Le boulevard Gouvion-Saint-Cyr est une voie du de Paris. C'est une partie des boulevards des Maréchaux.

Situation et accès thumb|left|Boulevard Gouvion-Saint-Cyr vu depuis la porte de Champerret. Il part de l'avenue de Villiers et arrive à la porte Maillot, où il se continue par le boulevard de l'Amiral-Bruix. Il a une longueur de pour une largeur de 30 à .

Le boulevard se divise en deux parties. La partie nord entre la porte Champerret et la porte de Villiers fait partie des boulevards des Maréchaux. Un peu au-delà de la porte de Villiers, en direction du sud, elle est prolongée en ligne droite par le boulevard Pershing avec lequel elle forme un carrefour.

La partie sud s'incurve au-delà de ce carrefour, longe l’hôtel Hyatt et le Palais des congrès par l'est et l’hôtel Méridien Étoile, situé juste en face, par l'ouest, pour rejoindre le boulevard Pereire et l'avenue de la Grande-Armée au bord de la place de la Porte-Maillot et de la gare de Neuilly - Porte Maillot du .

Origine du nom Ce boulevard a reçu son nom du marquis Laurent de Gouvion-Saint-Cyr (1764-1830), maréchal d'Empire et homme politique français. Engagé dans l'armée en , il participa aux guerres de la Révolution et aux guerres napoléoniennes. Il y connaît une ascension fulgurante jusqu'à obtenir son bâton de maréchal pendant la campagne de Russie. Après la chute de l'Empire, Gouvion-Saint-Cyr est fait ministre de la Guerre par le roi Louis XVIII à deux reprises, en 1815, puis de 1817 jusqu'en 1819On lui doit une loi sur la conscription datée du 18 mars 1818 qui restera en vigueur jusqu'en 1872.. Mort d'une crise cardiaque, il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise (cénotaphe division 37).

Historique C'est un tronçon de la route départementale , dite de la Révolte, créée vers 1750 sur l'emplacement d'un ancien chemin conduisant à Saint-Denis.

Le boulevard Gouvion-Saint-Cyr fait partie de la ceinture de boulevards créée à partir de 1861 le long de l'enceinte de Thiers, à la place de la rue Militaire. Il prend son nom actuel en 1864.

La topographie du boulevard s'explique par le fait qu'il était un tronçon de la rue Militaire (1844-1860), légèrement incurvé, longeant intérieurement l'enceinte fortifiée de Thiers, derrière les bastions à , entre les portes de Champerret et Maillot.

La partie nord avait été un segment de l'ancienne route dite de la Révolte avant la construction des fortifications. Cette route très rectiligne (également appelée « route des Princes ») permettait d'aller de la porte Maillot à Saint-Denis. L'actuel boulevard Pershing en faisait également partie. La route fut interrompue par la construction du bastion des fortifications et l'on traça une voie contournant les bastions par l'extérieur. Ce tracé, très peu pratique, fut abandonné rapidement et l'on créa deux ouvertures qui furent nommées « porte de Sablonville » et « porte de la Révolte ». Elles figurent sur les plans dès 1872.

Une « coulée verte » en 1913 ? vignette|Projet de coulée verte en 1913.

En 1913, lors de la première session ordinaire du conseil municipal de Paris, M. Lampué, doyen d'âge, évoqua le rêve d'une coulée verte et évoqua la réutilisation de la Zone comme suit :

Cela n'eut pas de suite à l'époque, en fait, il y fut édifié de nombreux immeubles HBM rougesLes terrains vagues sont progressivement réhabilités à partir des années 1930 et occupés par la construction de logements sociaux (les habitations à bon marché ou HBM) souvent construits en brique rouge, d’équipements sportifs et de parcs. Le boulevard périphérique de Paris est construit au-delà de l'emprise proprement dite de l'enceinte de Thiers, en bordure de la Zone et continue de matérialiser la séparation entre Paris et sa banlieue. et quelques immeubles haussmanniens, puis le périphérique soixante ans plus tard. Cependant, un reliquat de ce rêve a été réalisé tout à côté, lors de la couverture de la ligne du train d'Auteuil, au milieu du boulevard Pereire..

