Les Jeux olympiques d'hiver de 2006, officiellement connus comme les Jeux olympiques d'hiver, ont lieu à Turin en Italie du 10 au . Turin obtient les Jeux lors de sa première candidature en s'imposant face à la ville de Sion en Suisse. C'est la troisième fois qu'une ville italienne organise les Jeux après Cortina d'Ampezzo en hiver 1956 et Rome en été 1960. Le Comité d'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 2006 à Turin (TOROC) est chargé de l'organisation des Jeux. Tous les sites de compétition se situent dans la province de Turin, principalement à Turin et Sestrières.
Les Jeux rassemblent de , ce qui constitue un record à l'époque pour les Jeux d'hiver. Ils se mesurent dans quinze disciplines qui regroupent un total de officielles, soit six de plus qu'en 2002. Le snowboardcross, le départ en ligne, dit aussi mass-start, en biathlon ainsi que deux épreuves par équipes en patinage de vitesse et en ski de fond font leur entrée au programme olympique, tandis que trois pays envoient pour la première fois une délégation aux Jeux d'hiver : l'Albanie, l'Éthiopie et Madagascar.
La patineuse de vitesse canadienne Cindy Klassen est l'athlète la plus médaillée des Jeux, avec cinq médailles dont une en or. Au classement des nations, l'Allemagne domine avec dont onze titres olympiques. Les Jeux sont notamment marqués par le scandale de dopage qui touche les biathlètes et fondeurs autrichiens, au cours duquel la police italienne découvre du matériel destiné à la pratique des transfusions sanguines dans le chalet qui les hébergeait. La biathlète russe Olga Pyleva est également exclue pour dopage.
Sélection de la ville hôte
L'élection de la ville hôte des Jeux d'hiver de 2006 est la première élection depuis la révélation du scandale de l'attribution des Jeux à la ville de Salt Lake City pour 2002. Une nouvelle procédure d'élection est mise en place lors de la du CIO qui se déroule à Lausanne les 17 et . Une commission d'évaluation composée de présidée par l'ancien skieur alpin japonais Chiharu Igaya est chargée de sélectionner les deux villes finalistes qui sont soumises au vote des membres du CIO.. Six villes sont candidates pour accueillir les Jeux : Helsinki en Finlande, Klagenfurt en Autriche, Poprad-Tatry en Slovaquie, Sion en Suisse, Turin en Italie et Zakopane en Pologne. Sion et Turin sont sélectionnées comme finalistes et alors que la cité valaisanne fait figure de favorite, c'est finalement Turin qui est choisie lors de la du CIO le à Séoul en Corée du Sud.. La victoire turinoise est une surprise : seule une chaîne de télévision privée retransmet en direct le résultat du vote, tandis que la mairie de la ville, convaincue de l'échec, n'a prévu aucune festivité.. Plus encore, la population turinoise semble indifférente à l'annonce de l'accueil des Jeux d'hiver, d'une part car les sports d'hiver et l'olympisme passionnent peu les habitants de la ville malgré la proximité des stations alpines, d'autre part car en 1999, alors que Turin se trouve en situation de déclin industriel, sa population n'a ni un fort sentiment d'appartenance, ni de grandes espérances pour la ville.. En revanche, 67 % de la population du Valais avait accepté une garantie de déficit lors d'une votation et Sion proposait des Jeux compacts dont elle avait déjà assuré le financement.
Turin devient ainsi la deuxième ville italienne à organiser les Jeux d'hiver après Cortina d'Ampezzo en 1956. Avec une population de plus de , elle est l'une des plus grandes choisies pour accueillir les Jeux d'hiver..
Organisation Comité d'organisation Le « Torino Organising Committee » (TOROC) est créé le à la suite du comité de candidature de Turin, six mois après l'élection de la ville. Le TOROC est présidé par Valentino Castellani, maire de Turin, et son adjointe Evelina Christillin, qui officiait jusqu'alors en tant que présidente du comité de candidature. Le nouveau comité d'organisation fonctionne conjointement avec l'Agence Turin 2006, responsable de la construction des infrastructures olympiques. Dès sa création, le TOROC a pour objectif d'organiser au mieux les Jeux, d'attirer l'attention du monde entier sur Turin et ses montagnes et de valoriser l'Italie et unir les cultures. Le gouvernement italien apporte son soutien au comité d'organisation par le biais de la création de l'Agenza Torino 2006, une structure gouvernementale chargée de la réalisation des infrastructures planifiées par le TOROC pour le déroulement des Jeux à partir des financements assurés par l'État..
Aspects économiques Le coût total des Jeux de Turin est estimé à trois milliards d'euros. Alors qu'il avait évalué son budget initial à d'euros, le comité d'organisation est contraint de solliciter une aide du gouvernement italien, en réévaluant ce budget à d'euros. La piste de bobsleigh de Cesana Pariol symbolise à elle seule le dérapage budgétaire : sa construction revient à près de d'euros, alors que le comité d'organisation reconnaît lui-même que cette piste ne sera plus utilisée après les Jeux.
La couverture médiatique des Jeux de Turin bat des records : les épreuves sont diffusées dans près de et sont suivis pour la première fois en haute définition ou sur téléphone mobile. Les droits de retransmission s'élèvent à de dollars, ce qui représente . La chaîne NBC, diffuseur exclusif aux États-Unis, verse à elle seule de dollars. La vente des billets rapporte quant à elle de dollars, soit d'euros.
