L'église Saint-Martin est une église catholique paroissiale située à Hadancourt-le-Haut-Clocher, dans l'Oise, en France. Elle est en grande partie issue de la reconstruction après la guerre de Cent Ans, et de style majoritairement gothique flamboyant. Les maçonneries de la nef remontent toutefois au deuxième quart du , et indiquent les origines romanes de l'édifice, et la deuxième travée du chœur date du début du , et affiche le style gothique. L'église Saint-Martin est l'un des rares édifices du Vexin français qui furent munis d'un transept au alors qu'ils en étaient dépourvus auparavant. Elle se distingue notamment par son plan, qui montre un éclatant déséquilibre entre la nef des fidèles et les parties orientales : la première ne compte que deux travées sans bas-côtés, tandis que les dernières comportent un vaisseau central de trois travées, dont les deux premières s'accompagnent de collatéraux voûtées à la même hauteur. L'architecture de l'étage de beffroi du clocher est soignée, et ses quatre pignons sont insolites au nord de Paris, mais sa hauteur de n'est pas aussi exceptionnelle que le suggère le nom de la commune. L'église a été classée monument historique par arrêté du ., et sa restauration a été lancée en 2012. Hadancourt-le-Haut-Clocher est aujourd'hui affilié à la paroisse Saint-François-d'Assise du Vexin avec siège à Chaumont-en-Vexin, qui a suspendu la célébrations des messes dominicales en 2018.

Localisation thumb|left|Vue depuis l'ouest.

L'église se situe en France, en région Hauts-de-France et dans le sud département de l'Oise, dans le Vexin français, près de la limite avec l'Île-de-France, dans la commune d'Hadancourt-le-Haut-Clocher, rue de l'Église. Cette rue n'est qu'une courte impasse qui débute sur la place devant la façade occidentale, et est accessible par la rue de la croix du Bellay, axe principal du village perpendiculaire à la RD 153. La place abrite en son milieu un calvaire et constitue l'un des deux points centraux du village, avec la place de la croix du Bellay près de la RD 153, où se trouve la mairie. Du côté ouest, l'église est ainsi bien visible et bien mise en valeur. En revanche, le chevet est enclavé dans une propriété privée, et l'ancien cimetière au sud de l'église est assez étroit et clos par un mur du côté sud, de sorte qu'il ne soit pas possible de bénéficier d'une vue d'ensemble sur l'élévation méridionale de l'église. Au nord, le monument est bordé par l'impasse déjà citée.

Histoire

Sous l'Ancien Régime, Hadancourt-le-Haut-Clocher relève de l'archidiocèse de Rouen, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise, et du doyenné de Magny-en-Vexin. La cure est à la présentation du roi. L'église est dédiée à saint Martin de Tours.. L'on ne dispose pas de renseignements sur les origines de la paroisse et la précédente église, dont subsistent encore les murs de la nef. Elle devrait être romane, comme l'indiquent les contreforts plats aux angles de la façade, et pourrait dater du second quart du , mais Bernard Duhamel s'est trompé en signalant une corniches de modillons. Les corniches sont décorées de plusieurs strates de modénature que l'on trouve actuellement, les fenêtres en plein cintre et le portail sans caractère sont contemporains du voûtement de la nef pendant la seconde moitié du . La nef romane se poursuivait par un chœur gothique du début du , dont la dernière travée demeure à peu près inchangé. Le reste de l'église a été totalement rebâti pendant la première moitié du , ce qui donne à penser qu'elle fut sévèrement endommagée pendant la guerre de Cent Ans. La croisée du transept, servant de base au clocher ; la première travée du chœur ; le croisillon nord ; la chapelle latérale nord qui le prolongent vers l'est ; et le clocher qui est entré dans le nom de la commune sont de style gothique flamboyant, et furent construits en premier lieu. Le croisillon sud et la chapelle qui lui fait suite à l'est sont le reflet de la transition vers la Renaissance, et sont un peu plus tardifs..