Un des berceaux de l'automobile française Dès la fin du , dans ce secteur du boulevard Gouvion-Saint-Cyr, dont seul le côté Paris était construit, se sont installées de nombreuses entreprises spécialisées dans la sellerie et la carrosserie. Attirés par ces compétences, de nombreux constructeurs et concessionnaires d'automobiles, de vélocipèdes et d'accessoires s’implantèrent sur ce boulevard (et sur l'avenue de la Grande-Armée proche)Jusqu'en 1928, la capitale . Les façades de ces immeubles donnaient sur les vestiges des fortifications et sur la Zone, frappée d'une servitude non ædificandi, c'est-à-dire où les propriétaires du sol ne sont autorisés à élever que des constructions précaires pouvant être démolies à la première réquisition. Il n'y avait dans ce secteur aucune maison d'habitation, seulement quelques baraquements rassemblés : garages de réparation ou casses de voitures, mais aussi de grands hangars. On y trouvait en particulier au le premier siège de Peugeot (associé à Michelin)Voir permis de construire du au 83, boulevard Gouvion-Saint-Cyr : remises et ateliers pour voitures automobiles par Armand Peugeot (à Valentigney) et F. Michelin, 21, rue de Clichy (voir en ligne). mais aussi de nombreux fabricants, accessoiristes, concessionnaires, et garages comme : : atelier de réparation Decauville. ; : Neubauer concessionnaireMembre du congrès de l'automobile en 1900, M. Neubauer habitait au 218, boulevard Pereire. Ses activités débutèrent avec des calèches puis dans l'automobile : adaptations de moteurs et de carrosseries, ventes d'automobiles. Il est également connu pour son association avec l'aviateur Maurice Farman. En 2014, la famille est distributeur officiel de la marque McLaren et Rolls-Royce avec magasin d'exposition boulevard Gouvion-Saint-Cyr www.neubauer.fr. ; : domicile du peintre Abel Bertram (1871-1954) vers 1923-1928 ; : hôtel du Motocycle-club de France ; : les motocycles Comiot (de 1894 à 1914) ; : le concessionnaire de Fiat et Mercedes-Benz ; les usines RosengartLa firme Rosengart fut fondée par Lucien Rosengart, associé à Jules Salomon, l'homme qui a conçu les premières Citroën, dans l'ancienne usine Bellanger au 1-35, route de la Révolte alors à Neuilly-sur-Seine..

On y trouve encore aujourd'hui de nombreuses entreprises liées à l'automobile et aux cycles parmi lesquelles les concessionnaires de BMW, Ferrari, McLaren, Maserati, Mercedes-Benz, Rolls-Royce et autres…

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Personnalités : Jacques Pills et Lucienne Boyer y demeurent en 1939 Mariage Paris 8e, 3 août 1939 (acte n° 549)-2 novembre 1939 (acte n° 727), cote 8M283, page 24/31 acte . : la peintre Marie-Adélaïde Baubry-Vaillant y a vécu.. Après avoir commencé à travailler à l'adolescence, Nadine Talier, future Nadine de Rothschild, ne s'entendant pas avec son beau-père autoritaire, loue une chambre de bonne boulevard Gouvion-Saint-CyrNadine de Rothschild, La Baronne rentre à cinq heures (en collaboration avec Guillemette de Sairigné), Paris, Jean-Claude Lattès, 1984, p. 22..

Dépôt de la Compagnie générale des Omnibus thumb|Harnachement de chevaux dans un dépôt de la CGO.

Dans tout le triangle formé par le boulevard, l'avenue des Ternes et le boulevard PereirePlan cadastral de la ville de Paris établi d'après les documents officiels les plus récentes et comprenant l'Exposition universelle de 1900, par Max Mabyre ou plan de détail du quartier sur Fortifs gouvion.jpg. se trouvait le dépôt des Ternes, l'un des plus importants de la CGOCompagnie générale des omnibus ou CGO, société qui exploita de 1856 à 1920 les tramways et autobus parisiens.. Il desservait deux lignes régulières : la ligne C : Porte Maillot - Hôtel de Ville (soit ) ; la ligne D : Ternes - Boulevard des Filles-du-Calvaire (soit )Au cœur de l’organisation de la CGO, le dépôt se présente sous la forme immuable d’une cour entourée d’écuries, de remises et de greniers. Les réserves de fourrages sont détachées par mesure de sécurité. Les écuries conçues pour accueillir de 200 à plus de peuvent couvrir trois niveaux accessibles par des rampes..

Chaptal et son usine chimique En 1797, entre le chemin de la Révolte (boulevard Gouvion-Saint Cyr), la rue de l'Arcade (rue Bayen) et la rue de Villiers (rue Guersant), Jean-Antoine Chaptal fonda la société Coustou et Cie, fabrique d'acides minéraux aux Ternes. Il y implanta une importante fabriqueSur des terrains où étaient installées auparavant la poudrière de Peyre et la fabrique de fers antirouille de Samson-Nicolas Lenoir. Exposition « Des Ternes aux Batignolles » par la mairie du 17 et le musée Carnavalet, 1986. qui devait connaître que peu expansionLa fabrique d'acide sulfurique de Chaptal, qui dégageait une fâcheuse odeur d'œuf pourri, avait soulevé de furieuses protestations en 1798. Au moment de sa fermeture, en 1825, elle produisait d'acide par jour. . mais ce fut, paraît-il, dans les laboratoires de l'usine des Ternes que Chaptal fit ses principales découvertes.. À son époque, jusqu'à 150 ouvriers furent employés à fabriquer de l'acide sulfurique et de l'alun.

La brigade de sapeurs-pompiers de Paris Sur l'emplacement du bastion de l'enceinte de Thiers a été créée à la fin des années 1920 la place Jules-Renard. Légèrement en retrait du boulevard Gouvion-Saint-Cyr, elle est située à l'intersection formée par la rencontre des rues Alexandre-Charpentier et Claude-Debussy et abrite la caserne Champerret des sapeurs-pompiers de Paris et son état-major.

Notes et références

Annexes Articles connexes Liste des boulevards des Maréchaux et des portes de Paris Liste des voies du arrondissement de Paris Route de la Révolte Fortifications de Thiers

Liens externes Boulevard Gouvion-Saint-Cyr (mairie de Paris) Carte interactive des voies de Paris

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