Les danses pratiquée à Wallis-et-Futuna sont essentiellement des danses traditionnelles. Pour Raymond Mayer, .
Fêtes coutumières À Wallis et Futuna, les danses sont généralement présentées par différents villages lors de fêtes coutumières (notamment le katoaga). Les danseurs et danseuses se succèdent devant les dignitaires, souvent lors de concours de danses, qui parfois se succèdent sur plusieurs heures. Les spectateurs peuvent récompenser des danseurs en glissant des billets de francs Pacifique dans leur coiffure ou leurs vêtements. Cette pratique remonte, d'après Dominique Pechberty, à la présence américaine à Wallis de 1942 à 1946 et à la monétarisation de l'économie wallisienne. Toutefois, seuls les billets glissés dans les vêtements peuvent être récupérés par le danseur ; l'argent placé dans les coiffures est collecté et redistribué équitablement entre tous les participants après la cérémonie.
Types de danses vignette|Répétition de danses dans le (maison commune) de Liku à Wallis pour la fête de l'Assomption de 1996.Il existe au moins 16 types de danses (), leurs différences reposant sur le lieu, l'occasion, le nombre de danseurs, le sexe, les instruments d'accompagnement et d'autres indicateurs. La plupart des danses sont accompagnées de chants et d'un certain type d'instruments de percussion (), car danser sans tambour est considéré comme inhabituel.
Eke (Sōkē)
La danse eke est une danse guerrière mixte de l'île de Wallis traduisant l'habilité du guerrier. La danse est rythmée par de simples bâtons qui s'entrechoquent.
La danse du est originaire de Loto'alahi. Chaque groupe est composé de quatre hommes dans chaque phase de la danse. La façon ancienne de danser le sōkē était longue, chaque danseur devait faire une grande boucle avant de reprendre sa place. Le sōkē ne consiste pas en de courtes figures.vignette|Kailao à Mata-Utu en 2001.
Kailao
vignette|Danse aux Tonga. Le kailao se danse torse nu tout en manipulant une lance guerrière ou des massues. Elle est exclusivement masculine. La danse n'a pas de chant, seul un meneur guide les danseurs et donne les séquences à suivre. La danse est rythmée par la percussion de barils creux en bois ou métalliques, qui marquent les pas.
Le kailao hele se danse avec un sabre ou une épée.
Le est originaire de Halalo. Il se danse avec de longues lances lors des fêtes paroissiales uniquement lorsque le Lavelua est présent.
Tāpaki (Tu'upaki) Danse ayant pour thématique les forces de la nature et les divinités ancestrales. La danse du tāpaki existe à Uvea, à Futuna mais également à Tonga. Cette danse peut être exécutée en dehors des katoaga. Elle se pratique en plein air et réunit une vingtaine de participants. Les danseurs tiennent dans une main une pagaie () très mince, munie d'un manche, qu'ils font tourner et qu'ils frappent de l'autre main au rythme des instruments de percussion.
(Faka) Niutao vignette|Une danse exécutée en 1943 à Wallis, filmée par l'armée américaine. Cette danse provient originellement de Niutao (une île de l'archipel de Tuvalu). L'ethnologue Burrows note que les danseurs sont assis et chantent, puis certains se lèvent. Cependant, pour Raymond Mayer, c'est un Raymond MAYER, Malino Nau, Eric Pambrun et Christophe Laurent, Chanter la guerre à Wallis (’Uvea), Le Journal de la Société des Océanistes n°122-123, 2006.
Sasa
Originaire de Samoa, le sasa se danse assis. C'est une danse d'imitation, placée souvent en début des danses à textes. Elle est néanmoins exécutée, pour la plupart du temps, sans texte, sur le seul rythme donné par les femmes battant la natte.vignette|Danse lakalala à Mata-Utu en 2001.
Lakalaka
Le lakalaka est un mélange de chorégraphie, d’art oratoire, de polyphonies vocale et instrumentale. Elle tire son origine d’une danse appelée . Les représentations durent une trentaine de minutes et peuvent réunir plusieurs centaines de personnes. Les participants se mettent en rang, les hommes à droite et les femmes à gauche. Les hommes font des mouvements rapides et énergiques, tandis que les femmes exécutent des pas gracieux doublés d’une gestuelle élégante. Les deux groupes accompagnent la danse en frappant des mains et en chantant, souvent avec le soutien d’un chœur.