Sous la Révolution française, l'archidiaconé du Vexin est dissout, et le doyenné de Magny est partagé entre deux diocèses. Avec l'ensemble des paroisses comprises dans le département de l'Oise, Hadancourt est rattaché au diocèse de Beauvais, le seul qui est maintenu sur son territoire. Sous le concordat de 1801 toutefois, le diocèse de Beauvais est annexé par celui d'Amiens, avant d'être rétabli en 1822. Par ordonnance royale du , la commune de Lèvemont est réunie à Hadancourt. Son église, dédiée à saint Cyr et sainte Juliette, se trouve alors en mauvais état. Des vingt-six maisons comptés par Louis Graves en 1827, ne restent qu'une ferme et cinq ou six maisons au lendemain de la Première Guerre mondiale.. D'abord restaurée mais en même temps diminuée en longueur. vers 1850, elle reste encore affectée au culte jusqu'au début du , puis tombe en ruine. En 1970, le baron Marcel Bich fait l'acquisition de l'édifice et le fait reconstruire sur son domaine de Saint-Germain-lès-Verberie ; .. Depuis, l'église Saint-Martin est l'unique lieu de culte catholique de la commune. Elle est classée monument historique par arrêté du , et la restauration de ses élévations extérieures est lancée en 2012. Le village n'a depuis longtemps plus de prêtre résident, et est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-François-d'Assise du Vexin avec siège à Chaumont-en-Vexin. Les messes dominicales n'y sont plus célébrées depuis 2018.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orientée à peu près régulièrement, avec une légère déviation de l'axe vers le nord-est du côté du chevet, l'église répond à un plan symétrique, qui montre un net déséquilibre entre la nef et les parties orientales. Elle se compose en effet d'un porche devant la façade occidentale ; d'une courte nef primitivement non voûtée de seulement deux travées ; d'un transept, dont la croisée sert de base au clocher ; d'un chœur de deux travées au chevet plat ; dont la première travée est presque identique à la croisée du transept, et flanquée de deux chapelles analogues aux croisillons. Une sacristie occupe l'angle entre la chapelle latérale sud et la deuxième travée du chœur ou abside, et une tourelle d'escalier s'élève dans l'angle entre nef et croisillon sud. La croisée du transept est fonctionnellement rattachée à la nef pour parer à sa longueur insuffisante. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives, et ne présente qu'un unique niveau d'élévation, ce qui n'empêche pas un certain élancement. Le portail occidental constitue l'unique accès à l'église. Les croisillons et les chapelles attenantes sont recouverts ensemble par un toit en pavillon, du côté nord, et un toit en bâtière avec un pignon à l'ouest et un autre à l'est, du côté sud. Le clocher est à quatre pignons, ce qui est exceptionnel au nord de l'Île-de-France. Couvert de deux toits en bâtière imbriqués, il est coiffé d'un clocheton octogonal en charpente, qui se compose d'une section verticale et d'une petite flèche.

Intérieur Nef thumb|Vue vers l'est.

La nef, à peine plus profonde que large, montre à l'intérieur une importante homogénéité avec les parties orientales de l'église, et ceci grâce au lambris de semi-revêtement constitué de panneaux à fenestrages traités en faux-marbre, qui est présent dans l'ensemble du vaisseau central. Avec les bancs de fidèles fermés par des portes, qui sont inscrits monument historique au titre objet depuis août 1989., il donne du caractère à cette partie de l'édifice marquée par une architecture rustique, et épargne heureusement les six bas-reliefs en pierre taillée qui sont encastrés dans les murs de part et d'autre du portail et en dessous des quatre fenêtres (voir le chapitre Mobilier). Rien ne reste à l'intérieur de l'architecture du . Les proportions trapues, avec des piliers engagés moins élevés que la salle n'est large, sont, comme souvent, révélatrices d'un voûtement après coup, de même qu'à Feigneux, Fitz-James, Saintines, Villeneuve-sur-Verberie et Villers-sous-Saint-Leu. En effet, les voûtes d'ogives sont toujours comprises entre les murs gouttereaux, tandis que les charpentes apparentes en usage dans les églises non voûtées forment une sorte de voûte en berceau au-dessus des murs, et rattachent le volume compris sous la toiture à l'espace intérieur. Rares sont les nefs qui ne comptent que deux travées : on ne peut guère citer que Valmondois dans les environs, ou les nefs non voûtées de Brignancourt, et Le Heaulme. Les frais de construction et d'entretien des nefs étant à la charge des paroissiens, leur reconstruction ou remplacement est souvent mis en attente lors de la reconstruction des transepts et des chœurs par les gros décimateurs du village. Les arcs d'inscription en plein cintre et la modénature méplate des ogives et du doubleau intermédiaire indiquent en l'occurrence la Renaissance ou le , le style étant beaucoup trop simple pour permettre une datation plus précise. L'on trouve une modénature semblable des voûtes à Attainville, Berville, Gouzangrez, Mareil-en-France, Le Mesnil-Aubry, Le Plessis-Gassot, etc. Au niveau du doubleau intermédiaire, qui s'est considérablement affaisé, les voûtes retombent sur des massifs de maçonnerie évoquant des contreforts internes, et dans les angles, les nervures sont reçues sur des culs-de-lampe non sculptés et seulement moulurés. Les clés de voûte ne sont pas décorées. Il y a tout au moins des arcs formerets au nord et au sud, mais pas au revers de la façade.

Croisée du transept et chœur thumb|upright|Croisée, vue vers l'est. thumb|upright|Chœur, vue vers l'est. thumb|upright|Chœur, , chapiteaux à droite du chevet.

Il n'y a, à Hadancourt, guère de différence entre le transept d'une part, et la première travée du chœur avec ses deux chapelles latérales, d'autre part, ce qui justifie d'étudier la croisée du transept dans le contexte du chœur plutôt que dans le contexte des croisillons, d'autant plus que ceux-ci sont différents au nord et au sud. D'après Monique Richard-Rivoire, l'église d'Hadancourt était dépourvue de transept jusqu'au , et très peu d'églises qui n'en possèdent primitivement pas en sont pourvus à la période flamboyante, dont Amfreville-sous-les-Monts et Berville.. L'arc brisé règne sur le carré du transept, le chœur et les deux travées du nord. Comme souvent à la période flamboyante, la hauteur des piliers est équivalente à la largeur des travées, et la hauteur sous le sommet des voûtes est équivalente à une fois et demi la largeur. En l'occurrence, la dernière travée, qui subsiste dans son état du début du , adopte les mêmes proportions. Malgré le faible nombre d'habitants du village, les dimensions sont plus généreuses que dans un certain nombre d'autres chœurs à un unique niveau d'élévation, très fréquents dans le Vexin français, dont Ableiges, Arthies, Hérouville, Nucourt et Saint-Gervais.