Rachid Kassim est un djihadiste franco-algérien né le à Roanne (France) et mort le près de Mossoul (Irak). Il a fait partie de l'organisation État islamique. Il est suspecté d'être le commanditaire de plusieurs attentats et tentatives d'attentats en FranceQui est Rachid Kassim, soupçonné d'inciter les jihadistes français à passer à l'acte ? sur francetvinfo.fr le 12 septembre 2016.. Selon les autorités américaines, il aurait été abattu par un drone près de Mossoul en ..
Le magazine Cellule de crise révèle qu'il ne fut en réalité que blessé aux jambes, et qu'il est tué le lors d'un bombardement américain le visant. Une "Note bleue" du renseignement français juge cette information très crédible.
En l'absence de preuve formelle de sa mort il a été condamné à trois reprises à la réclusion criminelle à perpétuité par la justice française.
Biographie Enfance vignette|Rachid Kassim a grandi dans le quartier prioritaire Bourgogne (ou Fontquentin)Terrorisme : qui est Rachid Kassim, l'ancien "grand frère" du quartier du Mayollet, à Roanne ? sur francebleu.fr, le 13 septembre 2016.
Rachid Kassim est né le à Roanne d'un père yéménite (Mohamed) et d'une mère algérienne (Leila). Le couple s'est installée dans cette ville moyenne de la Loire dans le cadre du regroupement familialRachid Kassim : enquête sur le donneur d'ordre de Daech sur parismatch.com le 23 septembre 2016.. La famille est croyante mais la religion n'y occupe pas une place très importante. Rachid est encore un jeune garçon lorsque ses parents divorcent et refont leur vie : son père avec une Française non musulmane et sa mère avec un homme avec qui elle emménage et dont elle a trois enfants (deux filles jumelles et un garçon).
À l'école, Rachid est décrit comme un garçon gentil et solitaire, probablement en mal de reconnaissance. Aux alentours de , sa mère se sépare à nouveau, ce qui le marque beaucoup : alors qu'il était jusque-là très investi dans les études, il les abandonne puis envisage un moment de les poursuivre par correspondance. Il se met au karaté, dont il rêve de devenir champion, et se passionne pour les mangas. Il arrive de le croiser en keikogi (improprement appelé « kimono ») dans les rues de son quartier. En Syrie, il prétend :
Radicalisation
Rachid se lance dans le rap en , un style musical alors écouté mais peu pratiqué dans la jeunesse roannaise. Il a 23 ans et l'ambition de devenir un rappeur reconnu. Il se produit cette année-là au parc des sports de la ville mais ne rencontre que peu de succès. L'année suivante, en , il enregistre un album, intitulé L'Oranais, aux accents politiques, notamment au sujet du conflit israélo-palestinien. La pochette est ornée d'un cimeterre et l'album contient des titres comme Première arme ou Je suis un terroriste où il chante . L'album est un échec cuisant. Vers cette époque, un séjour en Algérie aurait contribué à sa radicalisation.
Il se fait remarquer dans son quartier pour son comportement rigoriste et prosélyte, parfois étrange. Il distribue des livres coraniques aux jeunes et les incite à aller à la mosquée. À un enfant qui promène un chien, il déclare . Dans le même temps, il se montre toujours serviable avec les autres.
Rachid est aussi titulaire d'un brevet d'animateur et est employé dans un centre social de RoanneAttentats en France : ce que l'on sait de Rachid Kassim, membre présumé de l'EI sur france24.com le 12 septembre 2016. où il s'occupe de l'encadrement d'enfants. Il refuse de serrer la main de ses collègues féminines et demande une salle de prière, ce qui conduit ses employeurs à ne pas renouveler son contrat. Il aurait eu comme mentor à cette époque Julien Bataille, dit Abdeslam, un converti né en 1977 à L'Arbresle et arrêté le 16 ou le à Dole. Il sera condamné à huit ans de prison pour associations de malfaiteurs terroristes en Les proches de Kassim condamnés à Paris sur le-pays.fr, le 30 janvier 2020.
Membre de l'État islamique Au printemps , il vend sa voiture Fiat 500 et la remplace par un modèle plus grand, qu'il gare loin de son immeuble. Il se déplace alors en VTT. Il quitte Roanne peu de temps après, un jeudi, avec son épouse Justine Taquard (une Française convertie à l'islam), leur fille de 3 ans et leur chat (il abandonnera finalement à son grand regret le félin à Gaziantep, avant de passer la frontière turco-syrienne). Il prétexte le départ auprès des parents de Justine par des vacances en Turquie. Il se serait rendu par la suite en Égypte, d'où il gagne les territoires contrôlés par l'État islamique en Irak et en Syrie.
