Olympe Mancini, comtesse de Soissons et de Dreux, née à Rome le et décédée à Bruxelles le , nièce du cardinal Mazarin, vécut à la cour de France, entre amours et complots, jusqu'à sa disgrâce, en 1680.

Biographie Nouvelle venue à la Cour Olympe Mancini est la fille du baron Michel Mancini et de Geronima Mazzarini, et la nièce du cardinal Mazarin. Elle est la sœur de Laure-Victoire, Paul Jules, Philippe, Alphonse, Marie-Anne, Hortense, et Marie Mancini.

Le cardinal Mazarin fait venir ses nièces en France, ainsi que leur frère Philippe, malgré leur jeune âge en , afin de leur faire donner une solide éducation qui leur permettra de contracter des alliances avantageuses et d'assurer ainsi la fortune de sa famille. Olympe Mancini n'est pas particulièrement belle, mais son charme repose sur ses « yeux pleins de feu »Mémoires de Mme de Motteville sur Anne d'Autriche et sa cour, Paris, Charpentier, 1855, t. IV, p. 51, lire en ligne.. Après un bref exil dû à la Fronde, elle revient à la cour, où elle plaît, particulièrement à la reine-mère, Anne d'Autriche, qui prend les Mazarinettes sous sa protection. Louis XIV lui-même courtise ces jeunes filles, avant que Mazarin ne marie toutes les sœurs d'Olympe, excepté Marie Mancini.

La faveur du roi Le jeune roi, qui avait 16 ans, commença à courtiser Olympe, « la perle des précieuses », à partir de 1654. Pour elle, il organisa beaucoup de fêtes où « il la menait toujours danser », et les courtisans assurent que « les plaisirs n'étaient faits que pour elle ».

D’aucuns s’imaginent un peu vite que le jeune Louis XIV espérait l’épouser, mais c’était compter sans Anne d'Autriche, sa mère, qui le lui eût défendu. Il est alors décidé, par le cardinal Mazarin, qu’Olympe épouserait Eugène-Maurice de Savoie-Carignan, comte de Soissons, le . Le roi ne s’en offusque pas, pas plus que le comte de Soissons qui est dépité de voir Louis XIV se détourner d’Olympe ! Celle-ci lui donne huit enfants, dont l'un est Eugène de Savoie-Carignan, dit le « prince Eugène ».

Olympe est très jalouse de la passion du roi pour sa sœur Marie. Elle ne partage pas sa disgrâce après le mariage du roi avec Marie-Thérèse d'Autriche, et demeure à la cour avec mari et enfants, en ayant conservé l’estime du roi.

En 1661, après le mariage de sa sœur Marie au prince Colonna, Olympe est nommée surintendante de la Maison de la reine Marie-Thérèse.

Intrigues et complots La comtesse se lie alors d’amitié avec la belle-sœur de ce dernier, Henriette d'Angleterre, dite « Madame ». Louis XIV et Henriette, tous d'eux vifs d'esprit et partageant une « amitié galante », font de longues promenades dans les bois pendant la nuit, en compagnie d’Olympe, ce qui fait jaser la cour et surtout la reine Marie-Thérèse d'Autriche et la reine mère Anne d'Autriche, cette dernière très inquiète. Dans une lettre, Mademoiselle de Fouilloux écrit qu'Olympe fut très mécontente d'apprendre que Louise de La Vallière s'attirait les faveurs du roi, puisqu'elle aurait voulu la grande confiance que le roi lui attribuait à elle seule. Elle ajoute qu'Olympe sait pertinemment que Louise œuvra longtemps à ce but. Finalement, Louis XIV tombe amoureux de Louise et se détourne de sa belle-sœur, qui s’emploie, avec la complicité d’Olympe, à détrôner Louise de La Vallière. La comtesse de Soissons révèle à la reine l’adultère de Louis XIV et de Louise, mais Marie-Thérèse est impuissante contre son époux.

