vignette|Drapeau franco-Albertain Les Franco-Albertains () sont la population francophone de la province canadienne de l'Alberta. L'Alberta était majoritairement francophone jusqu'à la fin du , mais est depuis majoritairement anglophone.
Dans la capitale de l'Alberta, Edmonton, cette population est surtout concentrée dans la zone de Bonnie Doon. À Calgary, une population importante est dispersée partout dans la ville.. Il existe plusieurs communautés francophones regroupant au total quelques dizaines de milliers de personnes, comme celles de Bonnyville, Plamondon, Saint-Paul, principalement dans le nord et le nord-central de l'Alberta, St-Isidore, la municipalité régionale de Smoky River 130 (incluant les villes de Falher, Donnelly, McLennan et Girouxville) principalement dans le nord-ouest de l'Alberta.) Depuis quelques décennies, il y a aussi des populations francophones en émergence dans les villes moyennes de l'Alberta telles que Grande Prairie, Fort McMurray, Red Deer et Lethbridge, entre autres..
L’Unithéâtre à Edmonton et la Société de Théâtre donnent des spectacles en français. Le Centre d’arts visuels de l’Alberta fournit un lieu d'expression pour des artistes et artisans francophones. Il existe également un festival annuel de langue et culture française de l'Alberta.
Histoire
Origines thumb|Le fort Edmonton, par Paul Kane. Le territoire correspondant aujourd'hui à l'Alberta est exploré à 1741-1749 par les frères François et Louis-Joseph de la Vérendrye.. Le territoire est alors peuplé par les Assiniboines, les Atsinas, les Cris, les Pieds-Noirs, les Slaveys, les Tchipewyans, les Tsa-dunnes et les Tsuu T'inas. Certains de ces peuples sont déjà présents depuis la fin du et entretiennent très tôt des liens commerciaux avec les Blancs. Des coureurs des bois en provenance de la Nouvelle-France parcourent d'ailleurs le territoire à la recherche de fourrures. Le français devient donc la première langue d'origine européenne à être parlée sur le territoire. De nombreux toponymes francophones sont également créés. Anthony Henday en 1754, Peter Pond en 1778, Alexander MacKenzie en 1789 et en 1783 ainsi que Peter Fiddler et David Thompson au tournant du explorent le reste du territoire.. À la fin du , il y a déjà 18 forts car la Compagnie de la Baie d'Hudson et la Compagnie du Nord-Ouest se disputent la traite des fourrures mais les deux fusionnent en 1821, conservant le nom de Compagnie de la Baie d'Hudson.
Des colons francophones de diverses régions du Canada et du monde s'établissent au cours du . Les premiers missionnaires catholiques francophones à visiter le territoire sont les abbés Blanchet et Demers, en 1838. C'est à ce moment qu'est fondée la paroisse Saint-Joachim d'Edmonton. Il y a ensuite cinq missionnaires pour desservir tout le territoire mais les Oblats de Marie-Immaculée s'établissent en 1846. La première école est fondée en 1859 au fort Edmonton. Des communautés religieuses jouent un rôle important dans l'éducation et Albert Lacombe est l'un des principaux missionnaires.
La progression de l'établissement des Blancs au Nord menace le monopole de la Compagnie de la Baie d'Hudson (CBH). À la suite de la présentation du rapport de l'expédition de Henry Youle Hind de 1857, le gouvernement britannique décide de ne pas renouveler le permis de la CBH. Son territoire est acheté par le gouvernement canadien le et constitue les Territoires du Nord-Ouest un an plus tard. Il n'y a qu'environ Blancs en 1881 et, malgré l'arrivée du chemin de fer Canadien Pacifique à Calgary en 1883, la population augmente lentement et n'atteint que Blancs en 1891. Le français a déjà un statut non officiel important à l'époque mais l'acte des Territoires du Nord-Ouest de 1875 n'offre aucune protection pour cette langue.. En 1877, le gouvernement du Canada se ravise en adoptant l'article 11, qui permet l'usage du français dans les tribunaux, le Conseil territorial, les procès-verbaux et le journal de l'Assemblée ; en 1886, l'article 11 devient l'article 110 de la Loi des Territoires du Nord-Ouest. La loi fédérale protège les écoles catholiques et francophones, alors que la loi de 1875 prévoit, pour les minorités, le droit d'établir des écoles séparées. Le Conseil de l'éducation publique est créé en 1884 et divisé en deux comités, l'un protestant et l'autre catholique, gérant leurs propres écoles. L'enseignement religieux est toutefois restreint à une heure par jour.
