Castello-di-Rostino est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. La commune portait le nom de Pastoreccia-di-Rostino jusqu'en 1857 et sa fusion avec la commune de Frasso. Elle appartient à l'ancienne piève de Rostino.
Géographie
Situation Castello-di-Rostino est une commune de Haute-Corse de l'ancienne piève de Rostino. Elle est située sur la rive droite du Golo, dans sa moyenne vallée, au nord-ouest de la Castagniccia.
Communes limitrophes
Géologie et relief Castello-di-Rostino est une commune de l'en « deçà des monts » (Cismonte en langue corse) ou Corse schisteuse au nord-est de l'îlepar opposition au « delà des monts » (Pumonte) ou Corse granitique au sud-ouest, dans le prolongement de l'arête schisteuse du Cap Corse qui se poursuit avec le massif du San Petrone et se termine au sud de la Castagniccia.
Son territoire occupe tout le vallon du ruisseau d'Acqua Fredda, un affluent (rd) du Golo. Il est orienté SE - NO depuis son point le plus haut, Funtana di Tre Occhi à u Tango à environ d'altitude, à moins de « à vol d'oiseau » au NO de la Punta di San PaoloLa Punta di San Paolo () est « à cheval » sur Ortiporio, Giocatojo, Poggio-Marinaccio et Morosaglia, jusqu'au lit du Golo son point le plus bas () au nord de Ponte-Novu.
Hydrographie Le Golo traverse la partie occidentale de la commune, soit la plus basse de son territoire. Au cours de cette traversée, le fleuve reçoit les eaux de son affluent, le ruisseau d'Acqua Fredda.. Le bassin versant du ruisseau d'Acqua Fredda comprend également les petits vallons de ses affluents, les ruisseaux de Maccioco., de Vallaloio. et de Castagniccia. pour les plus importants.
Climat et végétation Le tapis végétal de la commune qui a souffert de nombreux et importants incendies au siècle dernier, présente dans sa partie basse un maquis clairsemé de chênes-lièges. Plus haut, à partir de la chapelle San Lorenzo en bordure de la route D 15a reliant le village à Ponte-Novu, le sol est couvert d'une végétation arborescente avec des chênes (chênes verts, chênes-lièges et chênes blancs), des oliviers, des pins et des châtaigniers aux abords des lieux habités.
Voies de communication et transports Accès routiers vignette|Pont de la RN 193 sur le Golo.|alt= Castello-di-Rostino est située à de Bastia à partir de l'agglomération de Ponte-Novu.
La commune est traversée par la RN 193 qui longe et traverse le Golo à Ponte-Novu. Tout proche du pont, face à l'ancien pont génois détruit, se trouve sa jonction avec la route D 115 menant à Bisinchi. Depuis la RN 193, à hauteur de la gare, part la route D15a qui donne l'accès direct aux autres villages et hameaux de Castello-di-Rostino. Plus au sud de la gare, se situe la jonction de la RN 193 avec la route 615 qui conduit à Valle-di-Rostino.
Enfin, tous ces villages en hauteur sont reliés entre eux par la D15b.
Ponte-Novu dispose d'une station-service et d'un distributeur de carburant.
Accès ferroviaire
Castello-di-Rostino est desservie par la ligne Bastia - Ajaccio des Chemins de fer de Corse, avec une gare à Ponte-Novu.
Urbanisme Typologie Au , Castello-di-Rostino est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bastia, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (84,4 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (94,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (50,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (28,1 %), zones agricoles hétérogènes (15,6 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Pastoreccia vignette|Église de l'Annonciation et le hameau de Pianu Supranu.|alt=
Pastoreccia (Pastureccia) était l'ancien nom de la commune avant sa fusion en 1857 avec la commune voisine de Frasso et s'appeler Castello-di-Rostino. Il est le plus important village de montagne communal. L'église paroissiale de l'Annonciation au haut clocher de quatre étages, bâtie au-dessus de la route D 15b qui traverse le village, se trouve à quelque au nord de Pastoreccia. Un monument aux morts a été érigé sur la place devant l'église. Malgré l'importance prise par l'agglomération de Ponte-Novu, le centre administratif (mairie) demeure à Pastoreccia, qui est par ailleurs le village natal de Dionisia Valentini, mère de Filipp'Antone Pasquale Paoli.
Baranciasche Baranciasche (Barinciasche) est un hameau situé une centaine de mètres au nord de la mairie et de l'église.
Piano vignette|Hameau de Pianu Suttanu.|alt= Les deux hameaux de Piano (Pianu) sont : Pianu Suttanu, en contrebas et à l'ouest du village de Baranciasca, traversé par la route D 15a. S'y trouve une petite chapelle. Pianu Sopranu, au nord de Baranciasca, desservi par la route D 15b.
Gustalbio Gustalbio (Gustalbiu) est un hameau surplombant Baranciasche.
Frasso Frasso (Frassu) était une commune à part entière jusqu'à son absorption en 1857 par Pastoreccia. Elle regroupait alors les hameaux de Frasso et Poggiola. Il est aujourd'hui un hameau isolé de la commune, situé au sud de Poggiola et auquel on accède par une route en cul-de-sac. S'y trouvent une église et un cimetière isolés.
Poggiola Poggiola (a Pughjola) est le premier village rencontré en venant de Ponte-Novu par la D 15a.
Ponte Novu
vignette|Vue de Ponte-Novu.|alt= L'agglomération de Ponte Novu, traversée par la route nationale 193, est aussi le départ de quatre routes départementales : D 615, D 15a, D 115 et D 5, desservant les villages alentour. Nœud routier, elle s'est récemment rapidement développée avec la création de lotissements et commerces nouveaux, l'aménagement de sa traversée par la RN 193, celui du pont historique, etc. Ponte Novu est devenu le centre vital de la commune avec les principaux commerces de proximité, un bureau de la Poste et une école primaire publique.
