Le château du Vuache ou encore de Vulbens était un édifice castral situé dans l'ancien comté de Genève du tout début du à sa ruine à partir du . Le château était édifié au centre du village de Vulbens, et son fief comprenait aussi les paroisses de Chevrier et Dingy, communes situées aujourd'hui dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Le château était le centre de la seigneurie du Vuache.

Toponyme Le château porte le nom Vuache (notamment dans les actes du Régeste genevois, 1866), qui est issu de la montagne Vuache voisine.. Il est aussi appelé château de Vulbens, du nom de la commune... Mentionné dès le , la montagne est appelée Montagne aux Vaches sur la carte de Cassini (). L'expression Le Vuache permet aussi de désigner le châteauPhilippe Duret, « Transformations du paysage à Chevrier, Dingy-en-Vuache et Vulbens », Échos Saléviens , 1997.. Progressivement, le mot « Vuache » glisse de la seigneurie à la montagne au-dessus de Vulbens.

Le nom du château du Vuache, que l'on trouve mentionné sous les formes fortis de Vaschio (1296) ou encore castrum de Vaschio (1306), semble provenir du bas latin qui désigne une sentinelle ou un veilleur.

Il existe toujours sur la commune un autre château dit de Faramaz, édifié à partir d'une ancienne tour, dite Tour des Faramans, au .. et qui porte également les noms de château de Vulbens ou du Vuache.. Ce château se situait en aval de l'église. Jules Vuy a pu considérer qu'il s'agissait de ce château moderne dont parlait le Régeste genevois avec la donation à Jeanne de GenèveActe du (REG 0/0/1/1406)..

Localisation Le château du Vuache était installé entre la rive gauche du Rhône et le versant nord-ouest de la montagne éponyme.. Il dominait le village de Vulbens. Le Vuache est devenu un hameau au ..

D'intérêt stratégique pour les comtes de Genève, il est situé dans la partie est du comté, à trente kilomètres de Genève. Il contrôle ainsi en partie la voie fluviale reliant Genève à Lyon. Sur la rive droite, on trouve l'ancienne voie romaine qui passe par le Pas de l'Écluse qui permet le contrôle du passage (voir Fort l'Écluse).

Les fouilles ont permis d'indiquer que le château s'est installé sur un ancien site, « qui correspond peut-être à un site fossoyé ».. Vulbens possédait également un ancien château, situé à proximité du chef-lieu, à une quinzaine de mètres au-dessus de l'église.

Le château est le centre de la seigneurie du Vuache. La seigneurie comporte quatre paroisses : Vulbens, Dingy, Bans et Chevrier, observable notamment sur le plan de la Mappe sarde (réalisée au ).

Historique Origine Le château et la seigneurie de Vuache appartiennent au seigneur de Vulbens, Pierre, qui les lègue à sa mort, alors qu'il n'a pas d'héritier, à un membre de la famille de Viry-Sallenoves, Hugues. Nous connaissons cette situation grâce à un acte de 1239 dans lequel ce seigneur Hugues de Sallenoves lègue à son fils Vuilhemme en apanage cette seigneurie, qu'il a reçue de Pierre de Vulbens.

Vuilhemme de Viry-Sallenoves semble donner le fief de son vivant au comte de Genève sans qu'on ait d'explications.

Possession des Genève En 1252, le comte de Genève lègue à son fils Henri, seul laïc après Raoul ou Rodolphe qui lui succédera, « les châteaux et mandements de Terniers et du Vuache ».Édouard Mallet, « Du pouvoir que la maison de Savoie a exercé dans Genève », (lire en ligne) paru dans Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, tome VII, 1849..

Le comte de Genève fait reconstruire un château en pierre durant la période de guerre l'opposant aux comte de Savoie. Le comte Raoul a perdu ses dernières possessions en rive droite du Rhône, entre 1250 et 1260, au profit de son ennemi le comte . Le renforcement de cette position permet également de contrôler le passage sur le Rhône. Henri semble laisser « en garantie de dots dues à ses filles Béatrice de Lunel et Éléonore […] l'ensemble de ses biens à son frère Robert, évêque de Genève ». Son frère semble ne jamais avoir légué à ses nièces ces biens, et c'est son frère, Gui, évêque de Langres, qui en hérite. En 1296, le château revient à leur petit-neveu, le comte .

Un acte de 1296 nous apprend que le comte Amédée II donne le château à sa nièce Jeanne de Genève, fille d' en échange du renoncement de ses droits son héritage. Philippe de Vienne, époux de Jeanne, ratifie le traité.

Les auteurs de lHistoire des communes savoyardes en font le lieu de rédaction du testament du comte de Genève , qui y a gardé le droit de gîte. Toutefois, l'historien spécialiste du comté de Genève, Pierre Duparc, place la signature de l'acte au château de Cosengier à La Balme-de-Sillingy...Acte du (REG 0/0/1/1594).. Par contre, il semble bien que le comte, selon le , soit mort le , au lieu-dit Le Bachet, à proximité du château.Document publié dans le , n°17, donnant la date du (REG 0/0/1/1619)..

En 1307, le château est le lieu de signature d'un traité entre le comte Amédée II, l'évêque de Genève Aymon de Quart, le dauphin et Hugues son frère, baron de Faucigny, afin de défendre les droits de l'évêque sur la ville de GenèveTraité du (REG 0/0/1/1614)..

Le château reste en tout état de cause au sein de la maison de Vienne jusqu'en 1366. Toutefois, le comte de Genève semble toujours « [détenir] la seigneurie banale ». Il en autorise notamment la vente en 1366 à Marguerite de Banains, qui a épousé Jean de Châtillon de Michaille.

