Calacuccia est une commune française dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Niolo dont elle était le chef-lieu.

Géographie Situation Calacuccia est une commune du Niolu, l'une des douze communes du canton de Niolu-Omessa. Elle fait partie du « territoire de vie » Niolu du parc naturel régional de Corse dont elle est adhérente.

Communes limitrophes

Géologie et relief vignette|Vue de Calacuccia.|alt=

Géologie Calacuccia est située dans l'"En-Deça des Monts », dans la « Corse cristalline » à roches magmatiques qui couvre les deux tiers de l'île, à l'ouest de la ligne partant de Calvi et rejoignant Solenzara. Des lambeaux de gneiss et de micaschistes existent à l'est et au nord de Calacuccia dans le NioloD. Hollande in Géologie de la Corse, Bulletin de la Société des Sciences historiques et naturelles de la Corse - Imprimerie Allier Frères 16, cours de Saint-André Grenoble, janvier 1917 - .. Des lambeaux de sédiments anthracolitiques ont été également signalés.

Relief vignette|Panorama du lac de Calacuccia. La commune se trouve au fond d'une cuvette traversée par le Golo, occupée de nos jours par les eaux du lac de barrage de Calacuccia. Cette plus haute vallée insulaire est ceinturée des montagnes splendides du Niolo, avec des sommets remarquables tels : de l'est au nord, des sommets du massif du Cinto : Paglia Orba (), Cinque Frate (), Capu Fallu (), Punta Crucetta (), Pointe des Éboulis (), Monte Cinto (), Capu Ciuntrone (), Punta Selolla () et sa ligne de crête, Capu a u Verdatu () et Capu Biancu () ; du sud à l'ouest, des sommets moins élevés du massif du Rotondo : Capu a u Tozzu (), Punta Artica (), Capu a u Facciatu (), Punta Finosa () et Pinerole (). Aucun de ces sommets n'est cependant situé sur la commune de Calacuccia.

Parallèle à la démarcation méridionale, se situe sur son territoire une ligne de crête passant par l'oratoire de Bocca a Croce (), Bocca a l'Arinella (), Capu di a Borba (), Capu Niolatu (), puis rejoignant le Pinerole(). Entre les deux limites, se situe la partie nord-ouest de la forêt territoriale de Melo.

Au milieu de cette cuvette au sol siliceux peu profond, reposant sur un socle hercynien granitique, a été construit le barrage de Calacuccia. Le barrage de retenue forme un plan d'eau artificiel, d'une superficie de ; il a été mis en service en 1968.

Limites territoriales Du nord, à environ en aval du pont génois d'Erco, la démarcation est matérialisée par le ruisseau d'Erco jusqu'à sa confluence avec le Golo. De là elle part direction sud-est, remontant sur près d'un kilomètre le cours du ruisseau de Sughilia pour ensuite, suivre une ligne de crête démarrant à Capu d'Arinzone (), passant par Monte Rossi () et Petra a u Misoghiu (), et se terminant à Colletta di Melo (). De l est, la démarcation prend l'orientation sud-ouest en une ligne rectiligne passant à Capo Aleri (), et allant jusqu'au lieu-dit « Pascio », avant les bergeries de Menta, en un point à d'altitude qui marque l'extrémité méridionale de la commune. De « Pascio » au sud, la ligne remonte au nord jusqu'à Bocca a l'Arinella (), puis se dirige au sud-est jusqu'à l'oratoire de Bocca a Croce (), et part direction le hameau de Sidossi jusqu'au milieu du lac, traversant la forêt de Cavallo Morto, suivant une ligne de crête descendant jusqu'au lac, coupant la route D 218b qui longe ses berges. Du lac, la ligne suit l'ancien lit du Golo devenu limite de partage entre Calacuccia et Casamaccioli, jusqu'à la confluence du ruisseau de Sialari. De là, la démarcation remonte jusqu'à la route D 84, la longe sur direction est, remonte à l'ouest du couvent Saint-François-du-Niolu, et se dirige au nord-est, longeant en grande partie le flanc de montagne à d'altitude. Enfin, elle suit une ligne de crête passant par Bocca di Sansario (), Sansario () et rejoint le ruisseau d'Erco.

Hydrographie

La commune est traversée par le Golo sur le cours duquel a été dressé le barrage éponyme. Le réseau hydrographique n'est pas dense. Outre les ruisseaux de l'Erco et de Sialari. qui lui « servent » en partie de limites administratives, le lac reçoit les eaux d'un ruisseau de Vergalellu., à l'est de Sidossi. Sur la rive sud du lac a été édifié l'usine électrique de Sovenzia, alimentée par conduite forcée depuis une prise d'eau sur le Tavignano à () d'altitude. Cette usine fait partie de l'aménagement hydroélectrique du Golo par EDF, constitué du barrage de Calacuccia et des autres usines hydroélectriques de Corscia et de Castirla. En dessous du barrage de Calacuccia, dans la Scala di Santa Regina, se trouve un petit barrage sur la commune de Corscia, et, à la sortie des gorges, l'usine électrique de Pont de Castirla.

Climat et végétation Comme dans tout le Niolu, Calacuccia bénéficie d'un climat local très différent du climat méditerranéen baignant l'ensemble de l'île. Sa position géographique centrée dans l'île, la présence des hauts reliefs environnants, l'étendue aquatique, donne des étés secs mais frais, et des hivers humides et tempérés. Hormis Casamaccioli qui est bâti à l'ubac, au sud du lac, les autres villages sont à l'adret, bien exposés.

