Alexandre del Valle, de son vrai nom Marc d'Anna, né le à Perpignan, est un géopolitologue, consultant, essayiste et militant politique français.
Docteur en histoire contemporaine, il se spécialise en géopolitique. Il s’intéresse principalement à l’islamisme, au terrorisme islamiste, aux relations entre l’Europe et la Turquie, et au monde arabo-musulman. À titre professionnel, il exerce comme chroniqueur et enseignant.
Il milite à partir de 1991, dans plusieurs organisations proches du RPR avant de fonder un courant libéral-conservateur de l’UMP, avec Rachid Kaci, appelé . En 2001 et 2002, à la suite de plusieurs articles de presse l’associant à l’extrême droite, il engage des poursuites pour diffamation. Après le procès de 2006 où il est débouté, il reste associé, selon la presse, et de l'avis de spécialistes à la mouvance identitaire.
Ses thèses suscitent des controverses. Elles ont notamment été qualifiées d'islamophobes.
Biographie Jeunesse Marc d’Anna naît le , d’une mère espagnole pied-noir et d’un père sicilien ayant vécu en Tunisie. Issu d’un milieu populaire immigré défavorisé, il est orphelin à l’âge de 4 ans et passe le gros de son enfance dans un foyer d’accueil des Villages d'Enfants où il grandit dans un milieu multiculturel.
Diplômes En 1993, il est diplômé d'Sciences Po Aix, où il a obtenu un diplôme d'études approfondies (DEA) en histoire militaire, sécurité et défense. Il commence à s'intéresser aux sciences politiques et à l'analyse géopolitique lorsqu'il rejoint Sciences Po Paris, où il prépare le concours de l'ENA.
En 2015, il obtient un DEAE (DEA européen) de l'université de Milan en histoire des doctrines politiques et des institutions politiques, ainsi que d'un doctorat en histoire contemporaine, à l'université Paul-Valéry-MontpellierIl a soutenu sa thèse le : L'Occident face à la seconde décolonisation portée par les idéologies islamistes et indigénistes, de la guerre froide à nos jours, sous la direction de Carol Iancu. Voir la notice SUDOC.. Sa thèse réalisée sous la direction de Carol Iancu est intitulée : « L'Occident face à la seconde décolonisation portée par les idéologies islamistes et indigénistes, de la guerre froide à nos jours ».. Carrière En 1997, Marc d'Anna intègre le secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN), organisme chargé d'assister le Premier ministre dans l'exercice de ses responsabilités en matière de défense et de sécurité nationale. Pour rentrer au SGDSN, il fait l'objet d’une enquête de sécurité, avec des moyens de renseignement militaire, à l'issue de laquelle il est habilité secret-défense. Il y travaille comme rédacteur-analyste de la Lettre Faits et tendances de la section Affaires internationales et stratégiques. Ensuite, il évolue dans la fonction publique territoriale et internationale avant de fonder son cabinet de conseil à Bruxelles.
Il est également enseignant en géopolitique à Sup de Co La Rochelle et à l'IPAG., et intervient à l'Université européenne de Rome, à l'Université de Metz . Il est chercheur associé à l'Institut Choiseul jusqu'en 2014, .
En tant qu'Alexandre del Valle, il a été chroniqueur à la Nouvelle Liberté (Marseille), La Une, Le Figaro Magazine, Le Figaro, Le Spectacle du monde, Israël Magazine, Libéral (Italie), France-Soir. ., Atlantico. Il écrit régulièrement pour Atlantico, Figarovox et Valeurs actuelles.
Il a collaboré à plusieurs revues de géopolitique, Hérodote, Stratégique, Géostratégiques, Nova Storica, Risk, Politique Internationale, Outre-Terre, Daedalos Papers, Geopolitical affairs, Géoéconomie. Il se focalise sur la géopolitique du monde arabo-musulman.
Il est administrateur du cabinet de conseil et du groupe de réflexion (think tank) Géopol Consultings.
