Le Parlement de Catalogne ( ; ; ) est l'assemblée législative de la Catalogne, communauté autonome d'Espagne. Il forme, avec la présidence de la Généralité et le gouvernement (conseil exécutif), la Généralité de Catalogne. Il est composé de , élus au suffrage universel par les citoyens de Catalogne. Il est situé dans le parc de la Ciutadella de Barcelone et occupe tout l'espace du Palais du Parlement.

Les pouvoirs du Parlement de Catalogne sont définis par l'article 55 à 66 du statut d'autonomie de la communauté autonome catalane : il représente le peuple de Catalogne, vote le budget, contrôle et impulse l'action du gouvernement catalan. Le statut d'autonomie consacre également l'inviolabilité du Parlement de CatalogneArticle 55.3..

Le Parlement catalan jouit d'une longue histoire, puisqu'on peut faire remonter ses origines au « La institució parlamentària en la història », sur le site officiel du Parlement de Catalogne (consulté le 14 janvier 2018).. Le Parlement actuel a cependant été établi seulement en 1980, dans le processus de transition démocratique que connaît l'Espagne après la dictature franquiste, de la construction de l'« État des autonomies » dans le cadre de la Constitution espagnole de 1978, et de la récupération de l'autonomie par la Catalogne, après la proclamation du statut d'autonomie, le .

En , le Parlement est dissous par le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy, en application de l'article 155 de la Constitution espagnole, à la suite de l'approbation par le Parlement catalan de la déclaration d'indépendance faite par le président de la Généralité, Carles Puigdemont. De nouvelles élections sont organisées le Dépêche AFP, « Espagne : Rajoy dissout le parlement de Catalogne », Le Point, 28 octobre 2017 (lire en ligne)..

Histoire Les Corts catalanes jusqu'en 1714

On peut faire remonter l'histoire d'une institution parlementaire en Catalogne au avec la cort comtal, la cour du comte de Barcelone, qui réunit autour de lui ses principaux vassaux et des ecclésiastiques de haut rang. Peu à peu la cort du comte s'agrandit, alors même que sa convocation devient plus rare « La institució parlamentària en la història - Els precedents », sur le site officiel du Parlement de Catalogne (consulté le 14 janvier 2018)..

On date du règne du roi Jacques la transformation de la cort comtal en cort general, en assemblées qui rassemblent trois différents ordres ou « bras ». On compte le braç militar, l'ordre des nobles et chevaliers, le braç ecclesiastic, l'ordre des ecclésiastiques et le braç real, l'ordre des villes royales, qui jouissent du privilège d'envoyer des députés aux corts. Ce système laisse dans l'ombre la majeure partie de la population, puisque les campagnes ne sont pas représentées, pas plus que les villes non royales. Les corts arrivèrent, en profitant des périodes de faiblesse de la royauté, à accaparer l'initiative de la fiscalité. Le roi était donc soumis à leur consentement pour lever de nouveaux impôts. On peut donc y voir une lointaine préfiguration de l'actuel système parlementaire catalan « Corts Generals de Catalunya », sur le site officiel du Parlement de Catalogne (consulté le 14 janvier 2018)..

Au , après la guerre de Succession d'Espagne, les décrets de Nueva Planta promulgués par Philippe V abolissent les institutions de gouvernement catalanes. En 1914, un nouvel organe de gouvernement autonome, la « Mancomunidad de Catalogne » est créé, mais il est aboli en 1925 sous la dictature de Primo de Rivera « El Parlament de Catalunya », sur le site officiel du Parlement de Catalogne (consulté le 14 janvier 2018)..

Le Parlement de la Catalogne républicaine (1932-1939)

L'exil (1939-1977) Entre 1939 et 1977, le Parlement survit en exil. Le président de la Généralité, Lluís Companys, est fusillé en 1940 par le régime franquiste et Josep Irla assume automatiquement, en tant que président du Parlement de Catalogne, la présidence de la Généralité jusqu'à sa démission en 1954. Josep Tarradellas qui lui succède, est nommé à la tête de la Généralité provisoire en et le demeure jusqu'aux élections au Parlement de Catalogne de 1980.

