vignette|413x413px|Trois femmes d'Alger dans les années 1880 ; celle qui est allongée tient une cigarette.

Le point de vue féministe sur les femmes dans les sociétés arabes est, comme dans la plupart des autres régions du monde, qu'elles ont tout au long de l'histoire vécu la discrimination et ont été soumises à des restrictions de leurs libertés et de leurs droits. Certaines de ces pratiques sont basées sur des croyances religieuses, mais de nombreuses limites sont d'ordre culturel et émanent de la tradition ainsi que de la religion. Ces principales contraintes qui créent un obstacle à l'égard des droits et libertés des femmes se reflètent dans les lois relatives à la justice pénale, à l'économie, à l'éducation et à la santé.

Les femmes arabes avant l'islam gauche|vignette|Habits des femmes arabes entre les et siècles. Beaucoup d'auteurs ont discuté de la situation des femmes dans l'Arabie préislamique, et leurs résultats sont mitigésTurner, Brian S. Islam .. Selon le droit de la coutume tribale existante en Arabie à l'avènement de l'Islam, les femmes n'avaient en règle générale pratiquement pas de statut juridique. Elles étaient vendues en mariage par leurs tuteurs pour un prix défini, le mari pouvait mettre fin à son union à volonté, et les femmes n'avaient peu ou pas de biens ni de droits de successionBeck, lois. and Keddic, Nikki.. Certains auteurs soutiennent que les femmes d'avant l'Islam étaient plus libres, comme le montre le premier mariage de Mahomet et celui de ses parents, mais aussi sur d'autres éléments comme l'existence d'un culte d'idoles féminines à la Mecque. D'autres auteurs, au contraire, conviennent que le statut de la femme dans l'Arabie préislamique était pauvre, citant des pratiques d'infanticide de filles, du nombre illimité de polygynie et le mariage patrilinéaire entre autres.

L'historienne saoudienne Hatoon al-Fassi considère des origines historiques plus anciennes des droits de la femme en Arabie. En s'appuyant sur des artefacts de l'ancien royaume nabatéen, elle constate que les femmes en Nabatène avait une personnalité juridique indépendante. Elle suggère aussi qu'elles ont perdu beaucoup de leurs droits avec l’arrivée du droit grec et romain de l'antiquité, antérieurs à l'arrivée de l'Islam et qui a conservé beaucoup de leurs éléments. Valentine Moghadam analyse la situation des femmes à partir d'un cadre théorique marxiste, et soutient que la position des femmes est principalement influencée par l'urbanisation, l'industrialisation, la prolétarisation et la ruse politique des gestionnaires de l'État plutôt que par la culture ou le contenu intrinsèque de l'Islam. Elle considère que l'Islam n'est ni plus ni moins patriarcal que les autres religions du monde, en particulier le christianisme et le judaïsmeValentine M. Moghadam..

Dans l'Arabie préislamique, la condition des femmes variait considérablement en fonction des lois et normes culturelles des tribus dans lesquelles ils vivaient. Dans la prospère région du sud de la péninsule arabique, par exemple, les édits religieux du christianisme et du judaïsme étaient en vigueur parmi les sabiens et himyarites. Dans d'autres lieux tels que la ville de La Mecque, où Mahomet est né, un ensemble de droits tribaux était en place. C'était aussi le cas parmi les bédouins (habitants du désert), et ce code variait de tribu en tribu. Il n'y a donc pas de définition unique des rôles et des droits des femmes avant l'avènement de l'islam.

Dans certaines tribus, les femmes étaient émancipées, même en comparaison avec les standards actuelsIslam and Women Younus ShaikhAspects of Pre-Islamic Arabian Society. Dans certains cas, des femmes ont occupé de hautes positions de pouvoir et d'autorité.

L'avocate pakistanaise Sundas Hoorain affirme que les femmes dans l'Arabie préislamique avaient des droits beaucoup plus importants avant l'avènement de l'Islam. Elle décrit une société libérée sexuellement dans laquelle les hommes et les femmes pouvaient avoir de multiples partenaires ou contracter une relation monogame selon leur volonté. Elle conclut donc que l'idée musulmane selon laquelle la monogamie est une invention post-islamique est erronée et biaisée, et que les femmes avaient le droit de contracter un tel mariage avant l'islam. Elle décrit également une société dans laquelle la succession était matrilinéaire et où les enfants étaient retenus par la mère et vivait avec la tribu de la mère, alors que dans la charia, les jeunes enfants restent avec leur mère jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge de la puberté, puis doivent rester avec leur père. Sundas Hoorain cite également des problèmes posés par l'infanticide de masse des filles et la simultanéité de la polygamie généralisée, qu'elle voit comme un paradoxe illogique. Elle se demande comment il était possible pour les hommes d'avoir de nombreuses femmes si de nombreuses filles étaient tuées lorsqu’elles étaient enfants ou nourrissons.

Des études archéologiques ont mis au jour la pratique de l'infanticide dans l’Arabie préislamique. Des fragments de stèles datant du dans la ville de Matira, à au nord de San'aa au Yemen., provenant d'un temple de Ma'rib ont ainsi été exhumés. Des inscriptions représentent un décret, qui, pour des raisons démographiques (déficit dû à la guerre ou à une épidémie), interdit cette pratique.

