L'église Saint-Laurent est une église catholique située sur la commune de Verneuil, dans le département de la Nièvre, en France.

Présentation L’église de Verneuil est une charmante petite église romane du milieu du , que l’on découvre agréablement avec le château du en arrivant par l’ouestJacques Esterle, Congrès archéologique de France, Nivernais, Paris, Société française d'archéologie, 1967, p. 292.. Située dans l'ancien bourg du village, l'église est souvent ouverte et toujours utilisée à but cultuel.

Historique L'église est construite au , son histoire est assez pauvre et mal connue mais compile néanmoins quelques événements singuliers.

Du Moyen Âge jusqu'à la Révolution, la paroisse est à la collation de l'abbaye Notre-Dame de NeversAuguste Longnon, Pouillés de la province ecclésiastique de Sens : Diocèse de Nevers, vol. IV, Paris, Imprimerie Nationale, 1904, p. 534.. Le premier curé de Verneuil connu se nomme Hugues Boyer et apparaît dans une procédure du 8 mai 1441 :« Le 8 mai, de Paillard, chevalier bailli du Nivernais, condamna Jean de la Pierre, seigneur de la Barre, à être détenu au châtel de Decize et à 500 liv. t. d'amende pour avoir enlevé de son lit messire Hugues Boyer, curé de Verneuil, l'avoir dépouillé de sa soutane, lié et l'avoir transporté sur la rivière d'Aron, près du moulin du Chastellier (aujourd'hui hameau du Châtelier, commune de Verneuil), et avoir fait le simulacre de le noyer. De la Pierre était accompagné de Jean de Balorre. Celui-ci ne s'étant point opposé à cet enlèvement, et ayant seulement retiré le pauvre curé 4e l'eau, ne fut condamné qu'à 100 liv. t. d'amende. Jean de la Barre ayant rappelé du premier jugement, fut renvoyé, mais, toutefois, obligé de donner caution, l'amende ayant été remplacée par quelques jours de prison »François Tresvaux de Berteux, Annales de la ville de Decize, Moulins, P-U Enaut, 1855, p. 39.. Le 13 avril 1727, Catherine Michelle de Maumigny est enterrée dans le chœur de l'église, elle est décédée la veilleSon inhumation n'est pas consignée dans les registres paroissiaux.. Il s'agit de la fille du seigneur de Verneuil, Paul de Maumigny et de Claude Delasson, qui fondent une grande messe en mémoire de leur fille chaque 12 avril ainsi que quatre messes basses chaque 16 mai, 9 août, 29 septembre et 25 octobre en échange de trois pièces de prés. Cette inhumation et cette fondation sont connues grâce à une épitaphe.C'est dans l'église de Verneuil qu'est célébré le 30 mai 1766 le mariage de Louis Jean Saint-Just de Richebourg, capitaine de cavalerie et de Marie-Anne Robinot, futurs parents de Louis Antoine Saint-JustADN : 4 E 306/2.. Le curé qui officie est Antoine Robinot, oncle de la mariée et futur parrain du révolutionnaire. Ce même curé, également archiprêtre de Decize, est inhumé le 7 septembre 1771 dans la chapelle de la Sainte Vierge, c'est-à-dire dans l'absidiole nord.

Architecture

Général L'église Saint-Laurent est un édifice à nef unique avec transept et coupole à la croisée. L’abside en hémicycle est encadrée de deux absidioles peu profondes s’ouvrant sur les croisillons. Ce plan est celui de l’église voisine et contemporaine de Champvert.

Cette église à coupole sur le transept dispose d'une abside en hémicycle dont la particularité est d'être plus étroite que la travée droite qui la précède. La largeur de sa nef à charpente apparente est imposante par rapport à sa longueur. C'est ainsi qu'elle excède la largeur du carré du transept.

