Cère (Cèra, en gascon.) est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département des Landes (région Nouvelle-Aquitaine).
Géographie Localisation La commune de Cère est située dans la partie centrale du département des Landes, à au nord de Mont-de-Marsan et à au sud de Labrit, chef-lieu de canton et de la communauté de communes du Pays d'Albret à laquelle elle appartient. Composante des Petites-Landes, le territoire de Cère est limitrophe au nord du territoire du parc naturel régional des Landes de Gascogne, et au sud de la communauté d'agglomération de Mont-de-Marsan. C'est en ce sens que la position géographique de Cère est particulière : à cheval sur deux territoires opposés, elle se rapproche, en termes d'évolution territoriale, plus de Mont-de-Marsan que la plupart des autres communes de la communauté de communes du Pays d’Albret.
Communes limitrophes
Les sept communes limitrophes sont :
Géologie et relief Le territoire communal s'étend sur de l'espace forestier des Landes de Gascogne. La surface boisée à Cère est de , soit environ 95 % de la surface communale, dont 930 sont propriété de la commune. L'altitude varie de aux abords de l'Estrigon, affluent droit de la Midouze, à près de d’altitude au nord-est du territoire.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Aquitaine, Gascogne, caractérisée par une pluviométrie abondante au printemps, modérée en automne, un faible ensoleillement au printemps, un été chaud (), des vents faibles, des brouillards fréquents en automne et en hiver et des orages fréquents en été (15 à ).. Elle est en outre dans la zone H2c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Mont-de-Marsan à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Cère est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Mont-de-Marsan, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (94,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (96,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (57,5 %), forêts (36,6 %), zones agricoles hétérogènes (2,6 %), terres arables (2,3 %), zones urbanisées (1,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Voies de communication et transports Voies 87 odonymes recensés à Cèreau 29 décembre 2013 Allée Avenue Bld Chemin Clos Impasse Passage Place Quai Rd-point Route Rue Square Villa Autres Total 0 0 0 4 Chemin de Lartigue, chemin de Saint-Avit, chemin départemental 651, chemin du Moulin. 0 0 0 0 0 0 10 4 Rue de l'Écureuil, rue des Prairies, , rue Gilbert-Benay. 0 1 Villa Sainte Eutrope. 68 Autres voies non identifiées en relation avec des écarts, lieux-dits, hameaux, zones industrielles, lotissements, résidences, quartiers, etc. 87 Notes « N »Sources : rue-ville.info & OpenStreetMap
Risques majeurs Le territoire de la commune de Cère est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), feux de forêts, mouvements de terrains et séisme (sismicité très faible).. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Cère est exposée au risque de feu de forêt. Depuis le , les départements de la Gironde, des Landes et de Lot-et-Garonne disposent d’un règlement interdépartemental de protection de la forêt contre les incendies. Ce règlement vise à mieux prévenir les incendies de forêt, à faciliter les interventions des services et à limiter les conséquences, que ce soit par le débroussaillement, la limitation de l’apport du feu ou la réglementation des activités en forêt. Il définit en particulier cinq niveaux de vigilance croissants auxquels sont associés différentes mesures., chapitre Feux de forêts..
Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des tassements différentiels, chapitre Mouvements de terrain..
vignette|redresse=1.4|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Cère. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 25,2 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (19,2 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, sont en aléa moyen ou fort, soit 25 %, à comparer aux 17 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...
La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1999 et 2009 et par des mouvements de terrain en 1999
Toponymie
Histoire
En 840, les Normands détruisent le village.
En 1361, Arnaud de Lescun soutient un procès contre les clarisses de Mont-de-Marsan, relatif à certains droits seigneuriaux dans la paroisse. Ces mêmes clarisses disputent à Poyferré de Cère, la légitimité du titre d'écuyer et de seigneur de Cère. .
En 1569, les huguenots pillent l'église et enlèvent tous ses ornementsVoir : Guerres de Religion dans les Landes. Ses ruines subsistent encore en 1866, année où la nouvelle église est bâtie, grâce à l’aide de Poyferré de Cère, par l'entrepreneur Fleuran et l'architecte Forignan, qui avait également conçu celle de Mugron. Les églises de Cère et de Mugron ont en effet le même clocher à quatre clochetons. Les vitraux de Cère sont créés par la maison Goussard de Condom.
