La (NSA, « Agence de sécurité nationale ») est un organisme gouvernemental du département de la Défense des États-Unis, responsable du renseignement d'origine électromagnétique et de la sécurité des systèmes d'information du gouvernement américain.
Le Central Security Service (CSS) est une agence établie dans les mêmes bureaux que la NSA et créée dans le but de coordonner les efforts des sections de cryptographie de la NSA et de l'armée des États-Unis.
Missions La NSA/CSS est chargée de diriger les activités de cryptologie du gouvernement américain. La cryptologie, selon sa définition, comprend deux missions principales : Signals Intelligence (SIGINT), c'est-à-dire le renseignement d'origine électromagnétique ; Information Assurance (IA), la sécurité des systèmes de communications et de traitement des données.
Par ailleurs elle rend techniquement possibles les Computer Network Operations (CNO)., c'est-à-dire les opérations d'attaque, de défense et de renseignement menées sur les réseaux informatiques.
En pratique, la NSA est le seul collecteur et traiteur de Communications Intelligence (COMINT, renseignement venant de l'interception de communications), le principal (mais pas le seul) traitant de (FISINT), et coordonne le programme d'Electronic Intelligence (ELINT) depuis 1958. La NSA est également chargée depuis les années 1980 de la formation des services du gouvernement à l'Operations Security (OPSEC).
La NSA dirige l'US Cryptologic System (USCS)Le terme « US Cryptologic System » remplace celui de « US SIGINT System » (USSS) bien que les deux ne soient pas strictement équivalents, l'USSS ne couvrant que la mission de SIGINT mais pas celle d'Information Assurance ( Maritime SIGINT Architecture Technical Standards Handbook, version 1.0, mars 1999, , ) qui englobe les entités du gouvernement américain chargées du SIGINT et de l'IA Joint and National Intelligence Support to Military Operations, Joint Publication 2-01, 5 janvier 2012, , p. II-16 . En plus de la NSA, l'USCS comprend les Service Cryptologic Components (SCC, « composants cryptologiques des services », c'est-à-dire les éléments chargés du SIGINT des forces armées des États-Unis)Les Service Cryptologic Components (SCC) ont changé plusieurs fois de noms au cours de leur histoire :
+Service Cryptologic Components (SCC)US ArmyUS NavyUS Air ForceSignal Intelligence Service (SIS), Signal Corps (1938-1943)Communications Intelligence Organization (OP-20-G) (1942-1946)Air Force Security Group (AFSG) (1948)Signal Security Agency (SSA), Signal Corps (1943-1945)Communications Supplementary Activities (OP-20-2) (1946-1950)Air Force Security Service (USAFSS, AFSS) (1948-1979)Army Security Agency (ASA puis à partir de 1957 USASA) (1945-1976)Navy Security Group (OP-202) (1950)Electronic Security Command (ESC) (1979-1991)Intelligence and Security Command (INSCOM) (depuis 1976)Naval Security Group (NAVSECGRU) (1950-1968)Air Force Intelligence Command (AFIC) (1991-1993)Naval Security Group Command (NAVSECGRU) (1968-2005)Air Intelligence Agency (AIA) (1993-2007)Naval Network Warfare Command (NETWARCOM) (2005-2010)Air Force Intelligence, Surveillance and Reconnaissance Agency (AF ISR Agency) (depuis 2007)US Fleet Cyber Command (depuis 2010)
Précédemment, ces services étaient appelés Service Cryptologic Agencies (SCA) et (SCE).
Pour une liste plus détaillée, voir Records of the National Security Agency/Central Security Service (NSA/CSS).
L'US Marine Corps et l'United States Coast Guard ont également des services crytologiques, confiés à l'US Marine Corps Director of Intelligence (DIRINT) et au US Coast Guard Deputy Assistant Commandant for Intelligence respectivement (). et des milliers de personnes chargées du SIGINT dans divers commandements et unités militaires de par le monde. La NSA contrôle aussi les opérations de SIGINT de la Central Intelligence Agency (CIA) et notamment leur service conjoint de collecte clandestine de renseignement, le Special Collection Service (SCS) Matthew M. Aid, « The Troubled Inheritance: The National Security Agency and the Obama Administration », .
Histoire Origine Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le renseignement d'origine électromagnétique (Communications Intelligence ou COMINT) joua un rôle important dans la conduite de la guerre par les États-Unis. Les « éléments cryptologiques des services » (éléments des forces armées des États-Unis chargés de l'écoute et du décryptage des communications ennemies) de l'US Army et de l'US Navy remportèrent, en coopération avec leurs homologues britanniques, de nombreux succès contre les communications japonaises et allemandes dans les opérations Magic et Ultra. Combinés à la radiogoniométrie (direction finding ou DF), l'analyse de trafic et l'exploitation du texte diffusé en clair (non chiffré), le COMINT fournit énormément de renseignements Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, .
