vignette|200px|Marcheurs sur Ottawa à Kamloops, en Colombie-Britannique
La Ligue de la jeunesse communiste du Canada (YCL-LJC) est une organisation canadienne de jeunes marxistes-léninistes fondée en 1922. Bien qu'officiellement indépendante, l'organisation se dit politiquement et idéologiquement affiliée au Parti communiste du Canada. Au cours du , la ligue participe, entre autres, à la Marche sur Ottawa, au bataillon Mackenzie-Papineau et à d’autres luttes de la jeunesse et des étudiants. La ligue est toujours active aujourd'hui.
Description moderne Selon leur site Web :
Historique La Ligue de la jeunesse Communiste du Canada est fondée lors d'un congrès à Toronto en 1923, en tant qu'aile jeunesse du Parti communiste du Canada. Depuis lors, le statut et la fonction de la Ligue auront connu plusieurs changements.
Les années 1920 Fondée en 1923 sous le nom de Ligue des jeunes travailleurs (YWL), en raison de l’interdiction par la Loi sur les mesures de guerre contre les communistes et autres organisations radicales au Canada, au retrait de cette loi à la fin de 1923, cette organisation de jeunes voit son nom changer pour celui dans sa forme actuelle. Leslie Morris est le premier secrétaire général de la Ligue (siégeant de 1923 à 1924). La Ligue devient rapidement membre de l’Internationale des jeunes communistes (IJC), une association internationale d'organismes similaires du monde entier. Notamment, l’IJC comprend le Komsomol de l'URSS qui servit de modèle pour toutes les autres organisations membres.
Selon le premier organisateur, Dave Kashtan, la LJC « servait d'organisation éducative pour les jeunes travailleurs et étudiants, afin de les éduquer « dans l’esprit du socialisme ». Certains des premiers efforts d’organisation de la Ligue ont lieu dans les grandes villes comme Toronto, Montréal, Winnipeg et Vancouver, trouvant un franc succès parmi les jeunes des communautés d'immigrants. L'intérêt des jeunes pour la LJC est un reflet de l’époque. Le succès de la révolution d'Octobre (établissant l’URSS) qui s’ensuivit et la réaction de l'Occident face à cette révolution ont un impact considérable sur certains travailleurs canadiens. Même si l’économie du Canada est en plein essor, certains jeunes se souviennent encore du chômage et de la misère d'après-guerre qui les ont affligés immédiatement après la Première Guerre mondiale.
L’objectif déclaré de la LJC était d'organiser les jeunes travailleurs et étudiants en vue d'améliorer leurs conditions de travail et leur qualité de vie; bien que ses statuts la déclarent indépendante et sans affiliation partisane, elle appuie publiquement les politiques du Parti communiste du Canada. Selon Kashtan, qui devient organisateur de la LJC à l’âge de 17 ans : « Nous croyons que le socialisme offre le seul remède contre le chômage et la pauvreté. ».
En 1928, la Ligue dirige 40 écoles au Canada et accueille 2 000 jeunes. À cette époque, Fred Rose et Sam Carr, qui deviendront plus tard des leaders du communisme canadien, sont les organisateurs de la LJC à Montréal.
Les années 1930 Le début de la Grande Dépression inflige de grandes souffrances et de grandes difficultés aux Canadiens. En aout 1934, à son septième congrès national, la LJC souligne les conditions « de chômage, de faim et de misère »..
Bien que le nombre total de membres n’ait jamais été élevé, l’influence et les activités de la LJC au sein des mouvements de jeunesse pendant la Grande Dépression sont remarquablesMaurice Rush, We Have a Glowing Drew: Recollections of working-class and people's struggles in BC, 1935-1995, (Canada: Centre for Socialist Education, 1996), 30.. Les membres de la LJC s’impliquent dans les mouvements de chômeurs, de militantisme pour la paix, de militantisme syndical et les organisations étudiantes.
