Radio France internationale, (RFI), est une station de radio publique française à diffusion internationale, fondée le .

Elle diffuse dans plus de 150 pays sur les 5 continents, en français et dans seize langues étrangères. La majorité des contenus diffusés l'est en français, en anglais, en espagnol et en langue haoussa. Les langues swahili, fulfude, portugais, mandingue et l'ukrainien bénéficient aussi de quelques heures de décrochage spécial. Par ailleurs, sa filiale roumaine RFI Roumanie est l'une des radios principales du pays.

Pour émettre ses émissions, elle utilise plusieurs satellites de télécommunication, sur les réseaux d'émetteurs terrestres numérique, les ondes courtes et les moyennes fréquences, sur la radio FM, les réseaux câblés et via Internet. Ses programmes sont également repris par plus de partenaires à travers le monde.

Elle possède un vaste réseau de journalistes reconnus pour leur indépendance, dont 480 sont basés au sein de la rédaction parisienne et 400 correspondants locaus à travers le monde.

Depuis l'année 2008, la station devient une filiale du groupe France Médias Monde, aux côtés de la chaîne de télévision internationale France 24 et de la station de radio en langue arabe largement suivie au Maghreb, Monte Carlo Doualiya.

En 2022, la station est écoutée chaque semaine par 59,5 millions d’auditeurs à travers le monde. Elle représente l'une des stations de radio internationales les plus écoutées au monde, avec la , , et Radio Chine internationale.

Historique 1931-1940 : Diverses stations durant l'avant-guerre vignette|La Cité des Informations de l'exposition coloniale internationale à Paris en 1931.

En 1930, il est décidé de créer une station audible dans le monde entier, à la demande des populations d'outre-Mer et des colonies françaises..

Le , la radio Le Poste colonial est lancée au cours de l'exposition coloniale internationale de Paris., à destination des d'auditeurs de l'empire colonial français.. Elle est diffusée en ondes courtes via deux émetteurs de 12 et situés à Pontoise., sur trois fréquences visant l'Afrique, l'Asie et l'Amérique.. Les émissions sont diffusées depuis le studio de l'exposition, dans la Cité des informations, jusqu'à ce qu'en décembre, la station s'installe au boulevard Haussmann à Paris. Elle diffuse alors 13 à d'émissions quotidiennes en français ainsi que des séquences d'information de en anglais et en espagnol.

En 1933, la radio devient un moyen de propagande, notamment pour le Troisième Reich d'Adolf Hitler qui déverse son discours raciste dans le monde entier. La France doit lui répondre dans le plus de langues possibles. Le , un service d'émissions en langues étrangères à destination du monde francophone est mis en place. Mais le Front populaire arrivé au pouvoir en 1936 a d'autres priorités, notamment sociales, que le développement de la radio et n'y met plus suffisamment les moyens. Malgré cela, le , un nouvel émetteur plus puissant de est inauguré aux Essarts-le-Roi.

En , le Poste colonial est rebaptisé Paris-Mondial après s'être brièvement appelé Paris Ondes Courtes. Les studios s'installent avenue de Ségur à Paris. En , il est créé sous l'autorité de la présidence du Conseil, un « centre permanent de l'information générale » dont dépendent les émissions en langues étrangères sur grandes ondes et ondes moyennes.. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, la radio parle en .

Le , l'Allemagne envahit la Pologne, ce qui pousse le Royaume-Uni et la France à lui déclarer la guerre et déclenche donc la Seconde Guerre mondiale.. Au début de l'année 1940, la radio émet en : anglais, allemand, arabe, bulgare, danois, espagnol, grec, italien, japonais, néerlandais, norvégien, polonais, portugais, roumain, russe, serbo-croate, slovaque, suédois, tchèque et turc.. Le , les Allemands pénètrent sur le territoire français et le suivant, ils occupent Paris. Le , Paris-Mondial diffuse le discours de Pétain appelant à cesser le combat et demandant l'armistice, puis la radio cesse d'émettre.