De la guerre dériva une certaine culture marquée par : l'importance du COMINT la nécessité de maintenir le secret à son sujet pour que l'ennemi ne sache pas que ses codes étaient décryptés et continue à les utiliser ; cela conduisit à limiter sévèrement la circulation des informations issues du COMINT, au risque d'en tenir à l'écart ceux en ayant besoin Matthew M. Aid, The Secret Sentry, Le nom de code Ultra, bien que souvent utilisé pour désigner l'opération de décryptage d'Enigma, était en fait une classification spéciale des renseignements issus de cette activité. Dans la même veine, les services américains utilisent toute une série de noms de code pour classifier les informations issues du SIGINT en plus des classifications normales (confidentiel, secret, top secret) : (SI), Handle via COMINT Channels Only (CCO), Moray, Delta, Gamma, Spoke, Umbra, Zarf (indiquant le SIGINT issu de satellites), Very Restricted Knowledge (VRK), etc. (National Reconnaissance Office Review and Redaction Guide for Automatic Declassification of 25-Year Old Information ) le besoin de concentrer d'importantes ressources humaines et matérielles pour attaquer des systèmes de chiffrement complexes ; les États-Unis et le Royaume-Uni avaient collaboré efficacement contre Enigma, mais la rivalité entre l'Army et la Navy avait conduit à une répartition séparée des tâches entre les deux services.
vignette|Des prisonniers allemands préparent le transport du « Russian Fish » vers l'Angleterre en juin 1945. Peu avant la fin de la guerre, un Target Intelligence Committee (TICOM) fut chargé de déterminer quelles avaient été les performances des services cryptographiques des pays de l'Axe, et éviter que d'éventuels moyens « ne tombent en des mains non autorisées ». Une de ses équipes trouva le personnel et le matériel d'un service allemand de décryptage qui avait réussi à intercepter les messages soviétiques de plus haut niveau transmis par un radiotélétype multiplexé dit « Russian Fish ». Ce travail allemand semble avoir formé la base des interceptions américaines ultérieures des radiotélétypes soviétiques James Bamford, Body of Secrets, . Pour plus de détails, voir la page Russian FISH sur le site TICOM Archive et les pages German exploitation of Soviet multichannel radio-teletype networks 1936-1945 et American exploitation of Soviet multichannel radio-teletype networks 1946-1956 du blog Christos military and intelligence corner. Cette capture avait été rapportée précédemment dans et Nigel West, Venona: The Greatest Secret of the Cold War, Harper Collins, Londres, 2000 . Le surnom « Russian Fish » vient du fait que c'était un radiotélétype chiffré, tout comme les machines allemandes Fish..
vignette|Officiers américains et britanniques à la signature de l'accord de coopération BRUSA (futur UKUSA) à Washington, le 5 mars 1946.
Après la fin de la guerre, les services cryptologiques furent massivement démobilisés. Leurs effectifs passèrent de au moment de la capitulation du Japon à en Matthew M. Aid, The Secret Sentry, , 319. Les effectifs restants s'attaquèrent à de nouveaux objectifs : l'URSS, les communistes chinois, la France et la Grèce. À la mi-1946, la moitié des rapports du service cryptologique de lUS Army étaient dérivés de l'interception de communications françaises Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, 1945-1989, vol. I, . L'US Army avait créé une section ciblant l'URSS dès février 1943, et à la fin de la guerre, plus de et près de travaillaient sur les communications soviétiques. À cette époque, les Américains et les Britanniques conclurent un accord verbal de coopération sur ce projet, qui reçut le nom de code Bourbon. C'est sur cette base que fut ultérieurement construit l'accord UKUSA Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, . À partir de 1946, les cryptologues américains et britanniques parvinrent à « casser » plusieurs systèmes de chiffrement soviétiques importants. De cette année jusqu'au début 1949, plus de messages de l'armée russe et plus de messages de la marine soviétique furent ainsi décryptés Matthew M. Aid, The Secret Sentry, . Parallèlement, une opération séparée, le projet Venona, aboutit au décryptage de télégrammes chiffrés du KGB envoyés plusieurs années auparavant, révélant notamment l'existence d'espions soviétiques au sein du projet Manhattan et les « cinq de Cambridge » Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, .
Mais ces progrès furent rapidement contrés par une série de changements dans les systèmes et procédures de chiffrement soviétiques à partir de novembre 1947 et qui culminèrent en 1948. Les systèmes soviétiques que les Américains et Britanniques décryptaient furent changés les uns après les autres. Bien que les disparitions de ces systèmes s'étalent sur plusieurs mois, et qu'aucune n'eut lieu en fin de semaine, les cryptanalystes américains appelèrent le désastre « Black Friday » (« vendredi noir ») (la source citée est Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, , source qui est, elle, presque entièrement censurée par la NSA, y compris les passages cités dans The Invisible Cryptologists). . Bon nombre de communications importantes passèrent par câble au lieu de la radio, déjouant les interceptions. Sur les canaux radio restant utilisés, de nouvelles machines à chiffrer furent introduites, et les procédures de sécurité furent largement améliorées. Ce fut un désastre pour le renseignement américain, auquel il fallut six ans pour commencer à récupérer le terrain perdu Matthew M. Aid, The Secret Sentry, .
La responsabilité du « Black Friday » a souvent été attribuée par les anciens de la NSA à William Weisband, un linguiste de l'AFSA travaillant sur le problème soviétique, qui fut suspecté en 1950 par le FBI d'avoir été un agent communiste ; le FBI ne put jamais déterminer si Weisband avait passé des informations aux Soviétiques. Son cas causa une certaine paranoïa dans la profession et contribua à l'attitude très restrictive de la NSA dans la diffusion de ses informations Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, .
Armed Forces Security Agency (AFSA)