LOuysse est une rivière française du Massif central qui coule dans le département du Lot, en région Occitanie. Cet affluent en rive gauche de la Dordogne entaille d'abord le causse de Gramat de profonds canyons comme à Rocamadour, puis devient souterrain sur l'essentiel de son parcours. Certaines parties sont encore inconnues et cela entraîne des incertitudes sur la longueur totale du cours d'eau.
La source de l'Ouysse se trouve à Espeyroux sur les contreforts sud du Massif central et, après la traversée des terrains verdoyants du Limargue, s'enfonce sous terre aux pertes de Thémines, au contact des calcaires du causse de Gramat. Seules quelques sections ont été explorées : celle de la rivière souterraine des Vitarelles, ainsi que les parties noyées les plus proches des résurgences qui ont conduit les spéléo-plongeurs sous le niveau de la mer, à de profondeur. La rivière réagit rapidement aux pluies importantes sur la partie supérieure de son bassin d'alimentation. Une montée rapide des eaux, au niveau des pertes, inonde les vallées en amont et ennoie totalement les galeries souterraines. Des études ont montré une vulnérabilité à la pollution des captages installés pour l'alimentation en eau potable.
De nombreux abris sous roche s'ouvrent sur les rives de l'Ouysse. Leur présence, ainsi que le voisinage de la Dordogne, ont favorisé l'occupation humaine dès la préhistoire. Il subsiste aussi des traces de forteresses gauloises et un riche patrimoine médiéval constitué de moulins. Aujourd'hui les sites comme Rocamadour et Lacave sont devenus des zones touristiques importantes. Une faune et une flore remarquables font des vallées et des causses des espaces particulièrement sensibles et protégés. Les vallées de l'Ouysse et de son affluent l'Alzou sont classées espace naturel sensible et plusieurs espèces rares ou menacées sont recensées dans les zones classées Natura 2000.
Étymologie L'hydronyme Ouysse peut être rattaché à une très ancienne langue parlée sur le causse de Gramat. Cette langue s'étendait de l'Èbre à la Garonne à l'époque du géographe grec Strabon et de Pline l'Ancien. Cette langue perdure dans le basque actuel. La racine de Ouysse se retrouve dans le mot de la Gascogne. La forme écrite la plus ancienne au est « ossa ».
Ce nom, que l'on trouve en basque ou en gascon, qualifie un lieu en relation avec l'eau comme une source, une fontaine, un ruisseau, une rivière ou un lac.
L'archéologue Jacques-Antoine Delpon utilise en 1831 l'orthographe .
Géographie alt=Carte géologique.|vignette|Schéma du bassin versant de l'Ouysse.
Le cours de la rivière L'Ouysse prend sa source dans le quart nord-est du département du Lot, à Espeyroux. Sa longueur officielle est de ., mais cette longueur est sous-évaluée compte tenu de la méconnaissance du linéaire de sa partie souterraineLongueur de l'Ouysse : au minimum au lieu de : la partie souterraine est considérée comme rectiligne sur la carte de la base du Sandre. Cependant, les explorations souterraines au gouffre des Vitarelles ont montré que la rivière fait un détour sous la grande doline du Loze près de Lalinié sur la commune de Flaujac-Gare. De plus, deux parties encore inconnues dépassent les ..
Un réseau très ramifié collecte les eaux du Ségala et du Limargue, jusqu'à la limite nord-est du causse de Gramat. Son parcours devient ensuite souterrain et draine de vastes étendues calcaires. Il ne subsiste alors en surface que de grandes vallées sèches, parfois des canyons, comme à Rocamadour, qui sont les témoins de son cours fossile. La rivière ressurgit à l'ouest du causse pour se jeter dans la Dordogne.
Le cours de l'Ouysse peut se diviser en trois grandes parties : une première, aérienne sur une douzaine de kilomètres, de sa source dans le nord-nord-ouest de la commune d'Espeyroux jusqu'aux pertes de Thémines ; une deuxième, souterraine, de Thémines aux résurgences de Cabouy, Saint-Sauveur et Fontbelle, en aval de Rocamadour ; une troisième, aérienne, des résurgences jusqu'à son confluent avec la Dordogne, à Lacave.
