Dernier train pour Busan () est un film d'horreur sud-coréen réalisé par Yeon Sang-ho, sorti en 2016.

Quelques mois après la sortie du film, un préquel animé, Seoul Station, est conçu par le même réalisateur. Une suite est également réalisée en 2020, Peninsula.

Synopsis Un chauffeur de camion est arrêté sur une petite route par des hommes portant des tenues de protection contre les risques biologiques. Ils désinfectent son véhicule avant de le laisser passer. Peu après, il percute une chevrette qui, bien que morte, se relève.

Seok-woo, un courtier en bourse, vit à Séoul avec sa fille Soo-ahn, mais il est peu attentionné envers elle : il ne va pas à une fête à l'école où elle doit chanter, il lui offre un cadeau pour son anniversaire qu'il lui avait déjà offert pour la journée des enfants. Soo-ahn lui dit alors qu'elle veut aller voir sa mère à Busan dès le lendemain. Le lendemain, ils embarquent dans le Korea Train Express (KTX), un train rapide qui doit les amener de Séoul à Busan. Juste avant le départ, une jeune fille qui semble malade réussit à monter dans le train ; et alors que le train quitte la gare, celle-ci est envahie par un groupe d'individus qui attaquent le chef de quai.

thumb|Un KTX (Korea Train eXpress). Sur les chaînes de télévision diffusées dans le train, des informations rapportent que des troubles sont en cours dans beaucoup de villes du pays, tandis que le gouvernement dédramatise la situation et appelle la population au calme. La jeune fille malade s'est glissée dans des toilettes ; dans d'autres toilettes, le steward découvre un vagabond apparemment en état de choc, dont il ne parvient à tirer que des propos incohérents. La jeune fille finit par avoir une crise semblable à une crise d'épilepsie ; l'hôtesse qui la découvre tente de l'aider, mais en vain. Elle est attaquée par la jeune fille lorsque celle-ci ressuscite, ce qui déclenche une attaque dans tout le reste du train. Seok-woo et Soo-ahn arrivent à y échapper, Seok-woo manquant d'abandonner à leur sort un couple dont la femme, Seong-kyeong, est enceinte ; le mari, Sang-hwa, lui en veut fortement et le méprise ouvertement en apprenant son métier, ce qui ne surprend guère Soo-ahn. thumb|La gare de Daejeon.

Les passagers qui survivent à cette attaque sont alors répartis en tête ou en queue de train. Celui-ci s'arrête à Daejeon, où l'armée est censée prendre en charge les rescapés. Un des clients de Seok-woo, militaire, lui précise de prendre une sortie différente de celle des autres passagers pour éviter la quarantaine. Mais l'armée présente aux abords de la gare est également contaminée ; les rescapés sont décimés par cette seconde attaque, et ceux qui parviennent à s'enfuir remontent dans le train pour se retrouver nez-à-nez avec les premiers contaminés. Seule une vingtaine d'entre eux parviennent à reprendre le train avant qu'il ne reparte pour Busan. Mais Seok-woo, Sang-hwa et Yeong-gook, le dernier rescapé d'une équipe de baseball, sont en voiture 9, séparés des autres rescapés ; quant à Seong-kyeong et Soo-ahn, elles sont avec le vagabond et une vieille dame dans les toilettes de la voiture 13, juste à côté des contaminés. Le reste des rescapés, dont Yong-seok, dirigeant d'une compagnie de bus, Jin-hee, la petite amie de Yeong-gook, ainsi que la sœur cadette de la vieille dame, sont au-delà de la voiture 14, vers la tête du train. Seok-woo, Sang-hwa et Yeong-gook décident d'avancer wagon par wagon en se confrontant aux contaminés, dans l'espoir de sauver leurs familles ; ils profitent de l'absence de vision des malades dans les tunnels pour échapper à leur vigilance, et arrivent jusqu'aux toilettes de la voiture 13.

Mais dans le wagon des rescapés, la nouvelle de leur arrivée déclenche une contre-mesure ordonnée par Yong-seok : convaincus que les arrivants seront forcément contaminés, les passagers bloquent la porte, qu'Yeong-gook et Seok-woo arrivent à forcer ; ils perdent malheureusement durant l'algarade Sang-hwa, qui a bloqué jusqu'au dernier moment les contaminés, ainsi que la vieille dame. Seok-woo, qui a promis à Sang-hwa de s'occuper de sa femme et de son enfant, agresse physiquement Yong-seok une fois en sécurité. Celui-ci, pour se justifier, accuse leur petit groupe d'être contaminé ; les autres passagers, prenant son parti, les rejettent vers la plate-forme suivante, et bloquent l'accès de l'intérieur de leur wagon. Malheureusement pour eux, la sœur de la vieille femme lui ouvre l'autre porte, ce qui déclenche le massacre dans le wagon.

Le train arrive à la gare suivante, mais ne peut aller plus loin : un carambolage entre deux trains bouche la voie. Le chauffeur prévient qu'il va chercher une autre locomotive pour la placer près de leur train, afin que les passagers puissent la rejoindre facilement. Il ne reste alors plus que huit survivants, en plus du chauffeur : Yong-seok et le dernier steward ont réussi à se réfugier dans des toilettes. Tout le monde s'apprête à sortir ; Yong-seok trahit le steward en le projetant vers les contaminés. Jin-hee et Yeong-gook sont séparés du reste du groupe, et sont contaminés à cause d'une nouvelle traîtrise de Yong-seok. Celui-ci court vers la locomotive que le chauffeur a réussi à prendre, mais ce dernier est contaminé à son tour alors qu'il essayait d'aider Yong-seok à rejoindre la locomotive. Yong-seok part seul, tandis que Seok-woo, Soo-ahn et Seong-kyeong arrivent à grimper in extremis sur l'engin, le vagabond s'étant sacrifié pour leur permettre de fuir. Yong-seok a malheureusement été lui aussi mordu, et il blesse également Seok-woo avant que celui-ci ne le jette par-dessus bord. Seok-woo installe sa fille et Seong-kyeong aux commandes de la locomotive, leur fait ses adieux et se rend à l'arrière où, totalement transformé, il finit par tomber sur les rails.

