La Défense civile syrienne () est une organisation humanitaire de protection civile formée pendant la guerre civile syrienne. Ses membres, dont l'une des tâches principales est de porter secours aux civils après les bombardements, sont couramment désignés sous le nom de Casques blancs..
Les secouristes sont régulièrement les témoins de crimes de guerre. Ils sont délibérément ciblés par les aviations russe et syrienne. L'organisation est victime d'une campagne de désinformation, visant à la discréditer, et ainsi à discréditer les preuves de crimes qu'elle récolte.
Historique vignette|droite|Raed al-Saleh en 2016 Des groupes d'hommes et femmes se constituent spontanément pour se rendre utiles à la population privée de services publics dans les zones perdues pour le régime. En 2011 et 2012, un groupe d'une vingtaine de jeunes sans expérience se constitue pour porter secours aux blessés et les transporter vers des lieux de soins. Des membres du groupe rencontrent ensuite en Turquie James Le Mesurier, ancien militaire britannique et fondateur de l'ONG Mayday Rescue. Celui-ci contribue à former les Casques blancs de manière plus structurée.
À l’été 2012, Mounir Moustafa, pompier à Alep, défie l'ordre des autorités de ne pas intervenir alors qu’un incendie ravage un quartier kurde échappant au contrôle du régime, avec son équipe. Ils vont combattre l'incendie puis font aussitôt défection et fondent ensuite le premier centre d’intervention d’urgence d’Alep.
En 2013, la Défense civile syrienne est formée...
Dès 2013, la Défense civile syrienne envoie ses volontaires en Turquie pour être formés à la fouille des décombres, l'extraction des survivants et aux premiers secours avec l'aide de l'ONG turque AKUT et des experts étrangers. de l'ARK (Analysis, Research and Knowledge)., une société privée. basée à Dubai..
Bien que présente depuis 2013, ce n'est qu'à partir de fin 2014 que la Défense civile syrienne connaîtra une médiatisation mondiale avec l'aide de l'ONG The Syria Campaign, laquelle introduira le surnom de "Meet Syria's Peacemakers: Fighting on the Side of Life", The Syria Campaign, Youtube, 13 janvier 2015.
Cette organisation est dirigée par Raed Saleh, ancien commerçant en produits électroniques, originaire de Jisr al-Choghour..
Effectifs Lors de la création de la Défense civile syrienne, les Casques blancs ne sont qu'une vingtaine. Mais, deux ans et demi plus tard, en , leur effectif est de , de plus de à l'été 2016, de en et de en . Ce sont des volontaires civils, des professeurs, des boulangers, des ingénieurs, des étudiants, des coiffeurs, des ouvriers ou des commerçants. Des femmes commencent à intégrer la Défense civile syrienne à partir du milieu de l'année 2014 . De 2013 à , les Casques blancs affirment avoir sauvé vies..
Présence sur le terrain vignette|upright=1.3|Des casques blancs déblayant des débris dans un village au sud d'Idleb, le 21 mars 2017.
La Défense civile syrienne est exclusivement présente dans les zones tenues par les rebelles, car, malgré ses demandes, le régime syrien refuse de laisser entrer les Casques blancs dans les zones contrôlées par ses propres forces.. Dans quelques cas, notamment pendant la bataille d'Alep, des combattants pro-régime ont cependant été secourus par des Casques blancs. La Défense civile syrienne n'est pas non plus présente dans les territoires tenus par l'État islamique, à l'exception de la ville d'Al-Bab.
En , la Défense civile syrienne et 72 autres ONG annoncent qu'elles suspendent leur coopération avec l'ONU pour protester contre la par le régime de Bachar el-Assad..
Séisme de 2023 Dans le nord-ouest de la Syrie, zone du pays la plus touchée par les séismes du 6 février 2023, l'envoi d'équipes de secours et d'aide humanitaire dans les zones hors du contrôle gouvernemental sont bloquées. Les Casques Blancs sont donc les seuls sauveteurs-secouristes sur place. L'ampleur de la catastrophe surpasse de loin leurs capacités de réponses, et l'organisation appelle à faire parvenir l'aide internationale dans la région.
Après la chute du régime Assad Après la chute du régime Assad, les Casques blancs deviennent la défense civile de la Syrie post-Assad, et sont dès lors affiliés au ministère des Situations d'urgence. Ils interviennent lors des feux de forêts de l'été 2025..
Ils contribuent également à la recherche des disparus de la guerre civile syrienne..
En août 2026, un secouriste des Casques blancs meurt à Lattaquié après avoir été détenu pendant trois jours par les forces de sécurité pour un différend financier. Alors que l'homme est atteint d'hémophilie chronique, sa mort fait suite à des . Une enquête est alors ouverte et sept policiers sont arrêtés...
Financement La formation et l'équipement des Casques blancs sont financés par les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas, le Canada et le Japon ainsi que par des dons. L'aide américaine, via l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), se monte à 23 millions de dollars selon les déclarations en d'un porte-parole du département d'État.
En , CBS News annonce que les États-Unis suspendent le financement des Casques blancs. Cependant le , le président américain Donald Trump autorise l'octroi d'une aide de 4,5 millions de dollars pour les Casques blancs.
