La Révolution du football se réfère à des événements qui ont eu lieu en Iran en 1997 et 1998, en lien avec le football, la sécularisation et les droits des femmes. Depuis cette époque, les restrictions sur les femmes ont été restaurées ou resserrées, pour ce qui concerne le football et plus largement le sport et les évènements publics. Le sport, en particulier le football, est devenu depuis l'une des revendications des militants pour les droits des femmes en Iran.

En arrière-plan Alors que le football féminin est pratiqué en Iran depuis les années 1970, les joueuses sont tenues de respecter un strict code vestimentaire. Depuis la révolution de 1979 et la création de la République islamique, les femmes subissent un accès limité et séparé aux lieux publics, et il leur est expressément interdit de fréquenter des hommes lors d'événements sportifs masculins "Iran: Women At Sports Events: A Victory, But 'Not Enough'", Radio Liberty, 24 avril 2006.

La Révolution du football Lorsque, le , l'équipe iranienne de football s'impose de justesse contre l'Australie en qualification de la coupe du monde, des millions d'Iraniens célèbrent la victoire en dansant et chantant dans les rues, malgré de multiples avertissements du gouvernement à l'encontre de toutes célébrations de nature laïque. Le fait plus marquant ce jour-là est que les femmes parviennent à passer les barrières de la police et à entrer dans le stade, d'où elles sont pourtant bannies. La presse occidentale voit alors dans ces événements un message aux fondamentalistes islamiques qui dirigent le pays "The Veiled Threat", by Azar Nafisi Courtney W. Howland (ed.) (1999) "Religious Fundamentalisms and the Human Rights of Women", , . Le journaliste Franklin Foer compare la Révolution du football à la Partie de Thé de Boston Franklin Foer (2004) How Soccer Explains the World: An Unlikely Theory of Globalization, , .

Quand, par la suite, l'Iran bat les États-Unis par le score de 2 à 1 lors de la phase de poules de la Coupe du monde en France, le , de semblables célébrations se poursuivent plusieurs jours, où l'on voit quelques femmes enlever leur voile et se mêler aux hommes, ce qui se poursuit jusqu'à la défaire de l'Iran sur le score de 2-0 face à l'AllemagneFarsiNet News Archive.

Héritage Après ces évènements, les militants des droits de la femme iranienne commencent à se battre pour le droit d'entrer dans les stades, ce qui est souvent violemment réprimé "President lifts ban on women watching football in Iran", The Guardian, 25 avril 2006.

En , le président iranien Mahmoud Ahmadinejad lève l'interdiction sur l'entrée des femmes dans les stades, malgré les objections de conservateurs, en argumentant que les femmes et les familles, aideront à apporter de la morale et de la chasteté dans les lieux publics. Toutefois, l'interdiction est rétablie par le guide suprême Ali Khamenei dès le .

D'autres restrictions sont adoptées dans le pays, entérinant les restrictions pour les compétitions nationales et internationales. En , le vice-président du Comité olympique iranien, Abdolreza Savar, émet une note adressée à toutes les fédérations sportives sur le , précisant qu'une aussi bien localement qu'à l'étranger Iran: Women excluded from sports in the name of Islam, Adnkrono, 19 décembre 2007 (consulté le 21 septembre 2008).. Les hommes ne sont pas autorisés à former ou entraîner des femmes. L'équipe iranienne féminine de volley-ball, qui avait été considérée comme la meilleure d'Asie, est empêchée de participer aux compétitions internationales en raison du manque de femmes entraîneuses.

Les femmes iraniennes sont autorisées à concourir dans les sports qui exigent le retrait du hijab, mais seulement dans les lieux qui sont exclusivement féminins Iran gets ready for Beijing Olympics without 'Iranian Hercules', Associated Press via the International Herald Tribune, 24 juillet 2008 (consulté le 21 septembre 2008).. Elles sont interdites de manifestations publiques si des hommes sans relation avec elles font partie du public High hopes of Iran's women rowers, John Leyne, BBC, août 2008 (consulté le 21 septembre 2008).. Ainsi, parmi les 53 athlètes iraniens des jeux Olympiques de Pékin en 2008, il n'y avait que trois femmes : Sara Khoshjamal Fekri (taekwondo), Najmeh Abtin (tir) et Homa Hossini (aviron).

Notes et références

Articles connexes Histoire des femmes en Iran Hors jeu, film de Jafar Panahi

Catégorie:1997 en Iran Catégorie:Football en Iran Catégorie:Condition féminine en Iran Catégorie:Relations entre hommes et femmes