Le secteur de l'énergie au Cameroun est caractérisé par une offre insuffisante mais des gisements potentiels de gaz naturel, d'énergie hydroélectrique et autres énergies renouvelables (solaire, biomasse, éolien) importants. Le pétrole, exploité depuis le début des années 1980, et contribuant de façon significative à la balance commerciale (50 % des exportations en 2014), a connu son pic de production en 1985.
La production d'énergie primaire était répartie en 2019 entre biomasse (53 %), hydroélectricité (3,5 %) et combustibles fossiles (43,2 %), dont pétrole 28,3 % et gaz naturel 14,8 %. Le pétrole brut est exporté à 90,5 % et le gaz naturel à 70 %, mais près des deux tiers des produits pétroliers consommés dans le pays sont importés.
L'énergie primaire consommée dans le pays en 2019 se répartissait en 71,1 % de biomasse, 4,6 % d'hydroélectricité et 24,3 % de combustibles fossiles (produits pétroliers 18,3 % et gaz 5,9 %).
L'électricité représentait seulement 7,1 % de la consommation finale d'énergie en 2019. Sa production se répartissait en 61,7 % d'hydroélectricité, 0,5 % de biomasse, 0,2 % de solaire et 37,6 % de combustibles fossiles (pétrole 12,0 % et gaz naturel 25,6 %). La consommation d'électricité par habitant atteint seulement 8 % de la moyenne mondiale, 46 % de la moyenne africaine et 3,6 % de celle de la France. De nombreux projets hydroélectriques en cours de réalisation devraient fortement accroître la production du pays.
Les émissions de liées à l'énergie au Cameroun atteignent seulement 6 % de la moyenne mondiale et 26 % de la moyenne africaine.
Énergies primaires Production nationale d'énergie primaire + Production d'énergie primaire au Cameroun par source (PJ) Source 1990 % 2000 % 2010 % 2015 2019 % 2019 var.2019/1990 Pétrole 290 63,1 246 52,4 140 39,7 201 154 28,3 % -47 % Gaz naturel 0 0 11 3,1 17 81 14,8 % ns Total fossiles 290 63,1 246 52,4 151 42,8 218 235 43,2 % -19 % Hydraulique 9,6 2,1 12,4 2,6 15,3 4,3 15,7 18,8 3,5 % +97 % Biomasse-déchets 160 34,8 210 44,9 187 52,9 262 290 53,4 % +81 % Solaire 0 0 0,004 ε 0,04 0,07 0,01 % ns Total EnR 170 36,9 223 47,6 203 57,2 277 309 56,8 % +82 % Total 460 100 468 100 354 100 495 544 100 % +18 %Source des données : Agence internationale de l'énergie
Pétrole Le pétrole, exploité depuis le début des années 1980, et contribuant de façon significative à la balance commerciale (50 % des exportations19) a connu son pic de production en 198534.
En 2019, la production de pétrole brut du Cameroun s'est élevée à (pétajoules), en recul de 47 % par rapport à 1990, dont la majeure partie (, soit 90,5 %) a été exportée ; les importations de ont contribué à alimenter les raffineries qui ont consommé la totalité de l'approvisionnement disponible () pour produire produits pétroliers, soit 36 % de la consommation consommés du pays : pour la production d'électricité et pour la consommation finale (surtout pour les transports : ) ; de produits pétroliers ont été exportés et importés.
Bois de chauffage Le bois énergie est la première source énergétique utilisée dans le pays, et représentait 72,6 % de la consommation au début des années 2010, contre 20,1 % pour les produits pétroliers (pétrole, essence, GPL) et 7,3 % pour l'électricité38.
Gaz
Les réserves prouvées de gaz sont estimées à 157 milliards de m³. L'exploitation en est récente, et n'a réellement démarré qu'avec la construction de la centrale au gaz de Kribi, en vue de produire de l'électricité.
En 2019, la production de gaz naturel du Cameroun s'est élevée à , en progression de 640 % par rapport à 2010, dont (70 %) ont été exportés et les restants ont été utilisés pour la production d'électricité.
