Ventiseri est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève de Coasina dont elle était le chef-lieu, dans le Fiumorbo. vignette|Ventiseri vu depuis le village de Solaru.
Géographie
Situation Ventiseri est une commune littorale située sur la côte est de la Corse, au sud de la Plaine orientale et de la Costa Serena, dans l'ancienne piève de Coasina. Elle était l'une des sept communes du canton de Prunelli-di-Fiumorbo.
Communes limitrophes
Géologie et relief vignette|L'étang de Palu et la base aérienne de Solenzara, vus depuis le village de Solaro. La commune est adossée à un chaînon montagneux du massif du Monte Incudine qui diverge de la chaîne centrale vers le nord-est et culmine à à la Punta di u Quarciu Grossu (littéralement « Pointe du gros chêne »).
Son territoire s'étage d'ouest en est depuis ce sommet jusqu'à la mer sur dix kilomètres. Le chef-lieu et ses hameaux environnants sont situés à plus de d'altitude, mais plus de la moitié de la surface de la commune se trouve à moins de d'altitude, et plus du quart à moins de 50 m, de part et d'autre de la RT 10 (ex-RN 198) (Bastia - Bonifacio), qui traverse la commune du nord au sud sur sept kilomètres, du hameau de Mignataja au pont du Travo.
Hydrographie La commune de Ventiseri est bordée au sud par le fleuve côtier Travo, au régime torrentiel, qui coupe parfois la RT 10 en cas de fortes pluies. Son embouchure se situe au sud de la base aérienne 126 de Ventiseri-Solenzara. Sur la portion de son cours qui sépare Ventiseri de Solaro, il reçoit les eaux de plusieurs ruisseaux qui prennent naissance sur la commune : ruisseau d'Aretu. (qui délimite en partie Ventiseri et Chisa), ruisseau de Cippisa., ruisseau d'Acqua Tepida, ruisseau du Guadellu. et ruisseau d'Aria Vallinca..
Entre la RT 10 et la mer, l'étang de Palo, autrefois nommée étang de Coasina Giustiniani in Dialogo nominato Corsica, traduction Lucien Auguste Letteron in Histoire de la Corse, Description de la Corse - Tome I, ., est une lagune partagée avec la commune voisine de Serra-di-Fiumorbo qui possède la partie « côté mer ». L'étang reçoit, du nord au sud, les eaux de petits cours d'eau : les ruisseaux de Tagnacane., de Stangone., de Milelli. et de Calanala..
Au sud de l'étang, entre l'aérodrome militaire de Solenzara et la mer, se situe en arrière d'un cordon dunaire, une zone humide qui occupe l'espace jusqu'à l'embouchure du Travo.
Climat et végétation
Voies d'accès et transports Accès routiers La commune est traversée dans sa partie de la plaine littorale par la route territoriale 10 (ex-RN 198), qui donne accès à Ghisonaccia, Aléria et Bastia vers le nord, à Solenzara, Porto-Vecchio et Bonifacio vers le sud.
Le chef-lieu est accessible depuis Travo, sur la RT 10, par la D 45, qui poursuit ensuite dans les collines vers Serra-di-Fiumorbo. La D 745, depuis Mignataja, monte à Piedi Quarcio en passant près du château de Coasina, et rejoint ensuite la D 45.
La RD 545 traverse la commune du nord au sud au pied des collines, en parallèle à la RT 10. Installée sur la plateforme de l'ancienne voie ferrée qui reliait de 1935 à 1943, Bastia à Porto-Vecchio, elle sert de desserte locale pour les habitations qui la bordent.
Transports
Les hameaux de la plaine sont traversés par une ligne d'autocars, assurant des liaisons quotidiennes de et vers Bastia et Porto-Vecchio. Une entreprise de taxi est établie à Minataja.
L'aéroport le plus proche est l'aéroport de Figari-Sud-Corse, à ; l'aéroport de Bastia-Poretta est distant de . Le port de commerce le plus proche est celui de Porto-Vecchio (), celui de Bastia à .
La gare de Cavone, située sur le territoire communal, était sur la ligne de la côte orientale corse, et reliait Ventiseri au nord à Ghisonaccia, Aléria, Casamozza - Lucciana et son terminus Bastia, puis Porto-Vecchio vers le sud. Endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale, cette ligne n'existe plus et la gare a été transformée en habitation.
Habitat Jadis, le littoral avait été déserté en raison des fréquentes razzias barbaresques et de la malaria qui y sévissait. Les habitants avaient trouvé refuge à Ventiseri, un habitat important de la piève de Coasina, construit sur les hauteurs.
La paix revenue avec les Génois, le territoire s'est petit à petit repeuplé.
Au cours de la deuxième moitié du siècle dernier, le littoral et la plaine se sont urbanisés grâce à la RN 198 (récemment devenue RT 10), un des principaux axes de circulation de l'île, au renouveau de l'agriculture sur l'île, et surtout à l'installation sur le territoire de la commune de l'importante base aérienne 126 Solenzara.
Villages perchés vignette|Vue de l'église depuis le Nord du village. Ventiseri et ses hameaux environnants, Contra, Suppranacia et Vignarella, des lieux de la piève déjà habités au début du , avaient été bâtis à l'intérieur des terres, à plus de d'altitude, pour « voir venir l'envahisseur ». S'y trouvent l'église paroissiale, le bureau de poste et le cimetière. Petit village en limite nord de la commune, à d'altitude, relié à la plaine par la route D 745, Pedi Quarciu possède la chapelle Sainte-Élisabeth-de-Hongrie.