Le géopolitologue et ex-président de l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne Jacques Soppelsa présente, dans sa préface du livre La mondialisation dangereuse, Alexandre del Valle comme le . En précisant qu'il approfondissait l'analyse de la mondialisation, trop souvent comprise comme , dans une logique novatrice et contre-intuitive qui allait surprendre ses lecteurs et ses détracteurs...
Thèses défendues
L'alliance américano-islamiste En 1997, Marc d'Anna publie son premier ouvrage Islamisme et États-Unis : Une alliance contre l'Europe sous le pseudonyme . Dans sa deuxième édition, le livre est préfacé par le général chevènementiste et artisan de la politique de dissuasion nucléaire française Pierre Marie Gallois... Dans cet essai, il défend l'idée selon laquelle les États-Unis se seraient, depuis les années 1970, appuyés sur des mouvements islamistes afin de contrer les influences communistes et panarabiques ; cela aurait, in fine, affaibli l'Europe en tant qu'entité politique...
La Revue de la Défense Nationale dans sa recension considère que sa description de la “géopolitique du Coran” est sévère mais incontestable. Sur le reste de l'ouvrage, la revue exprime de plus grandes réserves, en jugeant particulièrement fragile l’idée de l’alliance des deux partenaires, l’américain et l’islamiste..
Selon Denise Artaud, la thèse d'Alexandre del Valle concernant un est difficilement admissible, mais l'ouvrage traite également de , notamment en ce qui concerne la et l'identité de l'Europe, qui s'affaiblit en renonçant à ses .
Le complexe occidental
Dans son ouvrage Le Complexe occidental : Petit traité de déculpabilisation publié en 2014, Alexandre del Valle développe ses idées de 1998. Il y estime que cette et ce sentiment de culpabilité seraient la principale menace contre les sociétés occidentales.. Il estime que l'. Il considère que la seule façon d’assurer une pérennité à la vieille Europe serait de renouer avec son identité, de se déculpabiliser, de se réconcilier avec son histoire judéo-chrétienne et ses racines dans le cadre d’un monde multipolaire fait de retour des identités et de realpolitik décomplexéePascal Lorot, , Institut Choiseul, en ligne (consulté le 5 mai 2016).. Il estime que cette déculpabilisation est une condition nécessaire à l'intégration des nouvelles populations arrivées sur le sol européen..
Il exprime régulièrement son opposition à l'entrée de la Turquie dans l’UE.. Ce processus relèverait, selon lui, d'une stratégie menée par certains dirigeants politiques turcs issus du courant islamiste visant à ..
La nouvelle judéophobie d'origine arabo-islamique
En 1999 et 2000, Alexandre del Valle défend, dans Le Figaro, la communauté juive et Israël, , et il devient pro-israélien.
Il estime qu'il n'est plus possible, aujourd'hui, en France, de dénoncer la judéophobie d'origine arabo-islamique sans être qualifié d' ou de et d'être catalogué islamophobe ou raciste. Il rappelle que les premières victimes du sont des musulmans et que les de la lutte antiraciste feraient mieux de dénoncer ce plutôt que d'essayer de . Il estime que devant l'ampleur de l'électorat musulman, .
Libération indique que .
La commission d’études politiques du CRIF a entendu Alexandre del Valle sur la question des liens supposés entre les Frères Musulmans et l’extrême gauche, au cours de laquelle il évoque les alliances d'antagonismes idéologiques par simple judéophobie.. Il va plus loin en assurant que le mythe de l'islamophobie serait une création des Frères Musulmans et exploité comme outil d'infiltration.
Le totalitarisme islamiste Alexandre del Valle, en s'appuyant sur les attentats du 11 septembre 2001, assimile l'islamisme à un ou un Joseph Macé-Scaron, , Le Figaro, 16 octobre 2002., qui consiste à vouloir « conquérir la planète par la force, la jihad, la guerre sainte », une volonté qu'il qualifie de « fanatisme absolu ».. Il gagne en notoriété en développant cette thèse sur les plateaux de télévision après les attentats. Ainsi, dans son ouvrage Le totalitarisme islamiste à l’assaut des démocraties, il considère que le terrorisme islamiste sunnite et l’idéologie salafiste à prétention impérialiste qui le sous-tendrait ne sont pas une forme d'intégrisme, un concept qui selon lui mettrait sur un même plan les , mais bien une forme de , à l’instar d’autres idéologies totalitaires et conquérantes et violentes fondées sur la terreur et le contrôle total de l’homme..
