La bataille de Jarablous oppose la Turquie et ses alliés à l'État islamique le , pendant la guerre civile syrienne. Elle marque le début de l'opération Bouclier de l'Euphrate.

Prélude À l'été 2016, la zone allant du poste frontière d'al-Raï jusqu'à la ville de Jarablous est la dernière contrôlée par l'État islamique le long de la frontière turque. Cette zone est alors convoitée par les Forces démocratiques syriennes, dominée par les Kurdes du PYD, qui ont proclamé une « région fédérale » le et cherchent à unifier leur territoire, de Afrine jusqu'au gouvernorat de Hassaké.

Le , les Forces démocratiques syriennes franchissent l'Euphrate et le , après une longue bataille, elles s'emparent de Manbij. Les FDS menacent alors al-Bab à l'ouest et Jarablous au nord, toujours contrôlés par l'EI. Afin d'apaiser Ankara, elles déclarent le qu'elles n'ont pour l'heure pas l'intention de faire mouvement sur Jarablous . Mais pour la Turquie, la création d'une entité kurde autonome à sa frontière, contrôlée par le PYD, lié au PKK, est inacceptable. Son objectif est alors de prendre de vitesse les Kurdes et d'occuper Jarablous avant ces derniers. Le , les FDS annoncent la création d'un « Conseil militaire de Jarablus », mais son commandant, Abdulsattar Al-Kadiri, est assassiné le lendemain. Les Kurdes accusent aussitôt les services secrets turcs.

Le , les rebelles basés à Azaz s'emparent du poste-frontière d'al-Raï. Le , cinquante familles de combattants de l'État islamique évacuent Jarablous et se replient sur al-Bab. Le , plusieurs centaines de rebelles venus d'Azaz et Bab al-Hawa prennent position du côté turc de la frontière. Le même jour, l'artillerie turque ouvre le feu et pilonne à la fois les positions de l'État islamique à Jarablous et celles des Forces démocratiques syriennes du côté de Manbij. Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu déclare alors que la frontière . Le , la population civile de la petite ville turque de Karkamış, située face à Jarablous, est évacuée.

Déroulement Le , à quatre heures du matin, l'armée turque et la coalition lancent l'opération sur la ville de Jarablous, peuplée de . Les forces spéciales turques pénètrent les premières en territoire syrien, puis une dizaine de chars soutenus par l'aviation franchissent à leur tour la frontière. Les Américains engagent également des A-10 et des F-16 qui bombardent des positions de l'EI. Selon le président Recep Tayyip Erdoğan, l'opération vise les « terroristes » de l'État islamique et du PYD.

Parmi les différents groupes rebelles qui prennent part à la bataille figurent la Division Sultan Mourad, Faylaq al-ChamCharles Lister, #Turkey jets, artillery & SOF - US jets, drones & SOF - FSA units All involved in offensive on #ISIS in Jarablus., twitter, 24 août 2016., la , Liwa Suqour al-Jabal, le Harakat Nour al-Din al-ZenkiRomain Caillet, Syrie :le groupe Nour ad-Din Zenki, ayant décapité un enfant à Alep, participe à la bataille contre l'#EI à Jarablus, twitter, 24 août 2016., le Front du Levant, Jaych al-Tahrir, la Division al-Hamza, Liwa al-Fatah, Jaych al-Nasr, Ahrar Tal Rifaat, la Brigade al-Moutasem et Ahrar al-Cham. Les forces rebelles engagent entre selon les estimations. Les troupes arabes portent un brassard rouge et les combattants turkmènes un brassard bleu.

Dans la journée du , en début d'après-midi, les rebelles prennent le village de Keklija, situé à 5 kilomètres à l'ouest de Jarablous et 3 kilomètres à l'intérieur du territoire syrien. Les Turcs et les rebelles ne rencontrent qu'une faible résistance, dès le milieu de l'après-midi, après douze heures d'offensive, Jarablous est conquise et les combattants de l'EI se replient vers Al-Bab. Le même jour, le Premier ministre turc souhaitait que l'opération se termine rapidement. Pour Ankara, il n'est pas question que l'armée turque reste plusieurs semaines sur le territoire syrien, avec des troupes au sol.

Le , la Turquie fait entrer en Syrie dix autres chars, des ambulances ainsi que des engins lourds par la ville de Karkamis. Le lieutenant-général Zekai Aksakallı se rend à Jarablous pour inspecter les forces.

Pertes Selon l'agence progouvernementale turque Anadolu, l'armée ne déplore aucune perte et les rebelles comptent un seul tué. Un commandant de Faylaq al-Cham affirme également à l'agence Reuters qu'une cinquantaine de djihadistes ont été tués.

Le au matin, la presse turque annonce la mort d'une centaine de djihadistes.

Réactions internationales Dès la mise en place de l'opération, les réactions se multiplient. Le ministre syrien des Affaires étrangères réclame la fin de cette opération qu'il considère comme .

En France, un porte-parole du Quai d'Orsay annonce que . De son côté, le président François Hollande assure: . Ainsi, le président de la République veut

L'Allemagne apporte son soutien à l'offensive militaire de la Turquie contre l'EI mais aussi contre les milices kurdes qu'elle considère comme une organisation terroriste.

Les États-Unis apportent leur soutien à une opération coup de poing turque indique un responsable américain sous couvert d'anonymat. Selon ce responsable, . En visite à Ankara, le vice-président américain Joe Biden déclare également que les YPG qui ont pris part à la prise de Manbij doivent se replier sur la rive est de l'Euphrate, faute de quoi ils perdront le soutien des États-Unis.

Salih Muslim, le coprésident du PYD, dénonce l'opération et affirme que : .

De son côté Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe, affirme que : . Mais la Russie ne condamne pas l'intervention. Selon le géographe Fabrice Balanche, la Russie aurait échangé un moindre soutien aux Kurdes du PYD contre celui de la Turquie à la rébellion syrienneFabrice Balanche, .

Le , le conseil religieux d'Ahrar al-Cham annonce apporter son soutien à l'intervention militaire turque au nord de la Syrie au nom de la . Cela provoque quelques tensions avec son allié du Front Fatah al-Cham, hostile à cette intervention.

Suites En , la Turquie forme une « police libre » à Jarablous, forte de 450 hommes et constituée en majorité d'anciens rebelles.

Voir aussi Liens externes . . . . Reportages . . . .

Vidéographie . . . .

Notes et références

Catégorie:Bataille de la guerre civile syrienne Catégorie:Bataille de 2016 Catégorie:2016 en Syrie Catégorie:Août 2016 Catégorie:Bataille impliquant l'État islamique Catégorie:Bataille impliquant la Turquie