Soamako (Soa mako)
Le soamako futunien est une danse d'origine guerrière. Elle est exécutée à l'occasion de noces avec des bâtons par les femmes seules, les hommes seuls ou par l'ensemble mixte. Cette danse, rapide ternaire, impressionne par ses gestes empreints de force, de douceur et d'élégance à la fois.
À Uvea, le soamako désigne une catégorie de danses informelles plutôt qu'une danse unique. Il peut être pratiqué dans les maisons lors de rassemblements informels, mais également sur le malae pendant les grandes fêtes, comme intermède entre des danses plus élaborées. La musique commence lentement puis accélère progressivement. Des participants s'avancent successivement dans l'espace de danse et forment de petits groupes. Ils effectuent des pas balancés, les genoux fléchis et les pieds tournés vers l'extérieur, accompagnés d'exclamations rythmées. Les groupes exécutent ensuite une série de gestes avant d'être remplacés par d'autres danseurs. Malgré certaines variations individuelles dans les mouvements, les danseurs restent relativement synchronisés dans leurs gestes.
Lors du défilé militaire du 14 juillet 2011, un soamako est effectué devant la tribune présidentielle par des soldats de différentes unités, tous originaires d'Océanie. Il est fait de même lors du défilé 2026.
Tākofe La danse du tākofe n'existe qu'à Futuna. Elle s'exécute en plein air, sur la place cérémonielle (mala'e) lors des katoaga. Une soixantaine de danseurs portent un bambou (kofe) qui représente l'arme du guerrier. À l'extrémité supérieure du bambou sont accrochés un bouquet de feuilles et un morceau de lafi. Les danseurs, disposés sur quatre rangées, font face aux spectateurs. Ils sont parés de peinture, de bandes de lafi noués aux chevilles et aux bras, ainsi que d'une coiffe en forme de turban. Ils dansent en frappant le sol de leur bambou. Ils s'intervertissent et changent de rangée au cours de la danse que rythme un homme frappant avec un bâton () sur un récipient en bois () retourné sur le sol.
Lau Taimi Le Lau Taimi est une danse de provenance futunienne, également pratiquée à Uvea (Wallis). Dans son étude ethnographique d'Uvea publiée en 1937, l'ethnologue américain Edwin G. Burrows la répertorie parmi les danses masculines à caractère martial. Elle est exécutée debout sur le mala'e à l'occasion de fêtes et peut impliquer l'ensemble du village. Les danseurs utilisent des pakalafa'i niu, de longues massues constituées de nervures centrales de feuilles de cocotier, mesurant environ neuf pieds (2,7 mètres) et balancées horizontalement. La danse est accompagnée de percussions ; Burrows signale qu'à l'époque de son enquête, celles-ci sont notamment réalisées sur des bidons de kérosène. Il précise toutefois ne pas avoir lui-même observé le Lau Taimi. En 1997, à l'occasion du concours des danses traditionnelles du , on peut assister à une interprétation du lau taimi par le village de Liku. On y observe une danse dynamique où les danseurs se déplacent de manière synchronisée et les gestes répétés sont effectués au rythme de la cadence des percussions. En 1973, l'ethnologue Raymond Mayer mentionne les lautaimi parmi les danses auxquelles il assiste à Wallis et les décrit comme étant « de provenance futunienne ». Il constate plus généralement que la nomenclature des danses wallisiennes s'est enrichie depuis l'inventaire établi par Burrows. En 2025, le Lau Taimi est mis à l'honneur dans une émission philatélique de Wallis-et-Futuna à l'occasion de la Journée internationale de la danse. Le timbre, émis le , représente des danseurs et porte la mention « Danse Lau Taimi ». Créé par Rebecca Hoatau-Kulimoetoke, il est tiré à et possède une valeur faciale de 115 francs CFP.
Photos
Notes et références
Références
Bibliographie
Voir aussi
Articles connexes Histoire de la danse
Liens externes Soa mako sur youtube.com
Wallis Catégorie:Danse en France d'outre-mer Catégorie:Culture wallisienne et futunienne