L'autonomie dans le cadre démocratique (depuis 1978) En 1980, un statut d'autonomie est adopté et les premières élections au Parlement catalan se déroulent le . Elles sont remportées par Convergence et Union (CiU) et Jordi Pujol accède à la présidence de la Généralité qu'il conservera jusqu'en 2003. Par la suite, des élections ont eu lieu en 1984, 1988, 1992, 1995, 1999, 2003, 2006, 2010, 2012 et 2015.

législature (2015-2017) vignette|Résolution de constitution de la République catalane, approuvée par le Parlement de Catalogne (27 octobre 2017). vignette|Discours du président de la Généralité, Carles Puigdemont, devant le Parlement catalan, le 10 octobre 2017.

Le Parlement a entamé sa législature le . Six coalitions politiques ont une représentation dans l'hémicycle : Ensemble pour le oui, Ciudadanos, le Parti des socialistes de Catalogne (PSC), Catalogne oui c'est possible, le Parti populaire (PP) et Candidature d'unité populaire (CUP). Cette assemblée est chargée d'élire le président de la Généralité de Catalogne, le responsable de l'exécutif de l'autonomie catalane, qui à son tour est chargé de constituer le gouvernement.

Après son élection à la présidence du Parlement, avec sur 135 ( blancs et ., Carme Forcadell (Ensemble pour le oui, Gauche républicaine de Catalogne) prononce un discours d'investiture partisan qu'elle termine en proclamant : .. À la suite de ce discours, Ensemble pour le oui et CUP concluent un accord et publient une proposition de résolution. déclarant ..

Le , les députés votent une résolution en faveur de l'indépendance de la « République catalane ». avec une majorité de 72 voix pour le oui (Ensemble pour le oui et la CUP) et 63 pour le non (Citoyens, PSC, Catalogne oui c'est possible et Parti populaire). Aussitôt, le gouvernement espagnol demande au Tribunal constitutionnel d'annuler cette résolution., ce que font les juges convoqués le .. Dans le même temps, Artur Mas, qui se présente à sa propre succession à la présidence de la Généralité, ne réussit pas à obtenir la majorité des voix du Parlement aux deux premiers tours de scrutin.. Il retire sa candidature in extremis le , évitant de nouvelles élections et ouvrant la porte à l'investiture de Carles Puigdemont le lendemain.. Ce dernier est élu avec 70 voix en sa faveur, 63 contre et 2 abstentions..

Le mercredi , après une session parlementaire houleuse, la majorité, composée des groupes Ensemble pour le oui et Candidature d'unité populaire (CUP), fait approuver la loi sur la tenue d’un référendum portant sur l’indépendance de la Catalogne prévu le .

Le lendemain, jeudi , la loi sur la tenue du référendum est suspendue par le Tribunal constitutionnelIndépendance de la Catalogne : Madrid hausse le ton, Le Monde, 8 septembre 2017. qui met également en garde les maires des 968 communes de Catalogne pour les dissuader d'organiser le scrutinEl Constitucional suspende de urgencia la ley del referéndum, El País, 8 septembre 2017.. Le Parlement adopte le même jour et avec la même majorité (71 voix sur 135) la loi de transition (Ley de transitoriedad jurídica y fundacional de la República) qui prévoit l'organisation de la Catalogne si le « oui » au référendum du l'emporteEl secesionismo vuelve a retar al Estado y aprueba la ley de Transitoriedad, ABC, 8 septembre 2017..

Le , le parquet supérieur de Catalogne porte plainte contre les membres du gouvernement de Carles Puigdemont et les membres du bureau du Parlement de Catalogne présidé par Carme Forcadell devant le Tribunal supérieur de justice de CatalogneEl TSJ de Cataluña registra dos querellas de la Fiscalía contra Govern y Mesa Parlament, page du Conseil général du pouvoir judiciaire. pour motifs de prévarication et de désobéissance ainsi que de détournement de capitaux publicsLa fiscalía acusa a Puigdemont de malversación, que comporta penas de cárcel, El Periódico de Catalunya, 8 septembre 2017..