Il est présent sur les réseaux sociaux, particulièrement sur l'application de messagerie sécurisée Telegram où il se nomme Ibn QassimRachid Kassim, la dangereuse nounou des adolescents radicalisés sur Telegram sur marianne.net le 12 septembre 2016. et d'où il diffuse des appels au meurtre. Il est aussi présent sur Facebook en 2015 sous le pseudonyme de « Nicole Ambrosia ». Des liens sont établis avec les auteurs des attentats de Magnanville et de Saint-Étienne-du-Rouvray, qu'il aurait « téléguidés » depuis la Syrie. Le , il apparaît dans la vidéo dans laquelle on le voit décapiter un homme menotté accusé d'espionnage. Avant de passer à l'acte, il prononce une longue diatribe : , puis laisse la parole à l'autre bourreau de la vidéo, Amin Nil Sami André Shewil (dit Abu Idriss al-Baljiki), qui déclare : .
Rachid Kassim intègre l'Amniyat, les services de renseignement de l'État islamique, mais il n'exerce pas de hautes responsabilités. Pour le journaliste Matthieu Suc : .
En , il réunit Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean ( tous les deux) qui passent à l'action le en assassinant le prêtre catholique Jacques Hamel dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray. Kermiche et Petitjean sont issus de deux départements éloignés, respectivement la Seine-Maritime et la Savoie, et ont été réunis par la cause de Rachid Kassim. Il se dit
Au début de , il monte un commando féminin composée d'Ornella Gilligmann (, convertie à l'islam en 2009), de Sarah Hervouët (, convertie à l'islam en 2015), d'Inès Madani () et d'Amel Sakaou (). Le recrutement de femmes pour passer à l'action est inédit chez l'État islamique, ce qui laisse à penser que Rachid Kassim dispose d'une certaine autonomie dans ses actions. Les quatre femmes — qui ne se connaissent pas avant — sont responsables d'une tentative d'attentat à la voiture piégée en plein Paris le , avant d'être toutes arrêtées dans les jours suivantsLes flux furieux de Rachid Kassim sur Libération, 16 septembre 2016..
Il influence également à distance plusieurs personnes arrêtées, avec l'aide d'un l'application cryptée, alors qu'elles étaient soupçonnées de préparer des attentats en France : en , trois adolescents de sont arrêtés par la DGSI à Paris pour des projets d'attentats imminents. un homme de et un autre de de Roanne et Dole interpellés en . deux jeunes filles de 17 et de Nice interpellées le 10 et le . Accrochée par une vidéo d'un orphelin syrien dont les parents auraient été victimes de bombardements français, l'une des jeunes filles est pressée de commettre un attentat par Rachid Kassim, mais elle se dérobe à plusieurs reprises à ses pressions, ne voulant pas commettre de victimes innocentes et comprenant qu'elle est manipulée. mi-, un adolescent d'origine belge de actif sur Telegram sous le pseudonyme d'« Abou Omar » est interpellé à son domicile de Rennes. Il aurait joué le rôle d'entremetteur entre Kassim et de jeunes radicalisées dont les deux adolescentes de 15 et arrêtées en août à Melun et Clermont-Ferrand. Une jeune fille mineure promise par Telegram à Adel Kermiche devient également sa promise, mais elle ne quitte pas le territoire français..
Rachid Kassim est accusé par d'autres djihadistes français de mal choisir ses recrues, qui échouent la plupart du temps. Cela ne l'empêche pas de fanfaronner d'être devenu l'. En paraît de lui une interview réalisée par Amarnath Amarasingam, expert de l'extrémisme de l'université George-Washington. Il explique avoir . En novembre, il se fait plus discret. Il est avancé que s'être trop mis avant, ses échecs (22 de ses contacts arrêtés, dont dix femmes et neuf mineurs) ou son appel aux femmes auraient été mal vus de l'organisation djihadiste.
Décès et procès en France Il est blessé aux jambes le près de Mossoul (Irak) dans une frappe d'un drone américain et aurait été tué le lors d'un bombardement américain le visant.
Toutefois en l'absence de preuve définitive de sa mort, il est jugé dans plusieurs affaires terroristes en France. Il est condamné par défaut en 2019 à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir piloté depuis la zone irako-syrienne l'attentat manqué de Notre-Dame de Paris. En 2022, il est de nouveau condamné par défaut à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir piloté depuis la zone irako-syrienne l'attentat de l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray. Fin 2022, il est de nouveau condamné par défaut à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir notamment participé à la décapitation filmée d'un otage de l'État islamique.
Articles connexes Djihadistes français pendant les guerres civiles syrienne et irakienne Fabien Clain, djihadiste français de l'État islamique.
Notes et références
Catégorie:Naissance à Roanne Catégorie:Naissance en janvier 1987 Catégorie:Double nationalité franco-algérienne Catégorie:Membre de l'État islamique Catégorie:Djihadiste français Catégorie:Décès à Mossoul Catégorie:Décès en février 2017 Catégorie:Décès à 30 ans Catégorie:Personnalité exécutée par une frappe de drone