Santa-Lucia-di-Mercurio est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Le village appartient à la piève de Talcini.
Géographie Situation Santa-Lucia-di-Mercurio est située dans l'ancienne piève de Talcini, à proximité de Corte. Sa superficie est de .
Santa-Lucia-di-Mercurio se trouve aussi dans le « territoire de vie » appelé Centru di Corsica du parc naturel régional de Corse auquel elle a adhéré.
Communes limitrophes
Géologie et relief vignette|Chapelle Santa Servanda et les terrasses de culture.|alt= vignette|Monte Piano Maggiore.|alt= Santa-Lucia-di-Mercurio se trouve en majeure partie dans la dépression centrale de la Corse, axée sur un réseau de fractures et s’étendant de L'Île-Rousse à Solenzara en passant par Corte, à l'est de la Corse alpine (ou orientale) limitée au tiers NE de l'îleLa Corse alpine est composée de terrains divers, issus d’un océan disparu appelé liguro-piémontais (océan Thétys dont l’âge est compris entre -170 à -60 Ma) - Découverte géologique de l'île de Beauté, Centre de géologie de l’Oisans.
Coïncidant grossièrement avec la dépression centrale, la nappe de charriage de Santa Lucia comprend un socle et sa couverture conglomératique ; elle est charriée sur le parautochtone (terrains faiblement déplacés) de Sant’Angelo. Sa position par rapport aux schistes lustrés n’est pas claire Découverte géologique de l'île de Beauté, Centre de géologie de l’Oisans, ..
Sur un socle cristallin la couverture autochtone comprend une couverture sédimentaire autochtone de la Corse ancienne, nappe océanique de marge continentale (Permien à Eocène). Son sol est composé de sédiments secondaires et tertiaires. Il a permis déjà au Moyen Âge, des cultures en terrasse en haute altitude jusqu'à et plus. Ces terrasses (lenze) sont encore visibles de nos jours, notamment sous la chapelle rurale ruinée de Santa Servanda ( d'altitude).
Son territoire, entre deux fronts de chevauchement, est ceint à l'est et à l'ouest par des lignes de crête qui délimitent la commune en se rejoignant au nord, à la Punta di l'Ernella (), sommet « à cheval » sur Rusio, Tralonca et Santa-Lucia-di-Mercurio. C'est au nord-nord-est que se situent, sur un chaînon secondaire s'articulant à la Punta di Caldane () sur la dorsale du massif du Monte San Petrone, les plus hauts sommets de la ceinture avec, à l'est de l'Ernella, la Punta Puzzola (), le Monte Piano Maggiore () culmen communal, et la Cima di Santa Lucia ( environ). C'est sur un éperon rocheux de la ligne de crête occidentale qu'est construit le village, à une altitude moyenne de . Ce relief montagneux inclut le bassin versant entier du ruisseau de Santa Lucia auquel il faut ajouter la partie haute du bassin versant du ruisseau de Campettine, affluent du ruisseau de Zincajo.. Ces ruisseaux alimentés par de nombreux cours d'eau coulent dans autant de petits vallons encaissés.
Il est ainsi composé des vallons de Santa Lucia et de Campettine. Ce dernier, au sud-sud-est du village, est désert. C'est le champ de tir de Campettine qui chevauche en partie le territoire occidental de Castellare-di-Mercurio. Au sud, entre le ruisseau de l'Olmo et le pont de Papineschi sur le Tavignano, le relief des bords du fleuve est relativement plat. C'est le lieu-dit Padule, la partie « plaine » (ou fiuminale) où subsiste encore une activité agro-pastorale.
Hydrographie vignette|Ruisseau de Santa Lucia. Le principal cours d'eau est le Tavignano, second fleuve de Corse après le Golo. Il longe sur près de les limites méridionales de la commune, à la hauteur de l'aérodrome de Corte sur l'autre rive. Sur ce parcours, il reçoit les eaux du ruisseau de Santa Lucia long de qui naît sous le nom de ruisseau de Lore., sur la commune à d'altitude, sur le flanc méridional de la Punta di Milleli (), sommet « à cheval » sur Tralonca et Santa-Lucia.
La majeure partie du territoire communal est représentée par le bassin versant du ruisseau de Santa Lucia dont le cours est orienté dans un axe nord-sud et qui a pour principaux affluents les ruisseaux de Felce (rg), de San Martino (rg)., de Pedimaio (rd), de Piniforci (rg). et de Vinchinacce (rd)..
Le reste du territoire, soit la partie sud-est, est le haut bassin versant du ruisseau de Campettine. qui conflue sur Poggio-di-Venaco avec le ruisseau de Zincajo autre affluent du Tavignano.
Tous ces cours d'eau, au faible débit estival, sont de véritables torrents en certaines périodes de l'année : fortes précipitations, fonte des neiges, etc.
Climat et végétation De forme alvéolaire, le relief ceint dans sa partie septentrionale par des lignes de crêtes aux bords raides qui semblent le protéger des vents froids du nord, le territoire est ouvert vers le sud jusqu'au lit du Tavignano. Le chaînon secondaire à l'est sur lequel culmine le Monte Piano Maggiore () matérialise la séparation de la Castagniccia occidentale avec le Bozio et la région cortenaise, deux microrégions du Centre Corse plus sèches.
L'hiver, la neige couvre les hauteurs parfois pendant plusieurs semaines. L'été le pouvoir rafraîchissant de la montagne se fait ressentir ; mais l'exposition au soleil est importante. À l'umbria (ubac), l'été est moins brûlant qu'à la sulana (adret). Au printemps et en automne, le secteur subit souvent de fortes précipitations qui ont des effets dévastateurs sur les infrastructures routières et parfois sur les habitations.