Sous la devise « Travail et salaires », les membres de la LJC travaillent pour organiser les chômeurs qui peuplent les camps de secours partout au pays. La principale préoccupation de la LJC, « lorsque je suis devenu secrétaire », dit Maurice Rush dans son autobiographie, « était d'organiser les jeunes sans emploi »Rush, 31.. Comme beaucoup d'autres observateurs, Rush (qui était le chef de la LJC en Colombie-Britannique après 1935), affirme que la LJC est active au sein du Syndicat des travailleurs des camps de secours (RCWU) et qu’elle joue un rôle dans la mobilisation des jeunes des camps de secours, afin qu'ils participent à la marche sur Ottawa. Pendant cette marche, de nombreux travailleurs ouvrent leurs maisons et leurs armoires aux manifestants, partageant parfois des rations de secours familiales. À Vancouver, les femmes communistes lancent un appel à une action de solidarité, et cinq mille femmes de la classe ouvrière se rendent à une manifestation spéciale « La Fête des mères », au nom des travailleurs de camps et pour exiger leur fermeture.
Informés par le maire de Vancouver que la portée limitée du Conseil municipal était mal équipée pour répondre à leurs revendications, les sections de la LJC et du Parti communiste de la Colombie-Britannique, ainsi que le Syndicat des travailleurs des camps, décident de marcher sur Ottawa, estimant que seule une action à l’échelle nationale pourrait motiver le gouvernement conservateur de Bennett à entendre leurs préoccupations. Arthur (Slim) Evans, membre de la LJC, est élu dirigeant de ce périple pour traverser le pays.
Bennett est très critiqué pour sa façon de gérer la situation Un peu plus tard cette année-là, le gouvernement Bennett est battu aux élections, redonnant ainsi un élan aux mouvements en faveur de la santé publique, de l’éducation, de l’assurance-chômage et d’autres réformes du filet de sécurité socialeJesse McLean, "89 Rebellions" This Magazine http://www.thismagazine.ca/issues/2007/07/89rebellions.php.
Au cours de cette même période, un mouvement des Pionniers, formé des jeunes enfants de parents communistes ou sympathisants, est organisé avec un effectif d’environ 6 000 membres. Sous la direction de la LJC, les Pionniers publient leur propre revue avec un tirage d’environ 4 000 exemplaires.
Le mandat de la LJC ne se limite pas seulement au sort des jeunes chômeurs. En 1935, une cellule communiste est officiellement créée à l’Université de Toronto. Comme le fait remarquer Maurice Rush, dirigeant de la LJC de la Colombie-Britannique : « Les membres se rendent compte que la lutte pour une vie décente pour la jeune génération des années trente exige une action publique étendue et commune de la part de toutes les sections de jeunes. Nous avons travaillé sans relâche pour bâtir cette unité, avec grand succès.
Avec l’évolution des conditions nationales et internationales, associée à la montée du fascisme, cela conduit à une nouvelle conception de la LJC et de son rôle dans la lutte. »
La montée du fascisme et le Congrès de la jeunesse canadienne Au fur et à mesure qu’avançaient les années 1930, le fascisme se développait en Europe, en Asie et en Amérique du Nord même. Avec l’invasion japonaise de la Mandchourie en 1931 et l’invasion de l’Éthiopie par l’Italie fasciste, les communistes canadiens se joignent à ceux qui sonnent un avertissement contre la menace croissante que représente le fascisme.
Des étudiants de droite de l’Université de Montréal organisent des manifestations contre la Ligue, qui prennent une tournure violente et leur lancent des briques.. Parallèlement, « le maire de Montréal interdit les réunions de protestation soutenues par des organisations syndicales ».
En collaboration avec le Parti communiste, la LJC commence à tendre la main aux organisations de jeunesse partout au pays. Un conseil mixte de la jeunesse voit le jour à Winnipeg, suivi de plusieurs autres dans tout le pays. En , le Congrès de la jeunesse canadienne (CJC) est fondé lors d’une conférence nationale à Ottawa et prépare des délégués pour le Congrès mondial de la jeunesse qui se tiendra à Genève plus tard au cours de l’étéMcMaster University, Canadian Youth Congress Fonds Website http://library.mcmaster.ca/archives/findaids/fonds/c/canyouth.htm.
