Le récit d'esclave est un type d’œuvres littéraires écrites par des esclaves, essentiellement africains au Royaume-Uni et dans ses colonies, y compris ensuite les États-Unis, le Canada, et les États caribéens. Quelque six mille anciens esclaves d'Amérique du nord et des caraïbes écrivirent sur leur vie durant les et , avec environ 150 récits publiés individuellement en livres ou en pamphlets. Aux États-Unis durant la grande dépression (années 1930), plus de récits oraux de vie sous l'esclavage furent collectés par des écrivains financés et publiés par la Work Projects Administration. (WPA) de l'administration du président Roosevelt. 26 de ses enregistrements audios sont aujourd'hui conservés à la bibliothèque du Congrès"Interview with Fountain Hughes, Baltimore, Maryland, June 11, 1949", American Folklife Center, Library of Congress, World Digital Library, accessed 26 May 2013..

Les premiers souvenirs de captivité connu en Angleterre et dans les Îles Britanniques ont été écrits par des blancs Européens et, plus tard, des Américains capturés et parfois réduits en esclavage en Afrique du nord, généralement par des pirates Barbaresques. Ceux-ci faisaient partie d'une vaste catégorie de « récits de captivité » pour les anglophones européens. Au début du , il y eut aussi des écrits de colons en Amérique du Nord qui ont été capturés et retenus par les amérindiens. Plusieurs récits de captivité célèbres ont été publiés avant la révolution américaine, et ils ont souvent suivi les formes établies avec les récits de captivité en Afrique du nord.

Pour les Européens et les Américains, la distinction entre la captivité en tant qu'esclaves et celle en tant que prisonnier de guerre n'a pas toujours été claire. Le genre plus large englobant les deux est de fait souvent appelé « littérature de captivité ».

Étant donné le contexte international contemporain et la persistance de l'esclavage aux et au , des récits d'esclaves sont toujours écrits et publiés de nos jours.

Récits d'esclaves en Amérique du Nord Les récits d'esclaves par des africains en Amérique du Nord ont d'abord été publiés en Angleterre au . Ils sont rapidement devenus la principale forme de littérature noire américaine du . Ces récits d'esclaves étaient publiés par des abolitionnistes, qui participaient parfois à la rédaction, ou des écrivains publics lorsque les esclaves n'étaient pas alphabétisés. Au cours de la première moitié du , la controverse sur l'esclavage dans les États-Unis a conduit à la constitution d'une littérature passionnée des deux côtés.

Pour présenter la réalité de l'esclavage, un certain nombre d'anciens esclaves comme Harriet Tubman, Harriet Jacobs et Frederick Douglass, publient aussi le récit de leur asservissement et de leur retour à la liberté. Lucy Delaney a écrit un compte-rendu incluant le procès pour la liberté menée par sa mère dans le Missouri. En fin de compte, près de anciens esclaves d’Amérique du Nord et des Caraïbes ont écrit le récit de leur vie, et environ 150 ont été publiés individuellement.

En raison de la participation d'éditeurs abolitionnistes, des historiens influents tels que en ont suggéré que « leur authenticité était douteuse ». En se concentrant sur les textes des esclaves et en élargissant les autres sources d'information, les historiens ont le plus souvent validé la véracité de ces récits depuis la fin du .

Les récits d'esclaves peuvent être catégorisés en trois catégories distinctes: les récits de rédemption religieuse, les récits inspirants pour la lutte abolitionniste, et les récits de progrès. Les écrits ayant pour but d'inspirer la lutte abolitionniste sont les plus célèbres parce qu'ils ont tendance à avoir un fort motif autobiographique, comme l'autobiographie de Frederick Douglass et Incidents in the Life of a Slave Girl, written by herself de Harriet Jacobs (1861).

Avant la guerre civile américaine, certains auteurs ont écrit des fictions sur l'esclavage pour supporter l'abolitionnisme. Le meilleur exemple est La Case de l'oncle Tom (1852) de Harriet Beecher Stowe. Le succès de son roman et les tensions sociales de l'époque apportèrent une réponse des écrivains blancs du sud, comme que William Gilmore Simms et Marie Eastman, qui ont publié ce que l'on appela des romans anti-Tom. Ces deux sortes de romans étaient des best-sellers dans les années 1850.