Le , le journal néerlandais de Volkskrant annonce que le gouvernement des Pays-Bas cesse de subventionner les Casques blancs. Cette décision fait suite à un rapport du ministère des Affaires étrangères, selon lequel le contrôle des activités réelles des Casques blancs est , de sorte qu'il existe un risque que l'argent qui leur est donné tombe dans les mains de groupes extrémistes ou soit utilisé illégalement, dans le contexte de la défaite de l'opposition politiqueAna van Es, « Nederland stopt steun aan Syrische oppositie wegens gebrekkig toezicht op hulpprojecten; Britse organisatie ontkent kritiek », de Volkskrant, 10 septembre 2018, en ligne..
Récompenses Le , les Casques blancs sont récompensés par le Right Livelihood Award. La même année, ils sont également nommés au prix nobel de la paix..
En , Raed Saleh, le dirigeant de Défense civile syrienne, souhaite se rendre aux États-Unis pour recevoir un prix récompensant son action humanitaire. Ce prix doit être décerné par InterAction, un regroupement de 180 ONG internationales, dont le siège est à Washington.. Mais Raed Saleh se voit refuser l'entrée dans le pays. Les autorités américaines qui l'accueillent à l'aéroport de Washington lui signalent que son visa a été annulé.. Mark Toner, porte-parole du département d'État des États-Unis, n'a fourni aucun motif à ce refoulement..
En 2016, le film Les Casques blancs, réalisé par Orlando von Einsiedel et diffusé par Netflix reçoit l'Oscar du meilleur court métrage documentaire. Aucun des Casques blancs n'a pu recevoir l'Oscar, le département de la Sécurité intérieur américain ayant refusé de leur octroyer un visa..
Critiques L'ONG a été décriée pour des actes contestables impliquant certains volontaires et mettant en doute leur impartialité envers des groupes rebelles et djihadistes, comme la célébration par des Casques blancs aux côtés des rebelles de la prise d'Idleb le ; la participation à l'enlèvement du corps et à l'enterrement d'un condamné à mort d'un tribunal rebelle à Haritan, près d'Alep, le Syrian Civil Defense, SCD Management statement 18 May 2017 (lien archivé), 18 mai 2017 ; l'enlèvement des corps de soldats du régime syrienSyrian Civil Defense, SCD Management dismisses volunteer found to have violated code of conduct in Daraa governorate (lien archivé), 21 juin 2017 ; ou le port d'armes à feu sur des photographies. Dans chaque cas, l'organisation déclare que ces faits sont isolés et que la direction n'en avait pas connaissance, ayant par la suite procédé à l'exclusion des volontaires impliqués, dans . Selon The Guardian, l'implication de volontaires de la Défense civile syrienne dans des incidents isolés est largement montée en épingle à des fins politiques afin de discréditer l'ensemble de l'organisation.
Attaques contre les Casques blancs Les Casques blancs se revendiquent neutres lors du conflit et ils ne portent pas d'armes, déclarant sans . Pour l'historien Jean-Pierre Filiu, il s'agit effectivement d'un groupe impartial qui vient en aide à tous ceux qui sont affectés par le conflit, quels qu'ils soient.
Mais ils sont accusés par le régime syrien et la Russie de liens avec la rébellion et sont ciblés délibérément par des frappes aériennes loyalistes syriennes et russes. Le à Alep, trois des quatre centres de la Défense civile syrienne sont bombardés par les loyalistes ou les Russes et deux des centres sont mis hors de service, forçant les Casques blancs à . De 2013 à , plus de 260 Casques blancs sont tués en Syrie et environ 500 sont blessés. Ces attaques s'expliquent par la diffusion sur les réseaux sociaux d'images filmées par les Casques blancs lors de leurs opérations de sauvetages.
Pour Firas Fayyad, documentariste syrien, les Casques Blancs étant les premiers sur place après les bombardements sur les civils, ils collectent donc des preuves de crimes de guerre et sont , l'armée russe .
Les forces aériennes russe et syrienne pratiquent régulièrement ce qui est appelé la « double-frappe » ou « double-coup » (« double-tap » en anglais), et qui consiste à revenir frapper deux fois une même cible à quelques minutes d'intervalle pour viser les secouristes des Casques blancs. Des équipes de secours essaient de peindre leurs ambulances pour les camoufler et éviter d'être ciblées. Selon James Le Mesurier, le fait d'attendre moins de 30 minutes pour revenir bombarder le même lieu a pour objectif d'essayer de tuer les secouristes qui sont en train d'essayer de dégager les survivants des décombres.
En , un casque blanc est enlevé à Alep par des forces pro-régime. Le , sept Casques blancs sont assassinés par balles par des hommes armés dans leur centre de Sarmine, dans le gouvernorat d'Idleb. Des véhicules, du matériel, dont les fameux casques portés par les secouristes sont alors volés. L'AFP indique également que Civil Defense member, Mr. al Hir killed by unknown armed individuals in Sarmin city in Idlib governorate on August 12, SNHR, 12 août 2017.. Le , une première femme casque blanc, nommée Sobhiya al-Assad, trouve la mort pendant le conflit, lors d'un bombardement contre la petite ville de Kafr Sejna, dans le gouvernorat d'Idleb. Le , cinq autres Casques blancs sont massacrés par un commando d'hommes armés à Tal Hadya, dans le sud du gouvernorat d'Alep.