Santa-Maria-di-Lota (Santa Maria di Lota en corse) est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Lota.
Ses habitants sont les Lutinchi (et selon les hameaux, les Mandrialinchi, Figarellesi, Partinacci et Miumesi).
Géographie Situation Santa-Maria-di-Lota est une commune située dans l'ancienne piève de Lota au voisinage nord de la ville de Bastia, à la base de la façade orientale du cap Corse dont elle ne fait historiquement pas partie.
Communes limitrophes
Géologie et relief vignette|Ruisseau de Poggiolo. Commune située à la base orientale du cap Corse, San-Martino-di-Lota est adossée à la Serra, la chaîne dorsale du cap Corse qui est un bloc de schistes lustrés édifié au tertiaire lors de la surrection des Alpes sur un socle hercynien.
Santa-Maria-di-Lota occupe une grande partie d'une alvéole représenté par le bassin versant du ruisseau de Poggiolo et qui est aussi appelé « vallée de Lota ». Son territoire s'étend sur la rive nord du fiume de Poggiolo qui le délimite de San-Martino-di-Lota, depuis la ligne de crête qui la sépare à l'ouest de Farrìngule et Olmeta di Capicorsu et comprenant le Monte Prunu () et le Monte Capra (). Sur ces crêtes, on note la présence de roches vertes : serpentines, gabbros, diabases.
Son relief a été quelque peu modelé par l'homme. Sur les flancs montagneux au nord du village de Figarella, à l'adret de la vallée du Poggiolo, sont encore bien visibles les nombreuses terrasses de cultures (lenze) où existent plusieurs aires à blé (aghja).
Hydrographie vignette|Ruisseau de Mandriale en amont du pont éponyme.|alt= La commune est dotée d'un dense réseau hydrographique. Le principal cours d'eau est le ruisseau de Poggiolo.. Le fiume di Poggiolu, dit aussi « fiume Miomo », a sa source à près de d'altitude, au sud du Monte Foscu () de la serra di Guadalone, sur la commune de Santa-Maria-di-Lota. Il se jette dans la mer Tyrrhénienne par son embouchure au sud de la plage de galets de Miomo.
Ses affluents sont : le ruisseau de Mandriale., le ruisseau de Cavalligna.Cavalligna signifie "entouré de chevaux", et dans une moindre mesure, le torrent de Figarella qui traverse le village de Figarella en séparant Giundi des quartiers voisins de Leccia et de Pollinacce.
Climat et végétation Tout le cap Corse bénéficie d'un climat méditerranéen maritime aux écarts thermiques modérés. L'hiver est plus chaud et l'été plus tempéré que sur le reste du littoral de l'île. L'hiver sur la côte, il ne gèle qu'un seul jour par an. En montagne, la neige n'abonde que tous les 5 à 7 ans. Santa-Maria-di-Lota, comme les communes voisines, est parfois soumise au libeccio, vent violent d'ouest qui se renforce après avoir franchi la dorsale du Cap Corse et qui crée de remarquables nuages lenticulaires. Les fins d'automne sont souvent marquées par de fortes pluies orageuses méditerranéennes. Ces pluies diluviennes ont causé au cours des dernières décennies, de nombreuses inondations et coulées de boue.
Les hauteurs sont recouvertes de maquis, fruticées, pelouses et milieux rupestres. À l'étage inférieur, se trouvent des chênaies, des bosquets de châtaigniers, puis un épais maquis. Au nord-est de Pollinacce, sur le flanc de montagne, se trouvent de nombreuses terrasses de culture depuis longtemps abandonnées.
Voies de communication et transports Accès routiers vignette|Nouveau pont de Miomo de la RD 80.|alt= La pittoresque route littorale D 80, traverse la marine de Miomu. Elle pénètre au sud la commune par le nouveau pont de Miomo qui a remplacé celui détruit par une crue en 1948. La RD 80, qui longe la côte est du cap Corse est doublée sur la commune d'une route communale dite « route de la corniche », entre Miomo et Voltojo.
La route D 31 monte dans la vallée de Lota en direction des hameaux de Santa Maria et de San-Martino-di-Lota, qu'elle dessert, avec la RD 431 et quelques routes communales.
Transports La commune est desservie par des autobus de la ligne 4 « Mairie de Bastia - Miomo Beausoleil » de la Société des autobus bastiais..
Santa-Maria-di-Lota est distant depuis Miomo, par la routeViaMichelin.fr, de , du port de commerce de Bastia, de de la gare des CFC de Bastia et de de l'aéroport de Bastia-Poretta.
