vignette|Un téléviseur Braun de 1958.

La télévision, également appelée télé dans le langage courant (par apocope) ou désignée par le sigle TV, est un ensemble de techniques destinées à émettre et recevoir des séquences audiovisuelles, appelées programme télévisé : émissions, films et éventuellement de séquences publicitaires ou séries. Le contenu de ces programmes peut être exploité selon des procédés analogiques ou numériques, tandis que leur retransmission peut être opérée par ondes radioélectriques de type terrestre ou satellite, par réseau câblé de type coaxial, par réseau filaire de télécommunications xDSL ou Internet ou encore, par réseau à fibre optique.

En langue française, l'appareil permettant d'afficher les images et restituer le son d'un programme est nommé « téléviseur » ou, par métonymie, « poste de télévision », « récepteur de télévision », simplement « télévision » ou « télé », voire « TV ».

La télévision est généralement conforme à un modèle économique, politique et culturel (financement public ou commercial, langues nationales ou régionales, genres et formats, réglementation et autorisation de diffusion…). Des normes et standards de télédiffusion sont fixés et adoptés par chaque pays.

vignette|upright=1.2|Un téléviseur UHD à écran incurvé, 2014.

Étymologie Le substantif féminin [consulté le 2017].Entrée du Dictionnaires de français [en ligne], sur le site des éditions Larousse [consulté le 2017]. télévision , composé de tele- ("loin" en grec) et visio ("vision" en latin). Il a été utilisé pour la première fois par l'ingénieur russe Constantin Persky dans son rapport au Congrès international d'électricité (Paris, 1900). Traduction du mot russe телевизирование qu'il a employée l'année précédente lors du Congrès-pan russe d'électricité qui s'est tenu à Saint-Petersbourg en .

Le terme est réputé emprunté à l'anglais television. En 1927, l'auteur américain de science-fiction Hugo Gernsback, a prétendu, lorsqu'il lancé le magazine Television avoir forgé le mot. Il l'a employé en 1909 mais le terme est déjà apparu dans un article du Scientific American Supplement consacré au télégraphoscope d'Édouard Belin.

Histoire

Premières télévisions Invention par John Logie Baird (1926) Le , le scientifique écossais John Logie Baird présente devant des membres de la Royal Institution à Londres dans son laboratoire de Soho la toute première émission d'un appareil de télévision qui transmet en direct sur un écran l'image animée d'un événement ayant lieu dans une autre pièce. Les première images transmises ont été la tête d'une marionnette de ventriloque manipulée et la voix d'une personne, ainsi qu'un visage humain.

thumb|left|John Logie Baird expérimente son nouveau système de télévision (1926).

Baird nomme sa nouvelle invention « téléviseur » et dépose une demande de licence de radiodiffusion expérimentale auprès du directeur général des Postes. Le , un article dans le Times détaille sa technique de télévision : la machine émettrice est composée d'un disque de Nipkow, un disque en bois rotatif muni de lentilles, d'un obturateur rotatif et d'une cellule photosensible, permettant la projection à grande vitesse sur la cellule photosensible de l'image d'objets ou de personnes placés devant la machine.

Les images transmises sont très petites, faibles et floues et le procédé reçoit un accueil mitigé, mais Baird est considéré comme la première personne à avoir présenté un système de télévision fonctionnel.

En 1927, Baird teste sa télévision entre Londres et Glasgow sur plus de 705 kilomètres de ligne téléphonique. Sa compagnie, la Baird Television Development Company (BTDC), effectue en 1928 la première transmission télévisée transatlantique entre Londres et New York et la première transmission vers un navire en plein Atlantique. La même année, il réalise la première démonstration de télévision en couleur ainsi que celle de la télévision stéréoscopique.

En 1929, il développe pour la poste allemande un service de télévision expérimental basé sur son système mécanique, le seul opérationnel à l'époque. Initialement, le son et l'image sont transmis alternativement, la transmission simultanée n'étant réalisé qu'à partir de 1930.

Le , une démonstration du procédé Baird de télévision est réalisée au cinéma Olympia de Paris. Il s'agit d'un procédé de transmission directe par fil dans un seul bâtiment.

Transmission par émetteur, René Barthélemy (1931) Le , l’ingénieur René Barthélemy réalise dans l’amphithéâtre de l’École supérieure d’électricité de Malakoff, devant huit cents invités, la première démonstration publique en France de radiovision en 30 lignes, transmise par émetteur. Les images de télécinéma diffusées à Malakoff proviennent d’un émetteur radio de 50 watts situé à deux kilomètres de distance à Montrouge, dans le laboratoire d’étude de l’ingénieur de la Compagnie des compteurs, où son collègue Marius Lamblot effectue les prises de vues de leur collaboratrice, Suzanne Bridoux, maquillée pour que l’image diffusée soit la plus nette possible. À Malakoff, l’image du récepteur en verre dépoli de 30 x 40 cm est ensuite renvoyée vers des miroirs muraux où les spectateurs découvrent l’image réfléchie de Suzanne Bridoux, la première présentatrice de l’histoire de la télévision française, qui annonce la diffusion d’un film muet, L’Espagnole à l’épouvantail. Les premières émissions régulières de télévision en France sont diffusées par le poste Radio-PTT à partir de . En 1935, les premiers programmes quotidiens sont diffusés en 180 lignes.

