Jean Babilée est un danseur, chorégraphe et acteur français né le dans le et mort le dans le .Rosita Boisseau, « Jean Babilée, mort du « fou dansant » », Le Monde, 31 janvier 2014.. Anna Kisselgoff, « https://www.nytimes.com/2014/02/04/arts/dance/jean-babilee-dies-at-90-ballets-acrobatic-star.html?_r=0 Jean Babilée, Rebel of World Ballet, Dies at 90 », The New York Times, 3 février 2014..

Biographie Jean GutmannOu Gutman selon les sources., est formé à l'École de danse de l'Opéra de Paris de 1935Alan Riding, Et la fête continue. La vie culturelle à Paris sous l'Occupation, Plon, 2010, p.194 : "Jean Babilée, qui n'avait que douze ans quand il entre à l'école en 1935 et qui devint l'un des plus grands danseurs français d'après guerre, fameux surtout pour l'agilité de ses bonds." à 1940. Lors de l'exode, il fuit dans le sud de la France en compagnie de son ami Roland PetitAlan Riding, Et la fête continue. La vie culturelle à Paris sous l'Occupation, Plon, 2010, p.194 : "En 1940, lorsque la Wehrmacht approchait de Paris, il rejoignit une ferme familiale dans le sud de la France, accompagné de son ami Petit.". Il reste dans la zone libre et est engagé par les Ballets de Cannes en 1940 où il se voit confier des rôles importants dans Les Sylphides et dans Le Spectre de la roseAlan Riding, Et la fête continue. La vie culturelle à Paris sous l'Occupation, Plon, 2010, p.195. En 1942, il revient à Paris et, auditionné par Serge Lifar, est admis à l’Opéra de Paris comme second quadrille tout en prenant des cours particuliers avec Victor Gsovsky. Les lois adoptées par le gouvernement de Vichy sous l'occupation nazie l'incitent à prendre pour pseudonyme le nom de sa mère : Babilée. Quelqu'un ayant écrit le mot « juif » et dessiné une grande étoile sur son miroir des loges communes, il laisse tel quel ces inscriptions pendant trois jours, avant qu'un costumier ne les effaceAlan Riding, Et la fête continue. La vie culturelle à Paris sous l'Occupation, Plon, 2010, p.195 : "Un jour, dans les loges que nous partagions tous, quelqu'un dessina une grande étoile jaune et le mot Juif sur mon miroir. Je fis semblant de ne rien remarquer et elle resta là trois jours. Un après-midi, le costumier la vit et s'écria "Vous n'avez pas honte, les garçons ?" et il l'effaça". Début 1943, il reçoit une convocation pour le Service du travail obligatoire, le directeur de l'Opéra, Marcel Samuel-Rousseau refusant de lui délivrer un certificat indiquant qu'il était sous contrat avec l'Opéra et lui disant que l'Allemagne lui ferait du bien, il décide de quitter Paris et rejoint un maquis en Touraine.

Il intègre à la Libération les Ballets des Champs-Élysées dirigés par Roland Petit et Janine Charrat, où il se révèle rapidement comme l'un des plus grands danseurs de sa génération. Il y crée notamment en 1946 Le Jeune Homme et la Mort, sur une chorégraphie de Roland Petit, aux côtés de la danseuse Nathalie Philippart, avec laquelle il aura une fille, Isabelle.

Il chorégraphie lui-même plusieurs ballets avant de quitter la troupe en 1949. Il fonde en 1956 sa propre compagnie, tout en continuant à se produire sur scène, à l'Opéra de Paris et à la Scala de Milan. Il apparaît régulièrement au théâtre et au cinéma à partir des années 1960, sans pour autant renoncer à la danse. Il crée Le Temps partagé en 1973 pour l'ORTF, ballet dont la chorégraphie et la musique ont été calculés par ordinateur par Pierre Barbaud. Directeur artistique du Ballet du Rhin le temps d'une saison, en 1972, il danse entre autres pour Maurice Béjart Life de 1979 à 1985 et reprend son ballet-fétiche (interprété plus de 200 fois), Le Jeune Homme et la Mort, en 1983 au théâtre du Châtelet. En 1987, il retrouve sa partenaire des débuts, Janine Charrat, pour un spectacle au Centre Georges-Pompidou : Inventaire d'Alain Germain.

Il se remarie en 2000 avec Zapo, danseuse, chorégraphe et cinéaste, et adopte officiellement le nom de Babilée. Il fait sa dernière apparition sur scène en 2003 dans le spectacle du chorégraphe Josef Nadj, Il n'y a plus de firmament, mettant fin à une carrière d'une exceptionnelle longévité.

En 1995, il participe à la série de Nuits magnétiques, L'Envol produite par Catherine Soullard sur France Culture, diffusée la semaine du 16 au .

Deux documentaires lui sont consacrés : Babilée 91 de William Klein en 1992 et Le Mystère Babilée de Patrick Bensard en 2000.

Jean Babilée, grand amateur de moto, appréciait les machines à hautes performances dont, entre autres, une 1000 Vincent Black Shadow (la seule moto de série capable de plus de dans les années 50) avec laquelle il accomplit le trajet Milan Paris de nuit à toute vitesse pour honorer un engagement, alors même que l'autoroute du sud n'existait pas. Il continua à pratiquer la moto jusqu'à l'âge de 85 ans.