Une affaire compromettante Olympe se fait alors oublier, jusqu’à la célèbre « affaire des poisons » en 1679. Elle est alors accusée d’avoir fréquenté La Voisin et autres devineresses et est dite « profonde en crimes et docteur en poisons ». La comtesse aurait résolu d’empoisonner Louise de La Vallière, bien qu’elle soit entrée au Carmel depuis plusieurs années, craignant que le roi la fasse revenir à la cour. Elle va jusqu’à menacer Louis XIV que « s’il ne revenait pas à elle, il s’en repentirait ». Olympe est également soupçonnée d’avoir empoisonné son mari, pourtant complaisant, ainsi que Marie Louise d'Orléans, fille d’Henriette d'Angleterre et nièce de Louis XIV.

Disgrâce Le , elle est priée de quitter Versailles et le territoire français sur-le-champ. Bien qu’elle ait clamé son innocence, Olympe est définitivement compromise, comme beaucoup de dames de la cour, dans cette affaire et est contrainte de s’exiler. Elle s'installe alors à Bruxelles et parcourt l’Europe, rejoignant deux de ses sœurs, Marie et Hortense, en Espagne, puis chaque année en Angleterre, revenant régulièrement dans sa résidence bruxelloise, qui avait été construite par son fils, le prince Eugène de Savoie, dans l'actuelle rue de Flandre. Cette demeure est connue des Bruxellois sous le nom de maison de la Bellone. Dans la ville, Olympe porte sur les fonts baptismaux un fils du musicien Pietro Antonio Fiocco et une fille d'Henry Desmarest.

Elle s’éteint à Bruxelles le des suites « d'une maladie de quelques semaines »Relations véritables du : « Mardi matin 9 de ce mois, S.A. Madame la Comtesse douairiere de Soissons mourut en cette ville d’une maladie de quelques semaines, ses belles qualitez, ses vertus, & sur tout sa charité envers les pauvres la rendent recommandable, & la font regreter de tout le monde. ».

Fratrie Les petites Mazarines : Laure (1636-1657) fut mariée à Louis de Vendôme duc de Mercœur, Hortense (1646-1699) épousa Armand-Charles de la Porte de La Meilleraye, qui fut créé duc de Mazarin, Marie-Anne (1649-1714) fut mariée à Godefroy Maurice de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon et neveu de Turenne. Marie Mancini (1639-1715), la dernière sœur, fut le premier et grand amour (platonique) de Louis XIV, qui renonça à elle pour épouser sa double cousine Marie-Thérèse, et épousa après la mort de son oncle le prince Lorenzo Colonna, connétable de Naples.

Les petites Mazarines eurent trois frères : Philippe (1641-1707), qui épousa Diane de Thianges, nièce de Madame de Montespan ; Paul Jules (1636-1652), tué pendant la Fronde à la bataille du faubourg Saint-Antoine ; Alphonse (1644-1658), mort dans un accident de jeu au collège de Clermont.

Enfants

Louis-Thomas de Savoie-Carignan (1657 † 1702), comte de Soissons. Philippe de Savoie-Carignan (1659 † 1693), abbé. Louis-Jules de Savoie-Carignan (1660 † 1683), dit le Chevalier de Savoie, tué à la bataille Petronell-Carnuntum. Emmanuel-Philibert de Savoie-Carignan (1662 † 1676), comte de Dreux. Eugène de Savoie-Carignan (1663 † 1736), général des armées impériales Marie-Jeanne de Savoie-Carignan (1665 † 1705), mademoiselle de Soissons. Louise-Philiberte de Savoie-Carignan (1667 † 1726), mademoiselle de Carignan. Françoise de Savoie-Carignan (1668 † 1671), mademoiselle de Dreux.

Notes et références

Annexes Sources et bibliographie Pierre Combescot, Les Petites Mazarines, 1999, Grasset/Livre de Poche, Antonia Fraser, Les Femmes dans la vie de Louis XIV, Flammarion, 2007.

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