Arrivées au tunnel qui doit les conduire à Busan, Soo-ahn et Seong-kyeong doivent descendre de la locomotive, la voie étant bloquée. Elles avancent dans le tunnel, vers les forces armées qui contrôlent Busan. Celles-ci, dans l'incapacité de savoir si elles sont contaminées, ont d'abord l'ordre de les tuer. Entendant la petite chanter pour son père, les soldats reçoivent un contrordre et partent les aider.

Thèmes

Traumatisme national Les films d’horreur apportent souvent des monstres terrifiants qui semblent irréalistes, pourtant, leurs formes grossières et angoissantes sont souvent une métaphore d’un traumatisme historique. En effet, selon Lowenstein, dans le genre de l’horreur, on donne l’opportunité au spectateur de faire face au traumatisme, plutôt que d’essayer de le guérir ou de s’en cacher. Dans le film Dernier Train pour Busan, la figure du monstre représente un traumatisme historique par une des tragédies les plus importantes en Corée du Sud, le naufrage du ferry Sewol. Le , le ferry Sewol coula, emportant dans les eaux avec lui 306 personnes, dont approximativement 250 élèves et 11 professeurs de l'école de Danwon. Cet incident n’était rien d’autre que le résultat d’avidité et d'égoïsme de la part du capitaine et de l'équipage. La négligence a été la principale raison de cette tragédie puisque, la journée de l’incident, l’équipage avait chargé le double de la charge limite autorisée sur le bateau et ils ont menti pour pouvoir naviguer. De plus, plusieurs inspecteurs ont été achetés pour garder le silence, ce qui a permis de cacher la poussière sous le tapis. Lors du naufrage, le capitaine a dit aux passagers de rester à bord, et, dès l’arrivée du premier bateau de la garde côtière, le capitaine et son équipage sont montés à bord, laissant derrière eux les enfants dans les cabines. À l'arrivée de plus de renfort, il était trop tard.

Pour le réalisateur Sang-ho Yeon, les zombies ont toujours été les monstres les plus intéressants, puisqu’ils étaient des agresseurs mais aussi des victimes. En effet, le simple fait de l’existence du zombie témoigne du fait qu’il était un humain qui s’est fait mordre. De ce point de vue, les zombies représentent alors parfaitement l’incident du ferry de Sewol, principalement le capitaine et l’équipage. Bien qu’ils soient des victimes de cet incident, ils en sont rapidement devenus les monstres par leur abandon des autres passagers. Ce lien est particulièrement mis en valeur par le personnage de Yong-suk, un riche homme d’affaires, qui, à la fin, se retrouve à conduire le train final qui permettrait aux trois personnages restants (Le personnage principal, Seok-Woo, sa fille Su-an, et l’autre passagère Sung-kyeong) de se rendre en sécurité à Busan. Mais alors que Yong-suk se retourne, il est infecté et dans le processus de transformation. De ce fait, il attaquera alors les trois et finira par mordre Seok-Woo, qui sera forcé d’abandonner sa fille et de se jeter en bas du train. Le conducteur du train, qui est seulement une victime de cette tragédie, deviendra un agresseur et amènera la mort en plus de la séparation d’un père et d’une fille, un autre élément important qui rappelle à la tragédie du ferry de Sewol en raison de nombreux parents qui ont été séparés de leurs enfants à la suite de cette tragédie, par sa transformation symbolique en zombie.  

Classes sociales Dans plusieurs films de zombies, les morts-vivants représentent souvent la plaie de la classe sociale inférieure, car on considère les zombies comme des êtres qui nuisent à la productivité de notre société, il faut donc s’en débarrasser. Le film Dernier Train pour Busan ne fait pas exception à cette habitude, et le réalisateur Sang-ho Yeon utilise la culture coréenne et son effet sur la séparation des classes sociales pour créer ses zombies. En Corée du sud, une expression courante qui témoigne de la haine envers le niveau le plus bas des classes sociales, les pauvres, plus particulièrement les sans-abris, est purangin, qui se traduit par « celui qui erre ». En effet, dès le début du film, le réalisateur crée un parallèle entre les zombies et le personnage purangin du film, qui n’a pas de nom, donc aucune identité mis à part le fait qu’il est purangin. Alors que le spectateur observe le plan qui présente une jeune fille infectée entrer dans le train, celle qui commence l’infection, on passe ensuite à un plan de deux inspecteurs qui cognent à la porte d’une toilette, où son utilisateur semble gémir. Le spectateur pense alors qu’il s’agit probablement du zombie qui se transforme de l’autre côté de la porte, mais alors qu’on l’ouvre il s’agit du purangin.  Un lien mental est formé pour le spectateur entre le zombie et le purangin, les plus bas de la classe sociale, qui errent dans le train alors qu’ils ne devraient pas y être. Le désir de la société coréenne de séparer les classes sociales est aussi présenté par la forme du zombie. Durant tout le film, les survivants, qui représentent l’élite riche de la société qui réussissent, se cachent dans des wagons, et une simple porte vitrée les séparent du wagon d’à côté, rempli de zombies, qui cherchent à les atteindre sans pouvoir y parvenir. Les survivants et les zombies, les purangin, sont séparés et bien que les zombies essayent de joindre cette classe supérieure, ils ne peuvent pas y accéder car les survivants le refusent.

Capitalisme