Entrée dans le giron savoyard Marguerite de Banains épouse en secondes noces Gérard ou de Ternier (v.1350-1418). Le seigneur de Ternier a rendu hommage au futur comte de Savoie, Louis de Savoie. Gérard de Ternier meurt sans héritier. .. Ses biens passent à la famille de Montchenu-TernierLouis Blondel, Châteaux de l'ancien diocèse de Genève, , in Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, tome 7, Alexandre Jullien Libraire, Genève, 1956.. Les membres de cette famille le gardent jusqu'au siècle suivant.

À partir de 1401, le comté de Genève entre dans le giron du comte de Savoie, à la suite de sa vente par le dernier comte.. Le château perd peu à peu de son rôle stratégique, puisque le comte de Savoie possède les territoires de part et d'autre du Rhône.

Disparition du château Le château est en partie détruit par un incendie, puis tombe en ruines par manque d'entretien. Le château est abandonné au au profit d'un second château moderne, le château dit de Faramaz, devenant ainsi le nouveau centre de la seigneurie. L'ancien château sert très probablement de carrière pour l'édification du nouveau. Au siècle suivant, quelques murs sont encore visibles.

Le site fait l'objet d'une opération de fouilles de sauvetage, effectuée en quatre fois de 1982 à 1985 et dirigée par Frédéric Raynaud. Les résultats des travaux font l'objet d'une publication en 1992, Le château et la seigneurie du Vuache.

Description L'archéologie a permis de donner une vision de l'édifice et la présence d'un ancien château.. Ces fouilles permettent d'établir une évolution du château du à sa disparition au .

Le château était constitué de trois tours. L'entrée se faisait par l'est. Le corps du logis se trouvait sur le côté nord.

Les seigneurs de Vuache

- - - - : Pierre de Vulbens ; avant 1236 : Hugues de Sallenove ou Sallenôves, par héritage le « fief du Vuache, depuis Dingy jusqu'au Rhône » ; 1236 : Vuilhemme de Viry-Sallenove ; avant 1252 : , comte de Genève ; 1252 : Henri de Genève (1273), quatrième fils du précédent, qui l'obtient en héritage ; avant 1273 : Robert de Genève (1287), évêque de Genève, frère du précédent ; avant 1290 : Gui de Genève (1291), évêque de Langres, frère du précédent ; avant 1296 : , comte de Genève ; 1296 : Jeanne de Genève, fille du comte de Genève , frère aîné d'Amédée II. Elle épouse Philippe de Vienne (1303). ; passe à sa sœur cadette Comtesson de Genève, qui épouse Jean de Vienne, sire de Roulans et Miribel ; Hugonin et Jean de Vienne ; Hugues et Philippe de Vienne ; 1366-1367 : achat par Jean de Châtillon de Michaille, marié à Marguerite de Banains ; 1383 : Gérard / de Ternier, mort sans descendance, léguant ses droits à son neveu. ; 1418 : Richard de Montchenu ou Ternier-Montchenu ; 1466 : Girard de Montchenu ; 1498 : Antoine de Montchenu ; 1500 : Marin de Montchenu ; 1545, achat par Françoise de Rovorée, qui a épousé Amédée de Menthon-Lornay ; 1563 : Alexandra de Menthon-Lornay, qui épouse le chevalier de Villette ; 1578 : baron Bernard de Menthon-Lornay ; , la famille de Menthon partage la seigneurie avec Claude baron de Montchenu et du Vuache, vend en 1675 la moitié de la seigneurie à son cousin Jean-Louis Milliet de Challes ; 1701 : comte René de Menthon-Lornay et Jean-Baptiste Milliet de Challes ; 1706 : à la suite d'une hypothèque faite par Milliet de Challes, la moitié passe à un membre de la famille des Duyn-Mareschal de la Val d'Isère ; 1708 : Pierre-Louis de Lescheraine, marquis des Beauges 1709, la famille Coudray de Blancheville achète l'ensemble du Vuache, famille originaire de Sallanches, de noblesse récente ; avant 1730 : François-René du Coudray, comte de Blancheville, qui a épousé Gasparde de Lescheraine ; 1758 : Jacques de Lescheraine. Ce dernier obtient l'érection de la seigneurie en marquisat. La même année, Joseph-Nicolas de Lagrange, comtes de Taninges, achète la seigneurie.

Châtellenie de Vuache Le château de Vuache est le centre d'une châtellenie comtale, dit aussi mandement.

Le châtelain est un ... Il est chargé de la gestion de la châtellenie ou mandement, il perçoit les revenus fiscaux du domaine, et il s'occupe de l'entretien du château.. Le châtelain est parfois aidé par un receveur des comptes, qui rédige « au net […] le rapport annuellement rendu par le châtelain ou son lieutenant »..

- : Thomas Panatier et Hugues de Chilly ; - : Hugues Damoiseau ; - : Hugues de Chilly, ainsi que ses enfants et héritiers ; - : Jean de Candie ; - : Hugonod de Zurie ; - : Jean de La Rochette

Pour aller plus loin Bibliographie

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Fonds d'archives

Inventaire de 1586, des biens mobiliers (meubles et ustensiles métalliques de cuisine, vêtements, cheptel et numéraire). Archives départementales de la Haute-Savoie, côte 1223 Inventaire de 1612, à la suite de la passation de pouvoir entre deux seigneurs.

Articles connexes

Liens externes

Notes et références Notes

Références Régeste genevois Actes publiés dans le Régeste genevois (1866), que l'on peut consulter en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) :

Autres références

Vuache