Chimay (en wallon Chimai) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut. Elle se situe dans le Parc national de l'Entre-Sambre-et-Meuse créé en 2022.

Située dans l'arrondissement administratif de Thuin, elle est née de la fusion de 14 anciennes communes, le janvier 1977.

La ville abrite le château des princes de Chimay où demeurait la Princesse Élisabeth de Chimay., et la collégiale Saints-Pierre-et-Paul. Non loin de là se trouve le lac de Virelles, d'un grand intérêt ornithologique. Mais Chimay est principalement connue grâce à l'abbaye Notre-Dame de Scourmont, toute proche (à Forges), où des moines cisterciens trappistes fabriquent de la bière et des fromages.

La bière de Chimay, dorée, rouge, bleue, verte, jaune ou triple est obtenue par un procédé de fermentation haute (à plus de 20 °C) et subit une seconde fermentation en bouteille. Elle n'est pas pasteurisée.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Cimacum en 887, Cimai, Cymay depuis 1065Emile Dony, Histoire de Chimay, Publications de la société d'histoire et d'archéologie du Pays de Chimay, Tome VI - 1945. À partir du , la graphie Chimai tend à remplacer Cimay dans des actes de 1248, 1258 et 1276Emile Dony, Ibidem.. La forme actuelle Chimay s'est imposée lentement dans les premières décennies du .

L'un des premiers spécialistes à s'être exprimé à ce sujet est Hermann GröhlerHermann Gröhler, Über Ursprungs und Bedeutung der französischen Ortsnamen, Heidelberg, t. I, 1913, ., pour qui le nom de Chimay repose sur l'étymon gallo-romain *Cimacum formé sur un anthroponyme hypothétique d'origine gauloise *Cimus et du suffixe -acum, soit « (le domaine) de *Cimus ». L'auteur cite plusieurs autres noms gaulois formellement attestés, tels que Cimu, Cimo, Cimiao[…], ainsi que l'épithète gallo-romain Cimiacinus « du domaine de *Cimios / *Cimiacos » appliqué à Mercure; ces derniers noms semblent tous se rattacher à ce même radical, de sens incertain.

Cette analyse est en grande partie adoptée par Jules Herbillon., pour qui *Cimacum est aussi la « propriété de *Cimus ou *Cimos », puis par Jean-Jacques JespersJean-Jacques Jespers, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Racine, Bruxelles, 2005, p. 198a., qui ne fait que reprendre telle quelle la formulation de ce dernier. Xavier Delamarre va un peu plus loin en posant un étymon entièrement gaulois (et non gallo-romain) *cimācon « domaine de Cimos », avec la forme gauloise primitive -ācon du suffixeXavier Delamarre, Noms de lieux celtiques de l'Europe ancienne (-500 / +500), Errance, Paris, 2012, p. 113b..

Une vision quelque peu divergente des choses est celle d'Albert CarnoyAlbert Carnoy, Dictionnaire étymologique du nom des communes de Belgique, y compris l’étymologie des principaux noms de hameaux et de rivières, Louvain, éd. Universitas, 1939-1940, .. Raisonnant sur la forme un peu plus tardive Cymacum, et le fait que les graphies y et oe sont souvent interchangeables en bas-latin, il avance l'hypothèse d'un étymon *Coemacum, toponyme gallo-romain formé sur l'anthroponyme celtique non attesté *Coimos et du suffixe -acum, soit « (le domaine) de *Coimos ». L'auteur fait état pour expliquer ce dernier nom d'un mot celtique coimos « joli, aimable », de statut douteux : en effet, il ne figure pas dans les dictionnaires de spécialistes actuels tels que de Pierre-Henri BillyPierre-Henry Billy, Thesaurus Linguae Gallicae, Hildesheil / Zürich / New-York, Olms-Wiedmann, 1993. et Xavier DelamarreXavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, 2003..

Quelle que soit l'hypothèse envisagée, l'initiale Chi- de Chimay révèle dans les deux cas un traitement dialectal picard du toponyme.