Le , le Tribunal constitutionnel suspend la loi de transition adoptée cinq jours plus tôt par les députésEl Constitucional suspende la ley de ruptura que aprobó el Parlament, El Mundo, 12 septembre 2017..

L'activité parlementaire est ajournée à partir du jusqu'au lendemain du référendum du Junts pel Sí y la CUP piden aplazar la actividad del Parlament hasta después del 1-O, RTVE, 13 septembre 2017.. Une séance plénière est prévue le pour annoncer officiellement les résultats et proclamer l'indépendance de la Catalogne après la victoire du « oui » mais elle est suspendue par le Tribunal constitutionnel à la demande du Parti des socialistes de Catalogne dirigés par Miquel IcetaCatalogne : la justice espagnole suspend la session du Parlement sur l’indépendance prévue lundi, Le Monde, 5 octobre 2017. El TC suspende el pleno del Parlament del lunes, El Periódico de Catalunya, 5 octobre 2017..

La loi sur la tenue du référendum est déclarée anticonstitutionnelle et nulle par le Tribunal constitutionnel à l'unanimité de ses membresEl Constitucional anula por unanimidad la ley del referéndum aprobada por el Parlamento de Cataluña, El Mundo, 17 octobre 2017..

Le , le Parlement valide la résolution de déclaration d'indépendance. Après l'approbation par le Sénat espagnol de l'application de l'article 155 de la Constitution, Mariano Rajoy, président du gouvernement, dissout la chambre catalane et annonce la tenue d'élections régionales pour le Rajoy destituye a Puigdemont y convoca elecciones en Cataluña el 21 de diciembre, El País, 27 octobre 2017..

Emplacement

250px|vignette|Vue aérienne du Parc de la Ciutadella et du Palais du Parlement de Catalogne en 1961. 250px|vignette|Le Palais du Parlament de Catalogne et la sculpture Desconsol, dans le parc de la Citadelle.

Le siège du Parlement est le Palais du Parlement de Catalogne. Il est situé dans le Parc de la Ciutadella, à Barcelone. L'entrée principale se trouve au place Joan-Fiveller.

L'édifice a été construit par l'architecte flamand Georges-Prosper de Verboom entre 1716 et 1748 pour servir d'arsenal, dans la forteresse de la Citadelle que fait construire le roi Philippe V, peu après avoir reconquis la ville de Barcelone, le . Après la destruction de la Citadelle, au milieu du , le vieil arsenal est aménagé en palais par l'architecte Pere Falqués, afin de recevoir la famille royale lors de l'Exposition universelle de 1888. En 1900, l'édifice devient le musée municipal des Arts décoratifs et archéologique (Museo Municipal de Arte Decorativo y Arqueológico en espagnol) de la ville.

En 1932, après la proclamation de la Seconde République, le bâtiment est attribué au jeune Parlement catalan. Une nouvelle décoration due à Santiago Marco transforme la salle du trône en salon des Sessions, et sur la façade le blason des Bourbons est remplacé par celui de la Catalogne. Après la Guerre civile, le bâtiment retrouve une fonction militaire, puis devient le siège du musée d'Art moderne de Catalogne en 1945.

En 1977, lors du retour à la démocratie, il redevient siège du Parlement et il est rénové. Finalement, le musée d'Art moderne est transféré en 2004 au Palais national de Montjuïc, qui est déjà le siège du MNAC« El Palau del Parlament », sur le site officiel du Parlement de Catalogne (consulté le 14 janvier 2018)..

Il est aujourd'hui inscrit comme Bien culturel d'intérêt local (Bé cultural d'interès local en catalan, Bien Cultural de Interés Local en espagnol) à l'Inventaire du patrimoine culturel catalan, avec le numéro 08019/125.

Système électoral

Élections des députés