1940-1944 : la guerre des ondes vignette|La France coupée en quatre : zone libre, zone occupée, départements annexés et du Nord de la France directement sous administration militaire allemande.

Pendant l'occupation allemande, la France est coupée en deux, entre la zone occupée au Nord, sous domination allemande et la zone libre au Sud, sous l'autorité du régime de Vichy. Ce dernier va mener une « guerre des ondes » avec les radios des Alliés, diffusées en français depuis l'étranger.

Dès le , la Propaganda-Abteilung Frankreich usurpe la dénomination de Radio-Paris pour en faire un instrument de propagande nazie en langue française. La radio diffuse dans l'Europe entière, en Afrique du Nord. ainsi qu'en Afrique-Équatoriale française (AEF) et en Afrique-Occidentale française (AOF).

Le , le régime de Vichy lance La Voix de la France, chargée d'émettre vers les colonies.. En , les Alliés débarquent en Afrique du Nord et prennent le contrôle des stations radios locales. Vichy lance alors une nouvelle radio appelée La France Fidèle, qui diffuse en français et en arabe à destination de cette région.. Plus tard, en , une troisième radio à ondes courtes est créée : La France Musulmane. Elle est chargée d'émettre vers les populations musulmanes d'Afrique du Nord et de contrer la gaulliste Radio-Alger..

La France libre du général de Gaulle s'exprime tout d'abord sur la BBC dans le programme Radio Londres. Le , Radio Brazzaville commence sa diffusion à partir d'un émetteur de fortune. Elle va se doter par la suite d'émetteurs plus puissants et le , Charles de Gaulle l'inaugure. Le , il signe une ordonnance pour réquisitionner toutes les radios publiques et privées..

Le , les Allemands détruisent l'émetteur d'Allouis lors de leur retraite, ce qui empêche la diffusion des programmes français.

1945 : la remise en route Le , l'émetteur de d'Allouis est remis en service. Le service des Émissions vers l'étranger (EVE) nait sous la direction de Philippe Desjardins, nommé par le général de Gaulle. La radio est diffusée en ondes longues et ondes moyennes en vers par trois émetteurs de . La section allemande cherche à démoraliser les troupes ennemies tandis que la section espagnole fait face à Franco, toujours au pouvoir. La section nord-américaine est relayée par les réseaux américains et rencontre un certain succès.. Le , la Radiodiffusion nationale (RN) est remplacée par la Radiodiffusion française (RDF).. À la fin de l'année, la radio emploie près de . La station n'émet plus en russe et en turc, mais ajoute le hongrois et le slovène et, en 1946, le finnois.

En 1946, le général de Gaulle démissionne de son poste de président du Conseil, marquant la fin de la relance de la radio. Le , la Radiodiffusion française (RDF) devient la Radiodiffusion-télévision française (RTF).

1947-1975 : une politique sans ambition Pendant trois décennies, les gouvernements français successifs ne vont plus mettre les moyens nécessaires dans la radiodiffusion extérieure. Alors qu'elle bénéficie d'une certaine expérience dans ce domaine, la France va peu à peu se faire rattraper par les autres pays. Dans les années 1960, elle n'occupera plus que la du palmarès des radios internationales..

Durant la guerre froide, les radios jouent un rôle important dans l'affrontement entre le bloc Est de l'Union soviétique et le bloc ouest des États-Unis.. En 1947, une commission dite « de la hache » fait supprimer sept langues : slovène, suédois, norvégien, danois, serbo-croate, bulgare et roumain. Les trois dernières sont rétablies en 1949 et l'italien et le néerlandais sont supprimés, tout comme l'espéranto lancé deux ans plus tôt. En 1951, les émissions vers les États-Unis et les pays d'Amérique latine sont arrêtées et en 1954, les retransmissions en finnois sont également supprimées. En 1956, lors de l'insurrection de Budapest, le volume de programmes en hongrois augmente pendant quelques semaines.

