Le parc national du Mont-Saint-Bruno est un petit parc national du Québec situé à Saint-Bruno-de-Montarville, à à l'est de Montréal. Le parc, d'une superficie de , comprend notamment le mont Saint-Bruno, l'une des collines Montérégiennes, culminant à . Malgré sa petite taille, la montagne est reconnue pour sa grande richesse faunique et floristique. Elle est située au cœur de l'ancienne seigneurie de Montarville, où la série de lacs a permis la construction et l'exploitation de nombreux moulins à eau. Le bâtiment de l'un d'eux, le Vieux-Moulin, existe toujours.
Au début du , la montagne devient un lieu de villégiature de luxe ainsi qu'un lieu recherché par les communautés religieuses pour leurs besoins alimentaires. L'une de ces communautés, les Frères de Saint-Gabriel, se démarque avec la construction d'une maison d'enseignement et d'un arboretum. En 1976, le gouvernement du Québec acquiert une partie de la montagne et la transforme en parc en 1985. Depuis 1999, le parc est géré par la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ).
Le parc est visité par près de de visiteurs chaque année. Il est possible d'y pratiquer la randonnée pédestre, le ski de fond, le vélo traditionnel et le fatbike, l’interprétation de la nature et de l’histoire, la raquette et le ski alpin.
Toponymie Le parc est nommé d'après le mont Saint-Bruno, qui reprend le nom de Saint-Bruno-de-Montarville, une municipalité située à l'ouest de la montagne. La montagne était autrefois connue sous le nom de « colline de Montarville », du nom de la seigneurie de Montarville. C'est la fondation de la paroisse de Saint-Bruno en 1842 qui provoqua le changement graduel du nom. Le nom de la paroisse visait à commémorer la famille Bruneau qui en finança les débuts..
Géographie Le parc a une superficie de . Il comprend une partie du mont Saint-Bruno, l'une des neuf collines Montérégiennes qui culmine à . Il est situé à environ à l'est de Montréal, sur le territoire de la municipalité de Saint-Bruno-de-Montarville et de la ville de Sainte-Julie, toutes deux appartenant à la région administrative de la Montérégie.
Géologie thumb|left|Le mont Saint-Bruno vu du nord-est. vignette|Photo du lac du Moulin en automne La composition et l'origine géologique du mont Saint-Bruno sont semblables à celles des autres collines Montérégiennes. Formées par une intrusion de magma dans la croûte terrestre associée à un point chaud lié à l'ouverture de l'océan Atlantique. il y a environ (Ma), les montérégiennes ont été exposées à l'air libre par l'érosion des couches sédimentaires du Paléozoïque, plus tendres que celles des roches ignées et métamorphiques des plutons.
La dernière glaciation a arrondi la montagne pour lui donner son aspect actuel. Elle fut aussi partiellement recouverte par la mer de Champlain, qui a laissé des dépôts peu épais de limon, de sable, de gravier sableux et de gravier..
Le massif est composé en majorité de péridotite accompagnée de gabbro et de syénite.. Le tout est entouré de shale et de siltstone datant de l'Ordovicien (environ ) et métamorphosés par l'intrusion du magma..
Relief thumb|200px|left|Carte du Parc national du Mont-Saint-Bruno. vignette|284x284px|Lac des Bouleaux. vignette|Lac du Moulin. Le mont Saint-Bruno est un inselberg culminant à au-dessus d'une plaine d'une altitude moyenne de . Les plus hauts sommets sont situés au nord-est et forment une ellipse autour du lac des Bouleaux. Celui-ci s'abaisse graduellement vers le sud-ouest et est ponctué de quelques cuvettes remplies d'eau.
Hydrographie thumb|Lac Seigneurial. Malgré sa petite taille, le réseau hydrographique du parc est bien développé. Il comprend cinq lacs, une tourbière, deux étangs artificiels et des ruisseaux. Le tout se déverse dans la rivière Richelieu. Les lacs du Moulin, Seigneurial et des Bouleaux servent pour l'alimentation en eau potable de la municipalité de Saint-Bruno-de-Montarville..