La communication de la nef aux croisillons se fait par d'étroits passages derrière les piles de la croisée. Seules deux fenêtres façade sud éclairent la nef tandis qu'il n'existe aucune trace de baie côté nord. En revanche, la nef est éclairée sur sa façade occidentale par une fenêtre qui surplombe le portail de l'église. Celui-ci, bien que démuni de tympan, est doté de grands arcs en plein cintre qui s'appuient sur des colonnes engagées dans de grosses piles et couronnées de chapiteaux dont deux sont historiés : la Vierge à l'Enfant reçoit l'adoration des mages, sous le regard de Joseph ; plus énigmatique, deux chiens porteurs de croix semblent protéger un musicien jouant de la harpe des attaques de deux hommes qui subissent ou vont subir leur morsure.

L'abside, peu profonde et couverte d'une voûte en cul-de-four, est percée de trois petites baies très ébrasées. Leurs arcs sont de plein cintre et reposent sur des pieds-droits surmontés de chapiteaux ornés de palmettes, à tailloirs à damiers et grecques. Les façades sont épaulées par des contreforts tandis que le clocher élancé est percé sur chaque face par deux doubles baies géminées. Les arcs de celles-ci s'appuient sur une grande diversité de supports : façade est sur une colonne cannelée et sur une seconde octogonale, façade sud sur un pilastre cannelé et sur une double colonne, façade ouest sur une colonne octogonale et sur une seconde colonne en spirale, le tout rehaussé de chapiteaux à décor de feuilles.

Les peintures de la nef Sur le mur nord, trois compositions se suivent, sur un même fond d'étoiles : une Annonciation, un « Dit des trois morts et des trois vifs » et un saint Antoine face au démon, compositions stylisées à grands personnages sur un fond semé d’étoiles pour les deux premières et de fleurs rouge pour la dernière. Les contours sont dessinés au trait noir et les tons dominants sont ocres, jaunes et rouges. La Vierge et l’Ange d’Annonciation, sont précédés d’un donateur ecclésiastique porteur d’un phylactère. Suit la représentation classique très en honneur dès la fin de la Guerre de Cent Ans et reprise jusqu’à la fin du du « Dit des trois morts et des trois vifs ». Les trois cavaliers, dont le premier, faucon au poing, est couronné, rencontrent les trois morts, bouche bandée, séparés par des arbres stylisés, qui leur rappellent la vanité des joies terrestres. La troisième peinture murale est très abîmée. Ces peintures, sans doute du milieu du , sont à rapprocher de celles de l’église de Montaron.

Sur le mur sud, la lapidation de saint Étienne sur un fond de fleurs de lys rouge. À droite, un donateur tonsuré est à genoux. Le bourreau en livrée, à bandes jaunes et rouges, un cimeterre à la ceinture brandit une pierre. Le saint à genoux a déjà reçu un projectile. Au-dessus de sa tête, on distingue une main bénissante et des rayons célestes. À gauche se tient un personnage coiffé d’un heaume. Cette peinture, très élégante, paraît plus tardive que les précédentes, de la première moitié du et l’exécution plus habile et de meilleure qualité.

Les peintures des absidioles, de l'abside axiale et du transept Les absidioles, l'abside axiale et le transept ont été peintes ; les deux premiers espaces sans doute à la même époque que les murs de la nef.

Dans le cul de four de l'absidiole nord, certaines peintures sont mal conservées. Parmi les huit panneaux, on distingue cependant un cycle de trois scènes dédiées à la Vierge, l’Annonciation, la Visitation et la Nativité.

Le cul de four de l'absidiole sud présente des peintures bien conservées, sans doute grâce à la sacristie qui se trouve derrière et qui a pu offrir une protection contre l'humidité. Huit panneaux sont couronnés par une figure féminine non identifiée : à gauche, saint Barthélémy et saint Philippe se font face, au dessous saint Laurent fait face à un apôtre. À droite, le banquet d’Hérode et Hérodiade décidant de la décollation de saint Jean Baptiste sur le cartouche suivant. Au dessous saint Jean l’évangéliste, accompagné d'un donateur et un autre saint accompagné d'une donatrice.