Consommation intérieure brute d'énergie primaire Après prise en compte des importations et exportations, l'ensemble des ressources primaires consommées dans le pays évolue comme suit : + Consommation intérieure brute d'énergie primaire au Cameroun par source (PJ) Source 1990 % 2000 % 2010 % 2015 2019 % 2019 var.2019/1990 Pétrole 39 18,7 43 16,2 80 27,3 90 75 18,3 % +92 % Gaz naturel 0 0 11 3,7 17 24 5,9 % ns Total fossiles 39 18,7 43 16,2 91 31,0 107 99 24,3 % +154 % Hydraulique 9,6 4,6 12,4 4,7 15,3 5,2 15,7 18,8 4,6 % +97 % Biomasse 160 76,7 210 79,1 187 63,8 262 290 71,1 % +81 % Solaire 0 0 0,004 ε 0,04 0,07 0,02 % ns Total EnR 170 81,3 223 83,8 203 69,0 277 309 75,7 % +82 % Total 209 100 266 100 294 100 384 409 100 % +96 %Source des données : Agence internationale de l'énergie La rubrique "biomasse" comprend presque uniquement le bois.
La consommation intérieure d'énergie primaire par habitant était en 2019 de , soit seulement 20 % de la moyenne mondiale () et 58 % de la moyenne africaine (), et 10,5 fois moins que la moyenne française ().
Consommation finale d'énergie La consommation finale d'énergie au Cameroun (après raffinage, transformation en électricité, transport, etc) s'élevait en 2019 à , répartie en 18,7 % de consommation directe de produits pétroliers, 74,2 % de biomasse (bois, déchets agricoles, etc) et 7,1 % d'électricité. De 1990 à 2019, la consommation de produits pétroliers a progressé de 62 %, celle de biomasse de 60 % et celle d'électricité de 176 %. Le secteur le plus consommateur est le secteur résidentiel : 63,4 % du total, suivi par le secteur tertiaire : 14,8 %, les transports : 13,7 % et l'industrie : 5,5 %.
Électricité
Organisation du secteur électrique Histoire Principales datesHistorique de l’électricité au Cameroun, Eneo. : 1929 : les premières centrales hydroélectriques de Luermann et Malale (privées) sont inaugurées pour fournir l’électricité dans la région de Muyuka, essentiellement dans les domiciles et les usines des colons britanniques. avant la guerre de 1939-45, dans le Cameroun français, les premiers foyers d’électricité de Nkongsamba, Douala et Yaoundé ont été créés par l’Administration et exploités en gérance par des sociétés privées ou directement par elle-même. 1946 : création d'un service public dans la partie britannique pour la fourniture de l’électricité qui a racheté la plupart des centrales privées installées par les colons. 1948 : la société d’économie mixte « Énergie Électrique du Cameroun (ENELCAM) » est créée et chargée d’aménager l’usine hydroélectrique d’Edéa I () sur la Sanaga pour l’alimentation électrique de Douala et Edéa en 1953. après l'indépendance, la « Cameroon Electricity Corporation (POWERCAM) » est fondée en 1962 au Cameroun Occidental, et en 1963 la société d’économie mixte « Electricité du Cameroun (EDC) » est créée, avec la majorité du capital social détenue par l’Etat du Cameroun Oriental et les collectivités publiques ; elle prend en charge toutes les distributions publiques d’énergie électrique, ainsi que les moyens de production et de transport subséquents, à l’exception des centrales d’Edéa gérées par ENELCAM. 1974 : création de la « Société Nationale d’Electricité du Cameroun (SONEL) » par fusion des sociétés ENELCAM et EDC ; SONEL a en outre mission de prendre en charge les distributions publiques dans l’ex-Cameroun Occidental ; en 1975, elle absorbe la POWERCAM. mise en service de la centrale hydroélectrique de Songloulou (). 2001 () : Privatisation de la SONEL au bénéfice de AES-Sirocco Limited, une filiale de AES Corporation qui contrôle 51 % du capital ; l'État du Cameroun conserve 44 % et le personnel reçoit 5%. 2014 () : Le Gouvernement du Cameroun signe l’accord qui octroie à ACTIS 56 % des parts d’AES-SONEL et de ses sœurs KPDC et DPDC. Le , le nouveau nom de l’entreprise est dévoilé : Enéo Cameroon S.A (Eneo).