D'Espeyroux à Thémines L'OuysseL'« Ouysse » et non l'« Ouyssé » ou le « ruisseau de Louyssé » selon l'IGN qui a pris en compte le signalement de l'espace collaboratif. La distinction entre « Ouysse » et « Ouyssé » ne paraît pas pertinente puisqu'il s'agit du même hydronyme, l'un en français, l'autre en occitan. Selon l'interlocutrice du Sandre, les modifications apportées dans les bases de données doivent apparaître progressivement. naît à Espeyroux, en provenance de l'étang de Lasbios, lui-même alimenté par deux ruisseaux : celui du Roc et celui de Cantifage. La branche la plus orientale, qui est la plus longue, est celle de Cantifage. Près d'un kilomètre à l'ouest de la source du ruisseau de Cantifage, le Géoportail considère que le ruisseau du Roc est la branche-mère de l'Ouysse. Sa source intermittente se situe à d'altitude, à environ au nord-est du lieu-dit le Cammas et au sud-ouest du lieu-dit le Roc. La source pérenne se situe à environ en aval, à d'altitude, à environ en amont de l'étang de Lasbios.
En aval de l'étang de Lasbios, l'Ouysse alimente l'étang de Boussac, est franchie par la route départementale (RD) 940, au pont du Moulin de Lapergue, puis reçoit en rive gauche la GrausillèreLa Grausillère : feuille cadastrale ANGLARS, section B, feuille mise à jour 1936, certifiée conforme au plan minute de conservation du . On peut désormais consulter les Archives départementales du Lot. Plan cadastral numérisé de 1933 à 1977 : Anglars section B de Doumergue ., un affluent en provenance de Bens, qui naît en limite des communes d'Anglars et de Lacapelle-Marival. Ce cours d'eau dont le nom figure au cadastre napoléonien de 1830 de la commune d'Anglars a donné son nom à un secteur de la commune et à une route. Asséché pendant une partie de l'année, Il évacue les ruissellements de la zone humide de BensL'hydronyme Grausillère fait référence au « grau » qui, selon le Dictionnaire de l'Académie française, , désignerait un passage (« grada » selon l'étymologie latine). Un « grau » pourrait être un chenal drainant une zone marécageuse.. Il reçoit un affluent qui draine les prés situés en contrebas du Terral entre les collines de Lacapelette et de Maurelle : lo bialo de Lacan qui passe sous le pont de la route du Stade. Après le Chaufour, la Grausillère reçoit les eaux du ruisseau de Mas de Peyre.
L'Ouysse reçoit ensuite plusieurs affluents en rive droite : les ruisseaux du Cros., de la Cavalerie., des Lascurades., des Prats Vieils., de Cahuac., de Lasfargues. et d'Aynac., juste après être passée sous la , au niveau du petit bourg de Rueyres. Elle serpente sur deux kilomètres, est de nouveau franchie par la , puis disparaît sous terre aux pertes de Thémines, au contact du causse de Gramat, à une altitude de , en contrebas du bourg de Thémines.
Vallée ancienne vignette|upright=2.0|alt=Photo panoramique de l'actuelle vallée de l'Alzou à Rocamadour.|L'ancienne vallée de l'Ouysse empruntée maintenant par l'Alzou. Jusqu'au surcreusement du lit des rivières de la fin du Cénozoïque, l'Ouysse empruntait à partir de Thémines une large vallée, à la surface du causse de Gramat : elle passait au niveau de l'actuelle route départementale 840 à la et recevait comme affluent le Morou à Issendolus et l'Alzou à Gramat. Elle atteignait la Dordogne en passant par le canyon de Rocamadour.
De nos jours, l'Ouysse se perd sous terre à la bordure nord-est du causse et seuls ses anciens affluents empruntent périodiquement sa vallée.
De Thémines aux résurgences L'Ouysse commence son parcours souterrain à Thémines par une série de pertes qui se sont ouvertes aux travers des alluvions de son lit.
Les pertes de Thémines vignette|alt=Photo montrant la perte, une grande arche de pierre, au sol de limons dénudé couvert de branches de bois mort qui s'entassent dans la partie obscure.|La perte terminale de l'Ouysse à Thémines à l'étiage. À Thémines, les eaux de l'Ouysse se perdent à plusieurs endroits : dites du « Moulin Raffi », dite « trou des écrevisses », dite « de la mouline » ou « du lavoir », dite « de l'arche » et dite « terminale » ou « aval », à d'altitude.