Récits de rédemption religieuse Des années 1770 à 1820, les récits d'esclaves sont, de manière générale, le récit d'un voyage spirituel menant à la rédemption chrétienne. Les auteurs se représentent comme africains, plutôt que comme esclaves, car la plupart d'entre eux sont encore nés en Afrique.

Ce type de récits inclut : A Narrative of the Most Remarkable Particulars in the Life of James Albert "Ukawsaw Gronniosaw", an African Prince, par Ukawsaw Gronniosaw, Bath, 1772 The Interesting Narrative and the life of "Olaudah Equiano" or Gustavus Vassa, the African, par Olaudah Equiano, Londres, 1789 A Narrative of the Life and Adventures of Venture, a Native of Africa: But Resident Above Sixty Years in the United State of America, par Venture Smith, New London, 1798 The Blind African Slave, Or Memoirs of Boyrereau Brinch, Nicknamed Jeffrey Brace, dicté par Jeffrey Brace à Benjamin F. Prentiss, Esq., St. Albans, 1810"Boyrereau Brinch and Benjamin F. Prentiss (Benjamin Franklin), 1774 or 5-1817", Documenting the South, Université de Caroline du Nord à Chapel Hill; édité avec une introduction de Kari J. Winter, Madison, University of Wisconsin Press, 2004, "Taken Aback in Vermont, Seven Days, . The Life, History, and Unparalleled Sufferings of John Jea, the African Preacher, par John Jea, 1811.

Récits inspirants pour la lutte abolitionniste À partir du milieu des années 1820, les écrivains choisirent d'employer la forme autobiographique pour générer de l'empathie pour le mouvement abolitionniste. Certains auteurs ont adopté des techniques littéraires, y compris l'utilisation de dialogue fictifs. Entre 1835 et 1865, plus de 80 de ces récits ont été publiés. Ces récits comprennent souvent des scènes récurrentes : les enchères aux esclaves, l'éclatement des familles, et généralement deux tentatives d'évasions, dont l'une aboutit. C'était la période de la migration forcée pour environ un million d'esclaves du sud supérieur vers le sud profond via un commerce intérieur des esclaves ; les expériences de ventes aux enchères et d'éclatement des familles étaient donc en effet communes.

Ce type de récits inclut : Life of William Grimes, the Runaway Slave, New York, 1825 A Narrative of Some Remarkable Incidents in the Life of Solomon Bayley, Formerly a Slave in the State of Delaware, North America, par , 1825 The History of Mary Prince, a West Indian Slave, par Mary Prince, Londres, 1831 Slavery in the United States: A Narrative of the Life and Adventures of Charles Ball, A Black Man, Lewistown, 1836 A Narrative of Adventures and Escape of Moses Roper from American Slavery, Londres, 1837 The Narrative of Lunsford Lane, Formerly of Raleigh, N.C. Embracing an Account of His Early Life, the Redemption by Purchase of Himself and Family from Slavery, and His Banishment from the Place of His Birth for the Crime of Wearing a Colored Skin par Lunsford Lane, 1842 A Narrative of the Life of Frederick Douglass, an American Slave, par Frederick Douglass, Boston, 1845 Narratives of the Sufferings of Lewis and Milton Clarke, Sons of a Soldier of the Revolution, during a Captivity of More than Twenty Years among the Slaveholders of Kentucky, Boston, 1846 Narrative of William Wells Brown, a Fugitive Slave, Boston, 1847 Narrative of the Life of Henry Box Brown, Boston, 1849 The Life of Josiah Henson, Formerly a Slave, Now an Inhabitant of Canada, as Narrated by Himself (1849), par Josiah Henson, Boston, 1849 Narrative of the Life and Adventures of Henry Bibb, an American Slave, New York, 1849 The Fugitive Blacksmith, or Events in the History of James W.C. Pennington, Londres, 1849 Twelve Years a Slave, récit de Solomon Northup, Auburn et Buffalo et Londres, 1853 Slave Life in Georgia: A Narrative of the Life, Sufferings, and Escape of John Brown, a Fugitive Slave, Now in England par John Brown, 1855 The Life of John Thompson, A Fugitive Slave, Worcester, 1855 The Kidnapped and the Ransomed, Being the Personal Recollections of Peter Still and his Wife "Vina," after Forty Years of Slavery, par Kate E. R. Pickard, New York, 1856 The Rev. J. W. Loguen, as a Slave and as a Freeman, a Narrative of Real Life par , 1859 Running a thousand Miles for Freedom, or the Escape of William and Ellen Craft from Slavery, Londres, 1860 Incidents in the Life of a Slave Girl, par Harriet Jacobs, Boston, 1861 The Experience of a Slave in South Carolina par , London, 1862 Narrative of the Life of J. D. Green, a Runaway Slave from Kentucky, Huddersfield, 1864 Jim, "Recollections of Slavery by a Runaway Slave", The Emancipator, , , , et , vérifié le 09/15/2014Susanna Ashton, "Slaves of Charleston", The Forward, , et 16.