Jean-Marie de Poyferré de Cère (1768-1858) est connu à la fois comme parlementaire et agriculteur. En 1806, Napoléon Ier le nomme chef de l'établissement de mérinos dans les Landes. En 1808, Poyferré de Cère a en effet la mission de ramener d'Espagne, en vertu du traité de Bâle, les premiers moutons mérinos (au total 1200 seront sélectionnés) et de les acclimater au département des Landes. L'élevage de moutons mérinos n'a pas de lendemain : il s’avère inefficient. Ces bêtes ne peuvent résister au régime des maigres pâturages et l'on doit revenir à la brebis landaise. Inspecteur principal des Bergeries impériales, tel est le titre de l'initiateur qui paie, d’ailleurs, de ses deniers, son expérience désastreuse. À la pointe des combats incessants, il obtient du Parlement des mesures législatives en faveur de l'agriculture, qui ne sont pas restées sans lendemain, ouvrant ainsi une ère plus prospère au monde agraire. La colonne commémorative des Bergeries impériales est érigée dans le parc du château de Cère.
Commune essentiellement sylvicole, une exploitation sidérurgique tente un effort d'implantation localement, vers 1874, mais l'usine ne fonctionne que peu de temps.
En 1920, il y a encore sur l'Estrigon un moulin typique. Faute de rentabilité, ce dernier disparaît. Ses vestiges sont visibles dans un site fort pittoresque, à mi-chemin entre Cère et Brocas-les-Forges. On l’appelait le « moulin de Caillaou ». À « Caillaou », existent aussi les vestiges de l’ancienne forge de Cère.
Le matin du , les troupes d'occupation allemandes ayant quitté Mont-de-Marsan font halte sur la route nationale , près de la gare de Uchacq-et-Parentis, tandis que des éléments de l'arrière-garde achèvent de faire exploser les dépôts de munitions en bordure de voie ferrée. La route sur Brocas-les-Forges est barrée par des arbres abattus, et les côtes des « Claous » se prêtant à la guérilla, sont tenues par le groupe du lieutenant Gailhac, de Labrit avec neuf FFI armés de mitraillettes et de grenades. Le groupe Croharé, d'abord échelonné sur la route de Sabres, est vite transporté en camion aux approches du Pont de Cère ; 34 FFI sont présents. Il est . Les Allemands ont achevé la destruction des dépôts de munitions et sont déjà installés dans le village, occupant des points stratégiques : plateau du château de Rivoyre, pavillon de Camparrouy, place de l'église où s'installent des ambulances, tandis que des camions s'étirent sous les arbres en bordure de chemins. À , on laisse croire à l'ennemi que les Américains, maîtres de Bordeaux, descendent vers Mont-de-Marsan avec des forces blindées importantes, tandis que des milliers de FFI se concentrent à Mont-de-Marsan. Cette nouvelle arrive aux oreilles du commandant Bauer qui dispose immédiatement ses troupes pour une attaque éventuelle. Pendant ce temps, le capitaine Croharé demande des renforts à Mont-de-Marsan. Il n'en reçoit pas malgré la promesse faite. Ainsi donc, 34 FFI au pont de Cère et 9 aux côtes de Claous reçoivent la mission de tenir en échec une masse de allemands. Le couvre-feu est ordonné à : toute personne rencontrée en dehors de sa maison sera fusillée sans avertissement.
Les enfants sont éloignés dans la forêt ; les jeunes gens de la résistance, sans arme, assurent les liaisons avec les groupes de FFI, les ravitaillent, se renseignent. À , les premiers coups de feu éclatent, et aussitôt, c'est le combat. Les Allemands font pleuvoir dans la direction du pont de Cère un déluge de mitraille ; canons de D.C.A., mitrailleuses lourdes et légères, canons antitanks, mitraillettes, fusils, grenades entrent en danse. Le combat dure jusqu'à du matin.