Quasi-disparition En 1891, une campagne d'opposants à la langue française parvient à convaincre le gouvernement fédéral de modifier la loi, permettant à l'Assemblée territoriale de réglementer elle-même son fonctionnement. En 1892, l'Assemblée territoriale adopte la résolution Haultain, qui institue l'unilinguisme anglais. Une ordonnance impose ensuite l'anglais comme langue d'enseignement mais des modifications en 1896 et en 1901 permettent l'enseignement primaire en français lorsque les enfants ne comprennent pas l'anglais. L'usage du français commence alors à se perdre.
La création de variétés hâtives de blé dur, la pénurie de terres agricoles dans l'Ouest américain, la fin de la Grande Dépression et surtout la politique énergique de colonisation du gouvernement fédéral cause un afflux massif d'immigrants en Alberta entre 1896 et la Première Guerre mondiale, constituant l'une des migrations les plus importantes de l'histoire nord-américaine. Cela a pour conséquence de reléguer la langue française au second plan derrière l'anglais. Des prêtres colonisateurs déclenchent alors une vaste campagne d'immigration auprès des francophones du Québec et de la Nouvelle-Angleterre. Le curé Jean-Baptiste Morin, le plus important des prêtres colonisateurs, parvient à faire venir 620 familles durant les années 1890. À la même époque des Canadiens-français arrivent du Kansas et fondent le village de Rivière Qui Barre au nord d'EdmontonHistoire de Rivière Qui Barre.
Lutte pour la reconnaissance et prospérité vignette|droite|250px|Panneau signalétique du campus de la faculté Saint-Jean d'Edmonton. La Société Saint-Jean-Baptiste, fondée au Québec en 1843, s'établit en Alberta en 1894, où elle devient l'une des premières organisations représentatives des Franco-Albertains. Le premier journal francophone, L'Ouest canadien, paraît pour la première fois en 1898. La province d'Alberta est créée en 1905 par la Loi sur l'Alberta. Les écoles publiques catholiques francophones sont toutefois protégées par les dispositions linguistiques de la loi. Le Courrier de l'ouest est fondé la même année et est remplacé plus tard par Le Progrès et Progrès albertain. Les institutions privées font exceptions et peuvent fonctionner en français. Le Juvénat Saint-Jean est ainsi fondé en 1908 et déménagé à Edmonton en 1911, où le Collège des Jésuites est fondé deux ans plus tard. La Société du parler français est fondée en 1912 à Edmonton, suivie du Cercle Jeanne-d'Arc en 1913. Le journal L'union est fondé en 1917 mais est remplacé par La Survivance en 1928. Face à l'interprétation vague de la loi quant à l'éducation français, de nouvelles directives sont adoptées en 1925, permettant notamment l'usage d'explications en français lorsque le cours est donné en anglais. L'Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA) est fondée la même année. De concert avec le journal La Survivance, elle pourvoit les écoles d'instituteurs bilingues et s'assure de l'enseignement efficace du français. Ces institutions contribuent à l'essor du mouvement coopératif. La Loi sur les grandes unités scolaires, adoptée en 1936, comporte des clauses protégeant les écoles catholiques et francophones.. Le juvénat, fondé en 1908, devient le Collège Saint-Jean en 1943 à la suite de la fermeture du Collège des Jésuites. Cet établissement d'enseignement devient la faculté Saint-Jean de l'université d'Alberta puis en 2005 le Campus de la faculté Saint-Jean. vignette|upright=0.7|Le puits Leduc 1.