Passage à l'électronique (1937) De 1929 à 1935, en Angleterre, des programmes en radiodiffusion en ondes moyennes sont diffusés à raison d'une demi-heure par jour avec le système Baird mécanique à disque Nipkow avec une image de 30 lignes à 12 images par seconde. La faible luminosité, le scintillement et le manque de détails amènent Baird à s'orienter vers une image de 240 lignes avec une fréquence de 25 images par seconde, pour une bande passante de modulation de 1,5 MHz.

thumb|Réplique d'une caméra Emitron des années 1930, Paul Hayes (2001)

Dès 1931, des recherches s'orientent vers des systèmes de balayage purement électroniques. L'utilisation pour la projection d'un tube cathodique dont le faisceau d'électrons peut être contrôlé entièrement, nécessite une adaptation de celui-ci pour obtenir un système de balayage satisfaisant.

Pour l'émission la caméra électronique devait permet de résoudre les problèmes de balayage et de luminosité.

Les première caméras Emitron sont développées au Royaume-Uni à partir de 1933. Réalisée par Electric and Musical Industries (EMI), elles sont d'abord produites dans une résolution de 180 lignes par image et 25 images par seconde, puis la netteté et la réduction du scintillement sont encore améliorés par le passage à la résolution de 405 lignes et 50 images par seconde entrelacées, alors que le concurrent d'EMI, RCA, produit encore des images avec une résolution horizontale de 343 lignes. La société Marconi collabore à la fourniture de l'émetteur RF, et le système est alors baptisé système Marconi-EMI.

En 1935 la BBC effectue des tests pour choisir un système de diffusion pour la création de la chaîne. Le système mécanique de Baird, fonctionnant sur 240 lignes, n'est pas retenu par la BBC dont le choix, acté en 1937, se porte pour le système de télévision électronique de Marconi-EMI fonctionnant sur 405 lignes.

USA : Farnsworth et Zvorykin Deux inventeurs sont liés à la création de la télévision aux États-Unis, Philo Farnsworth et Vladimir Zvorykin.

Alors qu'il travaille chez Westinghouse, Vladimir Zvorykin dépose en 1923 et 1925 une demande de brevet pour l'iconoscope, un appareil à tube cathodique et écran fluorescent, mais l'image est grossière et les brevets ne sont pas accordés. Il travaille ensuite pour la Radio and Television Manufacturers Association (RCA) et fait breveter en ce qu'il présente ensuite comme son premier téléviseur, le kinéscope, un récepteur qu'il perfectionne en 1931, pour permettre une production industrielle.

thumb|Le dissecteur d'image de Farnsworth, le premier tube cathodique de télévision

En 1927, alors qu'il n'a que 19 ans, le jeune Philo Farnsworth dépose une série de demandes de brevet pour un système de télévision électronique fondé sur une technologie différente de celle de Zvorykin. Il préconise un dissecteur d'image, le premier tube cathodique de télévision, pour convertir l'image en courant, et un oscillateur pour la recevoir. Le , il fait une démonstration publique en diffusant par voie hertzienne une image composée de 8 000 points lumineux et transmise à 20 images par seconde, reçue sur un écran de télévision carré noir et blanc à peine plus grand qu'un timbre-poste. Les brevets sont validés en 1930 et 1931.

Le président de RCA, David Sarnoff, engage Zvorykin pour copier, mais sans succès, l'invention de Farnsworth. Après cet échec, Sarnoff rend visite en personne à Philo Farnsworth en 1931 et lui fait une offre à 100 000 dollars pour acheter le laboratoire et les brevets de Farnsworth, mais celui-ci refuse. Le président de RCA engage alors, sur plusieurs années, une longue bataille juridique pour contester les brevets de Farnsworth. En 1935, l'Office américain des brevets statue bien que Farnsworth est « l'inventeur incontesté de la télévision », mais en 1938, il décide d'accorder rétroactivement à RCA et Zvorykin un brevet pour leur demande de 1923 pour l'iconoscope. RCA propose alors à Farnsworth une licence pour lui permettre d'exploiter conjointement ses brevets avec ceux de Zworykin.

Épuisé par les batailles juridiques, Farnsworth finit par accepter en 1939 la licence conjointe proposée par RCA.

En 1936, RCA réalise la première diffusion télévisée entièrement électronique, à 343 lignes et 30 images par seconde et en 1939, inaugure la première émission de télévision commerciale accessible au public sur un modèle financé par la publicité.

Inventé en 1923 par Zvorykin, l'iconoscope n'est réalisé qu'entre 1930 et 1935, breveté rétroactivement en 1938 et produit finalement en petite série vers 1945. Mais, pour améliorer la définition de l'image, RCA le remplace la même année par l’orthicon, puis le vidicon en 1950. Ces tubes cylindriques, inventés également par Zvorykin, utilisent une surface photosensible continue, et non plus en mosaïque, située à une extrémité du tube face au canon à électrons.

Pendant dix ans, RCA doit verser à Farnsworth des droits de licence pour produire des téléviseurs utilisant ses brevets. Mais en 1950, lorsque les principaux brevets de Farnsworth relatifs à la technologie de télévision et l'accord de licence avec RCA expirent, la RCA nomme David Sarnoff « Père de la télévision », à la grande stupéfaction de Farnsworth.

Mais l'histoire retient cependant le nom de Farnsworth comme l'inventeur de la télévision électronique.

La course à la définition vignette|redresse=1.2|gauche|En France, René Barthélemy en 1931 avec un prototype de téléviseur. Parmi l'un des aspects historiques principaux pour le développement de la télévision sur le plan mondial, les chercheurs, laboratoires et entreprises privées ou publiques se sont efforcés d'améliorer la qualité de l'image, notamment en augmentant sa « définition ligne » qui caractérise son signal électronique ainsi que son affichage à l'écran.