Rogliano (, en ) est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Ruglianu et est historiquement le chef-lieu du Cap Corse.

Géographie Localisation Ruglianu est une commune située à la pointe nord-est de la péninsule du Cap Corse, le cap Sacrum de Ptolémée. Ruglianu est né du regroupement des anciennes communautés de San Colombanu (actuelle partie méridionale) et de celle de la Chjappella (tiers septentrional). La commune est baignée au nord par la mer Ligure et à l'est par la mer Tyrrhénienne.

Géologie et relief Géologiquement, le Cap Corse est un bloc de schistes lustrés édifié au tertiaire lors de la surrection des Alpes sur un socle hercynien. Au nord-est du Cap, ce sont des schistes sériciteux à l'aspect soyeux et ridé, des schistes chloriteux, des schistes calcaires ou calschistes et des cipolins qui dominent. Grisâtres, légèrement calcifères, ces roches, formées durant l'ère secondaire dans l'ancien océan liguro-piémontais, doivent leur aspect lustré à la séricite (mica aux reflets cendrés) et au chlorite (silicate feuilleté verdâtre avec clivage). Ces schistes renferment des bancs de cipolins (marbres blancs ou gris). Autour de Macinaggio apparaissent des roches sédimentaires : calcaires liassiques du secondaire, souvent dolomitisés, appauvris en calcium par action de l'eau, riches en fossiles, flyschs calcaro-gréseux de la fin du secondaire, et molasse (grès calcifères) du début du quaternaireAlerius Tardy Fascinant Cap Corse Bastia-Toga 1994.

Historiquement, Rugliano se présente en deux parties : La Chjappella, la fraction nord de l'actuelle commune, et l'ex San Colombanu d'Augliani, la fraction au sud. vignette|redresse=2.4|Panorama de Bettolacce.

La Chjappella La Chjappella occupe le tiers nord de Ruglianu. C'est une ancienne communauté sans agglomération, qui a été habitée de l'époque romaine au (débris de tuiles romaines et rejets d'olivier découverts). S'y dresse encore un des anciens phares religieux de la Corse : la Pieve Santa Maria Assunta della Chiappella du , église principale ruinée par les Maures vers 1568, reconstruite peu après mais sur l'emplacement d'un sanctuaire paléochrétien.

Le territoire La Chjappella comporte des basses collines alignées du nord au sud, depuis la pointe d'Agnellu jusqu'au Stanti (), formant une ligne de crête avec la Cima di a Campana (), A Turetta (), Mandriula (), et Puritondu (). À l'ouest de cette ligne, se situent les lieux-dits Padule et Cala, site fréquenté par les oiseaux en période de migration. De Stanti, une ligne de crête part en direction de la baie de Tamarone, suivant la crête d'A Montana () puis la crête de Lischisoghji (). Une cuvette est ainsi formée entre la pointe d'Agnellu, la baie de Tamarone et la mer. Ce territoire, occupé par les vallons des ruisseaux Fiume Piane Morase, Fiume di Terre di Mezzu, Fiume Cugliolu, et Fiume Barolasco, est couvert de quelques bois et de maquis, avec de grandes parcelles démaquisées, cultivées de plantes fourragères.

Au pied de la colline a Turetta (cima di a Campana - ), on peut voir les ruines de Santa Lumbiana, église très ancienne qui s'appelait peut-être autrefois San Culumbanu. Un sentier (à emprunter à hauteur de la tour Santa Maria), long de deux kilomètres, permet d'y accéder.

La façade littorale vignette|La pointe d'Agnello avec sa tour.

Au fond de la baie éponyme, Tamarone est une grande plage au milieu de laquelle le ruisseau de Barolasco a son embouchure. Au nord de la baie existaient autrefois la marine de Tamarone ainsi qu'un petit castel. Ils furent détruits au par les Barbaresques. Il ne reste plus rien du castellucciu qui protégeait la marine. La chapelle Santa Restituta située à moins d'un kilomètre à l'ouest fut également ruinée. Elle aurait remplacé un sanctuaire très ancien car le site de Tamarone était habité à l'époque romaine et couvert de vignes.

À au nord de Santa Maria Assunta, se dressent dans la mer les ruines de la tour della Chiappella du qui fut éventrée en 1796 par des bombardements anglais.