Organisation actuelle Opérateur historique du secteur de l’électricité au Cameroun, Eneo est une société d’économie mixte au capital détenu à 56 % par le groupe Actis et à 44 % par l’Etat du CamerounA propos d’Eneo, Eneo..
Le capital-investisseur britannique Actis, qui a racheté en les 56 % détenus par l’américain AES, a formé une équipe dirigeante uniquement composée de Camerounais. Par ailleurs, Eneo n’est plus le seul producteur d’énergie au Cameroun : les centrales à gaz de Kribi et de Dibamba, récupérées par Globeleq, une société auparavant détenue par le même actionnaire qu’Eneo (Actis), sont désormais de véritables producteurs indépendants d’électricité, les deux premiers du pays. Globeleq vient en effet d’être récupérée par la CDC britannique alliée au norvégien NorfundAvec Actis, le camerounais Eneo espère avoir trouvé sa bonne fée, Jeune Afrique, 17 mai 2015.. Les institutions financières de développement Norfund (Norvège) et CDC (Royaume-Uni) ont pris le le contrôle de l'opérateur Globeleq, jusqu'alors détenu par Actis. Le communiqué annonçant leur alliance dans le domaine de la production électrique fixe l'objectif de stimuler la production d’électricité en Afrique en ajoutant au moins de capacité de production au cours des 10 prochaines années. Globeleq avait acquis en les centrales de Kribi et Dibamba auprès de l'américain AESNorfund et CDC s’allient pour doper la production électrique en Afrique, Jeune Afrique, 3 février 2015..
Une loi votée en 2006 ouvre à la concurrence la production d’électricité et, pour favoriser l’arrivée de nouveaux acteurs, la capacité installée d’Eneo a été plafonnée à , déjà quasiment atteints.
Production d'électricité + Production d'électricité au Cameroun par source (GWh) Source 1990 % 2000 % 2010 % 2015 2019 % 2019 var.2019/1990 Pétrole 41 1,5 38 1,1 19,7 12,0 % x25 Gaz naturel 0 0 417 7,1 25,6 % ns Total fossiles 41 1,5 38 1,1 26,8 37,6 % x78 Hydraulique 98,5 98,9 72,2 61,7 % +97 % Biomasse 0 0 59 1,0 35 41 0,5 % ns Solaire 0 0 1 10 19 0,2 % ns Total EnR 98,5 98,9 73,2 62,4 % +99 % Total 100 100 100 100 % +214 %Source des données : Agence internationale de l'énergie Energy Statistics Data Browser - Cameroon : Electricity 2019, Agence internationale de l'énergie, octobre 2021.
Puissance installée Les capacités de production électrique sont estimées à en , dont 57 % de centrales hydroélectriques et 43 % de centrales thermiques (gaz 21 %, fioul léger 10 %, fioul lourd 13 %)..
Le plan de développement du secteur des énergies prévoyait en 2010 des projets de production et de construction de réseaux qui devraient porter la production à en 2020. Pour parer au plus pressé, des solutions à court terme ont été retenues : construction d’une centrale thermique à fioul lourd de à Yassa, près de la Dibamba, entrée en service en , construction d’une centrale thermique au gaz naturel de à Kribi, mise en service en , construction du barrage hydroélectrique de Mekin sur le Dja, mise en service en 2015, et réhabilitation des centrales hydroélectriques d’Edéa et Songloulou12.
La puissance installée atteignait en 2011, avant la construction de la centrale thermique au gaz de Kribi68.
Un accès difficile vignette|Douala, la capitale économique, souffre comme toutes les autres villes de la rareté de l'éclairage public. vignette|gauche|Prototype de moto transformée en moulin à l'usage des populations privées d'électricité. Moins de 14 % de ménages ruraux et 57 % en zone urbaine sont connectés à l’électricité selon la Banque mondiale. Il existe d'autres estimations plus optimistes ou pessimistes, mais toutes relèvent la discontinuité du service d'électricité pour les abonnés, en raison des nombreux délestages96.. Seuls 20 % de la population aurait en réalité accès à l'électricité de façon continue97.