Climat Le climat du sud des basses-terres du Saint-Laurent possède un climat modéré, subhumide et continental intermédiaire. Il s'agit de la région où le climat est le plus clément au Québec. La température annuelle moyenne dans le parc est de . La saison sans gel a une moyenne de et l'insolation annuelle est de . La montagne reçoit de précipitations, dont en neige..
Malgré sa faible hauteur (), les conditions sont légèrement plus rigoureuses au sommet de la montagne, ce qui provoque un étagement de la végétation. Celle-ci passe de l'érablière à caryer à la base, à la chênaie rouge à érable à sucre au sommet.
Milieu naturel Le parc est situé dans l'écorégion basses-terres du Saint-Laurent, selon le cadre écologique du Canada. Cette région est celle qui présente le climat le plus méridional de la province. Elle est caractérisée par la présence de forêts mixtes dominées par l'Érable à sucre, le Bouleau jaune, la Pruche du Canada et le Pin blanc. Environ 60 % de l'écorégion est consacrée à la culture intensive. L'urbanisation y est aussi importante, elle comprend entre autres les villes de Québec, Montréal et Ottawa.. Flore thumb|Sentier forestier dans le parc. Le parc du Mont-Saint-Bruno abrite végétales, soit 20 % des plantes répertoriées dans la province. En deçà d'une altitude de , la forêt du parc est dominée par l'érablière à Caryer cordiforme (). Entre 100 et , les forêts sont dominées par l'Érable à sucre () accompagné de Tilleul d'Amérique () ou de Chêne rouge (). On y retrouve aussi la Pruche du Canada (), l'Ostryer de Virginie (), le Bouleau jaune (), la Viorne à feuilles d'aulne () et le Thuya occidental ()..
de plantes du parc sont des espèces en péril. Ces plantes sont l'Adiante du Canada (), l'Ail des bois (), l'Asaret gingembre (), la Cardamine carcajou (), le Ginseng à cinq folioles (), la Matteuccie fougère-à-l'autruche (), le Phégoptère à hexagones (), le Podophylle pelté (), la Sanguinaire du Canada (), le Trille blanc (), l'Uvulaire grande-fleur (), la Cardamine à feuilles découpées (), le Carex de Back (), le Carex porte-tête (), le Carex à feuilles poilues (), le Carex de Hitchcock (), le Carex à larges feuilles (), le Carex de Swan (), le Carex faux-rubanier (), le Conopholis d'Amérique (), la Desmodie nudiflore (), le Galéaris remarquable () et le Staphylier à trois folioles ()..
Faune Le parc est fréquenté par de mammifères. Le seul grand mammifère que l'on observe dans le parc est le Cerf de Virginie (). Les mammifères les plus communs sont l'Écureuil gris (), la Souris à pattes blanches (), le Tamia rayé () et la Marmotte commune ()... On retrouve trois espèces de mammifères en péril dans le parc, soit la Chauve-souris argentée (), la Chauve-souris cendrée () et la Chauve-souris rousse ().
Le parc est fréquenté par d'oiseaux, soit 72 % des espèces représentées au Québec. Parmi ceux-ci on retrouve plusieurs oiseaux de proie, dont la Buse à épaulettes (), l'épervier de Cooper (), le Petit-duc maculé (), le Grand-duc d'Amérique (), la Chouette rayée (), l'Autour des palombes (), la Petite Buse (), la Buse à queue rousse () et la Crécerelle d'Amérique ().. Cinq espèces d'oiseaux en péril sont répertoriées dans le parc, soit le Faucon pèlerin (), le Troglodyte à bec court (), la Paruline azurée (), le Martinet ramoneur () et le Engoulevent d'Amérique ().