Urbanisme Typologie Au , Santa-Maria-di-Lota est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de BastiaUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant sept communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. Dans le cas de l'unité urbaine de Bastia, il y a une ville-centre et six communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bastia, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (87,5 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (88,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (42,6 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (32,6 %), zones urbanisées (12,4 %), forêts (12,3 %), eaux maritimes (0,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Mandriale vignette|Vue de Mandriale. Mandriale est un village qui se situe à un kilomètre à vol d'oiseau à l'ouest de Figarella. Il est bâti à la base d'une ligne de crête partant du Monte Capra (). Il est desservi par la route D431 qui s'y termine en cul-de-sac. Son accès en véhicule a été rendu possible avec la construction en 1899 d'un pont sur le ruisseau de Mandriale. Mandriale évoque la vie pastoraleLe mot Mandria en langue corse signifie bergerie.. Le village aurait été fondé au par des bergers ulmetesi (d'Olmeta-di-Capocorso). Au cours du , un grand nombre de ses habitants ont été massacrés au cours de deux incursions des Ottomans, en 1657 et 1658.
Ce vieux village est composé de quatre quartiers : Casarta, situé au nord, est le plus élevé à d'altitude. S'y trouve une ancienne tour transformée en habitation. À partir de Casarta, un rude sentier permet de grimper vers la ligne de crête séparant Santa-Maria-di-Lota d'Olmeta-di-Capocorso. Ce sentier passe par San Giovanni () où se trouve la chapelle San Giovanni dans un petit col à d'altitude. Jadis, les Lutinchi, gens de Santa-Maria-di-Lota, y montaient nombreux en procession le . Cagnano, situé à l'ouest. Sundi au centre. Maistra à l'est. Ce quartier, qui est le plus important du village, possède l'église Santa Maria Assunta, un grand édifice baroque, de la fin du . À son côté, se dresse l'ancienne chapelle de confrérie Santa Croce, datée du . Les confrères revêtaient à l'époque un costume composé d'une manteletta (camail) rouge sur càppa (aube) blanche. Il existait aussi à Mandriale deux autres confréries : celle du Saint-Sacrement et celle de Notre-Dame du Mont Carmel, cette dernière créée en .
Avant la construction en 1899 d'un pont sur le ruisseau de Mandriale, Maistra communiquait avec Figarella par le Ponte-Vecchiu, un pont en dos d'âne dit « génois », construit au début du en aval de l'actuel pont de Mandriale.
Figarella vignette|Mairie annexe - école et monument aux morts.|alt= Figarella était encore il y a peu le chef-lieu communal. Son nom indique un lieu planté de figuiers. Le village est bâti à une altitude moyenne de au sud-est du Monte Niello à , entre Mandriale (altitude ) à l'ouest et Partine (altitude ) à l'est.
La partie basse est formée du quartier de Giundi (ou Ghjundi, synonyme de Suttanu), où se trouve l'église Sant' Antone (Saint-Antoine) bâtie sur des grottes à la fin du . À côté, se situe la chapelle de confrérie San Vincenziu (Saint-Vincent) dont elle a pris le vocable. Il existait deux autres confréries à Figarella : celle de Santa Maria di Rusariu (Notre-Dame-du-Rosaire) et celle de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, dont la fête le est toujours marquée par une distribution d'abitini (scapulaires).
Le quartier présente de nombreuses maisons dites « des Américains » (Corses émigrés au Venezuela), bâties entre le dernier quart du et le début du d'architecture toscane, dont deux maisons de maître remarquables. L'ancien château des Cagninacci, du nom du comte Cagninacci qui possédait une mine d'or à Callao, a été transformé en maison d'enfants. . Plusieurs tombeaux, bâtis à la même époque que l'église, sont à mettre à la contribution des « Américains ».
Au centre du village se trouvent la mairie annexe à la fois école, et en face, le monument aux morts. Sundi, synonyme de Supranu, est le quartier au-dessus de Giundi, qui occupe les hauts de Figarella.
Le torrent de Figarella, tributaire du ruisseau de Poggiolo, sépare Giundi des quartiers voisins de Leccia et de Pollinacce. Depuis Pollinacce, un sentier mène aux ruines de la chapelle Sant' Andrea dont il ne reste que la base des murs.
À près de de Favale, hameau situé à l'ouest de Figarella, autour de la jonction des routes D 31 et D 431, se situe San Giacintu (San Ghjacintu ou Saint-Hyacinthe), ancien couvent de Dominicains construit au , puis occupé en fin du par des religieuses Franciscaines missionnaires de Marie. De l'église piévane puis conventuelle San Giovanni Battista du détruite, - l'abside a été abattue en 1948, il ne reste que quelques vestiges. Du couvent, un sentier descendait vers le ruisseau de Poggiolo qui était franchi par un pont' A Pieve, construit, au dont il ne reste plus rien.
Partine Partine évoque des murs en ruines. S'y trouve une ancienne église Santa Maria Annunziata renfermant un triptyque remarquable, classé monument historique.. Le triptyque était porté processionnellement dans le village tous les . À trois cents mètres au sud-est, fut autrefois exploitée une carrière de pierres à chaux. Au lieu-dit San Bernardino se trouvent encore les ruines de quatre fours.
Sorbinca (Surbinca) est un nouveau quartier, situé à de Partine, à l'intérieur des terres.
Miomo vignette|Entrée sud de Miomo.|alt=
Miomo, le « bien commun » ou « mitoyen », tire son nom du latin medianus, médiana.