La couverture végétale est aussi très différente. À l'ubac, Calacuccia possède des forêts, la forêt de Cavallo Morto « à cheval » sur Calacuccia et Casamaccioli, dans le prolongement de la forêt communale de cette dernière, la forêt communale de Calacuccia s'étalant au flanc du Capu di a Borba (), et une partie de la forêt territoriale de Melo, « à cheval » sur Calacuccia, Corte et Corscia.

À l'adret, les flancs de montagne avaient été déboisés au fil des siècles pour leur mise en culture. Abandonnées depuis, ils sont recouverts d'une rare végétation, composée essentiellement de ronces, églantiers de Pouzin (Rosa pouzinii), genévriers cade et des châtaigniers à cet étage.

Voies de communication et transports Accès routiers Une seule route, la D 84, principal maillon de l'axe routier reliant Corte à Vico, traverse le Niolo. Elle dessert toutes les communes de la microrégion.

La D 84 relie la Route territoriale 20 à l'Est depuis Francardo (Omessa) à la D 81 à l'ouest à Porto. Elle passe par de remarquables sites touristiques : à l'est le célèbre défilé de la Scala di Santa Regina (Corscia), au centre le col de Vergio () où se dresse l'imposante statue (6 mètres de haut) du Christ Roi œuvre du sculpteur Noël Bonardi, et à l'ouest les remarquables gorges de la Spelunca (Marignana).

Un embranchement peu avant Évisa permet de bifurquer à gauche sur la D 70 pour rallier Vico (ancienne ville sous-préfecture). En prolongeant jusqu'à Sagone, la D 70 rejoint la D 81. Ce trajet constitue le plus court chemin depuis le Niolo vers Ajaccio et Sartène.

Depuis Calacuccia partent deux routes D 218 et D 218b qui permettent de faire le tour du lac.

Le village est distant, par route, de :

Transports Calacuccia est desservi par un service d'autocar (ligne Corte - Calacuccia - Col de Vergio) fonctionnant sur réservation en période estivale. La gare la plus proche est celle de Francardo, distante de .

Le village est distant de :

Toponymie Le nom corse de la commune est .

Cala provient de l'arabe signifiant baie, port abrité, station navale sûre, « sinus maritimus, locus a ventis tutus, tuta navium statio. » d'après Wenrich, . Colonna de Cesari Rocca in Histoire de Corse - Paris Ancienne librairie Furne Boivin et Cie, éditeurs 1916 ..

Urbanisme Typologie Au , Calacuccia est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (92,5 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (88,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (62,5 %), forêts (17,4 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (12,6 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (5,2 %), zones urbanisées (2,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Histoire vignette|Plaque commémorative 23 juin 1774. En l'état actuel des connaissances et recherches historiques, les périodes liées à la Préhistoire et au Moyen Âge sont largement à découvrir et demeurent presque terra incognita.

Selon Ptolémée, la Corse était habitée par douze nations qui, pour la plupart autochtones, n'ont subi l'influence romaine que dans de faibles proportions. Le Niolu a été habité par les Licnini, une peuplade qui occupait le bassin moyen du Golo. Maîtres des pays de Casacconi et d'Ampugnani ils ont dû être refoulés vers la montagne, peuplant les cantons de Caccia et du Niolola Corse dans l'Antiquité et dans le haut Moyen âge - Xavier Poli, Fontemoing 1907. Les Grecs utilisaient le terme « Lieninoï » pour désigner la peuplade.

Moyen Âge « Les Sarrasins de Sicile, pressés de toutes parts par les chrétiens, furent obligés d'élever, pour leur sûreté, de nombreuses fortifications, désignées encore aujourd'hui par le nom de Cala ou de CalataCésar Cantu - Histoire Univ. t. IX, p. 56. »... Selon X. Poli, il est probable que des colonies sarrasines de Corte ou de la Balagne, harcelées par les patriotes chrétiens, aient été refoulées dans le Niolu où l'on trouve les noms significatifs de Calacuccia et de Calasima appliqués à deux villages ». 1453 - L'Office de Saint Georges vide le Niolo de tous ses habitants. Il le ruine sans cesse de 1460 à 1530 car hostile à Gênes. 1470 - Giovan Paolo di Leca qui s'affirme comme le plus puissant des Cinarchesi, domine un vaste territoire qui s’étend du Filosorma et du Niolu jusqu’à la vallée de la Gravona. En 1483, il se soumet à l’Office de Saint Georges et obtient la nationalité génoise. Vers 1520, au , la piève du Niolo était inhabitée. Le Magnifico Officio qui assurait la gestion de la Corse depuis 1453, avait fait détruire en 1503 par les troupes de Nicolo Doria, les habitations des villages de Lozzi, l’Acquale, Erco, Corscia, Calacuccia, Casamaccioli, Sidossi et l’ErbechincieADECEC Éléments pour un dictionnaire des noms propres..

Temps modernes Vers la fin du , la population que l'Office de Saint Georges avait contraint à déserter la piève, revient occuper les lieux. Ceux qui arrivent sont des bergers transhumants qui forment des communautés rurales.

Calacuccia et le Niolu dans la Grande révolte contre Gênes Extraits de la Chronologie écrite par Antoine-Dominique Monti, président de l'ADECEC, publiée par celle-ci en 1979La Grande révolte des Corses contre les Génois 1729-1769 A-D Monti ADECEC 1979 : 1729, . Des troubles sont signalés dans le Niolu (Calacuccia) qui s'était opposé à la publication de décisions de justice. 1730, . Felice Pinelli gouverneur élu le , apprend que les gens du Niolu ont occupé Vicu et se sont emparés de 200 fusils dans la maison du lieutenant.