Hameaux de la plaine Le long de la RT 10, du nord au sud, on trouve : Mignataja, et ses hameaux Cotticcio et Battello Vix, en bordure de la zone humide de Palo, au nord de l'étang du même nom ; on y trouve un petit cimetière Travo, devenu le plus important lieu habité de la commune. S'y trouvent les centres administratifs (mairie, gendarmerie, bureau de poste, écoles primaire et maternelle, etc.), et une chapelle. Il a pour voisins immédiats plusieurs lotissements destinés aux personnels de la base aérienne : Cité de l'Air, lotissement Simonpoli.
Urbanisme Typologie Au , Ventiseri est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. et hors attraction des villes...
La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (69,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (69,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (52,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (16,3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (8,4 %), zones agricoles hétérogènes (7,3 %), zones urbanisées (4,6 %), prairies (4,3 %), cultures permanentes (3 %), eaux maritimes (1,7 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (0,6 %), terres arables (0,5 %), zones humides intérieures (0,4 %), zones humides côtières (0,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom corse de la commune est Vintìsari . Ses habitants sont les Vintisaresi.
Histoire Moyen Âge vignette|Ruines du Château de Covasina: face Sud et sa chapelle San Michele En 1018, le pape Grégoire VI envoya en Corse le marquis de Massa de Maremma pour faire régner l'ordre. Il se rendit rapidement maitre de tout le territoire.
Vers la fin du , le comte Ugo Colonna devenu maître de la Corse après avoir défait les Maures, pour témoigner sa reconnaissance à ceux qui l'avaient obligé, fit don à Ganelon de Covasina, avec tout le territoire qui s'étend de Solenzara à CalcosaltoGanelon est un neveu de Gane de Mayence, dont la trahison causa la mort des barons de Charlemagne - Giovanni della Grossa in Chronique, traduction Lucien Auguste Letteron in Histoire de la Corse, Description de la Corse - Tome I, .. Ganelon était venu sur l'île accompagné de Truffetta de Covasina, autre descendant des Mayençais.
Pendant la guerre des Biancolacci, Truffetta de Covasina avait passé les Monts et s'était fait seigneur de Talabo. Giovanni della Grossa in Chronique, traduction Lucien Auguste Letteron in Histoire de la Corse, Description de la Corse - Tome I, ..
Dans les années 1380, les gouverneurs de la Maona vendirent le château de Cinarca à Ghilfuccio d'Istria. Ils restèrent maîtres du pays compris entre Calvi, Covasina et LavasinaL'archéologie atteste l'existence de la fortification de Lavasina, qui n'est mentionnée dans aucun document antérieur au et qui appartient alors aux Avogari. - Daniel Istria in Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse : du au . ; comme il n'y avait de ce côté aucun seigneur particulier, cette partie de l'île s'appela ensuite la Terre de ComuneGiovanni della Grossa in Chronique, traduction Lucien Auguste Letteron in Histoire de la Corse, Description de la Corse - Tome I, ..
En 1430, Simone Da Mare est élu gouverneur général. Il entre en campagne avec les caporaux ; le Comte Vincentello d'Istria, vice-roi de Corse, est obligé de s'enfuir à Cinarca. Mais peu après, le Comte redevient maître du pays compris entre Calvi, Covasina, la piève de Vico et Baraci.
Au , Ventiseri faisait partie de la pieve de Covasina, l'une des dix-neuf pievi de l'évêché d'Aléria, soumis par le pape Urbain II à l'archevêque de Pise.
Castello di Coasina
L'ancien château fort de Coasina (ou Covasina), parfois appelé Castello Alemano ou Castellu di Carlomagnu, reflétant son origine probablement germanique, est à l'état de ruines. Construit sur une hauteur naturelle, il avait été la demeure des 'Covasinacti, l'une des dix-sept familles ou clans les plus importantes énumérés en 1324-1325 par Castruccio CastracaniDaniel Istria - Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse : du au note de bas de page ..
Temps modernes Au début du , vers 1520, la pieve de Coasina comptait plus de habitants. Les lieux habités étaient : Coasina ( habitants env.), Ventisari, lo Solagio et Ornaso ADECEC Corse : Éléments pour un dictionnaire des noms propres - Recherches de A.-D. Monti..
Au , Ventiseri faisait partie de la pieve du Fiumorbu, fusion des pievi de Coasina et de Cursa. Le Fiumorbu devient en 1790 le canton de Prunelli.
Époque contemporaine En 1954, la commune de Ventiseri, qui comptait habitants, faisait partie du canton de Prunelli-di-Fiumorbo.
En 2013, la commune a rejoint sur décision de la préfecture la communauté de communes de Fium'orbu Castellu alors qu'elle avait exprimé le souhait de rejoindre celle de la Côte-des-Nacres en 2011 Projet de schéma de coopération intercommunale du 29/04/2011..
Politique et administration Tendances politiques et résultats
Liste des maires
Population et société Démographie
Économie
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Monument aux morts.
Castello di Coasina Tout au Nord de la commune, sur les premiers contreforts du chaînon montagneux, à près de d'altitude à à l'est de Pedi Quarciu, se dressent les ruines de l'ancien château fort de Coasina (ou Covasina).