Prunelli-di-Fiumorbo est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Cursa dont elle était le chef-lieu, dans le Fiumorbo.
Géographie
Point de vue Prunelli, tout comme Borgo et Antisanti, est un village-belvédère de la côte orientale. On voit une large partie de la plaine, l'île d'Elbe et Montecristo. Par temps clair l'Italie continentale peut être aperçue.
Situation La commune de Prunelli-di-Fiumorbo est située au sud de la plaine orientale, sur la rive droite du fleuve Fiumorbo. C'est une commune de moyenne et basse altitude, adossée à la chaîne centrale à la hauteur de la Punta di a Capella, et s'étendant sur 10 kilomètres d'ouest en est jusqu'à la mer Tyrrhénienne.
Sa partie ouest couvre une butte élevée (583 mètres d'altitude) de 4 kilomètres sur 5 entre le torrent de Varagno au nord et le fleuve Abatesco au sud. C'est sur cette butte presque entièrement boisée qu'est installé le vieux village.
Le centre de la commune est une plaine en légère pente du nord-ouest vers le sud-est, d'altitude comprise entre 80 et 10 mètres. Là se regroupe la plus grande partie de la population dans un chapelet de hameaux répartis le long des routes, notamment l'axe est-ouest dit « route de la plaine ».
À l'est de la RT 10 (ex-RN 198) s'étend une zone marécageuse progressivement asséchée mais encore peu exploitée. Elle se termine en bord de mer par une zone humide classée ZNIEFF entre les estuaires du Fiumorbo et de l'Abatesco (marais de Canna et étang de Gradugine, stagni di Gradughjine e d'a Canna, 207 ha)Embouchures et zones humides du Fium'Orbu et de l'Abatesco sur le site « Inventaire national du patrimoine naturel » du Muséum national d'histoire naturelle.
Prunelli fait partie des 143 communes regroupées au sein du Parc naturel régional de Corse.
Principaux hameaux Migliacciaro (U Millacciaghju), en bordure de la route nationale, progressivement devenu le centre vital de la commune (commerces, services, lycée, église, etc.). Morta (A Morta), sur la route de la plaine. Abbazia (L'Abbazia, c'est-à-dire « l'abbaye »), bifurcation entre la route de Poggio et la route remontant la vallée de l'Abatesco. Agnatello, ancien lieu industriel, sur la route de l'Abatesco. Casamozza, sur la route nationale, au sud. Autour de ces hameaux traditionnels se développent des lotissements modernes : Querciolo (u Quarciolu, « le petit chêne »), Machiuncello, etc.
Communes limitrophes
Urbanisme Typologie Au , Prunelli-di-Fiumorbo est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Prunelli-di-FiumorboUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. La commune est en outre hors attraction des villes...
La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (46,2 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (44,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (38,4 %), zones agricoles hétérogènes (35,1 %), prairies (10,4 %), zones urbanisées (9,4 %), zones humides côtières (2,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,1 %), mines, décharges et chantiers (0,7 %), cultures permanentes (0,7 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Histoire
Koumsénoi et Cumanesi, sont les noms, respectivement grec et romain, donnés aux habitants (tribus) du Fium'Orbu, d'après Ptolémée (90-168).
Le traité de Prunelli mettant fin à la guerre du Fiumorbo y fut signé en 1816 entre le général Amédée Willot et le commandant Bernardin Poli.
Dans les années 1930, une entreprise d'exploitation forestière, la FORTEF (Forces et Terres du Fium'orbu), a permis un véritable essor de la commune. Ainsi, elle a été l'une des premières en Corse à avoir l'électricité. Un port aménagé à Calzarellu dans l'embouchure du fleuve Fium'Orbu pouvait accueillir un navire à vapeur pour le transport du bois. Des meubles étaient également fabriqués et exportés. Le Ministère de la Culture a référencé les nombreuses traces de cette industrie du boisPhotos relatives à l'industrie du bois sur la commune de Prunelli sur la Plateforme ouverte du patrimoine (POP)..
Durant la Seconde Guerre mondiale, la Corse, première région libérée de l'Occupation, a permis aux alliés d'avoir une tête de pont en Méditerranée pour couper la retraite des Italiens vers le nord. La plaine du Fium'orbu - Ghisunaccia en a été la plaque tournante.
Économie
Un plan local d'urbanisme (PLU) a été mis en place durant la dernière mandature municipale (2001-2008) qui permettra d'éviter le développement anarchique et notamment le « mitage » que connaissent nombre de communes de Corse. Malgré ce plan, le problème de l'indivision reste un frein à la mise en œuvre d'une véritable politique de gestion du foncier car les terrains municipaux disponibles ne sont plus assez nombreux en plaine, ce qui obligera pour le futur à exercer les droits de préemption de la commune en particulier sur des terrains appartenant majoritairement à la Société d'aménagement foncier et d'établissement rural afin d'envisager un développement industriel et commercial que la commune n'a plus connu depuis l'entre-deux-guerres car, malgré son passé industriel, l'industrie est aujourd'hui absente de la commune et les emplois n'y sont pas concentrés mais plutôt éparpillés dans les communes limitrophes.
