L'église Saint-Germain-de-Paris est une église catholique paroissiale située à Mézy-sur-Seine, dans les Yvelines, en France.. Fondée à la fin du , elle a été incendiée et en partie détruite sous la guerre de Cent Ans, puis bénéficié d'une reconstruction intégrale au milieu du , avec une nouvelle consécration en 1554. L'église Saint-Germain représente ainsi l'une des rares églises entièrement rebâties dans le style gothique flamboyant dans le Vexin français. Les influences de la Renaissance, en plein essor à la période de la reconstruction, se limitent encore à la modénature dans le chœur, et au remplage d'une partie des fenêtres. L'ordonnancement des élévations latérales de la nef, avec un étage de fenêtres hautes, est probablement hérité de l'édifice précédent, et les grandes arcades sont apparemment les arcades du début du retaillées. L'architecture n'offre aucun élément remarquable, et est en somme assez rustique. L'église vaut surtout pour la belle ampleur du vaisseau central. Demeurée inachevée, elle n'a reçu la plupart de ses voûtes qu'au cours des années 1870, mais le clocher n'a pas été bâti au-delà de la souche, et le portail occidental est dénué de toute décoration. En tant que témoin intéressant de la reconstruction flamboyante, l'église Saint-Germain-de-Paris a néanmoins été inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affilié à la paroisse de Meulan, et des messes dominicales y sont célébrées un dimanche sur cinq à 9 h 00.
Localisation
L'église Saint-Germain-de-Paris est située en France, en région Île-de-France et dans le département des Yvelines, dans le parc naturel régional du Vexin français, près de la rive droite de la Seine, sur la commune de Mézy-sur-Seine, rue du Château. Elle est bâtie perpendiculairement à la rue, et c'est le chevet qui donne sur la rue. L'église est totalement dégagée de constructions mitoyennes. L'ancien cimetière s'étend au nord, où l'on trouve également le portail principal. La vue s'ouvre sur la mairie, abrité dans l'ancien château, et le vaste parc qui l'entoure. La façade occidentale donne également sur l'enclos de l'ancien cimetière, qui est ici très étroit, mais directement après suit un terrain municipal dédié aux loisirs. Un grand parking se situe au sud de l'église, où existe un portail secondaire.
Histoire thumb|upright|left|Plaque commémorative pour l'abbé Constant François, curé de 1848-1880.
La première mention écrite de la paroisse de Mézy-sur-Seine ne remonte qu'à 1190. Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Magny-en-Vexin, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise et de l'archidiocèse de Rouen. Le collateur de la cure est l'abbé du Bec-Hallouin, comme à Tessancourt-sur-Aubette.. Son église est dédiée à saint Germain de Paris, dit également d'Autun (496-576). Seules les bases des colonnes des grandes arcades, et selon Bernard Duhamel, les parties basses des murs, subsistent encore de la première église du début du . Incendiée et partiellement détruite par les Anglais sous la guerre de Cent Ans, elle est presque entièrement reconstruite à partir des années 1540, dans un style gothique flamboyant rustique influencé par la Renaissance. En l'absence de décor sculpté, cette influence se manifeste uniquement à travers la modénature et le recours au plein cintre pour le remplage de la plupart des fenêtres. Une nouvelle dédicace est célébrée en 1554. Mais l'église n'est pas encore achevée à cette date. Le clocher ne le sera jamais, et se limite encore aujourd'hui à sa base, qui accueille néanmoins un beffroi en charpente et une cloche. La façade occidentale ne comporte qu'un portail fruste. Les voûtes de la dernière travée droite du vaisseau central et de l'abside sont réalisées tardivement. Les quatre premières travées de chacun des vaisseaux reçoivent des fausses voûtes d'ogives en matériaux légers après la guerre franco-allemande de 1870. À cette occasion, certaines fenêtres sont également remaniées (Bernard Duhamel ne précise pas dans quel sens), puis munies de vitraux polychromes.. Certains piliers et bases sont repris en sous-œuvre. Ces travaux sont menés sur l'instigation de l'abbé Constant François, curé de Mézy de 1848 à 1880, comme le rappelle une plaque commémorative sur la base du clocher. L'église est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du . Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse de Meulan ou secteur pastoral de la Rive Droite de la Seine, et les messes dominicales y sont célébrées un dimanche sur cinq à 9 h..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Orientée un peu irrégulièrement vers le nord-est du côté du chevet, l'église Saint-Germain répond à un plan symétrique à trois vaisseaux, auquel déroge juste la base du clocher, implantée à l'angle nord-ouest de l'édifice. Largement débordant, elle occupe, avec son angle sud-est, le quart nord-ouest de la première travée du bas-côté nord, tandis que son volumineux contrefort sud-est occupe la partie sud-est de la même travée. Les deux parties restantes de cette travée forment des passages reliant la nef et le bas-côté nord à l'intérieur de la base du clocher, qui a toutefois été fermé par un mur. L'angle nord-ouest du clocher contient un escalier à vis dans une cage cylindrique pris entre les deux contreforts. Abstraction faite de ces particularités, l'église se compose d'un haut vaisseau central éclairé latéralement par de fenêtres hautes ; d'une abside à trois pans ; et de deux bas-côtés terminés par un chevet plat. Une sacristie a été ajoutée dans l'angle entre abside et bas-côté sud. Hormis la base du clocher, l'ensemble de l'église est vouté d'ogives ; cependant, les voûtes de la première à la quatrième travée des trois vaisseaux sont réalisées en matériaux légers, et ne datent que des années 1870. L'on accède à l'église par le portail septentrional dans la troisième travée, abrité sous un porche ; par un portail secondaire en face au sud ; ou par le portail occidental de la nef. Le vaisseau central est munie d'une toiture à deux rampants avec un pignon en façade, et les bas-côtés sont dotés de toits en appentis.