Un monument aux morts se dresse à proximité de la jonction des routes nationale 193 et départementale 15a.
Toponymie Le nom corse de la commune est . Ses habitants sont les Pasturiccinchi.
Histoire Préhistoire Des fouilles opérées dans la pieve ont permis la mise au jour de sites préhistoriques sur des communes voisines : Castellu di Rusumini (Castineta) et E Muzzelle (Valle-di-Rostino), mais aucun à ce jour sur Castello-di-Rostino.
Antiquité Effectuées avec pour objectif de repérer des sites antiques dans la vallée du Golo qui était le principal axe de circulation vers l’intérieur de la Corse depuis la cité antique de Mariana, les prospections n'ont rien donné à ce jour.
Moyen Âge Castello-di-Rostino tire son nom d'un château médiéval qui avait été bâti sur un piton rocheux dominant la vallée du Golo. Ce château parmi tant d'autres, sera démoli en 1358 lors d'une révolte populaire dirigée par Sambucucciu d'Alandu qui chasse de leurs fiefs les seigneurs remplacés par des Caporali.
Les marquis de Massa
Le château à Castello-di-Rostino depuis longtemps ruiné, avait été la demeure des marquis de Massa de la lignée des Obertinghi, descendants du marquis Alberto Ruffo, qui au , aurait chassé les Sarrasins de Rome et contribué à la défense de la Corse. Tous les descendants d'Alberto Ruffo portaient le titre de marquis de Corse. Le fief des marquis de Massa di Corsica s'étendait sur tout l'En-deçà-des-Monts.
La révolte de leurs vicomtes les prive du Cap-Corse. Appauvris par leur accroissement, ils luttent avec peine contre leurs anciens vassaux (seigneurs de Speloncato, de Loreto, etc.). En 1250, il leur restait encore : au nord les pièves de Giussani, Ostricone et Caccia ; en allant vers le sud-est, tout le pays compris entre les châteaux de Rostino et de Santa-Lucia qui leur appartiennent avec leur territoire ; à l'ouest, les pièves de Verde et de Pietra-Pola, prolongement au nord et au sud de la plage d'Aléria, sur une longueur de soixante mille environColonna De Cesari-Rocca et Louis Villat, Histoire de Corse Ancienne - Librairie Furne Boivin & Cie, Éditeurs 5, rue Palatine Paris 1916.
En 1072 les marquis de Massa avaient aidé les Da Furiani qui n'avaient que Furiani pour prendre Orto et Lota aux Delle SuereAlerius Tardy in Fascinant Cap corse - Toga Bastia 1994.
Les révolutions populaires du durant lesquelles leur château de San-ColombanoLe château ruiné de San Colombano est situé « à cheval » sur Palasca et Novella, à d'altitude sur un piton rocheux à moins de du col éponyme. Il est à distinguer avec celui de Rogliano également ruiné fut incendié par le peuple, ne ruinèrent pas leurs privilèges féodaux. Après le mouvement communal de Sambucucciu d'Alandu, ils continuent à faire des donations aux églises et à guerroyer contre leurs voisins. Cependant l'un des moins affaiblis d'entre eux, Andrea, en 1368, abandonne ses biens au monastère de San Venerio de Tiro et passe en terre ferme après avoir signé un traité avec les seigneurs de Speloncato ; il ne conservait en Corse que son château de San-Colombano qu'il avait réparé ou reconstruit.
Les derniers marquis de Massa, encore vaguement seigneurs en Corse, ont vécu en bourgeois pauvres à Pise ou à Livourne.
Temps modernes vignette|Monument aux morts à Ponte-Novu.|alt=
Au , vers 1520, Castello-di-Rostino qui comptait environ habitants, faisait partie de la piève de Rostino dans l'ancien diocèse d'Accia. Les lieux habités étaient : Saliceto, Vicinato, lo Borgo, Chiamachie, Gavignani, la Petragrossa, Castineta, Sevasi, la Terchina, la Fogatella, la Brocca, Casa Pitti, Tarlagia, lo Collo, Grate, la Valle, Frasso, Pastorechia, le Balleciasce, Piano, Caniolo, Petralata, lo Vignale, Mileto, Bisinchi, LescaÉléments pour un dictionnaire des noms propres Corse A-D. Monti.
Au , la piève joua un grand rôle dans la révolte des Corses contre l'occupant génois (1729-1769).
En 1789, la Corse fait partie du royaume de France. Avec la Révolution française, est créé en 1790 le département de Corse, puis en 1793, celui du Golo (l'actuelle Haute-Corse). La commune portait le nom de Pastoreccia. En 1857 Pastoreccia absorbe la commune voisine de Frasso pour devenir la commune de Castello-di-Rostino.
La piève de Rostino devient en 1790 le canton de Rostino puis, en 1828, celui de Morosaglia avant de devenir en 1973, le canton de Castifao-Morosaglia.
Époque contemporaine 1954 : le canton de Morosaglia comprend les communes de Bisinchi, Castineta, Gavignano, Morosaglia, Saliceto, Valle-di-Rostino et Castello-di-Rostino qui comptait alors 424 habitants. 1971 - 1973 : le canton de Castifao-Morosaglia est créé avec la fusion imposée des anciens cantons de Castifao et Morosaglia.
Politique et administration
Population et société Démographie Castello-di-Rostino a compté jusqu'à 706 habitants en 1881.
Manifestations culturelles et festivités A Fiera di a Caccia e di a Pesca