À au nord-est de la tour, se situe la plage de Cala Genovese, et plus loin, séparée par Punta Vecchia, est la plage de Cala Francese. S'y trouvait autrefois un port romain comblé par le fiume di Terra di Mezu. .

Au nord-ouest du monte Bughiu (obscur en français) () voisin, les ruines d'un oppidum du ont fait l'objet de fouilles archéologiques. Le site a livré tessons d'amphores, céramiques, débris de tuiles, etcJehasse Jean. Circonscription de Corse. In Gallia. Tome 32 fascicule 2, 1974. .

Plus au nord-ouest, à du Bughiu, est la baie de Capandola. Au sud de cette baie, dans l'anse de Piane Morese où se jette à la mer le fiume éponyme, les Barbaresques faisaient aiguade (approvisionnement en eau douce pour les navires). Gênes mit fin à ce privilège en 1571.

Au nord de Capandola, se dresse la tour d'Agnello, bien conservée. Peu au large, entre la Giraglia et Barcaggio (Ersa), ont été repêchés de multiples fragments d'amphores, de dolia, de structures et de matériels d'armement du navire, qui ont été déposés au musée de la Corse à Bastia.

La plage de Cala se situe à l'extrême nord-ouest de la commune. Ses dunes sont colonisées par des buissons de genévrier de Phénicie aux baies rouge.

La Chjappella ne renferme plus aucun village. La plus grande partie est protégée, classée en réserve naturelle sous le nom « Pointe du Cap Corse ». Elle comprend également les Îles de Finocchiarola.

Les limites terrestres À l'ouest, le ruisseau l'Acqua Tignese sépare Ersa de Ruglianu, depuis son embouchure dans la mer Ligure, jusqu'au sud de La Chjappella, soit à l'altitude de son cours. Cette limite est celle septentrionale de l'actuelle commune.

Au sud, la colline dominant a Montana et la crête de Lischisoio qui descend jusqu'à la mer au sud de la plage de Tamarone, délimitent la Chiappella et l'ex San Colombano.

Les îles Finocchiarola vignette|Îles Finocchiarola.

A Terra, Mezzana et Finocchiarola, les trois îles de Finocchiarola, à la limite septentrionale de la baie de Tamarone, juste avant le port de Santa-Maria, constituent une réserve naturelle de , riche en oiseaux et marquée par un micro-climat d'asphodèles, de poireaux et de fenouils sauvages. Leur nom est d'ailleurs tiré du corse finochju (ou finocchiu, finogiu), fenouil. Elles sont interdites d'accès du mars au 31 août afin de protéger le goéland d'Audouin qui vient s'y reproduire.

Une épave massaliète a été découverte par de profondeur, près de la tour Finocchiarola. Selon l'étude menée sur une amphore prélevée, l'épave daterait de la fin du Marseille grecque et la Gaule Collection Eludes Massalièles, 3 (1992), .

L'ex San Colombano d'Augliani vignette|Panorama de Bettolacce et d'Olivo.|redresse=2.4

Le territoire L'ancienne communauté de San Colombano qui occupe la partie méridionale de l'actuelle commune, comporte : au sud, le bassin versant du ruisseau de Gioielli. Ce fiume qui est le plus important de Rogliano, naît sous le Monte di e Castelle () au sud-ouest de la commune et a son embouchure au sud du port de Macinaggio, là même où existait le port romain de Tamina ruiné par les Lombards au . C'est sur les hauteurs du versant à l'adret de la vallée qu'ont été bâtis l'ancien village de Bettolacce et ses hameaux. Au , Macinaggio est devenu un port actif ; son développement urbain est récent. au nord, le bassin versant du ruisseau de Molinello qui naît au sud de la colline u Carubellu et se jette à la mer au sud de la plage de Macinaggio. Hormis le bord de mer, ce vallon est désert. à l'ouest, soit une grande partie du bassin versant de l'Acqua Tignese, celle située à l'ubac du vallon est totalement déserte. Un chaînon montagneux sépare la vallée du ruisseau de Gioielli de la haute vallée de l'Acqua Tignese. Orienté SO-NE, il comporte la serra de Pietraggine () au sud, Monte di u Poggio () au centre et u Pinzalone () au nord. Un parc d'éoliennes a été installé sur les crêtes à la fin de 2000 (7 sur Rogliano et 13 sur Ersa).