Il est à noter que Marie-Thérèse Morlet ne fait pas figurer Chimay dans son ouvrage consacré aux noms de personnes dans les noms de lieuxMarie-Thérèse Morlet, Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule du , Paris, CNRS, t. III (les noms de personnes contenus dans les noms de lieux), 1985., ce qui semble représenter de sa part un rejet implicite de ces explications (plutôt qu'un oubli, peu probable). Géographie

Géographie physique Chimay est située sur la bande calcaire de la Calestienne. Ce sont des terres propices à la culture, défrichées tôt, bien avant l'époque monastique. Chimay est en effet située dans une grande clairière, ouverte dans la forêt ardennaiseC'est la forêt de Chimay..

Plus au sud, la clairière a été agrandie à l'époque monastique, vers les terres plus pauvres de la retombée nord du plateau de Rocroi ; ces terres étaient surtout dévolues à l'élevage et à des cultures pauvres, comme le seigle. Aux , des fermes créées par des entrepreneurs individuels ont poursuivi ces défrichements, encouragées par l'État.

Chimay occupe une altitude comprise entre 220 et 275 m, avec une moyenne d’environ 240 m. Le territoire s’étend sur 198,6 km², ce qui en fait l’une des communes les plus vastes de Wallonie. Il se situe entre les massifs forestiers de la Fagne et de la Thiérache, dans la partie méridionale de la « botte du Hainaut ».

Le sous-sol chimacien appartient à la Calestienne, une bande calcaire du Dévonien moyen. Cette structure géologique explique:

une végétation plus clairsemée que dans les massifs voisins, la présence de sols calcaires favorables à certaines espèces floristiques, un modelé de terrain marqué par des reliefs karstiques légers. Après la dernière période glaciaire, la région aurait constitué une clairière dans la grande Forêt ardennaise, ce qui a favorisé l’implantation humaine précoce. Aujourd’hui, le paysage alterne:

plateaux calcaires ouverts, vallons humides, massifs forestiers périphériques, zones agricoles et prairies bocagères.

Sections de commune

# Nom Superf.(km). Habitants(2025) Habitantspar km Code INS 1 Chimay 44,92 74 56016A 2 Virelles 18,62 723 39 56016B 3 Vaulx 5,38 162 30 56016C 4 Lompret 7,50 134 18 56016D 5 Baileux 24,31 49 56016E 6 L'Escaillère 14,34 204 14 56016F 7 Rièzes 7,85 323 41 56016G 8 Bourlers 19,33 710 37 56016H 9 Forges 15,03 86 56016J 10 Saint-Remy 9,30 399 43 56016K 11 Villers-la-Tour 8,02 494 62 56016L 12 Salles 11,76 240 20 56016M 13 Bailièvre 6,85 226 33 56016N 14 Robechies 5,41 273 50 56016P

Communes limitrophes

Hydrographie Le réseau hydrographique est dominé par l’Eau Blanche, qui prend sa source dans un étang situé à cheval entre Chimay et Momignieshttp://biodiversite.wallonie.be/cgi/sibw.sgib.form.pl?SGIBCODE=282.

L’Eau Blanche rejoint l’Eau Noire pour former le Viroin, affluent de la Meuse. Le ruisseau de Bardompré, affluent de l’Eau Blanche, contourne l’agglomération par le sud et l’ouest.

Environnement vignette|Le lac de Virelles. La commune a été commune-pilote en matière d'efficience énergétique dans le cadre du programme Palme, avec dans les années 2000 un cadastre énergétique, un projet de parc éolien sur un terrain appartenant à la Bière de Chimay, la construction de bâtiments à énergie solaire et une centrale de biométhanisation et un projet de réseau de chaleur alimenté en bois énergie.

Le centre de développement agroforestier de Chimay ou CDAF sensibilise et forme sur le thème de l'agroforesterie.

Une amélioration notable de la biodiversité en Belgique et Wallonie et particulièrement en Thiérache belge, au nord de l’Avesnois français, est liée au récent retour du castor européen, qui a aussi été l'occasion d'un nouveau tourisme vert, Chimay étant située dans la « vallée du castor ». Plusieurs associations et une vingtaine d'animateurs (ou « guide castor » sont en Belgique en 2009 actifs pour faire découvrir le castor et son intérêt au public qui s'y intéressepage du « Pays des castors », Animations touristiques au « Pays des castors », avec notamment des excursions, projections de films et animations à la demande Animation « Castor Live ».