Pendant la guerre d'Algérie de 1954 à 1962, des émissions sont diffusées depuis Paris et Alger en arabe, en kabyle et en français pour faire face aux stations La Voix des Arabes et La Voix de l'Algérie libre émettant du Caire. Devant l'importance de ces programmes, une direction spécifique est créée sous le nom d'Émissions en langues arabe et kabyle (ELAK) et les horaires de diffusion sont élargis..

Lors de la crise de mai 1958, Charles de Gaulle fait son retour au pouvoir. Certains observateurs espèrent alors voir une relance de l'action radiophonique extérieure mais ce n'est pas le cas. Si une émission en yiddish est lancée à destination des juifs soviétiques, il faut attendre , en pleine crise de Berlin, pour que le russe soit diffusé. Les émissions sont présentées par des immigrés russes de 1920 et adoptent un ton diplomatique, le ministère des Affaires étrangères ne tenant pas à participer à la bataille radiophonique opposant anglo-saxons et soviétiques pour ne pas perturber les fragiles relations franco-soviétiques.

Début 1962, les activités internationales de la RTF sont regroupées au sein de la Direction des relations extérieures. En 1963, des restrictions budgétaires amènent à la suppression du vietnamien lancé en , des émissions vers l'Allemagne et l'Angleterre, ainsi qu'à la réduction des programmes destinés à l'Espagne. De plus, à la suite de l'indépendance de l'Algérie, les programmes en arabe et kabyle sont réduits.

En 1963, Édouard Balladur, alors maître des requêtes au Conseil d'État et conseiller du directeur de la RTF, Robert Bordaz, est chargé de faire un état des lieux de la radiodiffusion extérieure de la France. Il recommande de créer un service permanent en français et de construire de nouveaux émetteurs. Mais le ministère des Affaires étrangères considère toujours que la radiodiffusion extérieure coûte trop cher et que personne ne l'écoute. En 1964, le service des Émissions vers l'étranger (EVE) organise un sondage appelé La rose des vents, qui a pour but de tester l'efficacité des moyens techniques disponibles. L'opération est un succès car plus de et une centaine d'enregistrements sonores sont reçus en provenance de plus de . Malgré cela, aucun plan de relance n'est envisagé et le budget est encore réduit...

Après s'être installé dans la nouvelle Maison de la Radio le , la RTF devient l'Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF). En 1965, le ministère du Travail finance la création d'émissions en langues étrangères pour les travailleurs immigrés vivant en France : les Espagnols, Italiens et Portugais en 1966, les Arabes et Serbo-croates en 1972, les Turcs en 1974, les Africains francophones en 1975, les Cambodgiens, Laotiens et Vietnamiens en 1976. Lors de la révolte étudiante et ouvrière de mai 1968, les syndicats de l'ORTF se plaignent de la tutelle politique qui rend difficile la couverture des évènements. Finalement, le , les programmes vers l'étranger se mettent en grève. Par la suite, plusieurs dizaines d'employés sont renvoyés, mutés en province, envoyés à l'étranger ou mis en retraite anticipée.

Le , le service des Émissions vers l'étranger de l'ORTF absorbe l'Office de coopération radiophonique (OCORA), ex-SORAFOM et donne naissance à la Direction des affaires extérieures et de la coopération (DAEC). Cependant, l'ensemble est hétérogène et se voit placer sous différentes tutelles : les émissions et les activités de coopération sont financés par le ministère des Affaires étrangères, tandis que les programmes pour les travailleurs immigrés sont payés par le ministère du Travail.. À cette même période, le ministère des Affaires étrangères comprend qu'il est possible de mieux se servir des émetteurs sans accroître la production : les autres stations publiques françaises fourniront leurs programmes à la radiodiffusion extérieure française. En , le bulgare, le slovène et le portugais sont supprimés, tandis que le volume en russe et en roumain augmente.