve de la vitalité de cette agglomération nouvelle.

Toponymie En corse la commune se nomme .

Histoire Préhistoire Le site préhistorique de Rusumini situé au sommet de la colline du même nom () sur la commune de Castineta laisse à penser que le territoire voisin de l'actuelle commune de Morosaglia était occupé à l'époquePersée Gallia Préhistoire, Tome 29, 1986, 2, p. 337.

Antiquité Avec le site de Santa Maria di Riscamone, Morosaglia présente les traces indéniables de l'occupation de son territoire actuel dans l'Antiquité.

Le village de Riscamone était implanté sur un ancien bourg romain. Les vestiges de Riscamone se trouve aujourd'hui sur la commune de Morosaglia alors que les ruines de Santa Maria di Rescamone sont sur la commune de Valle-di-Rostino. Des fouilles ont permis de mettre au jour les vestiges d'habitations antiques sur le site.

Le col de Riscamone (Bocca di Riscamone) « à cheval » sur Valle-di-Rostino et Morosaglia, était traversé par une voie romaine reliant le centre de la Corse à l’est.

Moyen Âge