Dans l'abside axiale, un Christ en majesté est encore en partie visible, ainsi que l’ange de saint Mathieu. Les autres attributs des évangélistes ont disparu. Entre les baies quatre apôtres sont représentés : saint André, saint Paul, saint Pierre et un autre apôtre.

Enfin, dans le transept, on peut voir le blason de la famille de Fontenay et celui de la famille de Grandy, d'azur à trois trèfles d'or sur deux litres funéraires qui semblent dater du ou du . D'autres traces de peintures médiévales sont visibles mais elles sont assez mal conservées.

Mobilier Plusieurs objets de l'église de Verneuil sont classés au titre de Monuments Historiques :

deux peintures monumentales, l'Annonciation, les trois morts et les trois vifs, du , ; une peinture monumentale, la Lapidation de saint Étienne, du , ; une statue de sainte Agathe en bois, du , ; une statue de saint Antoine en bois, du , ; les fonds baptismaux, sculpture en pierre, du , ; un bas-relief représentant la Vision de saint Hubert, sculpture en en pierre, du , . D'autres éléments inscrits ou non classés sont présents dans l'église : une épitaphe portant fondation, sculpture en pierre, 1727, ; un banc seigneurial en bois aux armes de la famille de Bonnay, du , ; une statue du Christ en croix en bois polychrome, du , ; statue de la Vierge en bois polychrome, du , ; un tableau représentant Apothéose de saint Laurent, 1775, . Protection L'église est classée au titre des monuments historiques par arrêté du 16 février 1895.

Curés vignette|Nomination du curé de Verneuil en 1595 ; ADN : 12 G 275. (liste non exhaustive)

1441 : Hugues Boyer ; Mentionné entre 1461 et 1486 : Hugues de BaudoinADN : 1 F 120 et Adolphe de Villenaut, Nobiliaire de Nivernois, Nevers, G. Vallière, 1900, p. 520. ; 1595 : Gabriel CingarbresADN : 12 G 275. ; 1658 : François DelaveineADN : 1 B 376. ; 1661 : Pierre LebretonADN : 1 B 383. ; Mentionné entre 1661 et 1663 : Jacques LebretonADN : 1 B 520 et 242. ; Mentionné entre 1776 et 1725 : Gabriel Robinot, inhumé dans l'église le 26 mars 1731ADN : 1 B 557 et 4 E 306/1. ; 1725 : Nicolas RobinotADN : 1 B 444. ; 1771 : Antoine Robinot, secondé par Baudoin et Caziot, vicairesADN : 4 E 306/1. ; 1772 - 1785 : Febvre ; Mentionné entre 1785 et 1792 : Pierre BerrignaultADN : 4 E 306/2 et 2 F 178..

Notes et références

Annexes

Bibliographie

Archives départementales de la Nièvre : séries 1 B, H 408, 12 G 275, 1 F, 2 F, 4 E 306/1 et 2, 1 Q 814, 4 T 103. Jacques Esterle, Congrès archéologique de France, Nivernais, Paris, Société française d'archéologie, 1967, p. 291-295. Auguste Longnon, Pouillés de la province ecclésiastique de Sens : Diocèse de Nevers, vol. IV, Paris, Imprimerie Nationale, 1904. Gauthier Néraud, « L’église Saint-Laurent de Verneuil », Les églises romanes du Nivernais, Tome 2, Nevers, Camosine, 2020, p. 167-169. François Tresvaux de Berteux, Annales de la ville de Decize, Moulins, P-U Enaut, 1855. Adolphe de Villenaut, Nobiliaire de Nivernois, Nevers, G. Vallière, 1900.

Liens externes

Église Saint-Laurent de Verneuil

Verneuil Catégorie:Monument historique dans la Nièvre Catégorie:Monument historique classé en 1895 Verneuil Verneuil