Le taux de chômage en 2004 était de 18,3 % et le revenu moyen par ménage de euros par an. Les principales activités de la commune sont le petit commerce de proximité, l’élevage, l’agriculture, le tourisme, l'artisanat, les services et l'administration.
La mise en œuvre par le maire Timo Pieri, d'une politique tournée vers le handicap et la gérontologie a permis la réalisation d'infrastructures nécessaires à ces activités sur la commune (principalement foyer logement A Ziglia et CAT) mais la région reste sinistrée médicalement faute de mise en place d'une AMU ou d'un véritable système de gestion des urgences, l'Agence régionale hospitalière restant sourde aux revendications des administrés de toutes les communes alentour réclamant sa mise en place dans un endroit situé à deux heures de route du premier poste de prise en charge (centre hospitalier de Bastia).
Le réseau électrique et d'eau potable dessert l'ensemble des administrés le défi restant désormais l'accès pour tous aux nouveaux moyens d'information et de communications afin que la commune entre de plain-pied dans ce siècle ainsi que la mise en œuvre d'une véritable politique de développement durable (photovoltaïque, petit hydraulique, etc.) apte à améliorer la vie des générations futures sans négliger la gestion du présent (traitement des déchets, gestion de la ressource hydraulique en sous-sol, action en faveur de l'installation d'acteurs économiques capables de générer de véritables flux financiers et autres actions de sécurité et de salubrité publique).
Politique et administration Tendances politiques et résultats
Liste des maires
Population et société Démographie
Après une longue stagnation depuis la fin du , la commune enregistre depuis les années 1960 une forte progression de sa population, qui ne semble pas devoir faiblir.
Enseignement vignette|Le lycée de la Plaine.|alt= La commune compte, en plaine, une école primaire et une école maternelle situées à Casella et Capanella entre L'Abbazia et A Morta. Elles reçoivent, aussi, les enfants des communes de montagnes limitrophes, victimes de l'exode rural et n'ayant plus assez d'enfants pour maintenir leurs écoles ouvertes.
Un collège de 800 élèves et un lycée de 350 élèves sont regroupés dans la cité scolaire du Fium'orbu à Migliacciaro ; ils accueillent la majorité des élèves entre Sari-Solenzara et Aléria.
Sécurité La commune possède une caserne de pompiers volontaires et deux regroupements médicaux composés de médecins, de dentistes, de vétérinaires, de kinésithérapeutes, d'ostéopathes, de laboratoires.
Culture et patrimoine La culture fait l'objet de beaucoup d'efforts de la part de la municipalité et des habitants. Le centre culturel Anima et son école de musique ont vu le jour en 1992 grâce à une politique insufflée par le docteur Timo Pieri, maire d'alors, et continuée depuis par ses successeurs. Des spectacles y sont régulièrement organisés et le rythme des événements y est d'environ un toutes les trois semaines. À noter aussi les branches aquarelle, chants lyriques et polyphoniques et cinéma « Art et Essai ».
On doit aussi au docteur Pieri et à sa sœur Daria Julien-Pieri le musée Mnemosina.
Armoiries Dessinées par le docteur Timo Pieri, maire de la commune (de 1965 à 2001), elles furent adoptées en 1982 par le conseil municipal.
Le blason de la commune reprend les éléments sculptés sur le linteau de la chapelle de l'abbaye San Ghjuvanni.
Il est composé de quatre symboles : la main bénissant et la croix pattée légèrement courbée, sculptées à droite, la colombe et la rosace à gauche.
Lieux et monuments Le musée Mnemosina : il présente sur une dizaine de salles l'histoire du Fium'Orbu, de la préhistoire à la Seconde Guerre mondiale, grâce à un fonds d'objets et de documents très riches provenant pour la plupart de dons privés. L'église paroissiale Sainte-Marie (a Chjesgia di Santa Maria) : la date de construction de l'église primitive est inconnue, mais elle est déjà rapportée dans des écrits datant du . L'église a un aspect défensif et possède une colonne sur le fronton. Elle est évoquée par Monseigneur Giustiniani (1470-1536) dans sa "description de la Corse", et comporte une tour clocher à quatre niveaux. Les maisons-tours (Casi-Torri) fortifiées, surveillant la mer et la plaine du sud de Palo à Alistro ; elles permettaient de déceler les incursions des Sarrasins, barbaresques et autres ; en position de défense, on s'y enfermait et on interdisait le seul accès à l'étage en retirant l'échelle ; on pouvait faire feu par les meurtrières. Celle de Mezzanura est encore assez bien conservée. Le four à pain (u Fornu di Valdu) du , les fontaines et lavoirs (Funtana e lavatoghju di traghjina, Funtana d'arneri, Funtana d'a chjova) ; fours, lavoirs et fontaines étaient encore utilisés dans les années 1950. La « maison carrée » : ancienne caserne de gendarmerie à cour intérieure (), qui domine le centre du village ; elle fut le théâtre de coups de force de l'histoire du Fium'Orbu. U Furno : un four à poteries d'époque romaine.