L'association Natagora est particulièrement active avec le centre de l'Aquascope Virelles sur le site du lac de Virelles, tout proche. Depuis 2007 s'y trouve un centre de revalidation (CREAVES) qui accueille des animaux (vivant à l'état sauvage), blessés ou malades, dans le but de pouvoir les rendre à la nature après guérison. gauche|vignette|Le lac de Virelles depuis le Bois de Blaimont. La Ville de Chimay, située dans le sud de la province de Hainaut, se caractérise par un environnement rural dominé par les forêts, les zones humides et les paysages bocagers. La commune dispose d’un service environnement chargé de la coordination du Plan Communal de Développement de la Nature, du suivi du patrimoine naturel et de l’accueil des citoyens pour toute question environnementale. Ce service assure également la participation de la ville au Contrat de rivière Haute Meuse, ce qui implique une gestion concertée des cours d’eau et de leurs abords.

Le territoire communal comprend de vastes espaces boisés, notamment la Forêt du Pays de Chimay, ainsi que des zones humides d’intérêt écologique. Ces milieux accueillent une biodiversité typique de l’Entre-Sambre-et-Meuse, avec une mosaïque d’habitats favorables à la faune sauvage. La ville relaie régulièrement des mesures de protection, comme celles concernant la faune sauvage nocturne, en lien avec les réglementations régionales.

Chimay est également un territoire impliqué dans le développement des énergies renouvelables, notamment via des projets éoliens. Une réunion publique tenue en 2019 a présenté un projet d’implantation de cinq éoliennes porté par l’entreprise Elicio. Cette procédure s’inscrit dans un cadre légal strict comprenant une étude d’incidences environnementales, une enquête publique et une instruction technique.

L’environnement chimacien est marqué par la présence de l’Abbaye de Scourmont, dont les activités agricoles et brassicoles s’inscrivent dans une logique de gestion durable. La Fondation Chimay-Wartoise, issue de l’abbaye, se donne explicitement pour mission d’être un accélérateur de transition économique, sociale et environnementale dans la région. Elle soutient des initiatives locales visant à renforcer la durabilité et la valorisation du terroir.

Le service urbanisme de Chimay gère l’aménagement du territoire en concertation avec un conseiller en environnement. Ses missions incluent la gestion des permis d’urbanisme, des permis d’environnement et des permis uniques, ce qui contribue à encadrer l’évolution du cadre bâti tout en préservant les équilibres naturels.

La Forêt du Pays de Chimay La Forêt du Pays de Chimay est un ensemble forestier majeur aux confins du Hainaut et de Namur, structuré en massifs et corridors boisés qui s’étendent sur plusieurs communes et s’inscrivent dans le réseau régional des Forêts d’Ardenne. Elle est valorisée pour la randonnée longue distance via la Grande Traversée de la Forêt du Pays de Chimay, un itinéraire de trekking de l’ordre de 170–235 km selon les sources, jalonné d’aires de bivouac et de refuges.

Le territoire boisé alterne plateaux calcaires, vallées fluviales et zones de calestienne, ce qui crée des contrastes de relief et de sols. On y trouve des secteurs karstiques remarquables (gouffres et dolines) comme le Fondry des Chiens, ainsi que des étangs et zones humides associés aux bassins de la Sambre et de la Meuse. Ces variations géologiques expliquent la mosaïque d’habitats observée.

La végétation est variée et lumineuse, mêlant hêtraies, chênaies et peuplements résineux plantés, avec des clairières, prairies et mares favorables aux amphibiens et aux oiseaux d’eau. Des sites comme l’Aquascope de Virelles témoignent de la richesse ornithologique locale (zones d’observation, suivis de populations d’oiseaux migrateurs et nicheurs). La présence d’espaces humides et de vieux bois favorise une biodiversité locale notable.