Marketing
Le logo des Jeux de Turin, adopté à la fin de , est présenté officiellement lors de la cérémonie de clôture des Jeux de Salt Lake City en 2002. Sa silhouette évoque à la fois une montagne et la Mole Antonelliana, le monument le plus célèbre de la ville, haut de plus de . Par cette double référence, le logo symbolise le lien de la ville de Turin avec les montagnes qui l'environnent..
Par la simplicité de ses formes, le logo des Jeux offrent plusieurs niveaux de lecture. La toile qui se dessine en bleu symbolise la porte d'ouverture sur le monde que les Jeux représentent pour Turin, la rencontre entre les peuples, ainsi que le réseau Internet, marque de l'innovation et de la technologie dans la ville. Le graphisme innovant du logo rappelle quant à lui l'importance du design dans l'histoire de la ville avec des personnages tels que Giorgetto Giugiaro et Sergio Pininfarina. La dénomination « Torino 2006 », le nom italien de la ville, renforce l'identité locale de Turin en marquant son caractère de ville italienne..
Le comité d'organisation adopte la devise « », que l'on peut traduire par « La passion vit ici », pour démontrer le caractère dynamique de la ville.
vignette|alt=Photographie de deux mascottes, l'une en rouge à gauche, l'autre en bleu à droite, encadrant un homme jeune.|Neve et Gliz, les mascottes officielles des Jeux de Turin. Les mascottes officielles utilisées par le comité d'organisation, Neve et Gliz, sont l'œuvre de Pedro Albuquerque. Boule de neige vêtue de rouge, Neve, dont le nom signifie « neige » en italien, symbolise l'harmonie et l'élégance des mouvements. Gliz, dont le nom rappelle le mot , « glace » en italien, est un cube de glace bleu dont les formes angulaires rappellent la puissance et la force des athlètes. La création des mascottes a fait l'objet d'un concours international, lancé trois ans avant le début des Jeux et qui a recueilli . Un dessin animé, mettant en scène les deux mascottes des Jeux, est diffusé en d'une minute entre et sur les chaînes de télévision publiques italiennes Rai 2 et Rai 3. Le but de cette opération est de promouvoir les Jeux auprès de la population en traitant chaque jour d'un sujet lié à l'olympisme..
Enfin, tout le système d'identité visuelle des Jeux de Turin repose sur le concept de la « Place », en tant que lieu de rencontre et d'échange, ce qui symbolise l'idéal fédérateur du mouvement olympique. Le choix de la place fait également référence à l'architecture typique des places italiennes. Le visuel choisi pour représenter la place se démarque par le contraste entre les couleurs chaudes et les couleurs froides, de même que l'usage de la perspective..
En plus des partenaires internationaux directement associés au Comité international olympique, le TOROC assure le financement de l'organisation en s'associant à d'autres partenaires, principalement des institutions publiques ou des entreprises italiennes, en lien avec la tradition économique et industrielle de la région turinoise. Les sponsors principaux des Jeux de Turin sont donc notamment la région Piémont, le groupe Fiat, la banque Sanpaolo, ainsi que le groupe Telecom Italia à travers sa filiale de téléphonie mobile TIM.. Ce sont ainsi cinq sponsors principaux, dix-sept sponsors officiels et trente fournisseurs officiels qui sont associés aux Jeux de Turin..
Nations participantes vignette|alt=Carte du monde des nations participant aux Jeux indiquées en vert et en bleu.|80 nations participent aux Jeux. |upright=1.3 Quatre-vingts nations envoient une délégation à Turin, pour un total de dont et ... Les femmes représentent 38,23 % des athlètes participants, soit la plus grande part à l'époque depuis la création des Jeux d'hiver en 1924.. Avec trois pays et de plus que lors des Jeux de 2002, cela constitue un record de participation pour les Jeux d'hiver à l'époque.. Trois nations participent à des Jeux olympiques d'hiver pour la première fois : l'Albanie, l'Éthiopie et Madagascar.... Le Cameroun, les Fidji, la Jamaïque, Porto Rico et Trinité-et-Tobago, présents aux Jeux de Salt lake City en 2002, ne participent pas en 2006......
Le nombre indiqué entre parenthèses correspond au nombre d'athlètes engagés dans les épreuves officielles pour chaque pays..
Îles Vierges des États-Unis (1)
Sites
Les Jeux de Turin se caractérisent par une relative dispersion des sites. Les épreuves de neige sont organisées dans les stations alpines situées à environ à l'ouest de Turin. Conformément aux principes de l'Agenda 21, la construction des différents sites est pensée dans une perspective de développement durable. La région Piémont et le Ministère de l'Environnement ont ainsi exercé des contrôles et le comité d'organisation a signé des accords sur le respect de l'environnement avec l'Organisation des Nations unies et la Commission européenne.. Le directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), Klaus Töpfer, reconnaît ainsi qu'
Les cérémonies d'ouverture et de clôture sont organisées au Stade olympique de Turin, bien que l'enceinte n'accueille aucune épreuve sportive..
Sites sportifs La station de Sestrières accueille les épreuves de ski alpin masculin, ainsi que les épreuves techniques féminines : la descente et le super-G masculins se déroulent sur la piste Kandahar Banchetta, le slalom et le slalom géant masculins sont organisés à Sestrières Colle, tandis que le slalom et le slalom géant féminins se tiennent sur la piste Giovanni-Agnelli. Les épreuves de vitesse féminine sont quant à elles organisées sur la piste de Fraiteve, à Cesana San Sicario. Les différentes installations de ski alpin accueillent entre et ..