La situation des femmes dans ces contrées et à cette période, dépendait fortement de leur appartenance sociale et des circonstances. Les inscriptions religieuses, conservées par milliers pour le Yémen préislamique, gardent la trace d’un petit nombre de femmes issues vraisemblablement des rangs de l’aristocratie, disposant d’un patrimoine et d’une réelle autonomie matérielle indépendamment des hommes. La dépendance des femmes à l’égard des hommes qui ont autorité sur elles varie ainsi en fonction de leur statut initial et de leur rang. Totale pour les femmes esclaves, cette dépendance est beaucoup moins forte pour les femmes de statut libre, qui continuent, même mariées, d’être protégées par leur clan d’origine. Quelles que soient leurs différences, les sociétés de l’Arabie préislamique se présentent avant tout comme des sociétés patriarcales. Les femmes font partie des « faibles », désignées ainsi en raison de leur incapacité à se défendre, et sont placées sous la protection des hommes de leur entourage. Les mariages, accompagnés parfois de transferts de biens (dot et douaire), se définissent comme des transactions conclues entre deux familles, deux clans, voire deux tribushttps://hal-paris1.archives-ouvertes.fr/hal-00563572/document.

Les clans arabes ont un chef (sayyid ou chaykh), choisi par consensus. Le fils aîné du chef défunt est en général choisi. Avant l'apparition de l'islam, la place de la femme dans l'ordre social coutumier est subalterne. La filiation est exclusivement patriarcale. La polygamie est pratiquée proportionnellement à la fortune du chef de famille ; le père exerce une autorité absolue sur ses femmes, enfants, domestiques, clients (mawlâ), esclaves,. La fille est un bien de famille, cédé contre une compensation matrimoniale (le bien passe du patrimoine du fiancé à celui du père de la fiancée : ce n'est ni une dot ni un douaire; voir mariage arabe préislamique). Les divorces ou répudiations sont fréquents ; le concubinage avec les esclaves admis, de même que la prostitution. Enfin, l'endogamie est préférée (mariage avec la cousine), afin de préserver les biens collectifs de la famille.

Le Coran mentionne que les Arabes de la jahiliya (terme employé par les textes musulmans pour désigner la période pré-islamique) enterraient leurs filles vivantesCoran, 4 : 19, cette coutume barbare, notée par le commentateur coranique Muhammad Asad, semble avoir été assez répandue dans l'Arabie préislamique. Les motifs étaient de deux ordres : la peur que l'augmentation de la progéniture femme entraîne un fardeau économique, ainsi que la crainte de l'humiliation fréquemment provoquée par la capture des filles par une tribu ennemie, les filles pouvant préférer leurs ravisseurs à leurs parents et frères.. Dans son livre , Glenn Hausfater raconte en détail comment Bin Qais Assem, un chef de la tribu de Tamim, tuait chacune de ses filles par peur de leur capture (et de sa propre disgrâce) au cours des guerres inter-tribales qui dominaient la société arabique de l'époque. Selon certains érudits, pendant les périodes de famine en particulier, les familles pauvres étaient susceptibles de tuer une fille car ils la voyaient comme un fardeau.

Il est généralement admis que l'islam a changé la structure de la société arabe et uniformisé le peuple dans une large mesure ; réformant et standardisant les rôles de chaque genre dans toute la région. Selon le professeur d'études islamiques écossais William Montgomery Watt, l'islam améliora la condition de la femme en "instituant des droits de propriété, d'héritage, d'éducation et du divorce"Maan, Bashir and Alastair McIntosh.Esposito, John L., with DeLong-Bas, Natana J. (2001).. Les hadiths de Bukhari suggèrent que l'islam améliora le statut des femmes, par le deuxième Calife Omar qui disait : « Nous n'avons jamais donné de l'importance aux femmes durant la période pré-islamique de l'ignorance, mais quand l'islam est venu et qu'Allah a mentionné leurs droits, nous leur avons donné des droits, mais pas permis de s'immiscer dans nos affaires », livre 77, hadith 60, 5843, et Vol. 7, livre 72, hadith 734.

Les femmes arabes après l'apparition de l'islam droite|vignette|200x200px|Une page d'un manuscrit arabe du , représentant un homme qui joue du oud chez parmi un groupe de femmes (Hadith Bayad wa Riyad). L'islam est né dans la péninsule arabique au , et il est admis qu'il améliora la condition des femmes par rapport aux cultures arabes antérieuresFrom article on Women and Islam in Oxford Islamic Studies Online. Selon les décrets du Coran, les hommes et les femmes ont les mêmes devoirs et responsabilités dans leur adoration de Dieu. Il est écrit dans le Coran : « je ne souffrirai pas que soit perdu le travail de l'un d'entre vous mâle ou femelle, car vous êtes faits l'un de l'autre ». (Coran 3:195)

Le Coran rejette la pratique culturelle de tuer les enfants de sexe féminin indésirables après leur naissance. Comme il apparaît dans (Coran 16:58-59), le message religieux est : " Quand la nouvelle est apportée à l'un d'eux de la naissance d'une fille, son visage s'assombrit, et il s'emplit de chagrin. Avec honte il se cache de son peuple à cause de la mauvaise nouvelle qu'il a eue! doit-il le conserver (son visage) (souffrant et) mépris, ou l'enterrer dans la poussière? Ah! quel diabolique (choix) ils décident! » Le prophète de l'islam dit que « celui à qui une fille est née et qui ne l'enterre pas vivante, ne l'humilie pas en préférant un fils à une fille, sera envoyé au paradis »See Sunan Abi da'ud, "Kitab al Adab, bab fadl man ala yatama. Une autre tradition de Mahomet veut qu'il ait interdit les feux de l'enfer à celui qui aurait subi des épreuves et tribulations à cause d'une fille et ne la haïrait pourtant pas en se comportant bien envers elleSee Sahih Bukhari, "kitab al-Adab, bab rahmat al-walad wa taqbilihi.

Le professeur d'études Islamiques William Montgomery Watt écrit :

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