Récits du progrès droite|vignette|Un récit d'esclave publié en 1871 À la suite de la défaite des états esclavagistes du sud confédéré, les auteurs ont moins eu besoin d'exprimer les méfaits de l'esclavage. Les récits sont donc devenus plus passifs, racontant généralement la vie passée dans les plantations puis comment le narrateur s'est ensuite adapté à sa nouvelle vie libre. L'accent des écrivains porte donc plus sur le progrès individuel et racial que sur l'acquisition de la liberté elle-même.

Ce type de récits inclut : The Life of James Mars, A Slave Born and Sold in Connecticut, Hartford, 1864 A Colored Man's Reminiscences of James Madison, par Paul Jennings, 1865 The Freedman's Story par William Parker, publié dans The Atlantic Monthly, 1866 Behind the Scenes: Or, Thirty Years a Slave and Four Years in the White House, par Elizabeth Keckley, 1868 The Underground Railroad Records, par William Still, 1872, racontant le vécu de centaines d'esclaves

From the Darkness Cometh the Light, or, Struggles for Freedom, par Lucy Delaney, 1892. C'est le seul écrit racontant un procès pour la liberté ayant réussi Thirty Years a Slave: From Bondage to Freedom par Louis Hughes, Milwaukee, 1897 Up From Slavery par Booker T. Washington, Garden City, 1901. Before the War, and After the Union: An Autobiography par Sam Aleckson, Boston, 1929.

Récit d'esclaves de la WPA Durant la Grande Dépression des années 1930, l'agence du New Deal Work Projects Administration (WPA), employa les écrivains et les chercheurs du Federal Writers’ Project pour réaliser des entretiens et documenter les histoires des anciens esclaves afro-Américains. La plupart étaient des enfants lorsque le treizième amendement, abolissant l'esclavage sur tout le territoire de l'union, a été adopté. Produits entre 1936 et 1938, ces récits relatent l'expérience d'esclave de plus de personnes. Quelques entrevues ont été enregistrées ; 23 des 26 enregistrements audio connus sont aujourd'hui détenus par l'American Folklife Center de la bibliothèque du CongrèsLibrary of Congress Project: WPA.. La dernière interview d'un ancien esclave était celle de Fontaine Hughes, alors âgé de 101 ans, à Baltimore, en 1949. Il était le petit-fils d'un esclave appartenant au président Thomas Jefferson à Monticello.

Récits d'esclaves en Afrique du nord En comparaison avec les récits nord-américains et des caraïbes, les récits d'esclaves en Afrique du Nord ont souvent été écrits par des britanniques et des américains capturés (souvent en mer) et réduits à l'esclavage en Afrique du nord au et au début du . Ces récits sont différents du faits qu'ils mettent en évidence l'altérité des marchands d'esclaves musulmans, alors que les esclaves afro-américains sont confrontés à d'autres chrétiens.