Intérieur Nef thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|4 et 3 travée, élévation sud.
L'église Saint-Germain fait partie d'un petit groupe d'églises dont les élévations ont été entièrement reconstruites ou remaniées au , au même titre que Bennecourt, , Magny-en-Vexin et La Roche-Guyon.. Elle vaut surtout pour la belle ampleur de son vaisseau central, et en tant qu'exemple atypique d'une église flamboyante en Île-de-France, plus élancée qu'à l'accoutumée, et munie de fenêtres hautes, alors que la tendance générale va vers une nef aveugle, ou éclairée seulement par une baie occidentale au-dessus du portail. La hauteur est deux fois supérieure à la largeur, et pas seulement une fois et demi, comme c'est le plus souvent le cas des églises flamboyantes en milieu rural. Un quart de la hauteur incombe aux lunettes des voûtes. Les fenêtres, inhabituellement petites, s'inscrivent entièrement dans les lunettes des voûtes, mais pourraient facilement être deux fois plus hautes et larges tout en respectant toujours cette même restriction. Moins que la moitié des élévations latérales est occupée par les grandes arcades. Il y a donc une importante section de murs aveugles au-dessus des grandes arcades, car les bas-côtés sont larges, et leurs toits en appentis relativement pentus. Seulement les églises les plus prestigieuses ont les bas-côtés couverts de toits en bâtière parallèles à l'axe de l'édifice, ou de toits en pavillon indépendants à chaque travée, qui de sorte à laisser davantage de place aux fenêtres. On peut voir cette disposition à Saint-Antoine de Compiègne, Saint-Étienne de Beauvais, Triel-sur-Seine, Vétheuil (ainsi qu'à Ully-Saint-Georges et Vaudancourt, où elle n'est pas mise à profit pour prévoir des fenêtres haute). Les triforiums ou galeries ouvertes sur combles sont, de toute façon, tombées en désuétude depuis le . Dans son ensemble, l'ordonnancement des élévations latérales évoque d'autres nefs entièrement reconstruites au dans un style sobre, telles que L'Isle-Adam et Précy-sur-Oise.
Qu'il y ait eu reconstruction, ne fait en l'occurrence aucun doute, car les piliers monocylindriques appareillés en tambour n'ont pas des bases flamboyantes, sous la forme de plinthes moulurées, mais des vestiges de bases composées d'un petit et d'un grand tore, séparés par une scotie et flanquées de griffes aux angles. De telles bases reviennent à l'honneur à la Renaissance, mais en l'occurrence, les travaux ont commencé en suivant les préceptes du style flamboyant, comme le montre le recours à l'arc brisé pour les grandes arcades et les fenêtres des bas-côtés (sauf au chevet), de même que le profil des grandes arcades, qui affichent un intrados méplat entre deux larges gorges peu profondes. La forme des piliers n'est pas un indice des origines de l'édifice au , car les piliers cylindriques sont encore fréquemment employés à la période flamboyante, car plus économiques à réaliser que des piliers ondulés ou d'un plan plus complexe. Ils se trouvent aussi à Bessancourt, Boran-sur-Oise (chœur), Bresles (chœur), La Chapelle-en-Serval, Fleurines, Jagny-sous-Bois, Survilliers, Le Thillay, Vauréal, Vineuil-Saint-Firmin, etc., de même qu'à L'Isle-Adam et Précy-sur-Oise. Apparemment, il était prévu de munir les piliers de frises sculptées en guise de chapiteaux, comme le donnent à penser les épaisses bagues convexes à la retombée des arcades. La sculpture n'a finalement pas été exécutée. Le profil des grandes arcades, très rudimentaire pour une époque stylistique qui affectionne la complication de la modénature, parle en faveur d'arcades anciennes simplement retaillées. Au moins deux moulures concaves de chaque côté constituent en général le minimum.. Les piliers font légèrement saillie devant la surface murale. Depuis les piliers, une ondulation monte ainsi sur les murs jusqu'à la retombée des hautes-voûtes. Les nervures des voûtes néo-gothiques se fondent dans ces ondulations comme à la période flamboyante, et ces voûtes des années 1870 sont même munies d'arcs formerets. On peut considérer qu'elles sont fidèles à l'architecture d'origine. Moins satisfaisants sont les réseaux des fenêtres hautes latérales, car les meneaux sont trop épais par rapport à la surface vitrée, et non moulurés, mais simplement chanfreinés. Les pourtours des baies ne sont pas non plus moulurés. Plus généreuse est la baie occidentale, qui est la seule de l'église à présenter un remplage à trois formes en plein cintre, surmontées de deux oculi et de trois écoinçons ajourés.
Chœur thumb|upright|Chœur, vue vers l'est.