La façade littorale vignette|Le vallon de Molinello et Macinaggio. De Tamarone au nord à l'embouchure du Fiume de Gioielli au sud où se situe le port de Macinaggio, ce sont environ trois kilomètres de côte, comportant la baie de Tamarone et la baie de Macinaggio. Entre les deux plages, la côte est déchiquetée, avec la Punta di a Coscia. Deux ruisseaux se jettent à la mer dans la baie de Macinaggio : le ruisseau de Molinello qui termine sa course sous le nom de Fiume di Vallinco et le Fiume di Stagnoli, au nord de la plage.

Le littoral a été très peu habité de façon permanente jusqu'au en raison des incessantes invasions barbaresques. Macinaggio fut un port très actif du temps de la marine à voile, soit jusqu'à la fin du . Mais d'importants facteurs ont précipité le déclin de sa prospérité : en 1859 Macinaggio est relié à Bastia par la route, et Bastia relié à la Provence par des bateaux à vapeur. De plus la loi de 1818 taxant les exportations corses précipita la fin des échanges Corse-Italie.

De Macinaggio démarre le sentier des douaniers qui suit toute la côte, de Rogliano à Centuri.

Les limites terrestres Les limites territoriales de San Colombano, qui sont au sud les mêmes que celles de l'actuelle commune, sont définies : à l'ouest, par une ligne qui démarre du ruisseau Acqua Tignese pour rejoindre le Rocher de Serella, « à cheval » sur les communes d'Ersa, de Centuri et de Rogliano, en une ligne droite passant par la Pointe de Suali () et le Monte di San Sisto (). Du Rocher de Serella, la démarcation prend la direction Sud, contourne à l'ouest Monte di e Castelle (), pour atteindre Punta di Razzeta () ; au sud, par une ligne de crête allant vers l'est depuis Punta di Razzeta jusqu'à Punta di a Funa (), « à cheval » sur les communes de Rogliano, Tomino et Meria ; au sud-est, la démarcation descend une ligne de crête jusqu'au lit du ruisseau de Gioielli, à hauteur du grand bassin d'alimentation en eau de la marine de Macinaggio. De là, elle suit jusqu'à la mer la rive sud du ruisseau de Gioielli.

Hydrographie Le cloisonnement du relief forme plusieurs petits bassins fluviaux de capricieux torrents desséchés en août dans la partie inférieure de leurs cours, mais très volumineux l'hiver et au printemps. Aucun d'entre eux ne figure dans la base SANDRE. Les plus importants sont : l'Acqua Tignese, le fiume de Gioielli, le ruisseau de Mulinellu qui naît au sud de la colline u Carubellu et termine sa course sous le nom de fiume di Vallinco, le fiume di Stagnoli, au nord de la plage.

Pour ses besoins en eau, la commune dispose de trois réservoirs : un sur le flanc du rocher de Serella, un au nord de Vignale et un à San Giorgio. Un grand bassin alimenté par le ruisseau de Gioielli a été créé pour satisfaire aux besoins en eau de la marine de Macinaggio en période estivale.

Climat et végétation Le Cap Corse bénéficie d'un climat méditerranéen maritime aux écarts thermiques modérés, avec des hivers plus chauds et des étés plus tempérés que partout ailleurs dans l'île. L'hiver il ne gèle que rarement. L'été le pouvoir rafraîchissant de la montagne est faible car les sommets sont peu élevés ; mais l'exposition est importante : à l'umbria (ubac), l'été est moins brûlant qu'à la sulana (adret).

Le vent dominant est le libeccio, sec, violent, soufflant de l'ouest environ 130 jours l'an, et souvent mêlé au punente, autre vent d'ouest. Des rafales supérieures à sont parfois relevées à l’extrémité du Cap.

Les précipitations sont moins fortes au nord du Cap et sur le littoral qu'au sud et en montagne.

Le tapis végétal ne présente pas de forêts, seulement quelques bosquets de chênes verts et d’oliviers, mélangés au maquis méditerranéen. Il a subi de fréquents incendies en fin d'été, qui ont ravagé en grande partie tout le littoral de la façade orientale du Cap. Aussi, les collines sont dénudées.

Urbanisme Typologie