Sept espèces de reptiles sont présentes dans le parc, soit la Tortue serpentine (), la Tortue peinte (), la Tortue géographique (), la Couleuvre rayée (), Couleuvre à ventre rouge () et la Couleuvre à collier ().. On y retrouve aussi d'amphibiens, soit le Triton vert (), la Salamandre maculée (), la Salamandre à points bleus (), la Salamandre à quatre orteils (), la Salamandre cendrée (), le Crapaud d'Amérique (), la Rainette versicolore (), la Rainette crucifère (), la Grenouille des bois (), la Grenouille léopard (), la Grenouille des marais (), la Grenouille verte (), la Grenouille du Nord () et le Ouaouaron (). Quatre de ces espèces sont en péril, soit la Salamandre à quatre orteils, la Grenouille des marais, la Tortue géographique et la Couleuvre à collier.
de poissons ont été recensées dans les lacs du parc, soit le Crapet-soleil (), le l'Achigan à petite bouche (), la Perchaude (), le Meunier noir (), la Barbotte brune (), le Méné jaune (), la Carpe commune (), la Marigane noire (), le Carassin (), le Ventre-pourri (), le Raseux-de-terre gris (), le Crapet de roche () et le Museau noir ()..
La chenille spongieuse (Lymantria dispar) est l’une des nombreuses espèces que l’on peut retrouver dans le parc du Mont-Saint-Bruno.. En 2021, une infestation de cette espèce a ravagé les arbres, laissant un paysage hors du commun pour les visiteurs du parc. La chenille spongieuse est caractérisée par cinq points bleus et six points rouges sur son dos ainsi que des poils longs.. Cet événement exceptionnel est le résultat des conditions météorologies plus douces qu’a connu le Québec l’hiver précédent. Selon les informations publiées par le Gouvernement du Canada, une chenille spongieuse en stade larvaire peut manger l’équivalent d’un mètre carré de feuillage. Bien que considérée inoffensive pour l’humain et les animaux, il est recommandé de la manipuler à l’aide de gants, car certaines personnes pourraient avoir une réaction allergique. Afin de limiter la propagation de la chenille spongieuse, la ville de Saint-Bruno-de-Montarville a publié sur son site un guide explicatif pour ses citoyens. Ceux-ci sont invités à repérer les œufs (masses marron ou brun clair) dans les arbres, les roches ou encore les bâtiments puis à les détruire en les plongeant dans de l’eau savonneuse pour limiter la reproduction de l’espèce et ainsi diminuer le risque d’infestation.
Histoire thumb|left|Reconstitution d'une maison longue amérindienne située dans le parc national des Îles-de-Boucherville. Aucune trace de l'occupation amérindienne du territoire n'a été trouvée dans le parc. Toutefois le territoire a probablement été occupé depuis au moins , soit le début de la période archaïque. Elle s'est poursuivie durant le Sylvicole jusqu'à l'arrivée des Français au . La culture amérindienne associée avec la région du mont Saint-Bruno est celle des Iroquoiens du Saint-Laurent qui ont disparu vers 1580..
thumb|Le Vieux-Moulin à eau de Saint-Bruno. C'est en 1710 que la seigneurie de Montarville a été concédée à Pierre Boucher, fils de la seigneurie voisine de Boucherville. Il faudra cependant attendre vers 1740 pour voir le début de son développement, du fait de l'absence de cours d'eau navigable touchant la seigneurie. Contrairement aux autres seigneuries de la région de Montréal, celle de Montarville utilisait l'eau plutôt que le vent pour actionner jusqu'à cinq moulins construits entre 1725 et 1816. Ceux-ci servaient à moudre le grain, tanner le cuir, carder la laine, tisser des étoffes et scier le bois. Le seul moulin encore existant est celui à grain, reconstruit en 1761 sur le site du premier moulin. En 1825, la famille Boucher vend la seigneurie à François-Pierre Bruneau, un avocat de Montréal, celle-ci est léguée à son cousin Olivier-Théophile en 1851.
thumb|left|Pont à arches construit par Pease. En 1897, Edson Loy Pease, un riche banquier de Montréal acquiert de la montagne. En 1899, ce terrain est vendu à la , une association qui gère le domaine en copropriété présidée par Pease jusqu'à sa mort en 1930. Cette association fit construire entre 1899 et 1940 dix résidences de villégiature de luxe qui sont maintenant enclavées dans le parc. Le domaine Pease, situé sur le lac du Moulin, a quant à lui brûlé en 1941.
thumb|Juvénat des Frères de Saint-Gabriel.