En 1994, des événements liés à de fortes précipitations ont affecté Santa-Lucia-di-Mercurio. En raison du contexte géologique, géomorphologique et hydrogéologique cause du déclenchement, la zone de départ de laves torrentielles était située sur des terrains où la végétation est absente naturellement, constitués d’éboulis stockés en rupture de pentes en pied de relief à un contact géologique.
Durant des siècles, tirant profit d'un sol sédimentaire fertile et d'un bon ensoleillement, les habitants ont défriché jusqu'à plus de d'altitude les flancs à l'adret de la montagne pour cultiver les céréales (blé, orge, seigle, etc.) nécessaire à leur subsistance.
La couverture végétale est différemment composée selon l'étagement altitudinal<ref>Sandra Rome et Jean-Paul Giorgetti in La montagne corse et ses caractéristiques climatiques - La Météorologie - 59 - novembre 2007</ref> : à l'horizon inférieur de l'étage méso-méditerranéen, en dessous de , excepté dans le creux plus humide des vallons, présence d'un maquis bas parsemé de bosquets de chênes verts et de chênes lièges ; à l'horizon supérieur, soit au-dessus de et jusqu'à d'altitude, les châtaigniers et des oliviers sont présents à l'alentour du village, parmi d'autres essences : chênes verts, chênes pubescents, frênes, genévriers Cade, etc. à l'étage supraméditerranéen, compris entre - , les genévriers Cade forment une forêt parmi les omniprésents et épineux églantiers de Pouzin ; l’étage montagnard ou la zone de « haute montagne » qui comprend les territoires situés au-dessus de en Corse(Journal officiel de la République française, 1977) dont la limite inférieure commence vers - et atteint - , limite supérieure des forêts de l'île, est caractérisé par la série (de végétation) du hêtre qui se présente en petits bosquets épars sur les crêtes partiellement dénuées de végétation, en raison de l’altitude, laissant paraître un paysage rocailleux. C'est une zone d'estive malgré une végétation basse.
Voies de communication et transports Accès routiers L'accès le plus direct se fait depuis le sud, par la route territoriale 50 puis après un court emprunt de la route D 39La D39 relie la ville de Corte à la T20 à Francardo via la vallée de la Casaluna par la départementale 341.Les autres accès se font seulement par la D 41 qui passe par la place de l'église. La route départementale 41 démarre au col de San Quilico et se termine à Féo (commune de Favalello). Elle relie directement Tralonca, Santa-Lucia-di-Mercurio et Sermano. Elle permet par des voies adjacentes, de gagner les communes du Bozio et au-delà.
Transports Aucun service de transport en commun de voyageurs ne dessert la commune. La gare la plus proche est celle de Corte à . Néanmoins, il existe l'arrêt facultatif de Soveria plus proche (). L'aéroport de Bastia Poretta est à , le port de commerce de L'Île-Rousse distant de et celui de Bastia de Les distances sont celles du site ViaMichelin.fr.
Urbanisme Typologie Au , Santa-Lucia-di-Mercurio est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Corte, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (92,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (93 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (70,8 %), forêts (18,9 %), zones agricoles hétérogènes (7,1 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (3,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Santa-Lucia-di-Mercurio village vignette|Funtana di a piazza.|alt= Sainte-Lucie est un village édifié sur un éperon rocheux, à une altitude moyenne de , probablement à partir du . Le bâti est concentré autour de l'actuelle église paroissiale Santa Lucia, construite en 1842. Le quartier nord, « a cima » était le village des notables. Il comprend de nombreuses grosses habitations dites « maisons de notable », Sgio, en bon état, toujours entretenues et habitées pendant plusieurs périodes de l'année. Toutes les voies (ou venelles) au sud de la place présentent un dallage récent. Village autrefois peuplé, il a vu ses habitants le quitter dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. S'y trouvent dominant une petite place dite « Piazza à a ghjesa », la mairie dont les locaux sont abrités dans l'ancienne chapelle de confrérie Sainte-Croix et la salle des fêtes juste en dessous. La placette est ornée d'une fontaine (funtana di a piazza) composée d'un côté d'une vasque et de l'autre d'un bassin abreuvoir, avec des gargouilles en cuivre. Cette fontaine, construite en 1895, porte gravée la reconnaissance au maire de l'époque, Zuccarelli et à son adjoint Galvani. À Borda (Borta), ancien hameau aujourd'hui quartier, se trouve la petite chapelle de l'Annonciation.
San Rocco Hameau à l'ouest mais proche du village, San Rocco (San Roccu) se situe à 40 - en contrebas. Les habitations sont situées de part et d'autre de la route goudronnée qui le traverse et se termine en cul-de-sac à Indorfaccio au sud du village. S'y trouve la chapelle Saint-Roch (cappella San Roccu) au-dessus de la route, autrefois accolée à son cimetière.
Poggiolo vignette|Hameau de Poggiolo.|alt= Poggiolo (U Pughjolu) est le premier hameau lorsqu'on descend en plaine. Il se situe à environ « à vol d’oiseau » au nord-est du village, à en contrebas. Il se compose d'un groupe de maisons à Poggio et de deux quartiers : Gelsa (Ghjelsa) et Aja Sottana plus au sud.
Piedivaldo vignette|Hameau de Piedivaldo.|alt=