Il vivait dans l'immeuble au-dessus du Café de FloreMarie-Dominique Lelièvre, « La dernière favorite de Coco », Vanity Fair n°12, juin 2014, pages 148-159..

Danse En tant qu'interprète Le Spectre de la rose, chorégraphie de Michel Fokine 1945 : Jeu de cartes, chorégraphie de Janine Charrat (création) 1946 : Le Jeune Homme et la Mort, chorégraphie de Roland Petit (création), théâtre des Champs-Élysées La Rencontre ou Œdipe et le Sphinx, chorégraphie de David Lichine (création) Le Portrait de Don Quichotte, chorégraphie d'Aurél Milloss (création) Mistère d'Aurél Milloss (création) Giselle, chorégraphie de Jean Coralli et Jules Perrot 1956 : Mario e il mago, mise en scène de Luchino Visconti, chorégraphie de Léonide Massine, Scala 1979-1985 : Life, chorégraphie de Maurice Béjart 1989 : L et eux… la nuit chorégraphie de François Verret 1993 : La Vie, c'est contagieux d'Editta Braun

En tant que chorégraphe 1948 : L'Amour et son amour, musique de César Franck, avec Jean Babilée et Nathalie Philippart 1948 : Divertimento, musique de Jean-Michel Damase, avec Jean Babilée et Janine Morin 1949 : Till Eulenspiegels, musique de Richard Strauss 1955 : Balance à trois, musique de Jean-Michel Damase, avec Yvette Chauviré, Violette Verdy, Jean Babilée et Alexandre Kalioujny 1955 : Sables, musique de Maurice Le Roux, avec Jean Babilée, Yowanska Bregovich et Claire Sombert 1956 : Le Caméléopard, musique d'Henri Sauguet, avec Jean Babilée et Dick Sanders

Théâtre 1959 : La Descente d'Orphée de Tennessee Williams, mise en scène Raymond Rouleau, Théâtre de l'Athénée 1960 : Le Balcon de Jean Genet, mise en scène Peter Brook, Théâtre du Gymnase 1963 : La Reine verte de Maurice Béjart, musique Pierre Henri, Théâtre Hébertot 1969 : Charlie de Donald Driver, mise en scène Jean Babilée, Théâtre des Nouveautés 1971 : Histoire du soldat de Charles-Ferdinand Ramuz, mise en scène Jean-Marie Simon, Théâtre de la Tempête 1986 : La Tour de Babel, détails d'après Patricia Buzzi, mise en scène Georges Aperghis, Chapelle des Pénitents blancs (Avignon) 1987 : Inventaire d'Alain Germain, Centre Georges-Pompidou 1997 : Simple suicide de Jean-Gabriel Nordmann, avec Margot Abascal, mise en scène Marie Tikova, Ménagerie de Verre 2003 : Il n'y a plus de firmament, mise en scène et chorégraphie Josef Nadj, Théâtre de la Ville

Filmographie Cinéma 1952 : Le Poignard, court-métrage de Jean Benoît-Lévy : le jeune homme 1953 : Le Métier de danseur, court-métrage de Jacques Baratier 1954 : La Femme et le fauve, court-métrage de Jacques Asséo et André Sarrut : le fauve 1958 : Auditorium, court métrage de Michel Drach 1960 : Les Loups dans la bergerie de Hervé Bromberger : Yasmin 1961 : Pleins Feux sur l'assassin de Georges Franju : Christian de Kerloguen 1961 : Amélie ou le Temps d'aimer de Michel Drach : Pierre 1963 : Dragées au poivre de Jacques Baratier : Oscar 1967 : Le Fratricide court métrage de Charles Belmont 1976 : Duelle de Jacques Rivette : Pierrot

Télévision 1967 : Le Golem (du roman de Gustav Meyrink), téléfilm de Jean Kerchbron 1971 : Demain, la fin du Monde, téléfilm de Michel Polac 1973 : La Ligne d'ombre de Georges Franju (téléfilm) : Capitaine Marlow 1977 : Jean et Thérèse, ballet-divertissement d'Aimée Mortimer, mis en scène par Dirk Sanders

Décorations Il est promu au grade de commandeur le Arrêté du 17 janvier 2013 portant nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres.. Il est fait chevalier le pour ses 57 ans d'activités artistiques.

Annexes Bibliographie André Boll, Jean Babilée, Robert Laffont, 1956 Sarah ClairSœur de Jean Babilée., Jean Babilée ou la Danse buissonnière, Van Dieren, 1995

Liens externes

Notes et références

Catégorie:Résistant français Catégorie:Danseur français du XXe siècle Catégorie:Chorégraphe français Catégorie:Danseur de danse classique Catégorie:Danseur de danse contemporaine Catégorie:Nom de scène Catégorie:Commandeur des Arts et des Lettres Catégorie:Officier de l'ordre national du Mérite Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 2001 Catégorie:Naissance en février 1923 Catégorie:Naissance dans le 6e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en janvier 2014 Catégorie:Décès dans le 14e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 90 ans