Il déplore, en conséquence, le rejet de la Russie par les pays de l’OTAN, à commencer par les États-Unis., et continue de plaider, a contrario, pour un réconciliant les anciens ennemis de la guerre froide face à la menace, selon lui, principale du ..
Selon Alexandre del Valle, l'« islamisme modéré » n'existe pas et l'Islam se caractérise par une complète imbrication de la religion et de l’État : selon lui, « l'Islam estime que, sans le pouvoir, on ne peut mettre en pratique la doctrine ». Del Valle affirme que l'Islam européen est pratiquement totalement représenté par des « associations religieuses et culturelles contrôlées par des États fondamentalistes ou des mouvements islamistes ».
Persécution du christianisme
Alexandre del Valle soutient que la religion la plus persécutée est le christianisme. Selon lui, la banalisation de la haine envers les chrétiens et le christianisme dans le monde résulterait de son assimilation à un Occident colonial, dominant, donc à la blanc européen, voire à l’impérialisme américain..
Parcours politique Premiers engagements autour du RPR En 1991, au cours de ses études à l'IEP d'Aix-en-Provence, Alexandre del Valle milite pour le RPR UDF puis au RPF de Charles Pasqua et Philippe de Villiers. En 2001 il s'engage à l’UMP avec Rachid Kaci. .
La Droite Libre et droite de l'UMP
En , il cofonde, avec son ami Rachid Kaci, La Droite Libre, courant libéral-conservateur, et qui est, selon Le Monde, .. Le , lors de l'assemblée constituante de l'UMP, Rachid Kaci et lui, sous pseudo, se présentent à la vice-présidence de l'UMP avec, comme adversaires, Alain Juppé ou Nicolas Dupont-Aignan. .
En 2017, il participe à une conférence organisée par le député européen Salvo Pogliese et son groupe du Parti populaire européen (PPE)..
En 2019, il intervient lors d'une conférence organisée par le député européen Costas Mavrides, membre du groupe de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D)..
Prises de position et positionnement politiques
En 1999, il signe la pétition , initiée par le collectif d'extrême droite pour s'opposer à l'intervention militaire de l'OTAN en Serbie.. La même année, il s'exprime dans les colonnes d'Offensive, le journal des jeunes mégrétistes. Il est, par ailleurs, conférencier à l'université d'été de Jeunesse Action Chrétienté, organisation catholique intégriste fondée par Guillaume Peltier..
Critiques et controverses Qualification d'extrême droite et poursuites en diffamation En 2001, à la suite d’un article coécrit sur le thème des , Alexandre del Valle fait l’objet de plusieurs réactions dans la presse l'accusant de proximités avec l'extrême droite. La revue engagée REFLEXes, est la première à publier, et est reprise par Canal+ et l'association proche de la mouvance d'extrême gauche MRAP. La revue REFLEXes juge que del Valle présente un double visage, le décrivant comme , mais qui pour autant et , ce qu'il dément .. La même publication écrit qu'à l'IEP d'Aix-en-Provence, . Selon René Monzat, qui a mené une enquête sortie dans la revue Ras l'front en 2002, Muninn a publié un ou plusieurs articles de del Valle à chaque parution pendant près de trois ans à partir de 1991. Selon René Monzat, del Valle aurait initialement exposé ses thèses dans des cercles et conférences de la Nouvelle droite et du GRECE. Lorsque, la même année, Le Monde diplomatique, Le Monde, Politis et Libération reprennent les informations de Ras l'front sur le passé de del Valle., ce dernier attaque en justice l'article de René Monzat., et intente des procès à tous les journaux qui l'incriminent.