Parmi les objectifs du Congrès figure l’intention d’agir en tant que groupe de pression sur les questions de paix, d’éducation et de chômage. À cette fin, la conférence d’Ottawa produit la Déclaration des droits de la jeunesse canadienne, des résolutions sur la jeunesse canadienne et la paix dans le monde, et le projet de loi sur la jeunesse canadienne. Les bulletins de sécurité de la GRC montrent que les membres dirigeants de la LJC étaient d’ardents promoteurs de ce Congrès et parmi ses principaux organisateurs.. Au fur et à mesure que la probabilité de guerre augmente, les efforts soutenant la mobilisation des jeunes canadiens pour la paix sont au centre des préoccupations, parallèlement à ceux appuyant l’adoption du « projet de loi sur les jeunes », un document visant la protection économique des jeunes et l’abrogation de la Loi sur le service militaire.
À son apogée, le CJC compte plus de 400 000 membres et ses conférences nationales annuelles réunissent plus de 700 jeunesRuth Lata, They Tried: the story of the Canadian Youth Congress, http://www.cyberus.ca/~rklatta/fCYC.html. Le deuxième Congrès de la jeunesse canadienne à Montréal en voit une volonté d'élargir la portée du mouvement et d’accroitre la participation des jeunes Canadiens-français. La Colombie-Britannique organise son propre Congrès des jeunes de la Colombie-Britannique, lancé par la YMCA (Young Men's Christian Association) en collaboration avec la LigueRush, ibid. 32. Des conférences annuelles ont lieu de 1936 à 1940, où les membres du CJC continuent à dénoncer la montée du fascisme jusqu’en 1942.
L'antifascisme devient l’une des principales positions du Congrès, et ses représentants s’engagent dans des activités soutenant l'Espagne loyaliste que la LJC défend avec ardeur.
La guerre civile d'Espagne La première grande bataille contre le fascisme a lieu en Espagne, lorsque le général Franco mobilise ses troupes contre le gouvernement démocratiquement élu de la République espagnole; incitant à la guerre civile espagnole. L’aide aux forces républicaines espagnoles provient de partout dans le monde, y compris du Canada.
Tout au long de la guerre civile espagnole, la LJC se joint à d’autres organisations pour mettre sur pied le bataillon Mackenzie-Papineau, au sein duquel les membres de la LJC combattent auprès des troupes républicaines. Grâce à l’aide du Parti communiste du Canada, 1 200 Canadiens se rendent en Espagne.
Mais l’aide vient sous toutes ses formes. Par exemple, les membres de la LJC actifs au sein de la Workers Sports Association (Association sportive des travailleurs) aident à organiser le soutien :
De telles actions attirent l’attention de la police dans des villes comme Montréal, Toronto, Ottawa et Vancouver, où les clubs de la WSA étaient sous surveillance policière. Un événement de boxe est arbitrairement annulé. À Toronto, les propriétaires de salles sont avertis que leurs permis de location de salles se verraient annulés, s’il advenait que les locaux servaient à des fonctions de la WSA. Une descente de police au club WSA de Vancouver mène à la confiscation des listes de membres et de l’équipement du club. En Colombie-Britannique, les membres de la Ligue organisent des « brigades de filles » visant à lever des fonds pour l’Espagne, un effort de solidarité qui attire les regards du monde entier.
Après la guerre civile espagnole, la LJC poursuit ses actions antifascistes et publie un journal : The Young Worker (en français : Le jeune travailleur), jusqu’à ce que la Ligue et le Parti communiste soient interdits en 1941. Les communistes canadiens se réorganisent alors sous le nom de Parti ouvrier progressiste (POP), tandis que la LJC devient la Fédération nationale des jeunes travailleurs (FNJT).