Ces pertes sont explorées depuis 1979 par les membres de clubs et groupes spéléologiques. Elles conduisent à un réseau labyrinthique avec deux branches principales : la rivière souterraine active dite et la . Ces deux voies se terminent sur des siphons explorés par les spéléos plongeurs en 1980. Ces galeries noyées se dirigent vers le gouffre du « Pech la Vayssière » et passent sous le lieu-dit ..
En aval, le parcours souterrain est pour l'instant inconnu jusqu'au « chaos du Loze » situé sous le lieu-dit Lalinié à Flaujac-Gare. Dans cette partie inexplorée, l'Ouysse reçoit comme affluent le « ruisseau de Lasbories », appelé aussi « Francés », qui lui aussi se perd au contact du causse de Gramat à Théminettes.
Le gouffre des Vitarelles vignette|redresse|alt=Photo de grande concrétion dans la rivière des Vitarelles|Dans la rivière souterraine des Vitarelles. Les eaux forment ensuite l'Ouysse souterraine, appelée aussi « rivière des Vitarelles » dont plus de dix-huit kilomètres de galeries ont été explorés depuis l'accès du gouffre des Vitarelles et maintenant depuis le « puits du Brêt ». sur la commune de Flaujac-Gare..
L'Ouysse souterraine reçoit comme affluent en rive gauche tous les ruisseaux qui se perdent au contact de la limite nord-est du causse entre Issendolus et Gramat : les ruisseaux pérennes du Morou, de Lascombes, et d'autres actifs seulement par temps de pluie. Entre Gramat et Rocamadour, l'Alzou possède de nombreuses pertes dans son lit qui conduisent la plus grande partie de ses eaux à l'Ouysse souterraine.
en aval du puits d'accès du gouffre des Vitarelles, la rivière disparait dans un siphon exploré en 1948. Elle se dirige vers le « gouffre des Besaces » dans lequel avait été établie une station de pompage pour l'alimentation en eau potable de la ville de Gramat. En 2007, cette installation a été déplacée en amont et hors de l'enclos du centre d'études de Gramat.
En 1999, lors du sauvetage de sept spéléologues bloqués dans le gouffre à la suite d'importantes pluies, un puits est creusé au niveau du lieu-dit le Bret pour faciliter leur sortie..
Partie encore inconnue Après le siphon Alinat du gouffre des Vitarelles, l'Ouysse coule encore vingt kilomètres dans des galeries pour l'instant inexplorées. On peut supposer que les gouffres suivants sont ou ont été en relation avec la rivière souterraine : le gouffre des Besaces, le gouffre de Bèdes, le gouffre de Roc d'Arène., les igues de Gibert, le gouffre de Bio, la grande doline de Mages au sud de Rocamadour. Le gouffre de Pouymessens (altitude ) est un regard sur l'Ouysse avant ses résurgences à Cabouy, Saint-Sauveur et Fontbelle.
vignette|alt=Photo montrant la vasque de Cabouy couverte de plantes aquatiques.|La résurgence de l'Ouysse au lieu-dit Cabouy, commune de Rocamadour.
Les résurgences Cabouy La résurgence de Cabouy se trouve dans la vallée sèche de la Pannonie, trois kilomètres à l'ouest-sud-ouest de Rocamadour, à l'altitude de . Cabouy, - Fontbelle, - Saint-Sauveur, - Plan 26.. Ce gouffre noyé marque le départ de l'Ouysse aérienne. C'est une vasque de de diamètre tapissée d'une épaisse végétation aquatique jusqu'à six mètres de profondeur. En crue, d'eau sont expulsés. À l'étiage, aucun courant n'est observé. Le conduit souterrain débouche dans la vasque par un porche noyé de quatre mètres de haut et six mètres de large ..
Une station de pompage pour l'alimentation en eau potable était installée au bord de la vasque. Fin 2010, le captage a été sécurisé en le déplaçant plus en amont. Un forage a été pratiqué dans la voûte de la galerie noyée et se trouve maintenant dans l'enceinte de la station. L'ancienne installation a été démantelée. Ce captage est géré par le syndicat intercommunal d'adduction d'eau potable (SIAEP) de Lacave-Rocamadour..